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L’Histoire émouvante d’une étudiante guinéenne2010-11-19 06:06:14 L’Histoire émouvante d’une étudiante guinéenne dont les études ont été interrompues par un mariage forcé et contrainte à quitter le pays pour aller se convertir en une Femme de Ménage au Maroc L'histoire que j'ai transcrite et vous livre, vous est transmise comme racontée par la victime du nom d’Aicha Camara que j'ai rencontrée au mois de Septembre dernier dans un Restaurant marocain à Rabat. Mes grands frères, dominateurs, m'ont toujours serrée de près. Etudiante de mon état et née dans la capitale à la différence de mes autres sœurs qui sont nées au village et pour avoir accepté de me consacrer aux études, j’étais convaincue que mes parents ne pouvaient pas me marier de force, Jamais de jupe, jamais de maquillage. Je devrais tous les jours rentrer tôt après l'école et m'occuper des travaux ménagers avant de faire mes devoirs. Chaque fois que je retardais d'une heure, ou que je voyageais pour les vacances, à mon retour, ma mère me trainait devant le médecin, soucieuse de vérifier l'état de mon hymen. «Même ma virginité ne m'appartenait finalement pas». Malgré mes 21 ans, j'étais toujours mineure aux yeux de la famille et je n'avais que mes yeux pour pleurer. Et puis, il y a la fameuse éducation. J’étais sous un contrôle aussi stricte que 20 kilomètres en dehors de la maison, était comme parcourir 2 000 kilomètres. Soucieuse de relever la tête de mes pauvres parents, je me suis adonnée aux études et abstenue de contact approfondi avec les garçons de mon âge. Je me suis dite que la seule récompense que je pouvais leur faire, pour m’avoir laissé sur 7 filles, continuer les études serait de terminer les études avec succès et aller après chez mon futur mari toute vierge. C’était vraiment mal connaître les parents soussous surtout quand ils sont nés au village, analphabètes et doublés de pauvreté insupportable. Un jour à mon fort étonnement, mes parents m’ont fait asseoir sans protocole et dit ceci : «Tu as atteint l’âge de te marier et la seule issue honorable pour la fille et la famille c’est aller chez son mari et c’est à Mr Kaba Karamoko que la famille te destine. C’est lui et pas un autre, me déclare mon père. Tu verras, tout ira bien.» Mais, très malheureusement tout est allé mal. Mr Kaba exige que le mariage ait lieu au village deux semaines plus tard. «Comment trouver une issue en deux semaines?» mais il savait pourquoi il m'épousait: une « fille lettrée», alors qu'il n'a jamais passé une minute sur les bancs. Nécessiteux qu’ils étaient, mes parents n’ont pris aucun compte de ses raisons. Contre ma volonté sans mon avis, je me suis vue mariée à un homme dont je ne voulais et pouvais pas imaginer me rapprocher, tellement l'écart d'âge était grand. Dans le désespoir et impuissante devant la décision des parents, je me suis retrouvée devant les sages et les religieux. Les deux familles ont tout négocié: l'argent, les bijoux, les habits etc.…. Ne reste plus qu'à signer l'acte de mariage religieux: A l’officier d’acte de mariage religieux de nous déclarer mariés en ces termes : «La fille de X se déclare célibataire, vierge, et devient ainsi la propriété du fils de Y, moyennant une dot de 500.000 Francs Guinéens» On me tend un paquet de billets du montant de ma dot. L'équivalent de 60 euros. «A ce moment-là, je me souviens, mon corps était vivant mais, intérieurement, j'étais morte jusqu'au jour de noces tant redoutées ». «Mon père m'a traînée au mariage comme un mouton à l'abattoir», La nuit de noces s’est passée dans les conditions que l’on peut imaginer « se livrer à un homme qu’on aime pas » Le pire c’est que, divorcé de 2 femmes et âgé de plus de 35 ans que moi (même âge que sa 3ème fille), Mr Kaba Karamoko cherchait une épouse mais aussi une aide domestique pour sa mère malade. Mariée, je m’acquittais de toutes les tâches ménagères tout en subissant les remarques désobligeantes de ma belle-mère, ses humiliations et l’agressivité de mon époux. Ce fut mon quotidien. Epuisée, je ne savais quel comportement adopter. Je m’investissais dans ce qui leur semblait le bon, mais leur colère augmentait. Exaspéré par nos disputes et sous les encouragements de sa mère, Mr Kaba s’est remarié. Sa deuxième femme (et 4ème + celles divorcées) est venue habiter avec nous. Comme vous le savez, dès le premier soir, les tensions se sont installées, j’ai cédé ma chambre à coucher, j’ai perdu mon statut d’épouse pour devenir la bonne à tout faire. Villageoise à la maison, et moderne à l'école -qui représentait mon seul espace de liberté Depuis ce temps Aicha est portée disparue et est en train de trimer au moment où je vous livre son histoire quelque part au Maroc dans un Bar Restaurant où elle passe la nuit contre le nettoyage. Mohamed Camara
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