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Le gouvernement Doré à la recherche de son identité.2010-03-23 22:36:35 Le gouvernement d’union nationale est mise en place et poursuit son petit bonhomme de chemin. Apparemment, tout va pour le mieux, mais dans la pratique, les choses ne semblent pas aussi simples. Dans ce gouvernement de contentement, chacune des composantes de la classe sociopolitique guinéenne détient un petit pan. Malgré les critiques de la part de certaines factions politiques, les ministres se sont installés et ont pris la température des bureaux. Ils se sont certainement aussi imprégnés des grands dossiers, mais tous les ministres ne se sentent pas en confiance avec leur cabinet. Certains pensent que le temps est compté qu’il faut faire avec l’équipe en place pour réaliser ce qui est possible en peu de temps. D’autres pensent que la configuration actuelle leur laisse peu de chance pour réussir leur mission. En effet, au jour d’aujourd’hui, au somment de l’Etat, se côtoient deux groupes de nostalgiques. Les cadres dont la nomination remonte de l’ère Conté et ceux nouvellement propulsés à toute vitesse par le Capitaine Dadis. Les premiers, encore constitués en réseau, demeurent influents dans les structures administratives et perpétuent les pratiques que tout bon guinéen a dénoncé (trafic d’influence, calomnie, délation, détournement des deniers publiques, faux dossiers, marché truqué, racket, pot de vain, enrichissement sans cause, népotisme, transhumance politique, etc.). Les seconds, sans niveau intellectuel ni expérience pour la plupart, se font fait vite décrier. Ses « restaurateurs » d’ordre se sont fait remarquer par leur manque de savoir et de savoir faire encore plus préjudiciable au développement économique du pays. Des nouveaux réseaux de prise en otage de l’administration et de sa politisation se sont crées avec pour étiquette ‘‘Dadis pour toujours’’. C’est dans cette situation peu vivable que les nouveaux ministres se sont installés. Pourront-ils faire mieux avec ces équipes ? Pas sûr. De toute façon, le renouvellement des cabinets ne figure pas à l’ordre du jour des priorités actuelles du Gouvernement. Ainsi, nous nous trouvons face à quatre types de cabinets de purs consommateurs de budget pour un Etat incapable d’organiser des élections sans aide financière de l’extérieur: Les premiers, ce sont des ministères qui n’existaient pas qui sont nouvellement créés. Parmi eux, il y a des ministères nés sur des cendres d’une ancienne direction comme celle des guinéens de l’étranger. A ce niveau, ce sont les cadres de cette direction qui deviennent les collaborateurs directs du ministre, et d’autres personnes de confiance de celui-ci, coptées à la hâte et issus de tout bord. Cette situation crée un sentiment de méfiance et de frustration entre les cadres anciennement présents et les « amis » du ministre venus de partout pour l’assister dans sa nouvelle fonction. Pour les ministères de pure création nouvelle, les ministres ont mis sur place une équipe restreinte à leur solde. Certains comme celui de l’emploi des jeunes et des microfinances, ont du mal à faire un statut. Traditionnellement, les microfinances sont du ressort de la Banque Centrale, on voit très mal cette banque se dessaisir de cette prérogative au profit d’un département ministériel ou développer des stratégies de cogestion. Ce département ne peut que concentrer ses actions que sur l’emploi jeune. Emploi des jeunes, slogan fort politique depuis l’avènement du Gouvernement Kouyaté mais dans la pratique, le concept reste vide et les actions inexistantes. Les deuxièmes sont les anciens ministères recréés (qui n’existaient pas dans le gouvernement Komara), ce sont les anciens cadres qui, après une bonne période de traversée du désert, se replient pour occuper leur position d’avant l’ère Dadis. Ainsi, des Cabinets officieux sont mis sur pieds. C’est le cas du ministère de la culture, du ministère de l’élevage, etc. Quant aux ministères issus des fussions (affaires étrangères et intégration, plan et coopération, commerce et promotion du secteur privé, etc.) on trouve une superposition de cabinets et des doublons par poste. La prééminence des occupants du même poste proviendrait de leur affinité avec le ministre en poste. Comment faire fonctionner au même degré deux secrétaires généraux ? Deux chefs de cabinet ? Une panoplie de conseilleurs? La troisième catégorie est constituée des ministères dont les cabinets ont été mis en place sous la présidence de Dadis avec ou sans l’accord des ministres. Ces cabinet comme celui du ministère des mines, du ministère du contrôle d’Etat, etc. n’ont jamais fonctionné professionnellement et les membres sont restés, en grande partie, attachés à la personne et à l’idéologie du Capitaine Dadis. A ceux-ci, on peut adjoindre le ministère dont les cabinets remontent du Gouvernement Souaré, entre autre de l’Economie et des Finances, le ministère de la jeunesse et des sports, le ministère des affaires sociales, le ministère de la santé et l’hygiène publique. Bon nombre des cadres de ses cabinets doivent leur poste à leurs relations avec la famille CONTE et proches ou à leur engagement politique au sein du parti au pouvoir d’alors. Le dernier, est la primature. Elle regorge un nombre pléthorique de conseillers dont certains n’ouvrent la porte de leur bureau qu’une fois par mois mais ils sont bien payés. Ces conseillers, à 90% constitués des anciens ministres de CONTE, et issus de l’ex parti au pouvoir, sont moins enclins à aider le premier ministre actuel dans sa mission et dans ses taches quotidiennes. Ce sont encore ces anciens qui remplissent la présidence, avec toute la nuisibilité que cela comporte ! Il n’y a qu’en Guinée qu’une nouvelle équipe qui promet une bonne gouvernance fait appel à ceux qui ont détruit le pays tant sur le plan moral qu’économique ! L’équipe de Doré peut-elle fonctionner efficacement dans cette situation ? Pour certains, la priorité du gouvernement d’union nationale n’est pas de changer des hommes. Il faut aller à l’essentiel car le temps est compté. Ce gouvernement a pour mission d’organiser les élections. Cela demandait-il tous ces cabinets ? En attendant, l’économie guinéenne se meurt à grande vitesse. Ahmadou 1 Diallo
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