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Déclaration de la NGR relative à la mort du Dr Fofana.

Début de lumière sur les circonstances de la mort du syndicaliste


2010-04-28 05:44:52

Depuis l’accident du 16 avril, 2010 qui a enlevé la vie à quatre de nos compatriotes, dont le syndicaliste et militant pour la démocratie Dr. Ibrahima Fofana, le peuple de Guinée apprend, non sans indignation, les circonstances qui ont entouré ce jour tragique. En effet, il nous a été relaté que le chauffeur au volant de la voiture dans laquelle se trouvaient Dr. Fofana et ses collègues, était au chômage en attendant d’être  embauché à la Primature. On apprend aussi qu’il n’était pas habitué aux longs voyages et ne connaissait même la route Conakry-Fria. Certains témoins auraient également affirmé qu’un manque de maitrise a été détecté à son niveau dès qu’il s’est mis au volant de la voiture. D’autres nous apprennent même que Dr. Fofana hésitant être conduit par un chauffeur qu’il ne connaissait pas et dont il n’était pas sûr des compétences, avait souhaité se rendre à Fria à bord de sa propre voiture, avec son propre chauffeur au volant.

Dans la vigoureuse réaction de M. Fodé Tass Sylla, Rédacteur en chef du journal télévisé de la Radio Télévision Guinéenne, le peuple de Guinée découvre avec amertume les conditions inhumaines et honteuses dans lesquelles travaillent nos journalistes des medias d’Etat. Les deux jeunes compatriotes journalistes, auxquels nous rendons un hommage mérité, avaient pour seule source de motivation leur amour de la patrie. Fraichement sortis de l’Université, ces confrères n’étaient ni fonctionnaires ni contractuels. Autrement dit, ils travaillaient sans salaires. A travers eux, la NGR voit des milliers d’autres guinéens qui travaillent quotidiennement dans les mêmes conditions dégradantes et inacceptables.

Au regard de ces informations, les militants et sympathisants de la NGR se posent, comme tout le peuple de Guinée d’ailleurs, les questions suivantes : Le chauffeur avait-il un permis de conduire? Quel est son record de conduite? Etait-il sous l’influence de l’alcool ou de la drogue ? Une procédure sécuritaire a-t-elle été suivie dans la sélection du chauffeur? Si non, pour quelles raisons? Le nombre de passagers dans la voiture était-il conforme à la réglementation en vigueur ? Les dispositifs de sécurité étaient-ils fonctionnels? Dans la négative, pour quelles raisons? Le contrôle technique de la voiture avait-il été fait ? Si oui, quel en est le résultat ? Si non, pourquoi ?

Pour répondre à ces questions et bien d’autres, la NGR exige du gouvernement de diligenter une enquête dans les plus brefs délais pour déterminer les circonstances de l'accident. Celle-ci permettra de déterminer les causes de l'accident, de prévenir que des événements similaires ne se produisent à nouveau, de satisfaire à toutes les exigences légales, d’établir le coût de l'accident, de vérifier le respect de la réglementation applicable en matière de sécurité; etc.

La NGR déplore le fait que, trop longtemps dans notre pays, le mot « accident » a été attribué à une question de malchance ou au destin. Or au delà du « destin », une fois la cause fondamentale déterminée à la suite d’une enquête sérieuse, on constaterait que de nombreux événements qui ont endeuillé des familles entières et notre peuple tout entier, étaient prévisibles et auraient pu être évités si les mesures appropriées avaient été prises, éliminant de ce fait l'intervention du destin.

Pour rappeler un principe qui lui est cher, la NGR considère que la politique qui doit viser le bien être de tous doit aussi être, en toute équité, une politique de service; par opposition à la politique de self-service en vigueur en République de Guinée depuis l’accession du pays à l’indépendance. Ce service loin d’être gratuit, devra être très bien rémunéré. La NGR trouve inacceptable le fait d’employer un travailleur sans lui payer un salaire et, de surcroit, le faire travailler dans les conditions inhumaines et indignes. La NGR invite donc le gouvernement à se pencher très rapidement sur le sort des milliers de jeunes gens actuellement exploités dans les établissements de notre pays, pour que prévale une bonne fois pour toute la justice en Guinée.

 

Le Bureau de la NGR

 


Nous a avions déclaré dans un communiqué qu’on ne va plus publier les publicités des associations qui se surnomment partis politiques en Guinée vu qu’ils ont tous fermé les yeux et la bouche devant le pillage systématique de nos ressources financières et minières par Sékouba et ses copains Tibou Kamara et autres escrocs qui l’entourent et par le gouvernement de Jean Marie Doré.

Nous faisons l’exception avec ce dernier communiqué de la NGR parce q’il dénonce l’assassinat du Dr Fofana.

Comme nous l’avons écrit dans l’article au lien ci-dessous, ce communiqué confirme que le Dr Ibrahima Fofana a été tué, volontairement ou par négligence, avec la complicité de la primature et de la présidence. Comment expliquer qu’on ait obligé tous les syndicalistes à monter à bord d’une même voiture encore non utilisée, non immatriculée, avec un chauffeur choisi sur mesure (nouveau, chômeur et qui ne connaît pas la route ni bien conduire) ? Que faisait Pivi à Fria ?

Pourquoi Fofana qui entretenait une grève dérangeante pour Jean Marie Doré qui a déjà fait tuer des opposants au temps de Sékou Touré accepte-t-il, malgré ses propres soupçons, de se faire imposer un chauffeur et une voiture tous deux suspects ? C’est le caractère typique du Guinéen d’accepter de n’importe quoi juste parce qu’on ne veut pas frustrer quelqu’un qui se fait passer pour un ami. Dans tout pays normal ou démocratique l’opposition et le mouvement social allaient demander d’abord la démission du gouvernement avant toute enquête qui doit se faire sans influence des présumés responsables du crime.

Le chauffeur a-t-il fait du kamikaze pour tuer le gênant syndicaliste ? A-t-on manipulé la voiture sous contrôle d’un apprenti sans permis de conduire ou bien l’a-t-on drogué pour tuer Fofana ?

Comme nous le témoigne l’interview de Alpha Condé (qui a fait nommer Jean Marie Doré) dans l’Indépendant où il dit que c’est lui qui avait fait nommer Lansana Kouyaté comme PM, en Guinée rien ne se fait dans les normes et Alpha est le cuisinier de toutes les mauvaises soupes qu’on fait boire aux Guinéens. Alpha veut-il nous dire que les Syndicalistes étaient manipulés ou achetés par lui ?

Fofana est décédé mais les syndicalistes et la société civile nous doivent des explications après ces revélations de Alpha Condé.


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VOS COMMENTAIRES

Doumbouya28/04/2010 09:18:28
-1990: sa rivalité avec Conté et leurs manoeuvres combinées ont conduit à la guerre ethnique entre forestiers et malinkés N'Zérékoré
-Rebellion 2000
-Il n'a jamais été dans le gouvernement mais il a été plus impliqué et puissant au sein des clans conté au point de faire nommer des ministres, officiers et directeurs généraux. Celui qui fait nommer des ministres peut également en faire limoger.

Alpha Condé ne peut plus dire qu'il n'a pas de responsabilité dans les souffrances du peuple de Guinée.