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Exclusion de la diaspora de processus démocratique : une erreur démocratique à corriger


2010-02-22 07:28:20

La communauté Guinéenne de l’étranger est aujourd’hui meurtrie par son exclusion du droit le plus fondamental de participer au choix de leur président et de leur parlement. Et pourtant, nul ne peut ignorer tout cet effort international que les Guinéens de l’étranger ont déployé dans les chancelleries occidentales pour amener l’opinion internationale à soutenir l’avènement d’une démocratie juste et équitable dans leur pays.

Aujourd’hui plus que jamais, il est temps pour tous les Guinéens vivant à l’étranger de dire non à cette forme de discrimination qui ne dit pas son nom. Tous les Guinéens, où qu’ils soient, ont le droit fondamental de participer au choix de leurs représentants. Aucune raison pécuniaire ne devrait être acceptée pour justifier leur exclusion du processus démocratique enclenché en Guinée. Ceux qui ont pris cette décision discriminatoire ont la mémoire courte. N’ont-ils pas vu que les Guinéens de la diaspora ne sont pas restés les bras croisés face à la barbarie de 28 septembre? Ils ont arboré toutes les avenues de la France, de l’Allemagne, des USA, de l’Angleterre et plusieurs autres pays pour réclamer un pouvoir civil qui respecterait la volonté du peuple. Ne savent-ils pas que les Guinéens de la diaspora ont un besoin aussi important d’exprimer leur appartenance à la Nation mère que les Guinéens de l’intérieur? Il est aussi important de souligner que le manque de mobilisation de la diaspora évoqué par le président de la CENI s’expliquait en son temps par le fait que Dadis laissait planer le flou sur sa candidature et aucune structure n’était mise en place pour assurer des élections libres et démocratiques.  Cette mascarade de recensement explique le manque de mobilisation évoqué. Il faut bien reconnaître que le contexte a complètement changé. Le silence des politiciens sur cette question importante doit être aussi vu comme un facteur d’inquiétude pour des leaders qui aspirent à la magistrature suprême.

Le droit de vote n’est pas seulement un acte d’exprimer une voix, c’est aussi un symbole d’appartenance à un peuple dont on veut forger le destin. Au nom de ce besoin sociologique de participer à l’émergence d’une nation démocratique en Guinée, il n’est point besoin de démontrer que soustraire une partie du peuple au choix éclairé n’est pas une solution de sagesse. Que la nouvelle classe dirigeante se trouve les moyens de faire participer les Guinéens de l’extérieur au même titre que ceux de l’intérieur. Autrement, comment comprendre la création d’un ministère des Guinéens de l’extérieur si ce n’est le besoin de les faire participer à la marche du pays. Il est temps que cette politique d’une autre époque cesse en Guinée et que les gens se dirigent vers une démocratie intégrative. La diaspora regorge de talents et de compétences nécessaires à la construction du pays. Les exclusions en matière de démocratie n’ont jamais représenté une solution viable à long terme car l’équilibre démocratique est une émanation de la somme des diversités représentatives d’un pays.

Au-delà de cette volonté de la nouvelle classe dirigeante à exclure les Guinéens de la diaspora il faudrait voir le manque d’organisation de la diaspora elle-même. Beaucoup d’organisations de Guinéens existent à l’extérieur du pays mais n’ont jamais pu se fédérer pour représenter un contrepoids à des décisions aussi impertinentes que celle-ci. La démocratie est une lutte qui se gagne par l’organisation et la diaspora Guinéenne ne peut y échapper. On ne peut plus se payer le luxe de rester inorganisé. Il est grand temps que tous les démocrates se lèvent et disent non à la discrimination. De la même manière que ces Guinéens de l’extérieur ont battu le macadam pour exiger l’avènement de la démocratie en Guinée, de cette même manière ils devraient se lever pour exiger leur participation aux élections présidentielles et législatives. C’est à ce prix l’équilibre général de la démocratie devra s’installer en Guinée.

Mouctar Diaby, Montréal Canada
Administrateur économique et social
mfdiaby@hotmail.fr


 

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VOS COMMENTAIRES

Mouctar22/02/2010 09:35:30
Voici un exemple qui montre que la nouvelle transition amorcée en Guinée garde en son sein des éléments nuisibles comme ce Monsieur de la CENI que je nommerai pas. Comment peut-on exclure à la participation démocratique, à la désignation par voie démocratique une frange importante des citoyens guinéens, c'est à dire les guinéens de l'étranger sous prétexte qu'on a des problèmes de logistiques ou d'argent.

Ma réponse à ce Monsieur est tout simplement qu'il a perdu la tête, et il n'a rien compris à la démocratie. Il oublie que ce combat pour la transition a été grandement mené par ces guinéens dont il demande l'exclusion, et il oublie que ces guinéens de l'étranger ont un poids considérable au sein de leurs familles respectives en Guinée. Ce qui veut dire qu'ils sont au même titre que les guinéens de Guinée concernés par ce qui se passe chez nous.

Et il oublie l'un des principe sacro-saint de notre constitution et de toutes les constitutions modernes du monde, le principe de l'égalité de tous les citoyens guinéens.

Poursuivant mes analyses, rien ne peut justifier l'exclusion d'une partie de la population à la participation démocratique, encore moins un prétexte grotesque de problèmes financiers.

Alors, l'État guinéen a l'obligation juridique et financier de tout mettre en ordre pour faire participer tous les guinéens qui voudront jouir de leur droit civique.

Le Droit de vote est un droit absolu, seul le citoyen peut décider de s'abstenir.

Et si c'est pour le financement, les partenaires internationaux de la Guinée, l'UE, les USA et les autres seront présents.

Si ce Mr persiste dans son erreur, il faudra faire une pétition pour obtenir son départ.

Nul ne pourra désormais hypothéquer notre avenir démocratique.

SALL Mouctar du Mouvement des Jeunes pour le Changement (MJC)
Ollaid22/02/2010 10:38:59
Je vous rassure que ce n'est qu'une astuce pour nous preparer au report de la date des élections car en disant que les Guinéens de l'étranger ne peuvent pas voter a cette date, tout le monde va consentir a une date ultérieure. Nous avons trop longtemps observé et étudié les "politiciens" pour lire dans leur pensée comme dans un livre. Tout le monde va voter mais lorsqu'ils seront prets et assuré leurs arrieres si nous les laissons faire. C'est tout!
André Loua22/02/2010 12:55:46
La Démocratie guinéenne est en véritable DANGER. Les politiciens guinéens ont toujours utilisé ce stratagème pour créer la confusion et semer le doute entre les guinéens. Cette fois-ci, c'est le CENI même, créé grâce aux exigences des guinéens de l'étranger qui leur spolie leurs droits naturels. Il est temps que l'on se lève pour exiger nos droits.