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Tunisie : Ben Ali a fui, le Premier ministre assure l'intérim !


2011-01-14 19:44:07

Le président Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté vendredi la Tunisie après une contestation sans précédent de son régime qui a été réprimée dans le sang, l'intérim étant assuré par le Premier ministre sortant.

Mohammed Ghannouchi, Premier ministre sortant, a annoncé vendredi soir à la télévision qu'il assurait l'intérim de la présidence en remplacement du président Ben Ali.

Il a aussitôt lancé un appel à l'unité des Tunisiens, toutes sensibilités confondues: "j'appelle les Tunisiens toutes sensibilités politiques et régionales confondues à faire preuve de patriotisme et d'unité", a-t-il déclaré solennellement. Il s'est également engagé à respecter la Constitution.

Un peu plus tôt, deux sources proches du gouvernement avaient annoncé le départ du chef de l'Etat à l'étranger. Son pays de destination n'était pas immédiatement connu.

Acculé vendredi par des milliers de manifestants, à Tunis comme en province, exigeant son départ immédiat, le président Ben Ali avait multiplié, sans succès, les annonces depuis jeudi pour tenter de mettre un terme à un mois d'émeutes et manifestations violemment réprimés par les forces de sécurité.

Cette répression avait fait des dizaines de morts, suscitant les vives inquiétudes de la communauté internationale.

Les manifestants exigeaient toujours le départ immédiat de Ben Ali, ne se satisfaisant pas de ses promesses, formulées jeudi soir, de quitter le pouvoir seulement au terme de son mandat en 2014.

Le gouvernement tunisien a annoncé avoir décrété l'état d'urgence dans l'ensemble du pays avec un couvre-feu de 18H00 à 06H00 du matin, l'interdiction des rassemblements sur la voie publique et l'autorisation donnée à l'armée et à la police de tirer sur tout "suspect" refusant d'obéir aux ordres.

Un peu plus tôt, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, cité par l'agence officielle TAP, a indiqué que le président Ben Ali avait décidé "dans le cadre de mesures (d'apaisement) annoncées jeudi, de limoger le gouvernement et d'appeler à des élections législatives anticipées dans six mois".

Il a ajouté avoir été chargé de former le nouveau gouvernement.

De violents heurts s'étaient produits dans l'après-midi entre des groupes de manifestants et des policiers anti-émeutes pendant lesquels un photographe français a été blessé à la tête par un tir de grenade lacrymogène, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Le ministère français des Affaires étrangères, dans une actualisation vendredi de son site Internet, avait conseillé désormais "vivement" aux personnes se rendant en Tunisie "de différer tout voyage qui n'aurait pas un caractère d'urgence" dans ce pays.

Les principaux partis d'opposition tunisiens, légaux comme interdits, avaient demandé vendredi "le départ de Ben Ali et l'instauration d'un gouvernement provisoire chargé dans les six mois d'organiser des élections libres" dans une déclaration commune publiée à Paris.
"Nous demandons le départ de (Zine el Abidine) Ben Ali et l'instauration d'un gouvernement provisoire chargé dans les six mois d'organiser des élections libres", ont déclaré associations et partis politique tunisiens en France dans une déclaration, lue lors d'une conférence de presse à Paris.

"Je vous ai compris", avait martelé le chef de l'Etat jeudi soir dans sa troisième intervention télévisée depuis le début des violences, appelant notamment les forces de sécurité à ne plus tirer à balles réelles sur les manifestants.

"Non à Ben Ali", "Soulèvement continu", "on préfère la disette à Ben Ali" lui ont répondu vendredi des centaines de manifestants dans la capitale, qui se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur.

Mais l'après-midi, la police les a dispersés à coup de grenades lacrymogènes.
Des blindés de l'armée se sont déployés devant le ministère de l'Intérieur alors que des unités anti-émeutes pourchassaient des jeunes manifestants dans les escaliers d'immeubles résidentiels et dans un centre commercial, où ils se sont repliés.

Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), 66 personnes ont été tuées depuis le début mi-décembre des émeutes. Mais jeudi soir, 13 civils ont été tués à Tunis et sa banlieue et 2 autres à Kairouan, selon des témoins et des sources médicales.

Les violences ont par ailleurs commencé à affecter le tourisme après que des pillages se sont produits jeudi dans la station balnéaire très fréquentée de Hammamet (nord).

Source: AFP


 

7 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

ollaid14/01/2011 21:07:52
Dommage,cela n'arrive que chez les autres. Ben Ali a dû fuir car certainement l'Armée lui a dit qu'elle se met du côté du peuple. Ah, si la Guinée avait une telle armée! Quand le bonheur va t-il aussi visiter la Guinée? Bon!
amadou diallo14/01/2011 21:23:31
Le peuple tunisien vient de montrer un exemple de maturité politique qui devrait servir d'exemple au peuple frère de Côte d'Ivoire pour déloger l'usurpateur Laurent Gbagbo
Mujahid14/01/2011 22:21:29
ALLAH est Grand! qui pensait Mr Ali quitterai sa Tinusie comme apres etre elus plus de 70% des surffrages? Une chose que moi je respect chez les arabes, ce eux trop ce trop. Pourtant comparant la Tinusie et la guinee et comme compare la lune et les etoiles. Je crois on doit prendre des lessons ici. Regardez ce qui ce passe chez nous aujourdgui, les gens souffrent et continuent de souffrir. En depit de tout ca, le Obama et le Mandela de la guinee nous ramenent tous les bouroux du passe pour diriger notre nation. J aimerai vraimment lire les pensees du Papy conde pour savoir qu est qu il veut au just? ou est le changement? Guinee is Back is very clear to me now.

Wa Salaam
ahmady dicko14/01/2011 22:38:32
70 morts tunisiens, des jeunes décidés à mains nues, ont eu raison de ce président dictateur. le président prend la fuite. cela je ne le croyais possible qu'en afrique noire.cet exemple va être suivi et bientôt tous les peuples opprimés vont être libérés.
barry15/01/2011 11:24:31
tout les guineen devraient faire comme les tunisiens en laissant les malinkès à part comme ils croient que se son eux seul les vraix guinèens
LAMINE BAH15/01/2011 12:15:16
Un avertissement pour tous les dictateurs ainsi que le bébé dictateur koro ALPHA . Vous ne faite pas ce que le peuple veux, on vous sache au pouvoirs aussi simple que ça . . .
LaNouvelleRepublique15/01/2011 15:06:54
voila ce qui attend notre grimpeur national s'il croit qu'il va gerer la republique bananiere comme bon lui semble il se trompe car des ventres affames n'ont pas peur d'affronter la mort,le cas le la tunisie nous montre qu'aucun homme n'est intouchable,le grimpeur au lieu de s'occuper les vrais problemes des guineens est en train de preparer le terrain pour s'eterniser au pouvoir,mais il nous trouvera sur son chemin INCHAA'ALLAH