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Le Marronnier et l’Arlésienne du titre de Professeur.Vendredi, 06 août 2010 22 : 02 Il n’y a rien de choquant à ce qu’on s’interroge et qu’on se renseigne sur le titre de Professeur que porte M. Alpha Condé. C’est lui qui a sollicité le suffrage des électeurs et il est légitime que le peuple sache, avant d’accorder sa confiance. S’il n’était qu’un simple particulier, il serait désobligeant de le lui demander. Après tout, c’est lui qui a décliné une telle qualité ou alors, si ce n’est pas lui, il ne l’a pas démenti. Du reste ses partisans s’autorisent, à partir de la supposée participation de Cellou dans la « prédation » de l’économie guinéenne, pour demander à ce qu’on ne lui fasse pas confiance. La sortie récente de ses laudateurs, à bout d’arguments, en viennent à utiliser les enseignants et l’enseignement dans leur propagande, sans oublier de souligner au passage, que Cellou et ses partisans auraient une attitude méprisante pour ce métier. Suivez mon regard.. : ce n’est pas l’avenir des enseignants qui les préoccupent ; ils cherchent simplement à sauver le « soldat-enseignant » Alpha Condé. Abattre le marronnier. Ce Marronnier concernant sa vie en tant qu’enseignant, mérite qu’on s’y arrête, vu la place qu’occupe ce métier dans la formation des hommes, c’est-à-dire l’éducation. Eduquer (ducere) c’est conduire hors de.., acheminer vers.. En effet, c’est grâce à l’enseignement que l’homme reçoit une éducation lui permettant de sortir de sa condition « naturelle » pour accéder au monde de la culture ( qui est son véritable élément).C’est un acte positif qui l’élève et qui n’arrive pas spontanément, naturellement. Aussi, l’homme est-il un être artificiel, c’est-à-dire littéralement un être construit. A l’évidence, dans la structuration du sujet (soumis au principe de réalité, appelé à renoncer à certaines de ses représentations), il est inévitable que le refoulement auquel il est obligé d’effectuer « rate » parfois. D’où les névroses et les psychoses.. (Alpha Condé a quitté adolescent sa famille pour la France où il ne pouvait pas ne pas être « hors-sol » du point de vue affectif à tout le moins). Il importe donc qu’on soit éduqué dans de bonnes conditions. A bien des égards, si la Guinée est dans l’état lamentable où elle se trouve, elle le doit, pour beaucoup, au manque de formation de ses chefs successifs. Ne pourrait-on pas rattacher la conduite délirante et criminelle de Sékou Touré, son complexe d’infériorité, au ressentiment de n’avoir pas pu faire des études poussées, dans une moindre mesure au « ratage » d’une éducation familiale? Ne serait-ce pas cela qui l’a amené à haïr toute cette « aristocratie » studieuse, qui ne devait sa réussite qu’à ses qualités intrinsèques ? C’est le cas tragique de Diallo Telli. Combien d’hommes de sa trempe ont suivi son destin! C’est ainsi que Sékou Touré (psychopathe à n’en pas douter), a fait le vide autour de lui ; ne restaient plus que les médiocres. Dans ses conditions le pays ne pouvait aller qu’à vau-l’eau. Il a ensauvagé le pays. Nous pensions être arrachés à la nature ; voilà qu’il nous y ramène lui avec ses satrapes et épigones .( Quand on voit Dadis parlant avec ses mains, que dis-je, plutôt effectuant des mouvements de brachiation avec ses membres antérieurs, cette vision achèverait de convaincre le plus sceptique, que « l’homme descend du singe ». Imaginons un instant si le pays avait été entre les mains de Telli, lui qui a administré l’AOF, en tant que Secrétaire Général ( cas unique à l’époque coloniale de voir un homme issu des colonies occuper un tel poste), il fallait qu’il fût compétent. Où en serait aujourd’hui la Guinée avec une telle compétence. Dès lors, comment ne pas être amer sur le choix porté sur Sékou Touré. Et quand on voit Alpha Condé se réclamer de cette idéologie, il devient « inaudible » pour toute personne raisonnable. Toute référence positive à Sékou Touré ne mérite pas considération. Le prochain président de la république devrait débaptiser le palais « Sékoutouréya » ( quelle horreur !) et le nommer