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2010-08-17 11:18:30
On peut trouver actuellement sur le net la vidéo de l’intercalation entre un officier français détaché auprès des autorités du Togo et un journaliste de ce pays.
Cela a provoqué un buzz formidable et contraint le militaire à présenter ses excuses à l’homme de presse. Notons que s’il y a eu menace verbale, à aucun moment il n’y a eu passage à l’acte.
Les autorités hiérarchiques militaires ont immédiatement réagi, les mécanismes normaux ont parfaitement fonctionné. Pour un cas plus grave, d'autres mesures auraient été appliquées, car elles existent. C'est cela un pays de droit.
Les réactions et explications de type "coloniales" sur lesquelles les âmes bien-pensantes se sont jetées avec délectation ne doivent pas nous faire oublier que chez nous c'est pire, et de loin: nos militaires tuent, violent, assassinent en toute impunité.
Lorsque des officiers et soldats agressent physiquement ou tuent leur propre population, ils ne sont , sauf cas rarissime (nous n’en connaissons aucun) jamais inquiétés. Au mieux on leur confère des grades supérieurs avec nouveaux postes lucratifs à la clé: cas de Thiegboro, Moussa Keïta, Ousmane Conté, etc., C’est le cas la flopée de nominations récentes par le Général Konaté de militaires dits très méritants (on aurait aimé savoir de quoi) , y compris du parrain de la drogue, fils du général défunt. Rappelez-vous, Thiegboro nous avait lancé sur la piste d’un certain « Kötö »..
Les "civils" sont priés de se taire, au besoin sous la persuasion fraternelle des baïonnettes, car cela relève, dit-on, exclusivement de la compétence militaire.
Le respect qui vous est dû étant fonction du nombre de kalachnikovs que vous transportez, il varie de zéro à l’infini. Nous nous comprenons.
Personne n’a encore été inquiété pour les crimes du Stade, bien que largement diffusés sur le net. Nous connaissons tous les résultats de la « commission nationale d’enquête » mise sur pieds par Dadis et dont les vrais résultats ont été diffusés par les magistrats Siriman Kouyaté et Pierrette Tolno.
Bref, dans l’affaire, Dadis serait « blanc comme neige ». Exactement comme un certain Responsable suprême de la Révolution qui n’avait rien à voir avec les pendaisons et menus crimes quotidiens de la Première République.
Tout le monde sait que Dadis et son groupe dit CNDD sont les commanditaires de l’expédition punitive du Stade du 28 Septembre, parmi lesquels figure en bonne place notre Général Konaté. Aucun militaire n’a été mis aux arrêts ni même sanctionné pour sa participation aux massacres. Les gesticulations de Nouhou Thiam, Chef d’Etat-major de l’armée n’ont servi à rien à ce jour.
Le CNDD n’a jamais été dissous. Les seuls membres écartés ont été ceux qui pouvaient porter ombrage au colérique et « taiseux » Général Konaté. La construction de casernes ne s’est jamais aussi bien portée, au détriment des infrastructures sanitaires par exemple, à la grande satisfaction de notre « vaillante armée nationale ».Les militaires et leurs familles malades sont toujours évacués vers les meilleures cliniques de pointe à..l’extérieur ! Aux frais de qui ? Vous êtes sensés ne pas le savoir.
L’essentiel des collaborateurs nommés par Dadis continuent d’être grassement payé par les caisses de l’Etat, sous l’autorité du Général Konaté et de son Premier Ministre de « freinage de la Transition »
Lequel Dadis se la coule douce, aux frais du contribuable guinéen, sur des fonds mis à sa disposition par Konaté, et continue d'accorder des interviews comme "Président de la République".
Ses complices internes dorment tranquillement et jouent à retarder le second tour des élections présidentielles dans le pays. Nous savons tous pourquoi, mais l'hypocrisie ambiante continue de plus belle. Le Président Konaté, que l'on pourrait qualifier de "Président du Présidium du Soviet suprême de la République en Transition indéfinie" décide de tout, fait ce qu'il veut, quand il veut et comme bon lui semble. Les accords de Ouagadougou, ont accouché d'un petit dictateur en puissance, devant lequel les citoyens n'ont rigoureusement plus rien à dire.
Les combines politiques et financières pour mettre au pouvoir le « politicien au bon profil » continuent sous l’œil incrédule des guinéens. Même les morts « criminels multirécidivistes » sont mis à profit dans cette très singulière campagne présidentielle à rallonges, sur demandes de la CENI et sous la bienveillance de la très patriotique Cour Suprême.
Ceci n'est pas spécifique à la Guinée, mais de tous les pays dits pudiquement "en développement". Surement vers des lendemains qui déchanteront toujours plus. C’est le spectacle permanent du demi-siècle qui vient de s’écouler.
Cela méritait d'être dit.
Thierno A DIALLO