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Devant la crise en ours, le Premier Ministre et le Commandant de la FOSSEPEL brandissent la menace de la force brute.


2010-10-19 20:04:43

Comme par le passé, au lieu de contribuer à résoudre le grave problème de leadership au sein de la CENI, pour garantir un second tour transparent et crédible, le gouvernement de transition, par  la voix du  PM Jean Marie Doré, est sorti hier pour brandir la menace de faire usage de la force pour contraindre les forces démocratiques du pays d’abandonner leur lutte pour le respect des valeurs de Droit et de Démocratie en Guinée. Ainsi, face aux appels répétés de l’Alliance des Bâtisseurs et surtout à son Ultimatum lancé hier, suivi de ses menaces de paralyser la vie publique si les autorités de transition ne prennent pas  leurs responsabilités pour décrisper la crise, JMD a, par une déclaration faite sur la Télévision d’Etat, révélé avoir instruit la Police et la Gendarmerie d’empêcher « par tous les moyens », donc y compris par les moyens illégaux, l’occupation de l’espace public par les populations civiles. Et le même son de cloche sera donné par le Commandant de la FOSSEPEL qui,  abordant dans le même sens que le PM, demandera impérativement aux deux candidats de « canaliser leurs militants ».

Cette menace à peine voilée des « responsables » de premier niveau du processus électoral en cours dénote une volonté manifeste de recourir à la force brute, au lieu de s’atteler à résoudre le récurrent problème de la CENI, cause de la crise actuelle paralysant dangereusement le processus démocratique en cours.

En effet, comment peut-on s’attaquer aux  occupants de l’espace public (voie, artères et autres lieux publics) pendant une campagne électorale légalement ouverte ?

Il faut rappeler au PM et semblables que cette méthode d’intimidation ne peut plus réussir car les guinéens, trop acculés et exaspérés, sauront se défendre eux-aussi par « tous les moyens ». Certes, il y aura malheureusement de sacrifices énormes, voire ultimes, mais qu’ils sachent que la victoire du peuple souverain primera en fin de comptes.

Les guinéens doivent savoir que les autorités actuelles (Présidence et Gouvernement) n’ont plus la légitimité de diriger ce pays depuis le 15 juillet dernier, date d’expiration du délai de 6 mois qu’elles s’étaient octroyées via le Protocole de Ouagadougou du 15 janvier 2010 pour assurer une transition démocratique. Si les dirigeants ce cette Transition étaient conscients et patriotes, ils auraient simplement reconnu leur échec collectif et rendre le tablier.

Sans doute, les dirigeants de deux alliances pour le deuxième tour ont aujourd’hui plus de légitimité de parler au nom des guinéens car eux sont issus de Partis politiques légalement constitués et ont pu, par élection,  démontré qu’ils ont (cf. résultats du premier tour) une frange importante des guinéens derrière eux. En raison de cette légitimité populaire établie, respecter les ordres que ceux-ci donnent est plus en accord avec les lois de la République que respecter ceux des autorités de transition qui s’accrochent arbitrairement et illégitimement à leurs postes, juste pour préserver leurs intérêts égoïstes et partisans, au détriment du peuple martyrisé de Guinée.

Selon une formule juridique, le droit sans la force est faible et la force sans le droit est tyrannique ! Alors, ces individus qui gesticulent au sommet de l’Etat guinéen doivent se demander sur quelle légitimité se fondent  leurs ordres et interdictions.
Les guinéens, dans l’unité et la paix, doivent défendre fermement le processus démocratique en cours, afin d’aboutir à la mise en place d’une autorité légitime devant présider à leur destin commun.

Leur survie collective en dépend.


Mamadou Madiou Diallo


 

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