simplement palais présidentiel ; c’est plus modeste et plus républicain. On n’administre pas les hommes comme on administre les choses, comme on dit. Les hommes ont besoin de symboles dans lesquels ils peuvent se reconnaître. Comment, par exemple, a-t-on pu effacer ce marqueur symbolique que représente le « Camp Boiro » ? Où les vivants pourraient-ils se recueillir si on efface les traces du passé ? Quand on entend des sots dire qu’il faut oublier le passé pour se réconcilier, on ne peut être qu’affligé. Dans le même ordre d’idées, le Stade du 28 Septembre devrait être transformé en Mémorial. En finir avec cette Arlésienne. Je ne sais si on aura la réponse à cette lancinante question sur son titre de professeur. Il faut craindre que çà ne soit l’Arlésienne ; qu’on attende en vain. Cependant, on pourrait donner quelques indications ( loin de moi de chercher à être exhaustif ou à rentrer dans les détails ; telle n’est pas mon intention) sur l’enseignement en France où M. Alpha Condé a fait ses études.. En France, en gros, il y a 3 sortes de prof : professeur des écoles(l’ancien instituteur), professeur des collèges et lycées et enfin professeur des universités ( à ne pas confondre avec les « professeurs d’université » qui enseignent dans le supérieur par exemple avec des doctorats). Sans compter les professeurs des Grandes Ecoles. On y accède généralement par concours( capes ou agrégation) mais on a recours aussi à des « précaires », contractuels ou vacataires. Pour le cas qui nous regarde, un professeur des universités est un enseignant chercheur, quel que soit son statut. C’est un vrai parcours du combattant pour y arriver( Maître de Conférence, Maître Assistant, Chargé de Cours, etc..). Le terme chercheur implique que l’enseignant fasse des publications (pas n’importe lesquelles) issues de ses recherches. Certains sont recrutés en tenant compte de l’expérience venant de « petits boulots » faits ici et là ; d’autres le sont suite à des reconversions( en attendant de prendre la retraite, aidés en cela par des amis). Sans que leur statut ne soit celui de l’enseignant chercheur. Tout ce qu’on peut dire à partir de ces éléments, il y a de vrais professeurs et des enseignants au statut « douteux ». Ce titre, Alpha Condé l’aurait-il donc eu avec « du débrouillardise »? On n’en serait pas là s’il avait simplement dit qu’il était enseignant (ce n’est pas déshonorant!). Il est important de savoir que dans le milieu enseignant sévit aussi le copinage. Comme tout milieu social, il a ses petitesses, ses mesquineries, ses passe-droits, « ses cooptations. » Dans les années 60 – 70, Il y avait trop de complaisance, de « tolérance » de la part des enseignants vis-à-vis des étudiants africains (mauvaise conscience du « colonisateur », « sanglot de l’homme blanc » qui chercherait ainsi à réparer sa faute ?). Ces comportements concernaient surtout les sciences politiques, sociales, humaines ou les « spécialités africaines»( histoire, anthropologie et littérature africaine). Il est à noter qu’à l’époque, la majorité des enseignants dans ces disciplines étaient des hommes de gauche, plus enclins à « aider ». Beaucoup d’Africains ont tiré profit de cet état de fait. Par ailleurs il n’y a pas lieu de porter au pinacle le titre de docteur. A de rares exceptions près, la thèse de doctorat n’est qu’un travail académique, qui n’est qu’une simple compilation ; c’est une « composition scolaire » qui est à la portée de n’importe quel étudiant, pourvu qu’il le veuille. C’est un reste des universités du moyen âge. On sait qu’en occident, la modernité est née du refus de cette tradition scolastique ( cf. la méthode de Descartes, de Bacon..) En vérité ces titres dont on se gargarise, ce besoin d’être reconnu au travers du diplôme, est un « effet de la colonisation.» C’est le système français qui le veut, contrairement par exemple au pays de l’Oncle Sam où la réussite, la compétence ne se mesure pas à l’aune du diplôme. Pour finir sur ce point, disons qu’on peut être un vrai intellectuel, avoir des diplômes et conduire son pays à la ruine( Trosky, Lénine), ou gérer sagement