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2010-09-30 08:20:27
Le premier est intitulé « procès-verbal de l'élection du président de la commission électorale nationale indépendante ».
Ce texte nous apprend:
Ce que le texte ne dit pas, ce sont – valeurs africaines et guinéennes obligent – le nombre de colas (ou équivalent colas) et le nombre de rabbanas (ou équivalent pour les laïcs et autres non musulmans) qu'il a fallu mobiliser afin de mener à bien une opération commune de cette envergure par une équipe qui, avant de monter sur le plateau technique d'automédication, était en (dés)ordre de bataille. Impossible n'est décidément pas guinéen !
Ce que le texte ne dit pas non plus, c'est que:
En effet, si le règlement intérieur de la Ceni (cf. art. 49) prévoit effectivement les hypothèses de décès, d'empêchement définitif ou de démission d'un membre de la Ceni, il reste muet sur les conséquences juridiques du décès du chef de l'institution. Le rédacteur voulait sans doute mettre Ben Sékou Sylla a l'abri d'Azraël ou du mauvais Œil. Il n'est pas sûr qu'il est atteint le but visé. Par contre, il oblige l'assemblée plénière de la Ceni a réviser ou amender le règlement intérieur (art. 50), avant d'envisager de se doter d'un nouveau chef de l'institution. En langage clair, Lounsény Camara n'a pas pu succéder à Ben Sékou Sylla, dans la mesure où il n'existe aucune règle qui fixe les modalités de la succession et que, puisque nous vivons quand même en société, on ne rend pas justice à soi-même. De deux choses donc, l'une:
a) Madame Hadja Mame Camara, la présidente par intérim convoque une assemblée plénière pour amender le règlement intérieur puis une seconde assemblée plénière pour élire le président de la Ceni.
b) Madame Camara veut s'accrocher à son fauteuil, pour attendre tranquillement son tour chez le coiffeur. Des jeunes loups comme Lounsény Camara piaffent d'impatience pour être Calife à la place du Calife. Ils saisissent le juge constitutionnel – donc la Cour suprême – pour, le cas échéant, ordonner à la présidente par intérim d'organiser les deux plénières nécessaires à la désignation du successeur de Ben Sékou Sylla à la tête de la Ceni. Les cours et tribunaux sont institués et les magistrats formés et payés pour dire le droit et rendre à chacun ce qui lui est dû.
Par ailleurs, à la Ceni, normalement, le président, les deux vice-présidents, le trésorier et le rapporteur sont élus pour un mandat de cinq ans (Loi sur la Ceni, art. 14 et 15) par l'ensemble des membres de la Ceni (cf. Loi sur la Ceni, art. 15), dans le cadre donc de l'Assemblée plénière (Règlement intérieur, art.4), instance suprême de l'institution (Règlement intérieur, art. 5). L'assemblée plénière qui doit élire le président de la Ceni est convoquée et présidée par le président de la Ceni (règlement intérieur, art. 14) ou par l'un des vice-présidents assurant les fonctions de président par intérim (règlement intérieur, art. 15). Le procès-verbal de l'assemblée plénière est rédigé par le rapporteur de l'institution (règlement intérieur, art. 16). Au regard de ces dispositions, le fait que la réunion nocturne du 21 septembre 2010 ne saurait été qualifiée d'assemblée plénière du fait de l'absence non excusée de sept commissaires (non convoqués), le fait également que El Hadj Biro Kanté, qui n'est pas un des deux vices-présidents de la Ceni, ait présidé la réunion sans en avoir le pouvoir, le fait aussi que le procès-verbal n'est pas signé par le rapporteur (seul habilité à le rédiger) mais par des scrutateurs (sic!), fait que le texte publié sur Internet pour « blanchir l'élection du nouveau président de la Ceni » n'a en réalité aucune valeur juridique. Le chef de la Ceni est donc, sur le plan du Droit, Madame Hadja Mame Camara et non Lounsény Camara. Son adoubement par les médias et par le CNC n'y change rien. A supposer même que Madame Camara ait fini par céder son fauteuil à Lounsény Camara, cela ne serait tout simplement pas possible puisqu'elle n'a pas le pouvoir de « désigner le président de la Ceni ».
Le deuxième texte à commenter en toute liberté est intitulé « liste des votants pour l'élection du président de la commission électorale nationale indépendante ».
Pour ne pas jouer au singe de labo, à qui un savant fou demande de regarder fixement une feuille volante, nous n'allons pas trop nous attarder sur ce second texte. Sauf à faire remarquer que l'un des dix huit votants – le n°4 du commando, un certain Cheick Fantamady Condé – n'a pas voté!
Quelques questions toutes bêtes, pour lever quelques doutes:
Celui qui a les réponses peut écrire au site, qui transmettra. C'est la récompense de lendemains meilleurs qui l'attend.
Sékou Oumar Camara
Partisan de « La Guinée d'abord, les candidats ensuite! »