2010-12-02 19:56:39
N°Réf. : 03/DEC/CODDH/2010 Conakry, le 1er Décembre 2010
DECLARATION DE LA COORDINATION
DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS (CODDH)
A travers les deux tours de l’élection présidentielle, le peuple de Guinée a majoritairement voté dans la paix et dans la quiétude sociale. Par ce vote, le peuple a exprimé son souhait d’entrer dans le concert des nations démocratiques et prospères.
Ainsi, les organisations de défense des droits humains, regroupées au sein de la CODDH, soucieuses de préserver le climat de paix, de quiétude sociale et d’entente entre les différentes communautés de notre pays, exprimons notre profonde gratitude et encouragement au peuple de Guinée, aux acteurs et institutions de la transition pour leurs courage et dévouement dans la ténue des deux tours de l’élection présidentielle.
Par la même occasion, nous exprimons notre profond regret à l’égard des violations graves et répétées des droits de l’homme qui ont été enregistrées lors des campagnes. De même, nous exprimons nos inquiétudes sur l’issue du processus électoral.
En effet, il convient d’indiquer que les campagnes qui se voulaient apaisées ont été émaillées des violations graves des droits de l’homme dont entres autres :
-
Des heurts entre militants de partis politiques dans la préfecture de Coyah faisant d’importants dégâts matériels, de blessés graves et de morts d’hommes ;
-
Des affrontements entre militants des partis politiques enregistrés à Conakry faisant d’importants dégâts matériels et de morts d’hommes ;
-
Des empoisonnements des militants de partis politiques survenus au Palais du peuple pour lesquels des enquêtes doivent être menées afin de situer les responsables ;
-
Des violences politiques perpétrées contre des militants de partis politiques dans certaines villes de la Haute et de la moyenne Guinée notamment à Siguiri, Kankan, Kouroussa, Kissidougou, Labé, Pita, Dalaba ainsi qu’à Conakry faisant d’importants dégâts matériels, de blessés graves, de mort d’hommes et de centaine de personnes déplacées dans ces localités ;
-
Des violences politiques enregistrées entre des militants des deux partis en lice du second tour après la proclamation des résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle par la CENI ;
-
Des répressions violentes, sanglantes et parfois meurtrières exercées par les forces de défense et de sécurité contre des militants de partis politiques entraînant d’importants dégâts matériels, de blessés graves, de mort d’hommes ainsi que des déplacements massifs des populations après la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle.
En conséquence, la CODDH appelle :
-
Les deux candidats du second tour à procéder à une large campagne de sensibilisation des militants et sympathisants dans le sens de l’acceptation du verdict de la cour suprême tout en mettant en avant l’intérêt supérieur de la nation au dessus de toute autre considération ;
-
le Gouvernement à respecter et à faire respecter la loi en prenant toutes les mesures nécessaires et légales en vue de prévenir les conflits dans un élan d’impartialité et de neutralité entre les acteurs politiques ; dans le même ordre d’idée, le ministère de la justice se devrait d’ouvrir des enquêtes judiciaires autour de tous les cas de violation des droits humains enregistrées pendant le processus électoral ;
-
les médias tant privés que publics à faire preuve de professionnalisme et à l’observation scrupuleuse des règles d’éthiques et de déontologie dans le traitement de l’information en se refusant de servir d’instrument de propagande politique, ethnique et régionaliste ;
-
les forces de défense et de sécurité à la retenue, au professionnalisme et à un recours mesuré et proportionnel à l’usage de la force dans les opérations de maintien d’ordre en ayant recours à la force qu’en cas de nécessité impérieuse ;
-
les populations en général et les militants et alliés des deux partis en particulier à renoncer à toutes les formes de violences, aux règlements de comptes, à la vengeance en acceptant le verdict de la cour suprême ;
-
Les coordinations régionales et les confessions religieuses d’accentuer les efforts de sensibilisations en tout lieu et toute circonstance en vue d’éviter la déchirure du tissu social et la polarisation ethnique dans notre pays.
Aux travers le respect des recommandations ci-dessus formulées, la République de Guinée, ferait montre du respect des termes des engagements internationaux qu’elle a librement souscrits en termes des droits humains qui doivent être protégés en tout lieu et en toute circonstance.
De même la CODDH exprime sa vive compassion aux familles éplorées et s’incline pieusement devant la mémoire des victimes.
Le Président P.O.
BAH Souleymane

Revenir en haut de la page