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Procès des présumés narcotrafiquants : une nouvelle épreuve pour la Justice guinéenne2010-04-05 16:13:53 Après la cérémonie d’ouverture du lundi 29 mars 2009, la première session des Assisses 2010 à la cour d’Appel de Conakry a effectivement démarré. Au total 115 dossiers seront débattus par les hommes en robes rouges et noires sous la présidence de Maître Doura Chérif, 1er président de la Cour d’Appel de Conakry. Et 48 jurés devront assister les magistrats pendant ces assises. Et comme attendu par plus d’un, le premier dossier à déballer aura été celui des présumés narcotrafiquants. Un dossier qui oppose le Ministère public (Etat) contre Mamadi Kalo et sa suite. Dans ce dossier 16 noms sont inscrits : 1-Mamadi Kalo, Agent commercial né en 1964 à Dabola, Ce groupe, arrêté le 24 février 2009 par les services du Secrétariat Général chargé des Services spéciaux, de la lutte Anti-drogue et le Grand banditisme, est accusé de participation à un réseau de trafic de la drogue en Guinée. Selon l’Arrêt de Renvoi lu à la Cour, les interrogatoires dirigés à l’époque par le Capitaine Moussa Dadis Camara au Camp Alpha Yaya Diallo ont permis d’avoir quelques aveux des accusés. Mamadi Kalo avait à l’époque reconnu membre d’un réseau de drogue. Sa mission, selon l’Arrêt de Renvoi, était d’acheminer la drogue d’un hôtel à un autre à travers Conakry pour une somme de 5 000 dollars par mission. Parlant de Saturin Bangoura, l’Arrêt de Renvoi précise que ce dernier avait reconnu avoir participé à l’acheminement d’une quantité de drogue de Boké à Conakry avec la complicité de certains blancs nommés Tchiko Koto, Williams Nelson et Maïc. Cette drogue serait débarquée à l’aéroport de Boké par un avion dont la provenance reste encore inconnue. Quand à Gastien Bangoura, Faya Camara, Jean Tamba Oularé, Mamadi Oularé, Mohamed Lamine, l’Arrêt de Renvoi précise que ces derniers avaient reconnu avoir accompli des courses pour Mamadi Kalo et Saturin Bangoura qui les payaient comme vigiles et employés. Seulement, aujourd’hui dans la salle d’audiences, tous ces accusés plaident non coupables et ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés ! Duel de mots entre Défense et Partie civile. Le début de ce procès a été marqué par un duel sans merci entre les avocats de la Défense et ceux de la Partie civile (Ministère Public). Ce fut une véritable épreuve fatidique, un combat de mots qui a retenu des heures durant toute l’attention de la salle. Certes, dans tout procès, Partie Civile représentant l’Etat et Défense constituant le collectif des avocats des accusés s’acharnent toujours à couteaux tirés. Mais dans le présent procès la discorde aura été précoce, dès l’entame de l’audience. Cette discorde précoce a porté sur deux points : la constitution de la Partie Civile et les pièces à conviction (des scellés) qui pourraient être considérés comme preuves que les accusés pratiquent le trafic de drogue. Sur le premier point, la Défense a d’abord commencé par rejeter la constitution de la Partie Civile dont elle qualifie de tardive. Les avocats de la défense condamnent le fait que la Partie Civile ne A bon chat bon rat. La réplique de la Partie Civile n’aura pas été des moindres. ‘’La partie civile peut se constituer à tout moment du procès’’ lance un avocat de la partie civile. Cet affront de mots durera des heures en cette première journée des audiences. Parlant du second point de discorde, celui des pièces à convictions ou scellés, le Ministère public (partie civile) a cité quelques objets notamment des mallettes, des téléphones portables, des passeports, des voitures et autres biens immobiliers qui pourraient justifier que les propriétaires pratiquaient le trafic de drogue. Pour la Défense, les objets cités qui ont été ‘’illégalement enlevés des mains de leurs clients (accusés) ne pourraient en aucun cas être des pièces à conviction (preuves) de toute pratique de trafic de drogue. Selon les avocats de la Défense, tout citoyen a le droit d’avoir des téléphones, mallettes, passeports ou autres biens. Aussi la Défense condamne la violation du principe de la présomption d’innocence de leurs clients : « L’Etat a violé sur toute la ligne le principe de la présomption d’innocence de nos clients. Nos clients ont été présentés à la télévision nationale comme des trafiquants de drogue sans que le procès ne soit fait. Les domiciles de nos clients ont été investis et vidés de leur contenu par les gendarmes et autres corps habillés. Nous demandons la restitution immédiate des biens de nos clients » insiste un avocat. A un autre de d’ajouter: « Si nos clients sont accusés d’être trafiquants de drogue, les accusateurs devront envoyer ici dans la salle d’audience, même un gramme de drogue pris avec nos clients. L’Etat ne doit pas s’aventurer à présenter des citoyens comme des trafiquants de drogue sans preuve. Il ne faut pas que des grandes réalisations ou l’abondance de bien soit un soupçon de trafic de drogue ». Les joutes s’annoncent donc dures au cours de ce procès des présumés narcotrafiquants. Un procès qui suscite un intérêt populaire à l’image de celui de 1994. Espérons que l’Etat guinéen ne bâcle pas ce procès. Les narcotrafiquants ont mis la Guinée en péril. Des sanctions exemplaires s’imposent à tous les coupables de ce crime contre la nation guinéenne, sans distinction, si l’on ne voudrait pas encourager le fléau. Nous y reviendrons. Ahmadou 1 Diallo
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