2010-10-28 12:20:07
Le mauvais goût consiste dans le pas de coté accompli hors du sens commun, en se singularisant et en s’enferment dans ce qu’il faut bien appeler un délire. Ca revient à croire qu’on a du génie quand ce n’est que l’extravagance (celle du fou) comme l’a si bien vu Kant. Cette esthétique du mauvais goût ne regarde pas seulement le domaine de l’art car il y a aussi une esthétique du politique où sont légion les « artistes » de série B de mauvais goût
Sékou Touré : le tyran fou.
Cette sortie hors des chemin battus, ce pas de côté, a commencé dès l’indépendance quand Sékou Touré « a pris son indépendance » dans un pays où manquait les hommes compétents pour fonder un Etat moderne et les infrastructures qui auraient permis d’impulser une dynamique de progrès. Mais dès le départ le mauvais goût a consisté à « préférer la liberté dans la pauvreté » ; comme si l’une des finalités de l’Etat moderne n’était pas créer les conditions du progrès dans tous les domaines afin d’assurer aux populations un minimum de bien-être, par la création de richesse et par voie de conséquence l’élimination de la pauvreté. Sékou Touré, en parlant de la sorte, ne s’est pas simplement payé de mots mais a réalisé son choix : la pauvreté. Aucun progrès à l’horizon ; on peut même dire qu’il y a eu régression.
Alpha Condé : le menteur voire l’assassin.
Voilà que Alpha Condé prétend suivre les pas du tyran fou, « de reprendre la Guinée là où Sékou l’a laissée » (sic). On ne progresse pas, on régresse ! Quel mauvais goût !
Depuis la disparition de Siradio Diallo et de Ba mamadou, vrais opposants historiques, Alpha Condé s’est mis dans la tête que tout obstacle pour l’empêcher d’accéder au pouvoir, a disparu. Aussi, voir quelqu’un lui disputer la magistrature suprême lui est devenu insupportable et intolérable : la Guinée est devenu son hochet ; chercher à le lui ôter c’est s’exposer à subir les vagissements de cet être bipolaire, infantile et vieillard - on est pas à un paradoxe près- qui n’a de cesse de tromper son monde C’est Docteur (Professeur ?) Alpha le jour et Mister (Mystère !) Condé la nuit. Il a commencé par poser des conditions à n’en plus finir en répétant dans un langage qui tient du psittacisme : « il faut réunir les conditions.., les conditions ne sont pas réunis », etc. on finit par penser qu’on est victime d’acouphènes en entendant « condEtion ». On a enfin compris une fois ces (et ses) condEtions réunies: tricher. Par le truchement du Mataf, de la Ceni et enfin par un début de pogrom contre les peuhls. Un premier temps retarder les élections, un second temps chercher à les précipiter en fonction des condEtions favorables ou non à la triche. Au cas où il perdrait l’élection, on aura triché ;qu’il gagne c’est l’inverse ! De toutes les façons, ses arguments sont imparables car ils appartiennent au registre de ce que l’épistémologue Karl Popper appelle pseudo-sciences : on ne peut les « falsifier »..
Le pogrom qu’il vient d’initier avec ses extrémistes, il savait très bien qu’une frange de la population allait suivre le mouvement (fût-elle infime) et le retentissement serait tel que la panique qui en résultera provoquera le déplacement des populations victimes. Ces mouvements de foule ne sont pas dus au fait que la masse est ignorante et non éduquée, mais c’est le simple jeu de la « psychologie de masse » ; autrement, comment expliquer que l’Allemagne de la République de Weimar, la plus civilisée à l’époque, ait pu produire la « bête immonde »( Hitler et le régime assassin Nazi) dont a parlé Brecht. Et cela Alpha Condé le savait. En cela sa responsabilité est lourdement engagée dans les événements tragiques qui viennent de se produire. C’est un criminel et il faut le poursuivre devant les tribunaux. Un prétendu intellectuel qui refuse le débat démocratique et opte pour la violence : quel manque de goût ! Il prétend avoir les mains propres. Pour les avoir propres, c’est qu’il n’a rien eu à faire avec. Comme les mots de Antoine de Rivarol lui vont bien: « C’est sans doute un avantage que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser ». Dorénavant on sait que ses mains sont sales, maculées du sang de citoyens innocents. Il ne pas se tromper :les électeurs vont lui donner la raclée de sa vie ; ils réalisent le danger que cet individu représente pour la paix et la concorde.
Hommages à Cellou Dalein Diallo et à Bah Oury.
