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Transition en vue : la Guinée doit plus que jamais parler de nation2010-01-21 16:28:16 Depuis le 15 janvier 2009, date de la signature des accords de Ouaga entre le médiateur dans la crise guinéenne, M. Blaise Compaoré, le Président par Intérim, le Général Sékouba Konaté et l’ancien Président de la junte, Moussa Dadis Camara, une nouvelle page de l’histoire de la Guinée s’est ouverte. Nous pourrons l’écrire à l’encre d’or. Pour cela, il faudrait que nous évitions certains écueils en étant plus responsables et mieux avisés. Autant dire qu’il faudrait que nous apprenions impérativement à mesurer le sens des mots que nous utilisons, mais aussi, leur portée politique et historique. Ces précautions sont d’autant plus nécessaires que nous n’avons plus le droit de rater la chance qui s’offre une nième fois à notre pays et à son peuple. La crainte d’un nouveau flop est pourtant très forte. La légèreté avec laquelle on parle de certains sujets interpelle tout observateur. Les critères de choix de la composition du futur gouvernement qui ont été évoqués ces derniers jours par les médias nationaux et internationaux relèvent, justement, de cette légèreté. C’est l’une des raisons qui me poussent à faire un certain nombre d’observations. Ce sont à la fois des appels à une réflexion collective et citoyenne, mais aussi une interpellation des acteurs politiques guinéens sur une notion qui est fortement employée ces derniers jours. Il s’agit de « rééquilibrage ethnique. » : En effet, la désignation du Premier Ministre et des Vices Premiers Ministres a été justifiée par cette unique raison : « un souci de rééquilibrage ethnique. » Tout le reste semble être subsidiaire. Je trouve qu’une telle maladresse mérite d’être relevée et analysée pour en montrer les limites. Premièrement : Mettre en avant le rééquilibrage ethnique et, si l’on veut régional, réduit la désignation de M. Jean-P Marie Doré, Rabiatou Sérah Diallo et du Général Mamadouba Camara aux postes de premier ministre et de vices premiers ministres à une simple question ethnique ou groupale, au sens anthropologique du terme. Une telle approche est doublement dangereuse et suicidaire car elle occulte la nation et fait prévaloir la question ethnique. Or, c’est maintenant que la Guinée doit mettre, plus que jamais, la nation au- dessus de tout autre considération ethnique, religieuse, linguistique etc. Troisièmement : c’est sûrement l’approche la plus maladroite dont les conséquences sont les plus désastreuses. On officialise l’ethnie en tant qu’institution. En tout cas, comme « valeur étatique. » Faut- il que je rappelle que la nation se définit comme un ensemble de personnes qui partage le même territoire, se reconnaît les mêmes valeurs et qui accepte de vivre librement en commun ? La nation n’est pas une somme arithmétique d’individus qu’on additionnerait pour avoir un ensemble à repartir sur un espace géographique appelé territoire. Elle est une entité une et indivisible qui ne saurait répondre à une équation et dont les membres seraient à soustraire, multiplier, diviser, manier de je ne sais quelle façon ! C’est la conscience d’appartenance à une même identité historique ou culturelle d’une communauté humaine répartit sur un territoire, voire un ensemble de territoires institutionnellement constitué en Etat qui définit la nation. Ce sont ces critères qui prévalent dans toute approche de la nation. J’ose croire que notre pays s’y reconnaît. « Il n’ya pas d’ethnies ou de groupes de personnes à ménager, à dorloter et d’autres à préserver de la colère des premiers parce qu’ils seraient supérieurs. Il n’ ya pas de sensibilité régionale, ethnique, confessionnelle reconnue au détriment des autres et qui serait traitée comme telle car notre pays est une république. » A ce que je sache ! Seul le critère de qualités personnelles dont l’intégrité morale doit prévaloir dans le choix de la future équipe gouvernementale. La Guinée à l’occasion de construire, une fois pour toute, la nation qui a tant souffert de la culture ethnique de 1958 à nos jours. Les événements populaires de janvier et février 2007 et de septembre 2009 sont, plus que tout, la meilleure illustration de la conscience d’appartenance à la maison- Guinée. Donc, à notre bien commun qu’est la nation. Celle- ci doit être défendue à tout prix. N’est- ce pas l’idéal pour lequel nous nous battons ? Lamarana Petty Diallo
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