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2010-10-09 16:44:31
Un excellent texte, à lire absolument !
Quand j'étais en Guinée, j'ai dit à l'entourage de Cellou qu'il faut vigoureusement réagir aux manoeuvres du RPG contre Boubacar Diallo auquel on reproche d'être proche de l'UFDG. Un haut responsable de l'UFDG répond:
"Non, nous on ne va pas se mêler de cette histoire comme ça. Si on le fait, ils diront voilà la preuve qu'il est de l'UFDG".
Je les ai prévenus que si l'on ne soutient pas concrètement ce dernier, le RPG va le fatiguer et aucun autre cadre de l'administration ou de la Ceni n'osera agir contre la volonté du RPG. Ils vont tous chercher à ménager Alpha Condé pour être en paix. C'est bien cela qui s'est passé lors de l'élection illégale de Lonseny Camara. Avant cette élection, le RPG demandait aussi le départ de Pathé Dieng mais depuis que ce dernier a voté pour Lonseny Camara, il a sa paix et son départ n’est plus à l’ordre du jour. Cellou s’est fait entourer par des gens qui sont tous calmes comme lui ou qui brillent par leur incompétence ou inexpérience avérée en politique. Il est temps que ce parti comprenne que sa stratégie n’a pas été bonne et qu’il la change en urgence avant que ce ne soit trop tard. Cellou va-t-il écouter l’auteur du texte ci-dessous ou, comme toujours, ses conseillers habituels qui pensent qu’ils auront le pouvoir par la courbette ?
SADIO BARRY
Urgence: l'Alliance des bâtisseurs en flagrant délit de naïveté... et donc de défaite prochaine
Des inégalités de traitement à prendre en compte
Lorsque le RPG veut ralentir les élections, il argue de dysfonctionnements réels qui perturbent ou ont perturbé la CENI et le processus électoral, notamment par la voix de Saran Daraba Kaba.
Lorsque le RPG est pressé d'aller aux élections - eh oui, ça lui arrive -, il argue que tout va bien à la CENI depuis que le président a illégalement changé - c'est-à-dire qu'il « maitrise » le processus - oubliant ces mêmes dysfonctionnements.
Lorsque le RPG n'est pas satisfait du fonctionnement de la CENI, il use d'arguments réels, mélangés à des arguments fallacieux, pour mettre en doute son indépendance, qu'il n'hésite pas à violer pourtant, par le biais d'un juge malhonnête, qui a condamné des personnes, pourtant protégées par une immunité.
Lorsque le RPG ne souhaite pas que l'on remette en cause les élections internes à la CENI, pourtant illégales en la forme, il argue de l'indépendance de la CENI, celle-là même qu'il a bafouée, quelque temps auparavant.
On pourrait multiplier les exemples de ce genre pour montrer qu'il y a deux poids, deux mesures, selon le sens du vent pour parler poliment.
Il y a un problème à la CENI : et pour satisfaire les deux camps, mais surtout la Guinée, la seule solution consiste à trouver un terrain d'entente entre les deux derniers protagonistes, sous les auspices du général Konaté. Il semblait qu'un président neutre - Mgr Gomez - représentait apparemment la personne idoine.
Au vu de l'urgence - aller au deuxième tour le 24 Octobre -, on peut garder la composition actuelle de la CENI avec quelques ajustements néanmoins, dans la mesure où ceux-ci ont un minimum d'expérience, à charge pour un nouveau président de la CENI de trancher en toute impartialité, les éventuels litiges qui ne manqueront pas d'exister (dans la mesure où l'on ne modifie pas l'article 162 du Code électoral).
Un scénario catastrophe pour l'alliance UFDG...
Il n'y a rien de pire pour un parti que de vouloir boycotter les élections, car lorsque le RPG menaçait de ne pas y aller, le pouvoir a tergiversé, prenant en compte ses revendications, d'où le report continu des dates. Au moment où le RPG se dit prêt, plus rien n'empêche donc d'y aller.
La menace de l'UFDG de boycotter les élections pourrait se retourner contre elle, car apparemment rien n'empêchera cette fois d'y aller : ce n'est pas le même camp qui revendique. Même un taux de participation inférieur à 50 % n'empêchera pas l'élection du seul candidat présent au deuxième tour. Le risque est donc de voir l'UFDG perdre par forfait.
… et pour la Guinée
Dans l'hypothèse d'une victoire par forfait, on ne pourra pas reprocher au général Konaté d'avoir mené à bien sa mission. Il n'a empêché personne de se présenter, il ne peut décider de son propre chef de remplacer le président de la CENI. On joue sur les mots, mais les Guinéens sont très habiles en la matière (voir ci-après).
