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Communiqué du Mouvement des Jeunes pour le Changement GuinéeZoom sur le début de règne du Président Alpha Condé2011-01-27 15:29:39 La République de Guinée a élu en fin d’année 2010 son premier Président démocratique depuis son indépendance le 02 octobre 1958, au terme d’un long processus électoral jalonné d’incidents à caractère interethnique entre les deux tours des élections. Situation qui a fini par éloigner et diviser les fils guinéens. Le Président de la République de Guinée Alpha Condé a fort à faire en se retrouvant au chevet d’un pays au bord du gouffre avec des ingrédients comme : un tissu social fissuré entre les deux tours, la précarité et la misère régnante en Guinée (taux de chômage record, cherté de la vie, manque d’eau potable et d’électricité, mauvaise qualité de soins primaires de santé). D’autre part, les finances de l’Etat sont dans le rouge et il est à souligné la nécessité absolue de reformer urgemment tous les secteurs régaliens de l’Etat. Bref, le Président Alpha Condé hérite d’un pays en lambeau qu’il faut reconstruire sans perdre de temps, car les guinéens sont à bout de patience et ne pourrons plus longtemps attendre des promesses comme dans le passé. Fini le combat pour l’accession au pouvoir, place désormais à la dure réalité de gouverner un pays aussi complexe comme le nôtre. Force est de constater aujourd’hui que le début de règne de notre Président de la République nous laisse perplexe, ce qui nous amène à chercher des réponses à certaines questions. Le Président Alpha Condé pourra t-il conduire au changement tant attendu en Guinée ? Alpha Condé avant d’accéder au pouvoir a toujours dit incarner le changement et pour cela, il martelait le fait de n’avoir jamais été lié à un quelconque gouvernement en Guinée de Sékou Touré à Lansana Conté, malgré qu’il ait été sollicité à des moments. Ce qui fut un argument de poids considérable lors des campagnes présidentielles. Maintenant, depuis quelques jours, nous commençons à y voir un peu plus clair avec la nomination de ses plus proches conseillers, les hauts fonctionnaires des institutions républicaines, son premier ministre et l’ensemble du gouvernement. Les premières remarques sont l’apparition dans le cercle très fermé des conseillers du Président, des noms auxquels on associe directement les dernières années catastrophiques de la gouvernance du Général Président défunt Lansana Conté. Ces nomination rappellent la célèbre expression « on prend les mêmes et on recommence ». Quelques noms de cadres civils comme Fodé Bangoura, Fodé Soumah, Alpha Ibrahima Keïra, Biriki Momo, Kiridi Bangoura qui ont symbolisé la décadence de l’Etat, l’absence de l’Etat, l’anarchie. A ceux nommés ci-haut, il faut rajouter quelques noms de cadres militaires du CNDD comme le Général Toto Camara et le Colonel Korka Diallo, sans oublier de rappeler que Tiégboro Camara et l’emblématique Pivi Guilavogui restent toujours des personnes de confiances. Ce qui en résulte est que l’équipe dirigeante du Président de la République est une addition du régime Conté et Dadis Camara. Où est la logique du changement prôné par notre Président de la République ? Quant on sait qu’Alpha Condé a combattu ses deux précédents systèmes avec la dernière énergie et qu’il s’est juré de ne pas travailler avec quelqu’un mené de près ou de loin à ces systèmes. De fins connaisseurs de la scène politique guinéenne considèrent que 2/3 des nouvelles personnes nommées dans le gouvernement de Saïd Fofana n’ont pas les compétences requises ou la morale suffisante pour réussir leurs missions respectives. Entre violation de la constitution à travers des nominations illégales et des nominations de personnes très controversées pour leur moralité douteuse, pour leur manque de compétence, ou des nominations entraînant des doublons, des déséquilibres dans l’administration, la confusion dans la délimitation et l’attribution des compétences entre simple ministres, ministres d’Etat et Conseillers proches du Président, le peuple de Guinée peut considérer encore une nouvelle fois avoir été roulé dans la farine, malgré l’espoir que ces élections avaient tant suscité auprès du peuple de Guinée. Cette situation ne rassure guère le citoyen lambda guinéen, surtout que le Président Alpha Condé lui-même n’a aucune expérience en gestion des affaires publiques guinéenne. Le constat amer qui s’impose est que le Président Alpha Condé a vendu un rêve de changement à la Guinée. Ne disposant donc pas de potion magique pour apporter une solution rapide aux nombreux problèmes sociaux-économiques dont est confronté notre pays, il confie notre rêve sacré de changement aux personnes qui ont ruiné nos espoirs dans un passé récent. « On ne peut faire du neuf avec du vieux », le Président de la République Alpha Condé doit revoir au plus vite sa copie. En un mois, le Président de la République Alpha Condé nous a donné une bonne indication sur sa politique générale. On se serait bien passé de cette politique basée sur la haine envers certains citoyens qui ont eu le malheur de soutenir le camp adverse lors des récentes élections. Où est la démocratie, où est l’Etat de Droit dans ses premiers actes ? La conséquence directe de ces nombreux écarts sont que le Président Alpha Condé n’aura pas le bénéfice des traditionnels «100 premiers jours» durant lesquels la nouvelle administration est laissée tranquille le temps qu’elle prenne ses marques. Autant dire qu’en un peu plus d’un mois, nous pouvons faire d’ores et déjà un aveu de déception, parce que le Président de la République n’a pas donné un signe de confiance ou de sécurité à son peuple en référence à son décret d’annulation du bail emphytéotique qui lie l’Etat guinéen au citoyen Alseny Barry. Il ne s’est pas mis au dessus de tous les guinéens pour agir au nom du principe d’égalité hautement consacrée dans la constitution guinéenne. Il s’est déjà rendu coupable de multiples violations flagrantes de notre constitution dont il jurait garantir le respect lors de son investiture du 21 décembre dernier. Son dernier discours à Dixinn est inquiétant. Le Président Alpha Condé ressemblait dans ses déclarations à un leader nationaliste qui réglait ses comptes à une partie de sa population qu’il considère responsable de tous les maux du pays, oubliant la cohorte d’ennemis de la République qu’il traîne derrière lui. C’est honteux et scandaleux que le Président de la République ne puisse pas être le Président de tous les guinéens. Quant on devient président de la République, on le devient même pour ceux qui ne vous ont pas soutenu. C’est cette classe qui manque chez notre Président. Il est aux antipodes du nom du parti qu’il a mené au pouvoir, c'est-à-dire le Rassemblement du Peuple de Guinée. Nous assistons malheureusement à une division du peuple de Guinée, par l’instauration des citoyens de première classe qui ont droit à tous les honneurs et des citoyens de seconde classe dont les droits les plus primaires seront bafoués. Nous tirons la sonnette d’alarme face à cette dictature naissante dans notre pays, et nous sommes très inquiet et lançons un appel aux autres formations politiques, au CNT et à toute la société civile guinéenne à sortir de l’ornière pour enfin jouer leur rôle de contre-pouvoir. Ce n’est rien d’autres que ça la démocratie et nous nous sommes battus pour ça. La Cellule de communication du Mouvement des Jeunes pour le Changement Guinée (MJC Guinée). www.mjcguinee.org et MJC Guinée groupe facebook
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