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2011-01-13 23:32:38
Avant d’aborder mon sujet je fais un détour, en citant une assertion pleine de bon sens parue dans un des sites guinéens :
« Les cadres ont beau être propres et compétents, ils ne sauraient donner leur pleine mesure dans des organes et avec des instruments obsolètes ».
Cette citation énonce sous une autre forme analytique la même chose que si l’on dit : aussi longtemps qu’on ne changera pas ce système obsolète, les cadres propres et compétents ne pourront jamais faire preuve de leur compétence. La métaphore énoncée ci-dessus est pertinente, et est plus que jamais d’actualité dans notre pays. Si le changement tant attendu par le Peuple ne doit pas rester une chimère pour des idées bien conçues, il faut joindre les paroles aux actes.
La démocratie est évidemment un sujet inépuisable. C’est pourquoi je ne m’aventurai qu’à un simple rappel des aspects les plus connus de la Cité-Etat d’Athènes :
Dans la Cité-Etat d’Athènes la démocratie s’oppose historiquement aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par un seul homme, ou oligarchiques où le pouvoir est aux mains d’un petit groupe. Cette opposition dans la Grèce antique est toujours d’actualité dans notre monde contemporain.
Démocratie et Paroles
Alors, le terme démocratie qualifie tout pays qui est reconnu comme pratiquant les principes démocratiques dans son fonctionnement. Ceci peut qualifier le fonctionnement de tout corps ou organisation sociale comme par exemple:
Une société humaine, un organisme public ou privé, les associations, l’entreprise, la famille et ainsi de suite. Dans chaque cas de figure, la notion de Peuple doit être comprise comme l’ensemble de l’organisation sociale. On peut simplifier radicalement le mot démocratie en le qualifiant comme une opposition au pouvoir absolu d’un homme, ou au pouvoir oligarchique, et, l’accaparement du pouvoir par le Peuple souverain.
La démocratie est donc différente des paroles oiseuses du genre nous sommes une démocratie, car nous avons eu des élections multipartites, nous avons créé une multitude de partis. Cependant que la plupart de ces partis ne sont pas représentés dans le pays profond, et n’ont de membres que les copains et coquins.
On a à se demander ! Comment peut ont faire l’apprentissage de la démocratie dans des partis communautaristes qui ne tiennent jamais d’assises pour élire démocratiquement leurs membres dirigeants ? Comment peut-on apprendre la démocratie avec une base d’idéologues de clan (l’amour des siens et la haine de l’autre) ? Comment peut-on faire l’état avec des hommes et des femmes qui n’observent la chose publique qu’en trois dimensions :
Est-ce que c’est profitable pour moi ?
Est-ce que ma famille a besoin de cela ?
Est-ce que ceci ou cela est bon pour ma communauté ?
À cette fin, on ne réfléchit pas sur ce qui est avantageux, ou non pour leur pays. Avec moins d’élégance et surtout avec un raisonnement plein d’impertinence, beaucoup parmi nous pense avoir la confiance dans son attitude à repérer ce danger menassent la démocratie et à éviter d’en être dupe. C’est ainsi que ce phénomène soulève peu d’inquiétude et ne suscite guère de réflexion approfondie.
Dès lors nous avons du mal à appréhender la différence entre les paroles oiseuses sur la démocratie et le terme effectif de démocratie. En d’autres termes, tant que nous ne disposons d’aucun outil efficace à l’encontre de cette confusion savamment orchestrée, (comme le dit la célèbre chanson), la démocratie ne sera que parole, parole dans notre pays.
Démocratie et Actes
Comment savoir si un pays est démocratique ?
Actuellement les arguments de chapelle, pour savoir, si nous sommes oui ou non dans une démocratie, fussent de toute part. Étant un internaute de moindre acabit, je m’abriterai derrière la thèse qui affirme, qu’il existe bien un faisceau d’indice marqueur du degré démocratique. Ce faisceau d’indice se traduit en trois dimensions. Les actes à travers ces trois dimensions fondamentales nous permettent de mesurer le degré de démocratie d’un pays donné. Alors, les principes cardinaux sont les suivants :
1. la manière dont est recruté l’exécutif (élection, nomination, liberté des électeurs, liberté de se coaliser, etc. …
Pour assurer la continuité de l’état, un socle de cadres administratifs propres et compétents est indispensable. Les critères de recrutement de ces cadres administratifs propres et compétents obéissent à un système impartial, ils sont indépendants de l’appartenance politique, religieuse ou de l’affinité à une communauté donnée. Ce sont les faiseurs de l’état et non du régime, car les régimes passent mais l’état reste.
2. les moyens de contrôle sur l’action de l’exécutif (pouvoir législatif et judiciaire). Assurer la séparation des pouvoirs, et donner aux institutions républicaines tous les instruments nécessaires au fonctionnement judicieux de l’état de droit.
3. la manière dont est traité la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse et l’opinion publique …
Selon moi, un débat consensuel sur les trois dimensions démocratiques précitées est primordial dans l’édification d’une base démocratique dans notre pays. Un consensus national sur ces trois dimensions nous permettrons d’opérer un changement radical dans notre façon de nous gérer, c’est en même temps une manière plus efficace de sevrer ceux qui avaient l’habitude de s’accaparer de l’état, de ses décisions, de ses orientations et de ses ressources au détriment de l’intérêt général.
Allons tous ensembles ! Joignons nos paroles aux actes, luttons pour une démocratie effective, pour que notre état guinéen possède un parlement effectif, et ai un gouvernement qui applique les décisions sur mesure.
Que vive une démocratie effective en République de Guinea-Conakry.
Moussa Bella, Barry