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Toumba Diakité, criminel cherche désespérement un tribunal2010-02-05 21:10:39 La dernière intervention de Toumba Diakité sur RFI nous a insiré quelques interrogations juridiques que nous exposons dans cet article. L'inadmissibilité d'une culpabilité fondée sur des aveux par voie de presse Sur un plan strictement juridique, Toumba est-il coupable de quelque chose? Commettre un crime ne fait pas de l'auteur un criminel de même que l'innocence n'empêche l'innocent d'être coupable. La culpabilité et l'innocence s'établissent par "le constat" de la justice. Un innocent que la justice tient pour coupable en devient un (on parle d'erreur judiciaire si elle est découverte plus tard sinon la culpabilité demeure avec tous ses effets) et un coupable reste non coupable tant que sa culpabilité n'a pas été établie: il peut rester "présumé coupable". Dans les condition de stricte rigueur juridique, Toumba n'est actuellement qu'un citoyen comme tout le monde. Qu'il soit recherché par toute une armée n'y change rien. L'armée a préféré user de la force et a négligé le droit. En effet, aucune plainte ne vise Toumba devant la justice guinéenne et internationale. D'après nos informations, il n'a même pas été convoqué régulièremment par les agents de l'autorité judiciaire. On ne peut même pas parler de délit de fuite ou de refus de répondre à une convocation. Des militaires sont envoyés partout pour le traquer, sans aucune convocation, sans mandat: l'ordre est de le liquider et non de le juger. Quant à la cour pénale internationale, elle n'est pas saisie officiellement de son cas. Il s'ensuit que Toumba n'est recherché par aucune justice. Les accusations faites par les commissions d'enquête nationale et internationale, aussi sevères soient-elles, n'en font ni un coupable, ni une personne recherchée: une commission d'enquête n'est pas la justice, seule habilitée à prononcer des condamnations. Les aveux de Toumba sur la tentative d'assassinat de Dadis n'ont pas de portée juridique: une personne ne peut pas s'autojuger, établir sa propre culpabilité et prononcer sa propre sentence! Toumba ne fait donc pas très malin de se comporter comme un coupable et il se crèè des problèmes qui n'existent pas du tout. On peut pousser la logique plus loin en demandant à la justice guinéenne de condamner tout militaire qui chercherait à nuire à un citoyen que la justice ne recherche nullement. De même les parents des amis de Toumba qui ont été tués, arrêtés et maltraités doivent porter plainte contre les auteurs de ces massacres extrajudiciaires. Comme l'a dit Doura Chérif, il faut qu'on commence à appliquer le droit dans ce pays. Ces remarques doivent inciter Toumba a consulter des juristes prochainement avant de se charger inutulement d'une culpabilité inexitante juridiquement. II- L'inconséquence d'une demande de grâce présidentielle en l'absence d'une condamnation judiciaire. Plus troublante encore reste la demande de grâce présidentielle adressée par Toumba par voie de presse- normalement il y a des contraintes procédurales pour une telle demande- adressée au président par intérim. Cette demande est illogique et absurde. III-Le non-sens d'une comparution devant la cour pénale internationale non saisie de son cas. Alors que les accusés de crimes ont souvent pour reflexe de fuir les juridictions internationales, notre Toumba national s'invite spontanément devant la CPI. Cette disponibilité du présumé coupable de crimes contre l'humanité risque pourtant de rester sans effet. Comme dit plus avant, Toumba n'est recherché par aucune justice du monde, ni interne, ni internationale. Aucune plainte ne le vise. En temps normal ,en raison du principe de complémentarité qui régit la CPI, l'inaction de la justice guinéenne- les gesticulations de l'armée pour traquer Toumba ne constituant pas des actes de la procédure judiciaires sont donc exclues des actes pris en compte pour apprécier la volonté de l'Etat- aurait pu permettre de fonder la juridiction de la CPI laquelle ne peut se subsituer à l'Etat prioritairement compétent, la Guinée, que si celui-ci ne veut ou ne peut pas juger les accusés. Or, nous sommes devant une situation incroyable où l'accusé avoue ses crimes et se dit prêt à repondre devant la CPI, laquelle ne peut agir faute d'avoir été saisie valablement. Il faut savoir, en effet, que seuls la Guinée et le conseil de sécurité peuvent saisir la CPI du cas des crimes contre l'humanité commis en Guinée. On sait que la Guinée ne le fera pas vu que les coupables présumés tiennent l'Etat en otage; quant au conseil de sécurité son action est improbable car un Etat "ami" de la junte comme la Chine, peut toujours user de son droit de veto individuel pour rejeter toute résolution tendant à inquiter les membres d'une junte si prompt à "accorder" de gros contrats. Il reste l'autosaisine par le procureur de la CPI, sur la base d'informations fournies par la commission d'enquête internationale, des ONG et autres acteurs. Ces derniers acteurs ne peuvent pas saisir la cour du cas d'un pays, tout juste peuvent-ils attirer l'attention du procureur si une situation qui semble constituer des infractions entrant dans la cadre de juridiction de la CPI est constatée. Cependant, le procureur reste libre d'engager ou non les poursuites, en tenant compte de la gravité des faits, de la volonté de l'Etat concerné ou de son pouvoir de juger lui-même les coupables. A moins que les "visites" parfois nocturnes rendues par Cécé Loua, notre ministres des affaires étrangères, aient eu pour effet de "refroidir" un peu l'ardeur du procureur pour le cas des présumés criminels guinéens. Adama Laafa SOW, Enarque, Juriste, Administrateur de www.guineenet.org
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