comme Senghor. A l’inverse, on peut n’avoir aucun titre universitaire (Reagan ?) et savoir gouverner ou, conduire son pays à la catastrophe(Staline, Hitler). Alors, démythifions les titres ronflants ! Appel aux Tartempion du Net. Je terminerai par une illustration de ce que peut produire d’indigent sur le Net, une certaine éducation. Dans un article, un certain Oumar Baldé, étudiant stagiaire, prétend donner des leçons comme il dit, des « recettes » pour l’avenir de la Guinée. Cependant sa tambouille est fade, indigeste, faite de lieux communs, de poncifs, de vœux pieux. Il a recours à des expressions fumeuses(« terre de nos ancêtres »), il préconise « le travail en forte dose illimitée » ! ah le stakhanoviste ! Il nous appelle à réaliser « un vrai projet social », etc.. Le conseil qu’on pourrait lui donner, c’est l’inviter à la modestie. Qu’il finisse d’abord ses études avant de délivrer « son enseignement ». Quelle ingénuité ! Un autre, Oumar Cissé, avant de louer, les réalisations du PDG, menace : « Les tribus guerrières du Mandingue mythique en sommeille, sont sur le point de sortir de leur longue somnolence léthargiques ( !) et j’avertis qu’aucune armée du monde, ne serait assez puissante pour contenir leur fureur( !) ». Tremblez, les barbares arrivent ! Heureusement tout se termine en eau de boudin : par une fable de la Fontaine. Quelle stupidité et quel enfantillage pour quelqu’un qui va au moins vers ses 60 ans! Parmi les réalisations du PDG figurent le « réseau du chemin de fer Conakry- Niger »( quand une ligne est prise pour un réseau !), « les belles paires de chaussures de l’usine militaire »( quand on confond les métiers !), etc.. Si la Guinée était le pays où il faisait bon vivre, si c’était le pays de cocagne ou la vallée de Tempé dont parle Virgile, sûrement il serait resté en guinée, au lieu de tirer le diable par la queue à l’étranger, comme des millions de guinéens. Enfin, un certain Oury Nadhel, déploie son étendard, son « Mémoire », portant le titre ronflant « la mathématisation de la pensée logique de Boole.. », fait « d’un mélange complexe de sujets philosophiques, mathématiques » pense-t-il devoir ajouter. Notre Tartarin des tropiques estime qu’on va voir ce qu’on va voir par ce qu’il va démontrer « objectivement » la « fausseté » des éléments contenus dans le programme des Candidats, en procédant « more geometrico « (avec axiome, lemme et scolie à la manière de Spinoza ? ou celle de la logique du calcul des prédicats des stoïciens ? si ce n’est avec le syllogisme d’Aristote ?). Nulle part on n’assiste à une formalisation d’un quelconque texte. Nulle part on ne voit démasqués des sophismes, des paralogismes ou des pétitions de principe. Notre tartarin ignore ce qu’est un jugement et par voie de conséquence ce qu’est un jugement objectif. Il confond jugement déterminant( relatif à l’objet ; d’où donc peut naître l’objectivité) avec le jugement réfléchissant( qui concerne le sujet). En outre, parmi les jugements, il ignore que certains sont assertoriques(le « réel », les faits), certains problématiques( le possible) et enfin certains apodictiques(le nécessaire). Là aussi l’objectivité qu’il prétend atteindre est relatif aux jugement apodictiques. Tout ceci est dans Kant. Enfin, il confond les sciences de l’homme( c’est l’homme qui étudie l’homme) avec les sciences de la nature. Et comble de contradiction pour un esprit logique, l’objectivité devient subrepticement préférence pour l’un des candidats( donc il fait un choix « subjectif »). Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on est dans le domaine de la politique et non celui des « sciences dures » : la « neutralité axiologique » est impossible. A lui aussi, je lui recommanderai cette affirmation d’un maître de l’épistémologie qu’a été Wittgenstein : « ce dont on ne peut parler, il faut le taire ». Alors à tous les Tartempion qui estiment devoir écrire quand ils n’ont rien à dire, qu’il fassent silence. Ils ne sont nullement obligés au quart d’heure de célébrité dont parle Andy Warhol.
Issa.
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