Seule la rue pourrait permettre de remédier aux résultats des élections (à condition d'y assister), et on sait désormais que l'alliance des bâtisseurs en est capable : les échauffourées du 11 Septembre avaient probablement cette finalité. Alors qu'on a toujours considéré, que certains ne savaient que courber l'échine, il semble qu'ils aient voulu montrer que Conakry « n'appartenait pas » forcément à ceux qui le pensaient. Les temps ont changé.
Mais si la violence est nécessaire en cas d'agression extérieure, en aucun cas il ne faut en user sur des compatriotes, quand bien même certains l'ont oublié le 28 Septembre, ou font mine de n'en rien savoir, pour parvenir à tout prix à leur fins : nous sommes des démocrates, et contester a posteriori des résultats qui ne seraient pas favorables, démontrerait le contraire.
La violence est à proscrire dans l'hypothèse où d'autres solutions existent et qu'elles n'ont pas été utilisées : ainsi il est toujours temps de contester a priori en référé devant les tribunaux administratifs, l'illégalité de l'élection de Louncény Camara. J'ai écrit un papier où j'indique ce qui peut être reproché, et quand bien même les tribunaux actuels ne sont pas fiables, qui ne dit mot consent. Il sera vain de dire ensuite qu'on a pas fait ce qu'il fallait. Parallèlement, il faut acculer le général pour lui faire prendre des décisions conformes à l'État de droit.... dès lors qu'il est contesté.
Un général-président qui prend au moins formellement ses responsabilités.
Le discours de Tibou Kamara du 5 Octobre, rappelant la neutralité du général Konaté peut faire sourire au regard des derniers évènements. En réalité, rien de concret ne peut empêcher le général de rester sur cette image d'impartialité : il a finalement décidé de prendre ses responsabilités, et personne ne pourra lui en tenir rigueur. Que peut-on lui reprocher aujourd'hui en dehors des rumeurs ?
Faire une entorse à la légalité sur le plan des principes ? mais puisque personne ne conteste juridiquement l'élection de Louncény Camara, il ne peut être plus royaliste que le roi. Aller au tribunal pour prouver une tentative de fraude de Louncény Camara est une manœuvre bien dérisoire : le tribunal de Dixinn avait mis en délibéré et donné une réponse 3 semaines après : faites le calcul, 28 Octobre !!!
C'est la légalité de l'élection qu'il faut contester, pas l'appartenance de Louncény Camara au RPG. Même si cela est vrai, où est le problème ? Il n'est écrit nulle part, que cela est incompatible avec les fonctions de président de la CENI : les partis en 2007 ont pu choisir 20 personnes neutres et la Société civile trois militants !!!
En demandant à la CENI, une date, le général reconnaît implicitement la nouvelle présidence de la CENI, que personne ne conteste.... juridiquement. Et en outre, cela focalise l'activité de tous, en oubliant l'essentiel.
Le RPG est satisfait, l'UFDG a obtenu la candidature de Mgr Gomez : que veulent-ils de plus ? Si les membres de la CENI votaient, il n'est pas sûr que ce dernier soit élu. Mais pourquoi voterait-on ? Personne ne conteste directement l'élection pourtant litigieuse.
D'autres problèmes laissés en suspens
J'avais écrit par ailleurs dans un précédent papier, quelque chose qui relève davantage de discussions privées - mais auquel tout le monde pense -, qu'on évoque rarement en public, mais qui constitue pourtant la pierre angulaire de tous les régimes africains, celle des portes de sortie pour certains acteurs de la transition. Chacun lira entre les lignes, certaines choses qui peuvent difficilement être écrites, mais que tout le monde comprend.
Certains militaires (y compris le général Konaté) et/ou civils ont des appréhensions pour eux-mêmes ou leur entourage :
Le général et bien d'autres, n'ayant pas obtenu de réponses à leurs interrogations, qui sont beaucoup plus terre à terre que celles sur l'avenir de la Guinée, il a considéré que le sort en était jeté, et qu'il n'avait pas d'autre choix que de privilégier un camp (où des discussions ont eu lieu probablement). Au stade actuel, il sera considéré comme un héros, pour avoir mis fin à la transition. Et malheureusement, même si on peut le déplorer, force est de constater qu'il est difficile de lui reprocher en droit son attitude.
Les tests réussis préalables à une victoire de l'Arc en ciel qui ne fait plus de doute
Des ballons d'essai ont été mis en place et testés : la route semble donc dégagée pour une victoire de l'Arc en ciel, ça ne fait aucun doute maintenant, s'il n'y a pas de réaction urgente.
