URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=6500
2010-10-08 18:41:02
Le 24 octobre prochain, tous les électeurs guinéens sur le territoire national et à l’extérieur seront invités à l’occasion du deuxième tour de choisir le premier président démocratiquement élu en Guinée. Ce choix se fera entre le leader de l’UFDG, M.Cellou Dalein Diallo arrivé en première position lors du 1er tour du 27 juin dernier et le leader du RPG M. Alpha Condé qui apparaît comme un sérieux challenger.
Mais durant ces quatre mois qui ont séparés les deux tours, nous avons alterné le chaud et le froid avec pour acteur principal, la CENI prise dans un tourbillon médiatique sans précédent, qui a même fini par ternir son image d’institution neutre et porter atteinte à son indépendance. La conséquence de cette déferlante sur la CENI est qu’aujourd’hui, plus personne ne peut faire confiance à cette institution profondément bipolarisée.
En ligne de mire, son président actuel, Lounseny Camara dont l’élection est plus que contestée par l’alliance Cellou Dalein pour non respect de la procédure légale, soupçonné par ailleurs d’être très proche du parti du RPG. Il connaît également des ennuis judiciaires pour soustraction de PV ayant porté un lourd préjudice aux deux principaux leaders de l’Alliance « Cellou Dalein Président » au premier tour, ce qui a bouleversé considérablement le résultat final rendu par la Cour suprême. Contrairement à cette première alliance, l’alliance « Arc en ciel » formé autour du leader Alpha Condé pense que l’élection de Lounseny Camara, s’est déroulée dans le respect de la loi prévue à cet effet, donc pas question de procéder à une nouvelle élection.
De cet imbroglio, en résulte un besoin imminent de demander une nouvelle version de la CENI, ce qui apportera un nouveau souffle, ce qui rétablira la relation de confiance entièrement érodée entre cette institution et le collège électoral dans sa grande partie.
Une inertie de la part des responsables de la transition, le Général Konaté en premier et les institutions républicaines de la transition, dont le CNT en premier serait un cuisant échec du processus électoral en Guinée. Déjà l’une des parties engagées au second tour des élections présidentielles menace de ne pas se présenter si toutefois, les autorités de la transition maintenaient le statut quo actuel à la tête de la CENI.
Il serait également souhaitable que le gouvernement et la future direction de la CENI exige la mise en application de l’article 60 du code électoral ci-dessous pour des raisons évidentes :
ARTICLE 60 :
Le Ministre Chargé de l’Information et le Président de la CENI, en sus du temps d’émissions dont dispose chaque candidat ou chaque parti politique engagé dans une élection, peuvent faire organiser, sous le contrôle de la Haute Autorité de la Communication (HAC), des débats radiodiffusés ou télévisés contradictoires.
Il est impensable qu’on parte aux élections le 24 octobre sans même avoir été situé ou conforté par nos choix respectifs, il y’aurait vraiment un goût d’inachevé pour le peuple de Guinée. L’avantage d’un face à face télévisé entre M. Cellou Dalein et Alpha Condé permettrait de dépassionner le débat de ces élections présidentielles de plus en plus porté vers l’ethnie et tous ses corollaires avec le danger que cela puisse représenter pour notre pays. Ce débat réduirait énormément la tension actuelle entre les deux camps. Les leaders politiques véreux, fondent aujourd’hui leur ascension sur l’ehnostratégie, parce que connaissant la population guinéenne, majoritairement analphabète. Donc ils s’emploient à diviser les fils du pays pour des intérêts égoïstes, c'est-à-dire arrivé à accéder au pouvoir au péril de la vie de pauvres citoyens.
En outre, ce débat permettra à chacun des deux leaders de décliner les grandes lignes de son programme de société pour notre pays.
Etre président de la République de Guinée, diriger les destinées de notre nation est la plus grande responsabilité que peut avoir un citoyen. Pour qu’un candidat bénéficie de cette confiance du peuple, il doit le mériter en démontrant publiquement ce qu’il peut apporter à la résolution des problèmes quotidiens du guinéen, en faisant étalage de sa vision pour la Guinée, et son expérience acquise au fil des années, chose indispensable pour sortir notre pays de sa léthargie. La sollicitation publique de la confiance du peuple de Guinée est une attitude digne d’un futur chef d’Etat et respectueuse pour l’ensemble des guinéens. Ainsi, les électeurs pourront faire leur choix le 24 octobre sur la base de fondement objectif et loin des critères d’appartenances régionales ou ethniques. On peut juste conclure ce passage par un jugement de bon sens « on ne peut se marier à une femme sans l’avoir séduit et demander officiellement sa main ». Enfin les responsables de la transition pourront se targuer d’avoir atteint leurs objectifs d’organisations d’élections présidentielles dans un climat apaisé.
En revanche, le candidat qui refuserait ce débat démocratique aura indéniablement manqué du respect au peuple de Guinée et il ne mériterait en aucune façon sa confiance pour la diriger pendant les cinq années à venir.
Concernant notre armée nationale, à défaut de n’avoir pas demandé une force d’interposition internationale pour superviser le processus électoral en cours, sa mission doit être strictement limitée à sécuriser ce processus quant on se rappelle des bavures dont elle s’est rendue coupable lors des moments cruciaux que nous avons traversé ces dernières années. Ce qui veut dire qu’elle doit jouer le rôle d’interposition et non de prise de position contre un groupe ethnique comme nous l’avons remarqué quelques fois.
En attendant chacun de nous doit œuvrer pour un bon déroulement des campagnes présidentielles en dépassionnant le débat pour le porter sur des aspects concrets dont tous les fils de Guinée pourront au plus vite tirer profit.
Mouctar SALL du Mouvement des Jeunes pour le Changement
(MJC Guinée)www.mjcguinee.org et mjc Guinée groupe facebook
VOS COMMENTAIRES | |
| mory | 09/10/2010 22:47:43 |
| Il faut un débat au plus vite pour qu'on sache qui pèse réellement, qui des deux leaders a quelques choses dans le ventre ? Au lieu de crier seul dans son coin, les deux leaders doivent s'affronter publiquement pour débattre sur des questions ou thématiques qui concernent tous les guinéens. On ne veut plus de verbiage, passons à l'action. Les guinéens ne sont pas des moutons, non plus des ânes. Le leader qui refusera de débattre ne mériterait pas la présidence, un point, un trait. | |