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2010-02-17 13:12:00
C’est un mois après les accords de Ouaga que le gouvernement de Transition a été rendu public sur les antennes de la Radio Télévision Guinéenne (RTG). Je rappelle que c’est le quatrième gouvernement en 3 ans.
Analyse faite, ce gouvernement fait ressortir quatre constantes que je résume ainsi : les grands retours, les grands départs, les miraculés et les grands absents.
1 Les grands retours :
Il s’agit de ceux d’anciens administrateurs et ministres des régimes antérieurs.
Au Ministère des Finances, c’est l’ancien gouverneur de la Banque Centrale M. Kerfalla Yansané qui est nommé.
Aly Gilbert Ifono, ancien Ministre des arts et de la culture du gouvernement de large ouverture d’Ahmed Tidiane Souaré revient au Ministère de la Décentralisation et du Développement Local.
DR Mariama Béavogui, également ancien ministre de la Santé du gouvernement Souaré fait son retour pour le porte- feuille de la Micro- finance, du Secteur Informel, de l’Emploi des jeunes et des femmes.
Dans le cabinet présidentiel, on note l’arrivée d’Aboubacar Yacine Diallo, ancien Ministre de la Communication sous l’ère Conté, en qualité de Conseiller en lieu et place d’Idrissa Chérif.
L’ancienne ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (également du régime Conté (Madame Kaba Fatoumata Sidibé occupe le poste de Conseiller Diplomatique à la Présidence.
Enfin, M. Almamy Kabèlé Camara, l’ancien Ministre de la Défense du gouvernement Souaré, est devenu Ministre Conseiller auprès du Général Sékouba.
2. Les grands départs
Il ya quelques surprises à ce niveau : certains ministres que la plupart des Guinéens pressentaient au départ sont maintenus. J’y reviendrai plus loin.
On peut évoquer le départ du Ministre Secrétaire- Permanent du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) le colonel Moussa Kéita. Les pronostics n’ont pas été faussés en ce qui le concerne. En effet, on voyait mal comment cet officier qui a été accusé, à tort ou à raison, par plus d’un Guinéen et par les Forces Vives d’avoir faussé sa mission de médiation allait conserver son poste.
D’autres départs et non des moindres : Cécé loua, ancien ministre des Affaires Etrangères ; Papa Koly Kourouma, ancien Ministrede l'Environnement et du Développement durable ;Frédéric Kolié, ancien Ministre de l'Administration du territoire des Affaires Politiques.
L’un des départs les plus remarqués est sûrement celui d’Idrissa Chérif qui avait la double casquette de Ministre de la Communication à la Présidence et à la Défense Nationale.
Toutes ces personne étant réputées appartenir à l’aile dure du CNDD ont perdu leur poste- feuilles. Leurs liens avérés ou supposés avec l’ancien chef de la junte n’y ont rien pu.
3 Les miraculés
Ce sont tous les ministres que l’opinion nationale donnait comme partant et qui ont été maintenus à leur poste.
C’est le cas du Ministre chargé de la Sécurité Présidentielle le Commandant Claude Pivi qui obtient un bonusavec son élévation au rang de Ministre d'Etat pour la même fonction.
Le lieutenant colonel Moussa Tiégboro s’est vu confirmé au poste de Ministre Conseiller auprès du Président de la République chargé des services spéciaux, de la Lutte contre la drogue et du grand banditisme.
Pour plus d’un observateur, la mise au point lu à la RTG dès après la nomination du gouvernement de Jean- Marie Doré par le Directeur de Presse de la Présidence visait à préparer l’opinion publique au maintien des ces deux personnes. Mais, certains pensent que les raisons sont ailleurs. Néanmoins, convenons que l’heure est à l’apaisement.
4 Les grands absents.
Les oubliés de la transition sont avant tout les Guinéens de l’Extérieur. Il suffit de savoir qu’ils seront gérés à nouveau par quelqu’un qui, lui, se trouve bien à l’intérieur. C’est l’une des raisons qui explique que personnellement je réprouve l’appellation « Guinéens de l’Extérieur. »
Je lui préfère la dénomination « Guinéens de l’Etranger » et même « vivant à l’Etranger. » Le critère géographique ou la distance mise en avant ne leur dénie pas tout droit et devoir. Ce critère leur reconnaît, contrairement au premier, une existence réelle et leur confère un droit à part entière dans la gestion du pays.
Par contre, l’usage » Guinéens de l’Extérieur » met en marge du système les femmes et les hommes guinéens vivants à l’étranger. Rayés des préoccupations nationales, ils sont marginalisés à tout point de vue. Ils ne comptent que lorsqu’il s’agit de manifester, de porter les malheurs du pays et les revendications du peuple à l’extérieur.
Pire, certains hommes politiques, une fois devenus ministres, ne trouvent pas mieux que les rassembler dans les chancelleries et ambassades pour les berner et, leur sous- tirer au besoin quelques billets sonnant et crépitant et des repas copieux en plus.
Si cela seulement cette parenthèse dans ce gouvernement, même de transition, pouvait donner quelque leçon que ce soit à certains francs- tireurs vivant à l’extérieur pour qu’ils prennent la nécessité d’une action commune et mutualisée ?
Le deuxième groupe d’oubliés ce sont les jeunes. Ils n’ont pratiquement aucun représentant. Le ministère de l’emploi leur échappant, on serait tenté de dire que Mouctar Diallo est jeune. Seulement celui- ci représente son propre parti et/ ou les Forces Vives. Ce sont encore les sacrifiés du changement. Hélas !
Le troisième groupe ce sont les femmes. Elles ont d’importants porte- feuilles certes. Cependant, elles sont au nombre de 9 : gouvernement et Présidence réunies. Soit 5 dans le premier cas et 4 dans le second. On me dira que c’est mieux par rapport au passé, aux jeunes et le CNT revient à une dame. Mais, en dépit de tout, elles restent sous- représentées. Il est temps qu’on sache qu’il n’ya pas que de « Femmes wangler » en Guinée comme les traitait l’autre.
Lamarana Petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr