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Guinée: confusion de rôle et des termes


2010-03-15 07:43:50

Le Conseil national de Transition, CNT, qui va jouer le rôle de Parlement de Transition a été officiellement installé le 12 mars 2010.
Le même jour nous apprenons ceci :

« Le Président de la transition, Président de la République par Intérim, le Général de Brigade Sékouba KONATE, a approuvé par ordonnance n° 002/PRG/SGPRG/2010 du 12 mars 2010 la Loi de Finances pour 2010, remettant ainsi en place un cadre budgétaire formel ».

1-Une ordonnance est un acte fait par le Gouvernement, avec l’autorisation du Parlement dans les matières qui relèvent de la loi pour une durée limitée.
En Guinée, on a continué à parler d’ordonnance alors il n’y avait plus de Parlement depuis plus d’une année, et par conséquent aucune autorisation n’a été donnée par le Parlement pour faire des ordonnances. Le gouvernement s’amuse ainsi à confondre décrets et ordonnances, selon ses humeurs.

2- Maintenant qu’il y a un organe qui va assurer le rôle du Parlement, pourquoi c’est le Président qui approuve la loi de Finances ? Le premier rôle du Parlement est le vote de la loi, au premier rang duquel la loi de Finances qui présente les recettes et les dépenses de l’Etat. C’est aussi une des meilleures façons pour le Parlement d’exercer un contrôle de l’action gouvernementale, son autre rôle.

Au sujet de cette loi de Finances, on nous apprend que « - Recettes et dons : Elles se chiffrent à 4 962,22 milliards de francs guinéens dont 619,12 milliards au titre des recettes provenant du secteur minier et 3 636,23 milliards pour le secteur non minier ».
Espérons que « l’ordonnance » était plus détaillée que cette présentation trop simpliste. L’intérêt d’analyser la loi de Finances est de connaître la clef de répartition des dépenses. Les raisons invoquées pour la présentation du budget, à savoir la préservation de la paix sociale, la transition et la préparation de l’après transition ne sauraient justifier la soustraction à l’opinion publique les affectations prévues des recettes de l’Etat, ce qui permet de savoir le vrai programme politique et les priorités de cet exécutif de transition.
3-Décidément cette date du 12 mars a été chargée. C’est également ce jour que « le conseil national de la transition dans sa plénière de ce vendredi 12 mars 2010 a procédé à l’adoption du projet d’ordonnance portant sur ses attributions ».
Cette décision est troublante. L’ordonnance étant une habilitation donnée par l’organe législatif à l’exécutif, il  est incompréhensible que le CNT, qui assure ce rôle de législatif, ne prenne pas directement une loi, car rappelons le, l’ordonnance est un acte pris dans le domaine qui relève de la loi. Le CNT n’a pas besoin d’autorisation pour voter la loi. C’est lui plutôt qui donne une autorisation au Président de prendre des ordonnances  dans des conditions très précises.

4-Puis il y a des confusions des termes. Un texte qui n’est pas encore adopté, lorsqu’il émane de l’exécutif (gouvernement, président), il porte le nom de projet et quand il émane du Parlement, on parle de proposition. Donc on parlera de projet de loi, si l’initiative vient du gouvernement ou de proposition de loi, si c’est le Parlement qui est à l’origine du texte. Dans tous les cas, c’est le Parlement qui vote la loi. Mais parler de « projet d’ordonnance » émanant du législatif est une aberration.

5-Enfin le CNT s’est doté de neuf commissions. L’une d’elle, la commission de défense et de sécurité ne compte pour l’instant que sept membres. On a l’impression que même les membres des forces de défense et de sécurité ont déserté cette commission pour d’autres. Rappelez vous, le CNT compte dix éléments des forces de défense et de sécurité dont l’ancien Ministre de la santé, le Colonel  Abdoulaye Chérif Diaby, directement mis en cause par la Commission d’enquête des Nations Unies pour son refus de soins aux victimes du 28 septembre, les maltraitances qu’il a personnellement infligées à ces victimes et les ordres tendant à refuser les soins et dissimuler les corps qu’il a donnés aux personnels hospitaliers.
Nous savons tous que l’un des grands maux de l’Etat concerne l’armée. Sa restructuration est d’ailleurs prévue pendant cette transition. Il est curieux que les civils soient absents de cette commission, car il est fort à parier que ses sept membres appartiennent tous aux forces de défense et de sécurité. Donc l’armée aura toutes les coudées franches pour élaborer des textes selon ses convenances. Ne connaissant pas le règlement intérieur du CNT, rien n’est dit sur comment seront adoptés les textes définitifs (lois), est-ce au niveau des commissions (ce qui ne se fait pas dans un Parlement normal) ou au niveau de la plénière ( ce qui est logique).

6-Enfin, un des rôles fondamentaux assignés au CNT est le toilettage de la Constitution. Mais rien n’est prévu sur l’adoption de la future Loi fondamentale. Le mode d’adoption le plus démocratique est le référendum, or, aucune consultation populaire à ce sujet n’est prévue ni par les autorités et encore moins par l’Accord de Ouagadougou. Les membres du CNT eux-mêmes ne relevant pas du suffrage universel, c’est sera étrange d’avoir une Constitution qui n’aura aucune onction du suffrage universel.

Hassatou Baldé


 

18 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Ollaid15/03/2010 10:39:54
Merci! Enfin quelqu'un qui nous enseigne des choses utiles et bien a propos. Je suis en effet souvent frustré de poser des questions a certains "specialistes" qui s'expriment sur le Net et qui sont des personnes si "importantes" qu'ils ne daignent meme pas repondre. Changez le "Baldé" en "Diallo" et ce sera parfait!
Sékou15/03/2010 11:37:33
Je crois savoir qu'en bon pular, on dit: "ko nanowo faransi andi ko porto gnaadhi" (c'est celui qui comprend français qui connaît la rigueur du blanc). Encore une fois, je vous remercie pour la peine que vous vous donnez de prendre la plume pour "commenter" l'actualité de l'asile psychiatrique qu'est devenu notre Guinée. Je me demande à quand le bout du tunnel. C'est vraiment dommage que parmi plus de dix millions de guinéens, que ce soient des lampes éteintes qui nous éclairent!
Alpha O BARRY15/03/2010 13:25:37
Continuez votre couverture du CNT. C'est le 2eme excellent article que vous faites. Je ne sais pourquoi en Guinee on est toujours dans l'amateurisme. Nous avons encore une fois la chance de changer pour une fois le cours de notre destin d'occasions manquees. Mais il me semble que nous allons nous comporter comme en mars 2007 avec Kouyate et notre incapacite a l'epoque de prevenir l'arrivee de Dadis.
Oumar M. Bah15/03/2010 14:23:25
Le plus grand mal en Guinée, c'est que n'importe qui peut être affecté à n'importe quel poste, qu'il soit qualifié ou pas.
Ibrahima Sory Baldé15/03/2010 15:17:58
Ce genre d'articles est très utile, en ce qu'ils contribuent à la formation, à l'information, etc. Et pour les écrire, être un Baldé peut aider. Alors Ollaid, il ne faut baisser la tête pour accepter de prendre le bon "nom" au lieu d'inviter Hassatou à faire le contraire. Je sais par ailleurs que mes sanakous sont aussi mes Kawous.
thierno samba15/03/2010 19:04:44
Ils ne sont pas dans la logique d'un referendum constitutionnel,c'est pourquoi la présence de toutes les composantes selon eux de la nation.On a réuni plus une bande d'incompétents qui ignorent totalement l'objet de leur mission.Rien ne garantit qu'on tirera quelque chose de bon de cette foule.Sékou Touré nous a infligé la médiocrité comme mode de gouvernance,il sera très difficile de s'en sortir avec ses JRDA arrivés à maturité.L'officier qui a pris la succession de Dadis ne nous a pas prouvé qu'il est honnête et compétent.Ce que nous connaissons de lui depuis le 23 décembre 2008,c'est le copinage dans les nominations,ses contrats de gré à gré et la vie de débauche qu'il mène et sans oublier ses liens avec les narcotrafiquants locaux dont le relais est son actuel directeur de protocole Mounir Cissé qui fait partie du cartel.Il a fait libérer ses proches et garder les autres au gnouf.Nous sommes très mal barrés.La nomination de Tibou Kamara qui on se rappelle défendait à la RTG le droit légitime de Dadis d'être candidat.Nous n'attendons rien de bon émanant des mêmes criminels du CNDD.C'est lorsque son pouvoir est menacé qu'il crie fort comme à Ouaga face à Dadis et maintenant il nous fait croire qu'il défend la démocratie.S'il est capable de détruire ses adversaires,pourquoi il a maintenu les Pivi et consorts?
Boubacar Bah15/03/2010 19:58:03
Vous avez tout decripte ma soeur. Le faible niveau d'education rampe jusqu'aux bureaux de nos legislateurs. Si non comment des gens dits intellectuels peuvent vaguer dans de telles aberrations de jeux de mots. Quand les militaires redigent leurs textes, on se moque d'eux, maintenant que ce sont les "intello", que faut-il dire ? Merci pour ce tres bel article.
Mohamed Aly Alias Caissier15/03/2010 20:26:44
Hassatou,
Toutes mes félicitations pour cet article bien rédigé. Mais ma chère sœur, notre pays est en passe de devenir une véritable jungle. Le plus fort peut brimer le plus faible qui n’aura que ses yeux pour pleurer et ses bras a élever vers le ciel pour implorer le créateur de le sauver. C’est ça la démocratie à la guinéenne. Les plus mauvais ont toujours eu le dernier mot.
Lamine Camara16/03/2010 07:02:10
Madame, la Guinée vit dans un régime d’exception. L’ordonnance du chef d’Etat est le seul instrument légal pour gouverner un régime d’exception. C’est normal et légal que le chef d’Etat prenne une ordonnance pour approuver le budget national qui constitue une loi. Par ailleurs, dans un régime d’exception, il n’y a pas de parlement. Le CNT n’est pas le parlement, il est aussi un organe de ce même Régine d’exception nomme par ce même chef d’Etat. Il ne peut pas et ne doit pas voter des lois. La compétence de voter les lois revient uniquement au peuple à travers ses représentants
Encore pour nos jeunes étudiants, le CNT NE PEUT ETRE ET NE DOIT PAS ETRE LE LEGISLATEUR.
Ceux qui veulent devenir des législateurs devraient attendre les élections législatives. Le CNT c’est pour uniquement le toilettage de la constitution et des lois organiques et il cessera d’exister le 27 juin 2010.
Hassatou Baldé16/03/2010 11:41:34
J'invite Monsieur Lamine Camara à se renseigner sur ce qu'est un régime d'exception avant d'en parler. Il y a des choses qu'on ne fait pas dans un régime un régime d'exception comme dissoudre les institutions républicaines. L'état de siège par exemple est un régime d'exception. Il ne faut pas confondre un régime d'exception et un régime hors la loi, qui n'obéit à aucune norme.Le régime d'exception obéit à des règles et des procédures et est toujours limité dans le temps.
amandaline16/03/2010 20:26:40
Hassatou
encore une fois je te tire mon chapeau;je loue ton patriotisme et ta clairvoyance;continue à nous éclairer, nous en avons tous besoin; après des décennies d'obscurantisme nous sommes tous devenus abrutis et incapables de saisir la subtilité avec laquelle encore une fois on est en train de nous tromper ;l'os qu'on nous jette cette fois ci prend la forme d'élections libres transparentes et crédibles.Comment voulez vous que des élections soient transparentes dans cette atmosphère de floue ou les dirrigeants eux memes n'ont aucune idée de ce qu'ils doivent faire et les citoyens eux ne savent pas pour qui voter et pourquoi ils votent;les partis politiques sont dirrigés pour la plupart par ceux qui ont déjà occupé des postes de responsabilité dans les différents gouvernements qui ont introduit la gabégie et la corruption à haute dose dans le pays;d'ailleurs rares sont ceux qui ont un programme;de toutes les façons on ne vote pas pour un programme chez nous mais pour le plus offrant;c'est pour cette raison d'ailleurs que la transition ,qu'elle soit bien menée ou pas ,est le dernier de leur soucis ce n'est la tasse de thé ni de ceux qui dirrigent actuellement le pays ni de la communauté internationale toute tendance confondue et tous pays confondus.c'est honteux que des pays qui se disent démocratiques nous "imposent"pour ne pas dire recommandent des directives qu'eux memes ne suivront jamais chez eux;dans ces grandes démocraties l'armée n'a aucun role à jouer dans la sphère politique et pour la maintenir dans les casernes ,le Ministre de la défense est toujours choisi parmi les civils;nous on nous les "récommande"non seulement à la tete de la Nation mais meme dans les commissions de ce fameux CNT.Tous les pays africains qui ont reussi à décoller ont tenu leur conférence nationale;nous sommes là à sauter du coq à l'ane sans savoir ou nous allons attérrir. Honte à vous !et encore plus honte à nous qui persistons dans notre erreur de ne pas exorsciser les démons du passé.Un passé qui continue à nous hanter parce que lourd d'injustice.On ne peut pas se tresser sur des poux et prétendre garder les tresses;Il va falloir tot ou tard qu'on commence par le commencement, c'est à dire par tuer les poux.
Lamine Camara16/03/2010 22:49:26
L’état d’exception est une disposition légale de gestion d’un Etat pour une courte durée. Cette disposition est reconnue par l’ONU à condition que ce régime soit compatible avec le respect des droits de l'homme, des conventions internationales et d’autres engagements juridiques antérieurs envers tiers.
L’état d’exception peut-être enclenché âpres un coup d’Etat (cas de la Guinée) par la suspension des institutions républicaines (assemblée nationale, cours suprême etc.) Le gouvernement de transition, le CNT et le ministère d’Etat charge de la lutte contre le narco trafic et le grand banditisme (qui est en fait du ressort du ministre de la justice et de la sécurité) sont des exemples typiques d’un régime d’exception.
Le régime d’exception prend fin âpres les élections présidentielles et législatives ainsi qu’âpres le rétablissement des autres institutions de la république.

L’état de siège est prévu dans la constitution, il est décrété par le président de la république en cas de troubles internes graves (état de siège lors des grèves de 2007), ou aussi en cas de guerre. Les pouvoirs de la justice et de la police sont transfère a l’armée. Certaines libertés publiques peuvent être restreintes pour cause de sécurité interne.

Madame Hassatou Balde, vos contributions intellectuelles sur les sites sont excellentes, mais elles devraient avoir aussi des contenus pédagogiques pour nos jeunes lecteurs qui ont surtout besoin de connaitre les mécanismes de fonctionnement d’un Etat et la gestion des crises politiques et étatiques

Bien à vous
Hassatou Baldé17/03/2010 08:41:41
C'est mon dernier commentaire sur Lamine Camara, mais je l'invite encore vivement à se renseigner avant d'aborder un sujet.
S'il veut parler de l'ONU, la Charte de l'ONU est accessible à tous, je l'encourage à la lire, c'est le minimum qu'il puisse faire avant de faire dire à la Charte ce qu'elle n'a jamais écrit. Et pour pour terminer je lui rappellerai que Sekouba Konaté n'a jamais été élu, il est lui même remplaçant d'un putschiste, de ce fait il n'a pas plus de légitimité que les autres instances de la transition. Donc il ne peut pas continuer à faire des ordonnances à tort et à travers.
C'est la crainte d'une instabilité qui fait que la Guinée est sous observation internationale. Et là je vous renvoie à la Charte de l'ONU, notamment à son chapitre sept (7), les articles 39 à 51.

Vous êtes très loin de maîtriser l'état d'exception et je vous invite à en faire un article. Mais de grâce informez vous et quand vous vous référez à des textes, citez les, car vous faites dire à la Charte de l'ONU ce qu'elle ne dit pas. Avez vous des dispositions de la Charte qui font allusion à un coup d'état? Je vous répète que l'état d'exception obéit à des règles bien précises et est très limité dans le temps. En Guinée, ce coup d'état a déjà plus d'une année. Puis vous vous référez à une constitution que la junte elle même a suspendue. Sachez que le code pénal guinéen punit ceux qui modifient l'ordre constitutionnel, donc la loi guinéenne punit les putschistes, de même que l'acte constitutif de l'Union africaine. Le drame c'est que ceux qui disposent de la force pour faire respecter la loi sont ceux là mêmes qui la violent , intimident et terrorisent la population. Là on est très loin de l'état d'exception, mais dans un état entretenu de la terreur.
Sékou17/03/2010 10:48:17
Monsieur Camara, je vous remercie de nous donner les références de la résolution ou de la recommandation par laquelle l'ONU reconnaît "l'État d'exception post-coup d'État"...Sérieusement, si vous avez un diplôme en Droit, acceptez de faire une pause et de revoir vos manuels de Droit constitutionnel et de Droit international. Si vous n'êtes pas juriste, abstenez-vous alors de débattre de sujets que vous ne maîtrisez pas. Soyons clairs: En France, il existe 2 types de régimes d'exception (le régime de l'art. C16: pouvoirs exceptionnels du Président de la République; et le régime de de l'art C36: état de siège). En Guinée, dans le cadre de la Loi Fondamentale, il existe l'état d'urgence et l'état de siège. Au surplus, lorsque vous affirmez que le coup d'État est un régime d'exception consacré par le Droit, je me demande bien d'où vous sortez cela. Aucune constitution au monde ne fait du coup d'État un mode d'accession au pouvoir politique. Au contraire, la plupart des constitutions que je connais, celles qui sont écrites ou traduites en français, font du coup d'État un crime contre la Nation...puisque "la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l'exerce par ses représentants élus ou par référendum...Aucun individu ou groupe d'individus ne peut s'en approprier l'exercice". La fonction première de la constitution consiste en l'organisation du POUVOIR, y compris de sa dévolution. La seconde fonction étant de protéger les individus contre le pouvoir, à travers l'élévation des droits humains en normes constitutionnelles. Au demeurant, je vous renvoie à l'article 34 de la LF de 1990. Cet article organise la succession du président de la République, en cas de décès, démission ou empêchement définitif...Au risque de me répéter, voire de tourner en rond, notez que lorsqu'il y a d'État, à Conakry comme à Colombo, le "régime constitutionnel" est remplacé par un "régime extra-constitutionnel". L'utilisation des termes "régime d'exception" ou "État d'exception" est un abus de langage, un néologisme sans doute inventé en Guinée. En tout cas, c'est chez nous que les gens l'ont fréquemment à la bouche et sous la plume. Mais, en principe, même après un coup d'Etat, l'Etat ne peut rester sans constitution. La Guinée est le seul pays que je connais ou le pouvoir s'exerce dans l'anarchie. En règle générale, dès que la Constitution démocratique est suspendue, les nouvelles autorités mettent en place un nouveau cadre pour repartir les compétences traditionnelles de l'État (législatif, exécutif et judiciaire). Selon Montesquieu, qui a raison, il n' y a pas d'État sans constitution. Il a fait cette affirmation, au XVIIIe siècle, parce qu'il sait que là où il y a société, il y a le Droit (ibi societsa, ubi jus). Il est curieux qu'en plein XXIe siècle, les guinéens que nous sommes soyons incapables de comprendre cela; que le bien commun ne peut être garanti que par la loi; et que nous n'avons pas à réinventer la roue avec des coquilles vides (CNT par exemple). Tout est déjà écrit. Il suffit de lire. Pour résumer (je souhaite vivement que vous compreniez): La Guinée ne vit pas un "régime d'exception" ou un "État d'exception". La Guinée vit un "régime extra-constitutionnel" très singulier. S'agissant des écrits de Mme Baldé, je crois plutôt que vous devez l'encourager à continuer à éclairer la lanterne de nos compatriotes. Ce ne sont pas tous les juristes qui consacrent leurs pensées, leur temps et leur plume à la situation ubueusque que nous vivons. Donc, il faut remercier et encourager tous ceux qui se donnent cette peine. Bien à vous et vraiment sans rancune. Vous m'excuserez d'avance si l'un quelconque passage de mon texte arrivait à heurter votre sensibilité.
Doumbouya17/03/2010 12:12:30
Lamine Camara pour ton information,
Hassatou Baldé n'est pas Docteur de l'hôpital mais Docteur en DROIT.
amandaline17/03/2010 20:30:39
Je suis parfaitement d'accord avec vous Sékou;Hassatou devrait etre félicitée et remerciée pour le temps qu'elle nous consacre;elle n'est pas du tout obligée de le faire; ses interventions sur le net sont tellement instructifs qu'on aurait du ,si nous en avions la possibilité l'imposer au fameux CNT pour avoir un peu plus de lumière dans ce milieu lugubre et malsain qu'on nous impose;la Guinée n'aime que les médiocres ;elle tue ses intellectuels;Je rejoint notre compatriote qui dit que Hassatou n'est pas Docteur en médécine mais bien docteur en droit !elle sait de quoi elle parle!
Nellka17/03/2010 21:18:18
J'observe dépuis un certain temps les débats passionnés et très enrichissant sur votre excellent site. J'avoue ne pas comprendre certaines explications en termes de droits (n'étant pas specialiste du droit moi-meme),je ne vais donc pas me hasarder sur ce terrain,mais juste donner mon point de vue sur la situation exceptionnelle que vit notre pays actuellement.<br /><br /><br />
Certains compatriotes exigent beaucoup du Gl Sekouba alors qu'il a jusque-là montré sa bonne volonté a organiser des élections libres et crédibles. C'est vrai que tous les actes posés ne sont pas parfaits,ils ont au moins le mérite de poser les bases d'un retour de confiance des Guinéens sur un avenir meileur contrairement aux régimes précedents. Ces actes ont été salué par les Guiéens dans leur écrasante majorité et par la communauté internationale. Nous autre Guinéens vivant a l'étranger avons tendance a calquer le modele occidental sur nos etats sortis des années de dictatures et grangrenés par des problemes ethniques.<br /><br /><br />
Je me permets d'attirer l'attenton des compatriotes sur la necessité d'accompagner le processus de transition certes,avec des imperfections qu'il faudra trouver les moyens de s'en accomoder en attendant des lendemains meilleurs.
amandaline18/03/2010 11:11:03
c'est toujours ce qu'on nous promet depuis qu'on a eu les premiers contacts avec vous il ya plus d'un siecle."Acceptez ce qui vous arrive maintenant dans l'au dela vous aurez une vie meilleure"c'est ce qu'on nous a toujours repetes!.Non !nous ne sommes plus dupes.maintenant qu'on a des gens qui nous eclairent sur ce qui se passe autour de nous et qui nous disent de faire attention aux pieges, nous n'allons plus hesiter a les ecouter.de toutes les facons toute cette democratie pervertie n'est qu'une importation pour renforcer la division entre les guineens et faire main basse sur les ressources pendant que nous sommes en train de nous quereller.Nous avons connu ce "diviser pour regner" avant et nous ne voulons plus renouveler l'experience douloureuse des annees de braise.Tous les dictateurs qui ont regne sur la guinee sont tous venus avec les memes bonnes intentions.nous connaissons la suite.Non !la patience a des limites.faire des elections dans cette pagaille n'augure rien de bon et toutes les bonnes consciences le savent tous les amis de la guinee sont ecoeures par ce qui nous arrive.pourquoi nous!n'a ton pas droit a un peu plus de bonheur!Nous sommes juste impuissants devant l'armada deploye.Le rouleau compresseur a deja ete mis en marche et malheureusement nous ne pouvons pas l'arreter .Cependant nos bouches et nos coeurs s'ouvriront et nos plumes parleront pour que tous ceux qui sont epris de justice nous entendent.merci a Guineepresse.info