|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Transition politique: attention à ne pas déplacer le problème !2010-01-27 10:21:13 Un semblant d'espoir apparaît dans la situation politique de la Guinée. A travers la nomination de Jean Marie Doré, porte parole des forces vives, comme premier ministre de transition, les différentes analyses de presse commencent à y voir une lueur dans la crise que connaît le pays. On pense qu'il va peser lourd pour mieux orienter la transition politique vers des élections justes et équitables pendant que le général Konaté s'occupe de mettre de l'ordre dans les rangs des militaires. Qu'il en soit ainsi! Tout de même, le peuple de Guinée est et restera le seul garant de l'instauration de la démocratie dans ce pays. Aux guinéens donc de suivre à la loupe l'évolution de la situation en vue d'un accompagnement judicieux de cet épisode historique de leur patrie. En effet, dans le processus de «sortie de crise», plusieurs pays puissants y participent individuellement et collectivement. Ce qui est une conformité à la réglementation internationale. Dans un monde qui se globalise chaque jour, un pays comme la Guinée, avec tous ses atouts, doit observer large, analyser grand et prospecter tous les terrains avant de traiter quoi que ce soit avec n'importe quelle nation. Je parle ici de traiter, parce que rassurez-vous qu'à cette phase stratégique de la vie politique du pays, les grands vautours des grands ensembles engagent toujours des tractations qui peuvent traîner le pays très loin et loin du but préalablement fixé. Les enjeux des États et les enjeux se confondent toujours dans les négociations. A chacun de savoir y tirer gros. Il n'y a pas de raison que la Guinée fasse exception à cette règle de base de la jungle libérale du millénaire. Notre problème est aujourd'hui potentiellement guinéen, il est interne: c'est l'instauration d'un État et la mise en place d'une démocratie juste et équitable. Disons même que c'est la phase de la constitution d'une nation. C'est l'occasion pour nous de décider réellement de ce que nous voudrions faire de ce pays: une vraie nation avec un État fort? Un pays de référence pour « ce millénaire africain»? Un pantin de gouvernement au service du néocolonialisme à la françafrique? La responsabilité revient à nos leaders des forces vives en qui la confiance a été placée pour nous mener vers la destination réclamée. Qu'ils prennent tous, je dis bien tous, conscience de l'enjeu de la situation et qu'ils agissent en conséquence en dehors des intérêts personnels! Il est évident que c'est bien maintenant que ceux qui se battent pour soi vont essayer de sortir leur ultime carte pour pouvoir tirer le rideau sur eux. Mais, qui conque tenterait de faire du combat populaire guinéen son choux gras ne doit perdre de vue qu'il n'y a pas d'échappatoire aux lampadaires de la vigilance des guinéens. Personne ne réussira dorénavant à sacrifier le peuple sur l'autel de ses ambitions personnelles. Tant que notre problème est interne, nous avons la possibilité de le résoudre très vite, parce que nous le maîtrisons. Mais, le jour que l'essence de nos problèmes résidera ailleurs, nous aurons définitivement perdu le volant sur la pente dangereuse. En Afrique, les vrais problèmes, les mieux qui enfoncent nos «institutions» et provoquent la dictature durable sur le peuple au service d'ailleurs, prennent leur source originelle ailleurs. C'est aussi ailleurs qu'ils se discutent souvent et s'orientent vers de tels ou tels autres enjeux. Certains pourraient se dire «mais ce n'est pas le moment d'évoquer cette thématique?» Bien sûre que c'est maintenant qu'il faut évoquer et discuter de tout sur la Guinée. On est optimisme et on commence à espérer que le prochain gouvernement pourrait nous ouvrir une brèche vers une résolution de l'équation. Pour autant, nous avons dorénavant l'expérience de telles situations. C'est pourquoi, une vigilance accrue est toujours la meilleure attitude à adopter pour éviter un éventuel choc à la manière de 2007 ou d'être à nouveau dépasse par les évènements à cause de l'infiltration de tel ou tel autre intrus. Partant de cette logique, il est pour personne un secret que l'Afrique est le grand chantier du millénaire. Que faut-il dire du pays qui renferme les deux tiers de la réserve mondiale de bauxite, sans évoquer la variété des autres matières premières, la fertilité du sol et les bienfaits naturels qui lui sont offerts? Il évident qu'avec la crise internationale, les richesses africaines sont davantage un recours pour renflouer les caisses des mafias politico-économiques installés sur le sol africain. Il faut alors prévenir pour empêcher que le nouveau gouvernement guinéen soit formé dans un bureau à l'étranger, ou que ce soit une puissance étrangère qui prenne l'avenir du pays en main. Pour leur bonheur, les guinéens ont affronté l'inimaginable en payant de leur vie. Ce combat, il appartient avant tout au peuple et c'est à lui qu'il revient de décider de l'avenir du pays. La responsabilité d'exécuter les aspirations des populations revient au forum des forces vives en qui la confiance a été placée. A lui d'honorer cette confiance en résolvant le problème suivant l'orientation indiquée par les mandataires. On leur a porté confiance et on espère en être fier. On espère le leur exprimer dans un avenir proche: ne résolvez pas le problème par un autre!
Ibrahima Ahmed Bah
2 commentaire(s) || Écrire un commentaire
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||