L'UFDG et consorts ne pourront pas dire qu'il n'ont pas été prévenus. Un juge de Dixinn a violé la loi au vu et au su de tous. Qu'a fait l'UFDG ? Elle a protesté tellement fort que même les sourds... n'ont pas entendu (sic !). En appel - Dieu seul sait quand il aura lieu -, Alpha Condé lui-même pourra en tant que nouveau président, commenter le rejet du jugement du tribunal de Dixinn, en montrant l'indépendance de la justice qui conteste son action, ou à l'inverse, si le jugement est confirmé, montrer sa magnanimité, en graciant à titre posthume Ben Sékou Sylla, ou le peul - et il insistera sur cet aspect - Boubacar Diallo, au titre d'une réconciliation. Dans les deux cas, il sort gagnant.
De même lorsque l'élection de Louncény Camara a été faite dans des conditions illégales, au lieu de contester juridiquement celle-ci, l'UFDG a mis en cause la moralité de celui-ci. Or ce n'est pas un critère de non éligibilité. Le RPG ne se bat aujourd'hui que pour la tenue des élections et le maintien de Louncény Camara. Boutez-le hors de la CENI, et réapparaitront alors les dysfonctionnements non corrigés.
Dès lors, lorsque ce dernier tripatouillera le résultat des élections, l'UFDG contestera aussi mollement, voire se retournera vers la Cour Suprême (c'est la seule chose qui lui sera permise), qui n'est pas réputée pour contester l'État. Elle ne fera donc qu'entériner, avec quelques babioles pour la forme, le nouveau rapport de forces.
L'UFDG n'aura alors que ses yeux pour pleurer, et si d'aventures, il lui venait à l'idée de jeter ses partisans dans la rue, cela risquerait de se retourner contre elle, la victime ayant changé de camp.
Conclusion
Ce texte un peu décousu vise à relayer d'urgence, le petit texte de Saidou Nour Bokoum, dont je partage les conclusions : la machine à perdre de l'UFDG est en marche, et il paraît ahurissant de constater l'atonie et la léthargie des responsables de l'UFDG.
Contrairement à ce qu'il dit, je n'en fais pas partie, mais je lutte pour un État de droit, et il est clair qu'un des deux camps le viole constamment... (tout en s'en réclamant, la technique est bien rodée), mais je constate aussi que l'autre camp ne se bat pas davantage sur ce terrain (des mots, des mots, mais peu d'action...).
Si l'UFDG ne fait rien (son arrogance est-elle si grande qu'elle s'imagine que le pouvoir va lui tomber « tout cuit dans le bec » ?), elle pourra toujours se consoler de pouvoir continuer à dire ce qu'elle veut, mais ne plus pouvoir faire ce que l'autre ne veut pas...
10 ans de Condé (c'est un minimum), plus 10 ans de Konaté (il partira avec sa bonne réputation, et tout le monde aura oublié sa gestion des déficits)... voire plus si affinités...
Voilà le bien triste sort qui semble réservé à la Guinée.
Il n'est plus temps de se lever, il faut courir maintenant, car le compte à rebours a commencé, et mon petit doigt me dit que le général ne reculera plus, à moins que...