Face à ce menteur impénitent et désormais criminel, comment ne pas magnifier, louer la conduite de Cellou. A chaque occasion il montre qu’il est un homme responsable et digne ;qu’il est un vrai homme d’Etat et c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Les circonstances permettent de révéler les hommes. J’ai déjà eu à dire que pour moi Cellou était un vrai politique qui ne manque ni de courage, ni de persévérance. Un homme politique ne réagit pas comme l’homme de la rue. Ce serait là faire preuve de mauvais goût. Pour moi, il a toujours réagi comme il fallait. Quand un Général Président, obéissant à des mobiles sournois, vient le provoquer chez lui, sachant pertinemment que Bah Oury y était ( les services secrets surtout en Guinée doivent bien servir à ça), comment ne pas dès lors parler de préméditation. Dans quel pays se trouve-t-on quand on voit un Chef d’Etat refuser de serrer une main tendue.Ca en dit long sur le personnage. D’abord son ignorance des règles de civilité qui doivent présider dans les rapports entre citoyens. Comme on dit l’ignorance est source d’agressivité. Ensuite, cette impolitesse caractérisée à l’égard de Bah Oury, l’accusation qui s’en est suivie le stigmatisant comme celui qui a voulu mettre le pays à feu, l’agression des gardes de corps, montrent à suffisance que son choix est celui de Alpha. Imagine-t-on un instant que ces scènes puissent arriver au « domicile » de Alpha ? En fait, est-ce que le but recherché n’était pas de sortir Cellou de ses gongs afin qu’on puisse l‘arrêter pour « outrage à Chef d’Etat ».
Je dis et je répète : Cellou est un fin politique, un vrai homme d’Etat qu’il faut absolument à la Guinée. A quoi aurait servi une réaction intempestive de sa part qui aurait peut-être réduit ses chances de sauver la Guinée ? Il n’y a rien de déshonorant dans son attitude. C’est plutôt celle de Konaté qui l’est..
Ce qu’on peut reprocher à Cellou, c’est d’avoir dit que lui Président il ne va pas extrader un citoyen guinéen. La personne en question n’est pas un citoyen lamda mais un responsable politique sur qui pèse le soupçon de crime contre l’humanité. Il aurait dû dire simplement, qu’un Président n’est pas au dessus des lois ( séparation des pouvoirs ; en Guinée on a du mal à saisir les principes de Montesquieu : Conté, paraphrasant sans peut-être savoir Louis XIV, disait : « la justice c’est moi ! » ). Je pense qu’il faut le mettre au compte de la tactique électorale. De même l’appel à former un gouvernement d’union nationale. Comment voulez-vous sortir la Guinée de la nuit, en composant avec Alpha et sa clique qui sont des hommes sans foi ni loi ?
Cellou et son équipe doivent seuls gouverner afin qu’ils puissent réaliser sereinement leur programme et respecter le choix de la volonté du Peuple. Ce « machin » ne sera qu’un four-tout où les opportunistes, à la recherche de postes lucratifs, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur, s’en donneront à cœur joie en ruinant tous les efforts des « Bâtisseurs de l’alliance ».
Si on doit récompenser quelqu’un, c’est d’abord Bah Oury qui a accepté de s’effacer devant Cellou ; ça prouve que son propre ego ne devrait pas passer devant l’intérêt général. On peut imaginer ce à quoi on a échappé si Cellou était allé avec Bah Ousmane !
Bah Oury mériterait un grand département ministériel (pourquoi pas l’économie et les finances).J’ai eu à le rencontrer deux fois dans les années 70 à Paris . A l’époque, il était un jeune étudiant qui cherchait à réanimer l’association des étudiants guinéens moribonde. Il ne ménageait pas son temps pour trouver des lieux pour se réunir, pour envoyer du courrier. J’ai vu en lui un homme affable, courtois, pondéré, loin de l’image de « terroriste » qu’on veut actuellement lui coller .
Honneurs aux Femmes.
Je pense aussi Madame Aïssatou Bah, épouse de feu Siradio Diallo. On ne peut imaginer la violence qu’elle s’est faite en quittant le parti de son mari. Il serait de bon goût de lui donner le département de la communication. C’est une journaliste et ce serait aussi honorer la mémoire de Siradio, l’opposant historique, modéré.
Parmi les guinéens de l’extérieur, ce serait bien de penser à Madame Hassatou Baldé qui, à travers ses articles percutants et pédagogiques, a été d’une grande aide, pour beaucoup de personnes, dans la compréhension des règles de droit qui régissent nos institutions.
ISSA

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