URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=6628
2010-10-22 19:20:06
Le second tour de l'élection présidentielle, prévu dimanche en Guinée, a été une nouvelle fois reporté à une date qui reste à fixer, le président de la Commission électorale ayant affirmé vendredi devoir "faire un état des lieux" pour fixer "une date raisonnable et réalisable".
"Il apparaît clairement à tous que l'échéance de dimanche n'est pas tenable à cause de toutes les contraintes, notamment celles liées aux derniers dysfonctionnements enregistrés dans la marche de la Commission électorale nationale indépendante (Céni)", a déclaré le général malien Siaka Toumani Sangaré, après des consultations avec les principaux acteurs de la politique guinéenne.
Il convient de faire "un état des lieux à l'issue duquel une date réalisable et raisonnable sera fixée et communiquée dans les jours ou dans les heures à venir", a-t-il ajouté.
Le général Sangaré s'est engagé "à travailler à organiser dans un très bref délai le second tour de la présidentielle". "Permettez moi de bien évaluer la situation" avant de fixer une date, a-t-dit.
Le second tour avait déjà été reporté une première fois quatre jours avant la date prévue alors, le 19 septembre.
Il opposera l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, qui avait obtenu 43% des voix au premier tour du 27 juin, à l'opposant historique Alpha Condé (18%).
A l'issue de sa rencontre avec le général Sangaré, M. Diallo avait estimé qu'il "y a très peu de chances que l'élection se tienne dimanche, étant donné l'ampleur des problèmes".
Le général Sangaré a ensuite rencontré des dirigeants de l'alliance Arc-en-ciel, qui soutient Alpha Condé, adversaire de M. Diallo au 2e tour.
L'un d'eux, François Lonsény Fall, ancien Premier ministre, a déclaré après la rencontre que "si la Céni estime qu'elle n'est pas en mesure d'organiser les élections le 24, alors elle devra prendre ses responsabilités et nous donner une nouvelle date, mais la plus rapprochée possible".
MM. Diallo et Fall se sont accusés mutuellement de "violences" à l'égard de leurs sympathisants.
Des violences s'étaient produites lundi et mardi à Conakry entre des partisans de M. Diallo et les forces de l'ordre qui avaient ouvert le feu, faisant des dizaines de blessés. Le parti de M. Diallo et l'Observatoire national des droits de l'Homme (ONDH) avaient alors annoncé deux morts qui se sont avérées être accidentelles.
Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déploré ces violences, les qualifiant de "sévères violations des droits de l'homme". Il s'est dit "profondément préoccupé par la manière dont les forces de sécurité de la Guinée (...) ont utilisé une force excessive et ont tiré, tuant un homme et blessant au moins 62 autres personnes".
Les partisans de M. Diallo réclamaient le départ du président de la Céni, Louncény Camara, jugé proche d'Alpha Condé. Après ces violences, M. Camara a été remplacé par le général Sangaré.
Cité à comparaître par l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti de Dalein Diallo, M. Camara, devenu vice-président de la Céni, a été condamné vendredi à un an de prison ferme pour vol de procès verbaux lors du 1er tour du 27 juin.
M. Sangaré avait rencontré jeudi d'autres acteurs du processus électoral, dont la syndicaliste guinéenne Rabiatou Serah Diallo, présidente du Conseil national de la transition (CNT, faisant office de Parlement) qui avait semblé favorable au report.
Le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, a affirmé vendredi à Montreux (Suisse) où il assiste au 13e sommet de la Francophonie, que report où pas, l'essentiel était de sortir de façon "apaisée" du processus électoral.
Cette présidentielle est le premier scrutin libre en Guinée, ex-colonie française, qui n'a connu que des régimes dictatoriaux et autoritaires depuis sont indépendance en 1958.
Source : AFP
http://www.izf.net/upload/AFP/francais/special/afrique/AFP.php?content=101022182241.vc17ddxq.html
VOS COMMENTAIRES | |
| Fode Seydou Camara | 23/10/2010 03:27:13 |
| Aidez-moi un peu: Apres la codamnation de Lounceny Camara qu'est ce qui va se passer? La Guinee va etre surement le seul pays de la planete ou un citoyen condamne par les tribunaux pour de crimes averes de droit commun et qui a perdu ses droits civiques va continuer a etre vice-president de l'organe charge des elections. L'organe qui permet aux citoyens libres d'exercer l'un de leurs droits civiques elementaires: le droit de vote!!!!!! | |
| thierno lelou | 23/10/2010 08:44:41 |
| il y a au moins une chose que alpha kone a réussi : l'ethnicisation du debat. on a tellement été imprégné par ce discours qu'on a tendance à s'en approprier.A défaut d'un projet de société viable, il utlise l'ethnie comme "fonds de commerce" en espérant rallier ainsi tous les non peulh,c là où il s'est lourdement trompé,je suis pas sùr que tous les malinkés soient derriére lui. Les guinéens ont compris ( aprés 52 ans tout de même)que quand il n'ya pas d'electricité, de route, hopitaux, une administration efficace, etc , c tout le monde qui en pâtit. Le plus grand mal que les precedents regime ont fait à la guinée c d'avoir inculqué la culture de l'immoralité avec ses corollaires:mensonge, démagogie,imposture,etc. Ce qui explique en partie le retard du 2éme tour; chacun, sachant à quel point son prochain peut etre ignomnieux,ne fait plus confiance à l'autre. Et Lounceny camara est un produit type de cette culture: sinon comment peut on expliquer qu'il puisse s'accomoder du poste de vice-president aprés avoir fait montre d'un entetement aussi farouche pour le poste de president. Dans aucun autre pays du monde,l'accouchement de la démocratie n'a été aussi laborieux et douloureux. Imaginez vous, après 52 ans de grossesse(indépendance en 1958), une femme rentre au bloc le 27 juin2010 entre les mains de ceux que le pays compte de meilleurs comme gynéco-obstetriciens et jusqu'en fin octobre, ils ne connaissent pas encore le ----e de l'enfant,et on fait appel à un autre(toumany sangare)qui vient dire " il est probable que l'enfant naisse mais je ne sais quand" et pire "il me faut consulter mes collegues": OH!!! PAUVRE FEMME. Certains diront "pourvu que l'enfant naisse" et d'autres ajouteront "surtout qu'il soit viable". Voilà le cheminement que prend la démocratie dans notre "chair" pays . Thierno Sadou. | |
| SADIO BARRY | 23/10/2010 09:02:17 |
| Monsieur Camara, cela ne devrait pas arriver. Si Sékouba ne l'enlève pas, le Président de la Ceni doit demander son remplacement immediat. Le tribunal lui-même devrait informer le service de lonseny et les autorités compétentes. Dans tous les cas, l'alliance des bâtisseurs doit demander aux autorités de la transition de tirer les conséquences de la décision judiciaire, sans attendre qu'elles jouent volontairement leur rôle, parce qu'on connait leur irresponsabilité et leur partialité aujourd'hui. Si c'est le Finlandais qu'on avait choisi président de la Ceni, lui il allait immédiament demander la démission de Lounceny pour garder la crédibilité de l'institution sous sa responsabilité. On verra bientôt ce que l'Africain va faire! Dans pareil cas, l'Européen gère plus correctement les choses en général. | |