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Ministère de l’Economie et des Finances : la tourmente !2010-03-23 23:33:06 Tous les guinéens sont d’accord que le problème guinéen réside en grande partie au ministère de l’Economie et des Finances. C’est le ministère le plus convoité par les fonctionnaires. Ces gestionnaires publics ont cultivé une mauvaise image d’eux-mêmes non seulement par leurs méthodes de travail peu catholique mais aussi par leur niveau de vie, de loin au dessus de la moyenne des autres fonctionnaires et de leurs salaires. A la formation de chaque gouvernement, tout le monde attend avec une attention particulière le nom du nouveau locataire de ce département pour venir « le saluer » et se faire remarquer. En effet, de l’ère CONTE à nos jours, plusieurs ministres se sont succédés à la tête du ministère de l’économie et des finances, mais les pratiques n’ont pas fondamentalement changé. A chaque nouvelle prise de fonction, les ministres entrant s’alarment sur l’état des lieux et s’engagent à vite inverser les choses pour marquer leur passage. A analyser l’histoire récente de ce département, on se rend compte qu’elle a connu le plus grand nombre de reformes. Chaque nouveau ministre entre en fonction avec ses plans de redressement. Les différents réseaux d’affairistes affinent leur plan pour contourner les nouveaux dispositifs et maintenir les pratiques qui leur profitent au détriment du trésor public. La toute dernière passation de service nous en dit plus. Les ratios macroéconomiques présentés par le ministre entrant sont alarmants. Ils montrent à quel point l’économie guinéenne s’était enfoncée dans le rouge. Les responsables de cette situation se renvoient la balle. Les techniciens qui l’ont forgée se désengagent et mettent tout à la charge du ministre sortant. Cette stratégie est habituelle dans ce département pour montrer aux nouveaux ministres qu’on peut toujours faire mieux mais qu’on n’était pas dans les conditions de le faire. Avec cette formule, un club mafieux a pris en otage le ministère des finances. Les cadres qui forment ce club sacré permutent entre eux à différents postes. Malgré leur opposition apparente, les membres du club sont bien soudés et son les plus riches du département quelque soit leur position hiérarchique. Ceux d’entre eux qui étaient directeurs hier, sont conseillers, chef de cabinet, secrétaire général voire ministre aujourd’hui, et inversement. Ainsi ont-ils gardé la main mise sur le ministère au temps de général CONTE. A l’avènement du CNDD et la rupture générationnelle prônée par capitaine Dadis, tout le monde s’attendait à un balayage systématique au sein de ce département en vue de donner une visibilité à la gestion des finances publiques et une confiance aux bailleurs de fonds. Ce fut une illusion de courte durée. Le Capitaine Dadis, après avoir juché son jeune officier fraîchement sorti des écoles au poste ministériel, cherchait aussi à le faire entourer par ses amis et parents gros bouffeurs et mal instruits. Ce processus de "comptage" est devenu la règle de recrutement dans les ministères et à la présidence, y compris sous Sékou qui n’assume que l’intérim. Les anciens, accusés de tous les maux par le capitaine Dadis et menacés de limogeage au premier acte, avaient engagé aussitôt la dernière vitesse pour se faire les poches et jouer sur la crédulité du jeune ministre pour lui faire faire de n’importe quoi, avec des éloges, faisant de lui le meilleur ministre des finances que la Guinée ait connu. Avec l’arrivé de Kerala Yan’an, on s’attendait à une révolution. Connaisseur des grands dossiers financiers et techniciens fins, on pouvait s’attendre à une refonte du système actuel en place pour souffler une nouvelle dynamique au sein de ce département stratégique. La peur avait commencé à se lire sur les visages des cadres de ce département à la suite des premiers discours du ministre, exprimant sa grande déception. Face à cette situation, la déception des uns et l’assurance des autres viendraient de la nomination de monsieur Karamojong Camara, ancien Directeur du Trésor, ancien Conseiller, ancien secrétaire général et ancien ministre au poste de Conseiller principal de l’actuel ministre. Ce grand artisan du système décrié actuel, est animé plus par la volonté de remettre en place le système qu’il avait mis en place lors de son passage éphémère à la tête de ce département que par un appui technique à son ministre. Il dénonce à chaque réunion et sans management, les pratiques actuelles comme si celles-ci lui étaient totalement étrangères. Heureusement que ce sont les mêmes personnes qu’il avait laissées en poste au sein du cabinet et dans les différentes directions qui sont encore là, à moins que ses critiques ne soient orientées vers le ministre sortant. La main invisible de ce grand conseiller, à qui le ministre des finances a consenti une forte délégation de pouvoir, est sentie derrière des récents actes administratifs. Le dispatching actuel des chefs de divisions des affaires administratives et financières est perçu comme le grand coup du monsieur le Conseilleur. Certes, il y avait nécessité d’aménagement des DAF pour tenir compte de la structure gouvernementale actuelle, mais tout le monde sait que dans ce petit monde des DAF, les départements les plus prisés sont ceux dits «du secteur prioritaire » et des établissements publics, en premier lieu les universités. Les personnes concernées pensent que le ministre actuel ne les connaît pas personnellement, donc si l’acte est l’œuvre de celui-ci, les propositions par département sont l’œuvre de son puissant conseiller. Dans le même département, le chef de cabinet dont la nomination remonte de la période Madriaga Camara, a commencé à renvoyer à toute vitesse les jeunes cadres que le ministre Santé avait fait venir à son Cabinet pour l’assister ou assister les autres conseillers. On pourrait parler d’une véritable saches aux sorciers. Pire, entre le ministre actuel, méticuleux et exigeant, et son secrétaire général, limité et gourmand, ce n’est pas le grand amour. Le premier semble vite se rendre compte des carences du second. De même le second semble mal digérer les remarques intempestives du premier sur les grands dossiers. Mieux, le secrétaire général pense que l’ex ministre Karamojong est venu lui ravir son poste. Un climat de méfiance règne donc au cabinet et les clans risquent de se former avec le temps. A quand la fin des querelles de personnes à la tête du ministère de l’économie et des finances ? Lamine Soumah
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