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Le 27 juin 2010, date de renaissance de la Guinée ?Par I. Kylé DIALLO2010-05-26 16:40:22 La Cour Suprême a donc dévoilé la liste des sélectionnés pour le concours à la présidence de la République: 23 garçons et une fille. La mixité vient d’être sauvée de justesse. Inutile de s’étendre sur le nombre élevé des aspirants à la fonction car la pléthore dans les nominations fait partie de nos défauts congénitaux au point de devenir, au même titre que la médiocrité, une des singularités de notre culture politique. Ce qui me surprend, c’est qu’autant de personnes aient pu payer chacune une caution de 400 millions de Fg. Et dire qu’il ne s’est agi que candidats dépendant d’un parti et « physiquement aptes » ! On constate donc qu’il doit y avoir beaucoup d’argent en Guinée. Une épargne qui sommeille. A moins que… En effet, j’aimerais bien savoir comment les cautions ont été payées. Est-ce que tous les versements sont au Trésor ? N’y aurait-il eu aucun jeu d’écritures, moyennant finances ? Est-il possible de vérifier l’authenticité des reçus délivrés ? Les paiements ont-ils été effectués en liquide (ce n’est pas facile de compter autant de billets), par chèques (comptes suffisamment provisionnés), par virements (à partir de quelle source ?) ou par carte bancaire (une carte n’a pas pour seule limite les retraits). La Guinée est la patrie des quittances parallèles (donc qui ne se rencontrent pas !) où il est difficile de recouper des informations pour connaître la vérité. Je ne veux pas jeter de suspicion sur le bataillon des candidats qui promettent de bien nous gouverner. Mais il ne serait pas inutile de vérifier si certains candidats, réputés fortunés, n’ont pas financé d’autres « concurrents » dans leur quête effrénée d’alliés. Comme, paraît-il, la caution n’est remboursée qu’au candidat ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés, le réveil du 28 juin risque d’être difficile pour ceux qui n’ont vu en cette élection qu’une opération spéculative. Que peut-on monnayer si on n’a plus de monnaie ? Pour un poste à pouvoir, nous aurons donc qu’un seul « gagnant » pour 23 « perdants ». Parmi ces derniers, et c’est ce qui est préoccupant, il y aura surtout des perdus ! Perdus par leur aveuglement entretenu par des marabouts qui promettent à chaque candidat la victoire ! Nous allons encore assister à des lectures de textes sacrés suivies de sacrifices d’animaux (et d’autres moins avouables) sur toute l’étendue du territoire, ce qui est contraire à toute religion monothéiste. La méthode maraboutique consiste à faire croire à tout candidat qu’il est le mieux placé pour gagner une élection. Pire, un même marabout peut promettre à plusieurs candidats la victoire pour l’unique poste. Pouvez-vous croire en une personne qui raconte vous avoir vu dans ses rêves que vous étiez vêtu de blanc au sommet d’une montagne ? La Guinée est très montagneuse; de quoi donner du vertige à certains. Revenons sur les 24 candidats dont beaucoup ne sont que de simples figurants. Comme les partis politiques guinéens n’ont pas de clivage idéologique, ce serait intéressant d’avoir, avant l’élection, une idée de l’équipe qui aspire à gouverner. Aux USA, par exemple, on connaît pour chaque candidat à la présidence celui qui sera, en cas de victoire, le vice-président. Pourquoi chaque candidat ne nous indiquerait-il pas son Premier ministre en cas de victoire. Ce serait d’autant plus facile que le régime qu’on nous promet n’est pas de type parlementaire. Juridiquement, rien ne les y oblige mais c’est un minimum de transparence souhaitable. En effet, et je l’ai toujours dit, la priorité c’est l’unité nationale. Issu d’un parti, le prochain président devra être celui du pays tout entier. Chaque Guinéen devra se reconnaître dans la prochaine équipe dirigeante. Le montant très élevé de la caution demandée aux candidats a permis, du moins en apparence, de s’assurer de leur santé financière. La Guinée a besoin de candidats physiquement, intellectuellement et surtout moralement sains. Ce sont des conditions difficiles, mais pas impossibles, à réunir chez le même individu. Cependant, on peut s’améliorer, l’homme étant par principe perfectible. Ce que j’attends du nouveau président, c’est un signe fort pour calmer les esprits, incarner l’unité nationale et rendre le processus démocratique irréversible. Car il ne faut pas se leurrer. Même si la prochaine élection est démocratique, la Guinée ne sera pas pour autant démocratique. Ce ne sera qu’une étape. La démocratie est un processus long et souvent fragile qui ne se construit que collectivement. Un bon président est celui qui écoute et qui rassure et non celui qui verrouille le système à son profit par des nominations complaisantes et claniques aux hautes fonctions civiles et militaires. A ce propos, je réitère quelques propositions que j’avais faites pour améliorer la gouvernance de notre pays et permettre la renaissance de la Guinée. Elles sont depuis longtemps dans mon congélateur mais demeurent toujours comestibles, la chaîne du froid n’ayant jamais été rompue. Ma proposition s’articule autour de deux points, à savoir une restructuration (qu’on souhaiterait optimale) du gouvernement et une réorganisation de la diplomatie du pays. I) Projet de structure de gouvernement Il n’y a pas de modèle type car chaque pays a sa spécificité. Ainsi le Koweït a un ministère du pétrole. La Guinée pourrait avoir un ministère de la bauxite, ce qui pourrait prêter à sourire sans être ridicule ! 1°) ministère des affaires étrangères II) Réorganisation totale de la diplomatie du pays
On peut nouer des relations diplomatiques avec tous les Etats du monde mais il ne faut surtout pas, pour des raisons économiques, avoir des représentants partout ! A mon avis la Guinée pourrait se contenter simplement de 24 postes diplomatiques. Je pense même que ce nombre est encore élevé ! A la limite un « super ambassadeur itinérant » par continent pourrait bien faire l’affaire si on lui en donne les moyens. On installerait des consulats dans des endroits où résident des Guinéens (minimum qui reste à définir). Ce serait déjà aller dans le bons sens, si on regroupait les ambassades de la façon suivante: Dakar pour le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Cap Vert et la Mauritanie Sans établir des relations diplomatiques avec Taiwan, ce qui ne serait pas du goût de Pékin, on peut se contenter de relations commerciales pouvant être très profitables pour la Guinée. Canberra pour tous les Etats de l’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Vanuatu, etc.…) Un diplomate doit être bien formé et représenter dignement son pays. Il doit protéger ses concitoyens dans la mesure du possible. Il ne devrait pas rester trop longtemps à l’étranger (pas plus de 15 ans !) et au même poste (pas plus de 5 ans) ! Les diplomates doivent être respectés. Quand on voit ce qu’ils sont obligés de faire pour les épouses et enfants des dignitaires afin de conserver leurs postes ! La Guinée doit se monter respectable pour être respectée par les autres en exigeant de ces derniers l’application du principe de réciprocité! Je suis indigné par les tracasseries dont sont victimes nos concitoyens détenteurs de visa, de la part des autorités aéroportuaires européennes. Les passagers sénégalais, ivoiriens et autres n’ont pas ces problèmes ! Peut-être, c’est parce qu’ils ont, eux, un Etat ! Qu’attendons-nous pour instaurer le nôtre ? Ibrahima Kylé Diallo
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