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L'heure n'est pas aux campagnes électorales !


2010-02-09 01:25:25

Le 6 janvier 2010 le général Sékouba Konaté dans un discours historique a lancé un appel à la mise en œuvre immédiate d'un processus de démocratisation politique de la Guinée.
Depuis cet appel et la nomination d'un premier ministre que ressentons nous ?

Un sentiment justifié de stagnation, un sentiment grandissant de rendez-vous historique en passe d'être manqué une nouvelle fois pour la Guinée.

Nous avons un sentiment d'être dans une situation où les responsabilités ne sont pas prises au niveau de ceux qui se veulent les acteurs de la transition.

Nous assistons à une malheureuse nouvelle manifestation de manque de maturité du forum des forces vives. Celles-ci semblent être en rupture avec la personne qu'elles ont (avec difficultés) portée à la tête de ce qui devrait être un gouvernement de transition. Et ceci sur un fond de dissensions sur la répartition des portefeuilles ministériels.

Nous assistons à ce qui semble être un étonnant manque de perspective historique de la part du premier ministre Jean-Marie Doré qui se voudrait dans la forme juge et partie.

Nous sommes en face d'un président initiateur de la transition mais, qui semble être passivement absent face à la situation d'enrayement du processus de transition.

Nous assistons principalement à une imprudence des partis politiques dans la non-prise en main de la transition. Et c'est sur ce point que je vais m'attarder, car les partis politiques ont la charge (par le Peuple, par Sékouba Konaté, par la communauté internationale) de faire aboutir dans la réussite, cette transition démocratique.

En ce moment potentiellement porteur d'une perspective historique, toutes les énergies devraient être portées vers la construction d'un cadre démocratique stable. Les seules priorités doivent être pour le moment l'installation d' un gouvernement réellement neutre et l'urgence de la mise en place d'une assemblée constituante la plus représentative possible (de l'ensemble des acteurs nationaux) afin de définir collectivement le cadre et les mécanismes de fonctionnement des futurs institutions démocratiques.

Les lancements de campagnes électorales de certains leaders paraissent incroyablement décalés en ces moments de « non processus » de transition et de tensions montantes en région guinéenne de la Forêt.

Dans la conscience d'un devoir historique les partis politiques devraient être en campagne de sensibilisations et d'explications des enjeux de la transition et de son aboutissement auprès des populations en vue d'aboutir à une adhésion complète par la compréhension claire des actes posés.

Les partis politiques doivent intensément prendre conscience qu'en tant qu’acteurs prépondérants de la vie de la nation, ils ont un devoir de pédagogie constante et un devoir de processus d'éveils par l'implication des citoyens. Les partis politiques guinéens se doivent de se sortir eux-mêmes de ce cadre folklorique qui consiste à faire d'eux de simples machines à rassembler les populations au tour de la glorification grotesque d'un leader (quelles que soient ses qualités humaines). Les partis politiques guinéens en ont les ressources intellectuelles et humaines (par la présence de cadres compétents) nécessaires à cela.

L'heure n'est donc pas aux campagnes électorales, l'heure est à la mobilisation pour le pays, l'heure n'est pas aux exhortations partisanes, l'heure est au rassemblement participatif pour qualifier le processus de transition.

L'élection pour être apaisée, pour être consensuelle doit être réalisée dans un cadre institutionnel consensuel et évident. Nous n'en sommes pas là !

A l'heure où ces lignes sont écrites il n'y a pas de gouvernement à la tête de la nation, nous n'avons pas d'assemblée constituante (tenant aussi lieu de parlement), nul ne sait quels seront nos droits constitutionnels, ni la forme juridique que prendra l'organisation de nos institutions.

Combien de Guinéens seraient capables de citer à ce jour vers quel type de régime démocratique souhaiterait évoluer tel ou tel parti (présidentiel, parlementaire, fédéraliste etc.) ?
IL est temps que les partis politiques en charge du processus démocratique prennent leurs responsabilités (en y incluant effectivement les citoyens par des campagnes de sensibilisations et débats). Il est temps de mettre en retrait ses prétentions pour sérieusement permettre la mise en place d'un gouvernement de transition efficace et neutre. Il est temps d'entamer, parallèlement à la mise en place du gouvernement de transition, les consultations pour arriver rapidement à là mise en place d'une assemblée constituante qui représentera l'ensemble de la nation (y compris le tiers de la population guinéenne résident à l'étranger).

Si les partis politiques actuels ne prennent pas en charge ce rôle -qui est historique par les enjeux en présences- il sera impératif qu'émerge dans les plus brefs délais (durant la transition) des citoyens regroupés par la conscience et la volonté d'une nécessaire prise de responsabilité organisée (sur le terrain) et immédiate, face aux enjeux de l'avenir de la nation.
Et à ceux qui compteraient sur la passivité des Guinéens en ce moment décisif pour l'avenir à court et moyen terme de la nation, je leur rappellerais les manifestations organisées contre la junte militaire qui ont démontré par les faits que cela est possible... Et cela sera fait.

Je demande donc aux partis politiques (dans le respect de leur rôle crucial en ce moment si décisif pour la Guinée) de ranger les pancartes électorales et de se mobiliser pour sauver la transition en la faisant aboutir dans la réussite, pour le salut de tous... L'échec nous est interdit !

Un premier appel à la concertation a été lancé, Mouvement Guinée d'abord y répondra.
http://www.guineepresse.info/index.php?id=11,5045,0,0,1,0

Ibrahim Sinkoun Kaba
Mouvement Guinée d'abord
Bioservive@yahoo,fr


 

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VOS COMMENTAIRES

M. Diallo09/02/2010 14:17:49
Monsieur Kaba c'est toujours avec plaisir que je vous lis. Tous amis sont unanimes là-dessus: votre groupe, l'ibcg et le mouvement mctm de Sadibou bref le collectif que vous avez formé pour enpêcher le cndd de rester vous restez le seul espoir d'avenir de notre pays. Mes encouragements à l'infini.