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Guinée : dans la perspective des législatives pour créer un contre pouvoir.2010-12-29 10:19:00 Après l’échec démocratique de la présidentielle en Guinée qui, a permis après tout au peuple de guinée et à l’opinion internationale de comprendre que le combat pour une véritable démocratie en Guinée, en Afrique est loin d’être gagné. On se dirige désormais vers des élections législatives pour élire une nouvelle assemblée nationale qui, espérons-le sera démocratiquement constituée pour instaurer un contre pouvoir fort au président mal élu et imposé par la communauté internationale à cause de ses multiples connivences avec l’armée. L’horizon nous annonce des législatives dans un laps de temps et elles permettront d’élire les futurs porte-paroles du peuple pour défendre ses intérêts face à ce nouveau président qui, sans doute, cherchera encore à manipuler l’opinion nationale et internationale comme d’habitude par des affabulations montées de toutes pièces. Il a déjà donné le ton en se déclarant Ministre de la Défense, créant un Conseil Supérieur des Forces Armés et nommant dans son cabinet des Généraux acquis à sa cause depuis fort longtemps comme Bouréma Condé. Il nous montre des signes de continuité dans les méthodes de fonctionnement de nos précédents chefs d’Etat comme « le décret de nomination des Ministres du gouvernement » qu’il a lui-même proposé en lieu et place de son Premier Ministre ; c’est la preuve que ce dernier n’est pas chef de son gouvernement. Sans doute, Alpha veut rapidement concentrer les pouvoirs afin d’agir comme bon lui semble avant l’installation de la future assemblée nationale. Pour éviter un tel scenario, il est plus qu’urgent de se pencher sur les préalables à réaliser avant la tenue de ces législatives. Tout simplement parce que les derniers événements en Guinée et en Côte d’ Ivoire ont permis de cerner la position de la communauté internationale sur le processus de démocratisation du continent africain. Elle ne respecte et ne défend point l’expression populaire mais plutôt le défenseur de son intérêt économique. Elle est prête à sacrifier la démocratie au prix du plus offrant pour sauvegarder ses intérêts dans l’exploitation des ressources des pays dont le sous-sol est riche en matières premières. Les observateurs internationaux des élections dans les pays en voie de développement ne sont point neutres, ils ont des consignes à faire respecter ou à valider selon le candidat qui défend le mieux leurs intérêts pour dire si oui ou non « les élections se sont bien déroulées » dans le pays en question. Pour les législatives en Guinée, il faut absolument restructurer l’institution qui organise les élections en l’occurrence la fameuse CENI (la commission électorale nationale et indépendante). Cette commission qu’on peut traiter de tout sauf d’indépendante, est une commission corrompue, incapable de fonctionner librement, une commission capable de sacrifier la vérité pour le mensonge moyennant quelques millions de « francs glissants ». Les membres de cette commission cèdent facilement à la pression, ils n’ont aucun respect et aucune considération pour l’expression populaire. Ils siègent au sein de cette institution uniquement pour défendre leurs intérêts personnels et non pour la transparence du scrutin organisé. Nous ne pouvons énumérer tous les manquements de cette commission lors de la présidentielle, nous allons tout de même alerter l’opinion nationale et internationale, combien de fois c’est risquer d’aller aux législatives avec cette même CENI. Elle risque de récidiver avec les mêmes scenarios qu’elle a l’habitude de produire pour distraire le peuple afin de jouer la pièce théâtrale qui l’arrange. Malgré la nomination du Général malien à sa tête, cette commission n’avait en rien changé sa façon de fonctionner et son organigramme non plus n’avait pas été revu malgré toutes les suspicions sur certains de ses responsables. Sangaré est venu exécuter la mise en scène orchestrée par Lounceny Camara. Toumani Sangaré, l’expert en élection de la Francophonie, l’homme de confiance de Diouf n’a pas honoré sa réputation en Guinée. Il a été plus qu’un amateur à la tête de la CENI avec son expertise électorale. Il a convoqué le second Tour de la présidentielle sans au préalable faire « l’état des lieux » de son institution, ensuite sans aucune évaluation des membres et des présidents des bureaux de vote, tous nommés par Lounceny Camara et à la solde d’Alpha Condé. S’ils sont maintenus, dites-vous d’avance que les législatives seront à l’image des présidentielles. Et pour éviter un second fiasco électoral, attaquons-nous à la refonte de notre « célèbre CENI » pour épargner au valeureux peuple de Guinée une autre dictature sanguinaire. Nous mettrons également en garde la communauté internationale sur le risque de favoriser et d’accepter des élections législatives mal organisées. Avant de libérer les fonds liés au 9ème et au 10ème FED pour financer ces législatives, l’Union Européenne doit s’assurer de la transparence de la CENI en y impliquant ses délégués. Les institutions internationales doivent rectifier le tir en Guinée avec ces législatives pour mettre en marche un véritable processus de démocratisation. Elles sont bien conscientes qu’elles ont favorisé et accepté « le candidat de l’armée » pour qualifier la présidentielle guinéenne d’élection libre et transparente. Elles peuvent se racheter en finançant et en favorisant des élections crédibles aux yeux des guinéens et des amis de la Guinée. Pour éviter à la Guinée le syndrome ivoirien, il est impératif de l’aider à organiser des élections législatives libres et transparentes pour l’instauration d’une véritable démocratie. C’est une nécessité qui s’impose à elle, si la Guinée veut éduquer son peuple à la culture électorale et également renforcer la cohésion sociale entre les communautés qui la forment. Il faut un pouvoir législatif fort à la Guinée pour corriger les erreurs de la présidentielle et contrer les mauvaises intentions du camp de la présidence. Il revient aux partis politiques guinéens d’exiger la tenue des élections législatives dans les plus brefs délais pour sortir totalement de la transition comme prévu par les accords de Ouagadougou. Contrairement à la présidentielle, il faut constituer une vraie alliance politique pour obtenir un groupe parlementaire fort à l’assemblée nationale afin de défendre les idéaux de leurs partis respectifs. Assisterions-nous à la dislocation des alliances pour mieux préparer les législatives ou seront-telles renforcées ? Une chose est claire pour chaque parti politique, il est impératif d’avoir des représentants à l’assemblée nationale pour assurer ou maintenir sa survie politique sur le plan national. C’est dans cette assemblée qu’il faudrait désormais agir pour défendre les intérêts du peuple en votant et en adoptant des lois utiles pour le bon fonctionnement de l’Etat de droit que les guinéens attendent depuis l’indépendance de leur pays. Les partenaires au développement doivent également mettre la pression sur le président élu pour qu’il fixe rapidement la date de ces élections législatives. A l’instar de l’Union Européenne qui a fixé la reprise effective de la coopération avec la Guinée après l’installation de la nouvelle assemblée nationale, le reste des partenaires au développement devrait s’en inspirer pour garantir aux guinéens une démocratie crédible. Vivement ces élections en Guinée pour doter à l’Etat un pouvoir législatif fort, capable de défendre les intérêts du peuple. Que Dieu bénisse la Guinée en lui offrant une assemblée nationale digne de ce nom. Marwane Diallo
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