URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=5518



De la mauvaise interprétation des accords de Ouagadougou


2010-04-30 00:20:02 

Depuis quelques jours certaines explications laissent entendre que l’adoption de la Constitution avant la tenue des élections présidentielles est une exigence des accords conclus le 15 janvier entre les membres prééminents du CNDD et le médiateur burkinabé. Or nulle part dans cet accord il n’est fait allusion à l’adoption d’une Constitution comme condition préalable à l’organisation de l’élection présidentielle.
L’accord de Ouagadougou est un cadre pour permettre à la transition guinéenne de repartir et de se poursuivre de manière moins chaotique et plus sereine que l’année dernière. Il ne constitue pas un dogme religieux auquel les Guinéens ne puissent rien apporter. Il brosse des indications, les contours sommaires qu’il appartient aux Guinéens d’enrichir afin de réussir une bonne transition. Mais il est avant tout le résultat de la lâcheté et la naïveté des forces vives, qui, après les gesticulations et atermoiement de Ouga 1 et Ouga 2,  à force d’être à vifs par la seule crainte du spectre de Dadis ont renoncé à donner leur vision du déroulement de la transition pour s’en remettre entièrement au CNDD et au médiateur.
Les forces vives ayant avalisé cet accord auquel elles n’étaient pas parties y sont désormais liées et doivent respecter leur part de bonne foi. Pour autant, il ne faut pas faire dire à cet accord ce qu’il ne dit pas pour justifier l’absence d’idée ou d’initiatives des acteurs politiques guinéens.

1-Dans le préambule
-L’accord de Ouaga a pour objectif de réconcilier les Guinéens entre eux et restaurer la confiance entre la population et les autorités
-Etablir un état de droit   
-Créer les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;

2-Dans le texte de l’accord
L’accord de Ouaga en lui même comporte en tout onze points, le douzième point a trait aux signataires.
En plus des libertés, la sécurité des personnes et des biens et la réforme des forces de défense et de sécurité, l’accord comprend des indications sur les organes de la Transition et sur la seule élection présidentielle.

a)-Les organes de transition
Conformément à l’accord qui les a prévus aux points 4, 5 et 6 un Conseil national de Transition (CNT), un Premier Ministre issu de l’opposition et un gouvernement d’union nationale ont été mis en place.

b)-Sur le processus électoral
-L’accord demande la révision des listes électorales (p.7)
-l’organisation de l’élection présidentielle dans un délai de six mois (p.8)
-Le recours à des observateurs civils et militaires de la CEDEAO (p.9);
-La mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement (p.10). Par contre cet organe n’a pas encore été institué.

c)-Les Guinéens n’ont pas compris qu’il leur appartient de parfaire et d’approfondir cet accord.
Ainsi bien que le préambule appelle aux conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel et la mise en place d’un état de droit et démocratique, l’accord de Ouaga n’impose nulle part d’adopter une Constitution avant les présidentielle pour rendre la Transition valide. Les Guinéens peuvent le faire postérieurement à cette élection. L’accord n’impose pas l’ordre des scrutins.

En réalité l’accord ne parle que de l’élection présidentielle et ne fait ni allusion aux élections législatives ni à un éventuel référendum constitutionnel. Parce qu’il laisse les modalités techniques de sa mise en œuvre aux Guinéens. Mais nos politiciens en bon commis de l’Etat mais décideurs timorés ont conclu que tout ce qui ne figurait pas dans cet accord en était une violation. La question est de savoir s’ils vont alors renoncer aux élections législatives sous le prétexte qu’elles ne sont pas mentionnées dans cet accord entre Dadis, Sekouba et Blaise Campaoré ? Est-ce parce que l’accord parle des observateurs de la CEDEAO que les Guinéens vont refuser l’offre de 1700 observateurs de l’Union européenne ? Il serait intéressant que les partis qui ont la prétention de se battre pour un état de droit nous donnent leur définition d’un tel Etat, de leur vision de la démocratie et du rôle et fonctionnement des institution et qu’ils cessent de se dérober aux questions sur leurs programmes politiques en renvoyant les curieux à leur site internet. Faut-il leur rappeler que la majorité des Guinéens n’ont pas de courant a fortiori n’ont pas accès à Internet ?
Il convient de rappeler qu’aucun des organes actuels de la transition n’a plus de légitimité que les autres. En cas de blocage délibéré de la Transition afin de permettre à certains de s’accrocher indéfiniment à leur poste, le véritable arbitre reste le peuple qui peut changer toute la donne.


