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2010-02-19 00:32:03
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a jugé "scandaleux", mercredi, que deux officiers guinéens aient été confirmés mardi à leurs postes de ministres alors qu'ils sont, selon HRW, impliqués dans des "crimes extrêmement graves dont des meurtres".
Le commandant Claude Pivi a été "confirmé" mardi soir dans ses fonctions de "ministre chargé de la sécurité présidentielle", en application d'un décret signé par le président de la transition, le
général Sékouba Konaté.
Le lieutenant-colonel Moussa Tiegboro Camara reste quant à lui "ministre d'Etat chargé des services spéciaux, de la lutte contre le grand banditisme et le narcotrafic".
"La nomination de ces deux militaires impliqués dans des crimes, y compris le massacre d'opposants (perpétré le 28 septembre à Conakry, ndlr), est un scandale", a déclaré à l'AFP Corinne Dufka, porte-parole de HRW en Afrique de l'Ouest.
"Tous les deux ont été impliqués dans des crimes extrêmement graves dont des meurtres" et "ils n'ont absolument pas leur place dans ce gouvernement", a insisté Mme Dufka.
"Pivi a été impliqué dans des tortures (...), ainsi que des actes criminels et les mesures de répression de 2007 qui avaient fait plus de 130 morts," a-t-elle assuré. "Quant à Tiegboro, il est directement
impliqué dans le massacre du stade du 28 septembre 2009", a-t-elle dit.
Dans son rapport sur cette tuerie qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU, HRW avait conclu: "Les gendarmes personnellement commandés par Tiegboro ont, au moins à deux reprises, usé de la force létale contre les militants de l'opposition convergeant vers le stade, causant la
mort d'au moins trois manifestants non armés".
"Plus tard, Tiegboro et les gendarmes de son unité sont entrés dans le stade avec des membres de la garde présidentielle. Les gendarmes de son unité ont pris une part active au massacre et, dans une moindre mesure, aux abus sexuels qui ont suivi", avait ajouté l'ONG.
Les noms des deux officiers ne figuraient pas sur la liste des 34 membres du gouvernement de transition officiellement formé lundi soir sur proposition du Premier ministre Jean-Marie Doré (issu de
l'opposition).
Mais, le général Konaté a publié mardi soir un "décret portant formation de son cabinet" et confirmant ces deux ministres à leurs postes.
Source : AFP
VOS COMMENTAIRES | |
| Sadio Barry | 19/02/2010 18:00:07 |
| Mêmes nos parents illettrés qui ne comprennent rien en politique ont été étonnés de cet acte du général Sékouba. Cette décision est une bêtise sous tous les aspects. C'est pourquoi elle est révélatrice d'un fait réel: Sékouba n'a aucun brun de pouvoir. Il ne fait que servir Dadis, Pivi et Thiéboro pour rester en vie et profiter autant qu'il peut lui-même. Avec ce gouvernement bis, il a raté l'occasion de se rendre maître de la situation en Guinée: pour toute décision il est obligé de réunir ce "cabinet" composé de Ministres d'Etat et de l'essentiel (le noyau) du CNDD. Sans le gouvernement des forces vives qui aurait pu faire la balance en sa faveur dans les assises ou conseils de gouvernement. Entre les Pivi, Sékouba va se faire plier à leur diktat et son gouvernement bis pourrait arriver à des conflits ou divergences avec celui des forces vives. Le résultat serait des ouvertures de négociation et interminables tractations qui vont faire passer du temps. Les religieux du CNT seront les démarcheurs. Les 6 mois arriveront à terme et Dadis sera attesté guéri et bien retabli dans ses facultés par des médecins de Blaise. Le scénario serait donc un des trois: A- Kuchner et Blaise négocient des accords de privilèges entre Dadis et leur ami Alpha Condé que Blaise fera réconcilier avec Dadis entre temps. Dadis laisse Alpha devenir président contre sa protection et l'assurance d'impunité pour lui. B- Dadis qui est le président du CNDD et qui n'a fait que déléguer momentanément, pour des raisons de santé, à Son ministre de la défense, comme Toto l'a eu pour quelques jours un moment, rentre pour président le gouvernement du CNDD soigneusement épargné et maintenu par Sékouba, au lieu de le dissoudre. C- Dadis rentre en tant que candidat pour des "élections" que Sékouba, J. M Doré et un autre forestier au MATAP organisent. Il sera proclamé démocratiquement élu. Puis il choisira un PM entre Cellou Dalein, Alpha et Sidiya. On est très mal parti! Qui peut dire que si la CPI se montre menaçante, Dadis ne va pas vite rejoindre la Guinée où ses hommes au pouvoir peuvent le protéger ? Qui peut dire qu'une fois dit guéri, Dadis n'aura pas envi de rentre alors qu'il est encore le président du CNDD et chef d'Etat selon les accords de Ouaga ? Qui peut dire que si Dadis patiente 4 mois sans exercer le pouvoir directement que par Sékouba il ne peut pas rentrer et laisser le CNDD organiser les élections auxquelles il peut prendre part ? Qui peut dire que le gouvernement de Sékouba et des Ministres d'Etat Pivi et Thiéboro vont organiser des élections avec un candidat Dadis et que ce dernier perde ces élections ? La seule chose qui nous fera éviter un de ces scénarios, c'est notre mobilisation dès maintenant pour amener le peuple à contraindre l'équipe actuelle à effectivement tenir ses engagements et organiser de vraies élections en Guinée et non des mascarades pour juste doter la Guinée d'un simple Président dit élu. | |