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Guinée : Les premiers pas de la transitionQuelques explications seraient les bienvenues2010-02-10 07:29:35 La majorité des Guinéens ont salué la geste du Général Sékouba Konaté car ce qu’il a arraché le 15 janvier 2010 à Ouaga n’est rien d’autre qu’une geste. C’est un acte de bravoure et une preuve de clairvoyance et de pugnacité d’un homme qui a abouti à la récapitulation pacifique de Moussa Dadis Camara. Désormais, et plus que jamais, notre pays, la République de Guinée tend vers l’instauration d’une démocratie qui passe par le suffrage universel. Néanmoins, les observateurs et analystes politiques pourraient relever quelques éléments plus ou moins incongrus qui ont marqué ce début de la transition. S’ils ne sèment pas le doute, ils ne sont pas tout à fait très rassurants. Du moins, ils n’offrent pas assez de lisibilité à certains aspects des premiers pas de la transition. De la désignation du premier Ministre Les accords de Ouaga stipulaient qu’il y aurait un Premier Ministre et deux Vices- Premiers Ministres pour mener la transition. Les discussions, pour ne pas dire le combat au sein des Forces Vives, ont apparemment fini par sacrifier le pouvoir tricéphale à la primature. Ce qui, en soi, n’est pas condamnable car une décision à trois se réduit toujours à deux. Par conséquent, ce cas de figure est plus problématique que consensuel. Il y aura toujours dans une décision à trois une personne qui se retrouvera en position minoritaire et qui, à force, se sentira exclue par les deux autres. L’opposition réelle ou supposée entre M. Jean- Marie Doré l’actuel Premier Ministre et la Dame de Fer, Hadja Rabiatou Sérah Diallo de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) justifierait- elle ce nouveau cas de figure ? L’opinion publique guinéenne n’en sait rien et les Forces Vives sont restées jusqu’à présent muettes là- dessus. Pourquoi ? Cette passation de service pose deux questions majeures face à l’urgence du changement. Deuxièmement, le nouveau gouvernement ne devrait- il pas être immédiatement formé pour remplacer le gouvernement sortant ? La lenteur enregistrée actuellement dans la formation du gouvernement serait- elle liée au dialogue difficile, dit- on, avec les forces Vives et qui influencerait de manière négative la mise en place du futur gouvernement ? Y aurait- il à ce niveau, comme le pensent un certain nombre de Guinéens, l’impact d’une mésentente, voire d’une rupture, qui se dessinerait entre M. Jean- Marie Doré et ceux- là même qui l’ont désigné ? Des explications ne seraient pas futiles pour éclairer l’opinion publique. Le manque d’explications pousse beaucoup de nos compatriotes à, penser que le maintien du gouvernement aussi longtemps après le départ de M. Komara n’est rien d’autre que le résultat des actions de certains membres du CNDD. Ces actions qu’ils qualifient de maléfiques hantent dangereusement la transition. Il s’agirait tout simplement d’une combine manigancée par certains ténors du pouvoir de Dadis pour intégrer le nouveau système. A défaut, ils pourront disposer du temps nécessaire pour tout rafler et s’en mettre davantage dans les poches. Qu’on qu’il en soit, le nouveau premier Ministre a, malgré les obstacles qu’il a lui- même évoqués, beaucoup plus à gagner en accélérant le processus de nomination des membres de son gouvernement. Tout cela, dans le respect des compétences des uns et des autres. On en conviendra sûrement qu’il n’est pas facile pour une femme de se retrouver face à des religieux. La situation est un vrai challenger pour Hadja Raby qui, on le sait, a affronté d’autres combats dans son parcours de militante et de femme engagée. Mais, celle- ci est différente à bien d’égards. Espérons que le combat pour la démocratie et pour le bien- être du peuple de Guinée prendra le dessus sur toute autre conception des choses. Du retard dans la nomination du Gouvernement de Transition Beaucoup de questions ont été posées à ce sujet. Je n’entrerai pas dans la polémique car je n’ai pas les tenants et les aboutissants du retard. On peut néanmoins se demander quelles sont les vraies ambitions du nouveau Premier Ministre. M. Jean Marie Doré croirait- il que le peuple lui accordera ce qu’il a refusé à Dadis ? Ce qui est impensable de sa part, car vouloir jongler avec la transition face à un peuple assoiffé de démocratie est à la fois irréaliste, utopique et surtout suicidaire. Espérons que M. Jean- Marie Doré tirera, contrairement à d’autres, les leçons de l’histoire et qu’il sortira par la grande porte après avoir réussi des élections libres, transparentes dans le temps des 6 mois qui lui sont impartis. Enfin, de nouveaux enjeux se dessinent pour la Guinée. Le Général Sékouba Konaté, Jean- Marie Doré et Hadja Rabiatou Sérah Diallo doivent, plus que jamais, avoir à l’esprit que le peuple de Guinée compte sur eux. J’espère que ce nouveau pouvoir sur lequel toute la Guinée et le monde entier comptent n’essaiera pas d’abuser le peuple. Pour le moment, assurons aux dirigeants issus de l’après- Ouaga notre soutien en mettant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout. Dans l’idéal d’une Guinée démocratique, la principale tâche revient avant tout au Général Konaté qui doit être intransigeant sur la durée de la transition. Prions pour une transition sincère, courte et efficace ! Lamarana Petty Diallo
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