Hassatou Baldé
 

ACCORD DE OUAGADOU
- Considérant la désignation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, comme Médiateur dans la crise en République de Guinée ;
- Résolus à favoriser la réconciliation des Guinéens avec eux-mêmes et à rétablir la confiance entre gouvernants et gouvernés, par le respect, la confiance et la reconnaissance mutuelle ;
- Déterminés à rétablir en République de Guinée un Etat de droit démocratique, respectueux des libertés individuelles et collectives et des principes de la bonne gouvernance ;
- Ayant à l’esprit les différents entretiens organisés par le Médiateur aux fins de rétablir le dialogue politique entre les différentes composantes de la société guinéenne ;
- Engagés à œuvrer solidairement pour créer en République de Guinée les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel normal et d’une transition démocratique consensuelle et apaisée ;
- Se référant aux délibérations et résolutions de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA), de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G) ;
- Après des consultations menées à Ouagadougou, les 13 et 14 janvier 2010 ;
Le capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et Président de la République de Guinée, le général Sékouba KONATE, Vice Président du CNDD, Ministre de la Défense, Président de la République par intérim, et Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise en République de Guinée, se sont accordés sur les mesures suivantes en vue d’une transition pacifique en Guinée :
1. Le respect des libertés publiques, y compris de la liberté de presse et d’opinion ;
2. La garantie de la sécurité des personnes et des biens ;
3. La réorganisation et la réforme des Forces de Défense et de Sécurité ;
4. La création d’un Conseil National de Transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;
5. La nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du Forum des Forces Vives de Guinée ;
6. La formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;
7. La révision des listes électorales ;
8. L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef de l’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité ;
9. Le recours à des observateurs civils et militaires de la CEDEAO ;
10. La mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement ;
11. Les signataires de la présente déclaration appellent instamment la communauté internationale à apporter son concours politique, financier et technique pour la mise en œuvre des mesures ci-dessus arrêtées ;
12. Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise guinéenne, désignera un représentant spécial auprès des autorités de la transition de la République de Guinée.
Clôturant leurs fructueuses concertations, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et le Président de la République de Guinée par intérim, le général Sékouba KONATE, se sont réjouis de l’évolution satisfaisante de l’état de santé du Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.

Ils lui ont exprimé leur totale solidarité et leur compassion pour la dure épreuve qu’il a subie, tout en lui souhaitant un prompt rétablissement.
Le Président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, en retour, leur a exprimé sa profonde gratitude pour les précieux soutiens en tous genres dont il a bénéficié de leur part. Il a par ailleurs, dit avec force qu’il prend librement un temps de convalescence, tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition.
Enfin, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise guinéenne, Monsieur le Président du CNDD, Président de la République de Guinée et Monsieur le Vice Président du CNDD, Président de la République de Guinée par intérim, adressent leurs chaleureux remerciements à sa Majesté, le Roi Mohammed VI, ainsi qu’à toutes les autorités marocaines, y compris le corps médical, pour avoir accueilli, avec beaucoup de générosité, et soigné avec beaucoup de professionnalisme et d’affection, le capitaine Moussa Dadis CAMARA.

Fait à Ouagadougou, le 15 janvier 2010
Le Président du CNDD, Président de la République de Guinée :
Capitaine Moussa Dadis CAMARA
Le Vice Président du CNDD, Président de la République de Guinée par intérim
Général Sékouba KONATE
Le Médiateur dans la crise en Guinée :
Blaise COMPAORE


 

1 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

Almamy30/04/2010 20:05:20
Acoords de Ouaga, quel accords j'aimerai bien qu'on dise déclaration de Ouaga.
Les forces dites vives n'ayany pas été préesentes lors de la signature de cette déclaration sont aujourd'hui en train de vouloir faire de cela un outilindispensable . Oùétiez vous forces dites vives; Accords entre qui et qui ? pour que vous soyez les gardiens de cet accord