Gandhi, citoyen guinéen
VOS COMMENTAIRES | |
| Djogo | 09/10/2010 17:06:17 |
| A force de vouloir éviter des problèmes en Guinée, l’UFDG devient lui-même le problème pour la majorité des Guinéens. Ils aident Alpha Condé à être président de notre pays. | |
| k. Diallo | 09/10/2010 17:46:16 |
| Tant que lufdg ne sortira pas ses militants dans la rue, Sekouba ne fera rien. Il faut quelleque chose qui doit stopper toutes les activites a conakry pour que sekouba decide quelque chose qui est contraire au voeux de ces parents, sa cest clair et net. Sekou veut aider alfa conde mais sil ya la pression de la rue il n'osera pas parcequil a peur dechouer comme Dadis parceque sa sera une double honte pour lui, non seulement envers les pro dadis mais aussi la communaute international. Si l'Ufdg narrive pas a comprendre cela et soccuper a defendre ces interets au lieu de rester a dire quils veulent le consensus, ils ne veulent pas decevoir la communaute international, ils sont foutus, et ils auront foutu le sacrifice que laxe bambeto cosa a endurer depuis 2007. Quils se levent maintenant, qui sait si sekouba na pa deja preparer un remplacant a lounseyni qui fera la meme chose. | |
| alphadjo késsouré | 09/10/2010 20:49:02 |
| je demande a bah oury,sidya touré,abbé sylla,et baadicko de bouté cette petite( cellule de peur de dalein) hors de l'alliance et le remplacé avec quelque qui peut ténir tete a se tigre a papier et son tonton du faso.la politique du no coment na plus de place | |
| diallo | 09/10/2010 23:26:59 |
| je me demande si ceux qui passent leur temps faire des analyses politiques entre Cellou et Alpha n'ont pas autre chose à faire. la politique en Afrique c'est de la merde. actuellement les politiciens guinéens sont comme le sily national, c'est du feu de paille. | |
| Boubah de Coyah | 10/10/2010 00:15:26 |
| Voici ce que disait,Dr Ousmane kaba:"Nettoyer la CENI avant le second tour"tel est le mot d'ordre du camp du Pr Alpha conde depuis le constat des irregularités" de la presidentielle,mais surtout à cause du dossier des PV disparus dans certaines circonscriptions electorales. Lors de la signature du pacte entre le RPG et le PEDN,hier à Lambanyi au siege du parti de Lansana Kouyaté,c'est le coordinateur des alliances avec RPG,Dr Ousmane kaba,President du Plus,qui est revenu largement sur cette position." | |
| Boubah de Coyah | 10/10/2010 00:36:10 |
| suite: "Tant que la Ceni n'est pas n'ettoyée,nous n'irons pas au second tour"dit-il.Avec insistance,Dr Ousmane kaba invite les autorités à revoir le cas "Ceni"avant la date du second tour de la presidentielle.La responsabilité,c'est penser à preserver la paix sociale,l'unité nationale dans ce pays.En Guinée,nous sommes une famille.Evitons les gens qui veulent mettre du feu dans ce pays,rencherit ce fondateur d'une université privée de la place. Lire suite... | |
| Ablaye ndirè | 10/10/2010 01:41:03 |
| Je pleur le doyen bah mamadou paix a son âme qui ma montre que je sui guineen comme les autres , si il etait là on devai pas arrive là, dallein bouge impeu tu es trop poli sa ne sert a rien d etre poli en politique | |
| Pepe Junior | 10/10/2010 05:51:53 |
| "EFFRAKATA!!" Que Koffi Olomidé me pardonne l'usage du titre d'un de ses tubes pour capturer le désarroi dans l’Alliance Cellou Président. A mesoreilles, le terme sonne comme une scène de panique indescriptible dans un capharnaüm, un véritable « sauve qui peut », que les anglais appellent "pandemonium". Je vous renvoie à mon texte: "MAY DAY"(qui est un message de détresse pour annoncer un danger imminent): The Beginning of the End ou l'Amorce de la Descente aux Enfers ". Il est encore disponible sur Guineemoderne et dans le forum de discussion sur Guineenet. « The finger pointing has started » et Mr Haroun Gandhi ne dira pas le contraire. Dans son dernier article « L'Alliance des bâtisseurs en flagrant délit de naïveté... et donc de défaite prochaine (Par : Haroun Gandhi) » il critique Cellou de façon acerbe. De grâce ne "lynchez" pas Cellou. « They made him bite more than he can chew ». Pauvre Cellou!! Il a été très naïf et arrogant; Et dire maintenant que la réalité se dessine impitoyablement ne serait pas verser dans l’imaginaire. Please help him find an exit strategy!! Je lance un appel d'offres de "strategies" pour la sortie honorable de El Hadj Cellou!! Faites parvenir vos offres sous pli fermé addressé à l'Alliance Arc-en-Ciel. Qui dit mieux ? Pépé Junior | |
| valerie | 10/10/2010 14:37:33 |
| 1- Une seul chose pour la PAIX en GUINÉE une personnalité de consensus à la tête de la CENI.la récente nomination de Mgr Albert Gomez, chef de l'Eglise anglicane, par ailleurs membre du Conseil national de transition (CNT), comme Président de la CENI avant mecredi 13 octobre 2010, ou alors?????? BONJOUR LA RUE. | |
| Petini | 11/10/2010 13:56:54 |
| ce site la se fatigue cest aujourd'hui tu as su la naivete de celou et ses partisans: non je sait que vous faites tous semblant Exemples: si la date du 19 semptembre nest pas respecte nous(UFDG) irons pas aux elections lelection Aujourd'hui les memes choses reviennent si Lounseny reste a la presidence de la CENI nous(UFDG) nirons pas aux.... et a voir Lounseny va rester a la presidente de la CENI conlusion ils(UFDG et allies) iront cest pas naive tout ca nest pas politicien qui le veut mon frere | |