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Second tour de la présidentielle : quel choix pour les Guinéens ?2010-08-24 23:38:02 Après des semaines de discutions et de palabres politiques sur l’organisation mais surtout de la crédibilité du second tour de la présidentielle en Guinée, celui-ci a été fixé finalement par la CENI, le dimanche 19 Septembre 2010. Ce second tour devra départager Mr Cellou Dalein Diallo et Mr Alpha Condé qui se sont qualifiés après la confirmation des résultats par la Cour Suprême de la République de Guinée. Ouf, la date tant attendue est maintenant fixée, situant les guinéens plus ou moins sur l’horizon politique de leur pays. Le retard sur la date de ce second Tour et la multiplication des rumeurs intoxiquées mettaient les guinéens mal à l’aise, les rendaient surtout anxieux sur la suite du processus électoral, également pour l’unité nationale. Vaut mieux tard que jamais, les guinéens sont maintenant appelés le 19 septembre 2010 à faire un choix déterminant pour leur devenir et celui de leur pays, la Guinée. Ils auront le choix entre deux hommes au parcours politique complètement opposé et au tempérament différent, l’un est tempéré et l’autre colérique. Ce sera un choix entre deux convictions différentes et entre deux familles du paysage politique guinéen. La première est socialiste et est incarnée par Alpha Condé et qui, rappelons- le, n’a jamais géré les affaires publiques. La seconde est libérale, incarnée par Cellou Dalein, un technocrate expérimenté qui a fait ses preuves dans les différents ministères techniques qu’il a gérés sous le règne de Conté et dont les guinéens bénéficient encore les réalisations. Les guinéens feront un choix entre un technocrate bâtisseur et un socialiste en quête d’expérience dans la gestion des affaires publiques. Les alliances entre deux tours : le lendemain de la confirmation des résultats par la Cour Suprême peut être bien avant, les deux leaders ont très vite compris qu’il faut nouer des alliances pour s’assurer une victoire écrasante ou rassurante au second tour de la présidentielle. Dans ces multiples tractations politiques, les guinéens ont vu naitre deux types d’alliance. La première est une alliance de « fourre tout » dans la quelle, on retrouve toutes sortes de personnalités et de courants politiques. Cette alliance est scellée par Alpha Condé, elle regroupe presque toutes les personnes qui ont incarné la mauvaise gouvernance en Guinée (Kassory Fofana, Mamadou Sylla, Ousmane Kaba, Kiridi Bangoura, Papa Koly Kourouma……..). C’est un paradoxe politique pour Alpha Condé qui a toujours indexé ces hommes il ya quelques années et aujourd’hui il leur fait appel pour le porter au pouvoir au grand risque de compromettre ses slogans sur le changement en Guinée. C’est une alliance qui est déphasée car, elle est contraire aux arguments politiques qu’utilise l’opposant historique depuis le début de sa carrière. Il est bien clair qu’on ne peut pas changer le pays avec les anciennes méthodes machiavéliques utilisées par les personnes qui ont mis la Guinée à genoux. Changer est synonyme d’innover, c’est le moment de le faire en proposant un nouveau projet de gouvernance susceptible de réhabiliter la dignité des guinéens. L’alliance qu’Alpha Condé a baptisée « Arc-en-ciel », est une alliance de circonstance qui sans aucun doute disparaitra une fois qu’il sera élu, s’il est toutefois élu. Elle n’a pas de fondement ni de vision sociopolitique et économique claire pour la Guinée, elle n’est pas conclue sur la base d’un programme portant sur la gestion de l’administration mais plutôt sur le clientélisme entre des personnes en quête d’avenir politique en Guinée. De l’autre côté, il ya une alliance de « technocrates » expérimentés reconvertis en politique. Au sein de cette alliance libérale, se côtoient deux anciens premiers ministres (Cellou&Sidia) de la République de Guinée et un grand technocrate qui a géré de grandes entreprises spécialisées dans le domaine de l’électricité aux Etats-Unis (Abbé Sylla). C’est une alliance de compétences et d’expériences capable de sortir la Guinée rapidement de ce marasme socioéconomique. Elle regroupe trois grands cadres du pays, habitués des grands dossiers et qui ont déjà géré des portefeuilles techniques depuis le début de leur carrière administrative. Ils ont déjà fait des preuves dans les différentes fonctions qu’ils ont occupées en Guinée et à l’extérieur. Ils ont su se distinguer et sortir la tête haute des gouvernements de l’ère Conté. Ils connaissent les maux dont souffre le pays et savent par où commencer pour remettre rapidement la Guinée sur le chemin du développement, chose dont les guinéens ont besoin actuellement. Cette alliance est pilotée par Cellou Dalein Diallo, elle a été conclue sur base de la similitude de leur projet de société et surtout d’un partage du pouvoir. C’est un véritable partenariat qui reflète de leur courant politique qui, rappelons-le au passage, est un courant libéral. Le libéralisme est un courant politique qui encourage l’entreprenariat des citoyens et favorise les investissements étrangers pour booster l’économie nationale. Aujourd’hui ce beau pays aux diverses ressources naturelles, a besoin d’un financement étranger pour exploiter enfin honnêtement ses ressources et en faire bénéficier à son valeureux peuple. Pour attirer ces investisseurs, il faut des cadres compétents, intègres, des cadres qui connaissent les règles du monde des affaires et qui ont le contact facile avec les institutions financières internationales. La Guinée a une forte chance d’y arriver avec ce trio de technocrates ; tout simplement parce qu’ils ont déjà collaboré avec les institutions de Bretton Woods et de cette collaboration est née une grande relation de confiance. Ces institutions financières connaissent la rigueur et le respect des règles qui animent ces hommes. Cellou, Sidia, Abbé Sylla sont une somme d’expériences et de compétences dans la gestion des affaires publiques et privées dont les guinéens ont forcément besoin pour espérer un développement socioéconomique de leur pays. Le choix des guinéens, sera-t-il un choix réaliste dénué de tout complexe ethnique ou régionaliste ? Sauront –ils faire le choix utile susceptible de leur redonner ce grand espoir de voir la Guinée sur la voie du développement et de la démocratie ? Faut-il prendre le risque encore de remettre le destin de leur pays à un leader inexpérimenté ? De Cellou ou d’Alpha qui a l’expérience et les capacités intellectuelles suffisantes pour diriger la Guinée dans la paix et la fraternité de toutes les communautés ? Qui connait suffisamment la Guinée et les maux dont elle souffre ? Qui a également le statut d’un leader rassembleur, charismatique et rassurant aux yeux des guinéens et de la communauté internationale? Ils doivent tenir compte de tous ces facteurs sur le profil du futur président. Ce sont ces différentes questions auxquelles les guinéens auront à répondre le 19 Septembre 2010. Ils ont le temps d’ici là de peaufiner lucidement et utilement leur choix. C’est un choix impératif qu’ils assumeront tout au long des cinq prochaines années. Que le 19 Septembre 2010 marque la fin de la gabegie, de l’injustice, de l’impunité, bref de la mauvaise gouvernance et soit le début d’une ère nouvelle, celle de la démocratie et du développement en Guinée. Que Dieu guide le choix des Guinéens. Marwane
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