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Lettre ouverte au Président de la République de Guinée.2011-02-13 20:29:50 Cette démarche qui, au demeurant, pourrait paraître prétentieuse, vaut simplement par ma volonté citoyenne d’apporter ma part de contribution, à l’allumage du moteur pour le développement socio-économique et à l’insémination de la culture démocratique dans notre pays. Pour la première fois de son histoire, notre peuple s’ouvre une ère nouvelle, celle-ci, inédite à tous égards. Ce parcours expérimental, loin d’une sinécure, sera, à priori, apprécié à l’aune des actes dûment posés et traduits lisiblement dans les réalités à vivre. Cet objectif qui ne sera pas une faculté, devra être conçu comme une obligation de résultats, sous peine de laisser les populations sur leur fin , l’attente est grande et l’enjeu vaut le sacrifice : le « scrutateur » veille. J’avais exprimé mon appréhension de voir les velléités éthnotribales, menacer les élections présidentielles (premières du genre). Aujourd’hui et paradoxalement, la situation est, on ne peut plus claire, des clivages existent et les replis identitaires se réactivent à l’heure des grandes épreuves auxquelles nous convie périodiquement notre histoire. Aujourd’hui, le peuple a eu rendez-vous avec un homme et lui a confié son destin : quelle responsabilité ! Il s’agit d’un pays économiquement exsangue et politiquement en rupture institutionnelle, entretenu dans un magma systémique décadent. Il s’agit : - d’asseoir les équipements structurants de notre future économie, mettre à la disposition des populations, des denrées qui se sont raréfiées au fil des décennies : l’eau et l’électricité ; - de s’atteler au chantier gigantesque que constituent les infrastructures de communication, notamment routières et ferroviaires, véritables vaisseaux sanguins de l’économie d’un pays ; - de nous réconcilier avec notre vocation initiale, la terre, en remettant en selle l’agriculture vivrière tout en permettant à l’agriculteur de vendre son produit et de pouvoir en vivre. Donner également à l’agriculture industrielle sa part de présence, menant ainsi une jonction intelligente ; nous avons des atouts, dynamisons-les. La relance du secteur agricole, une fois opérationnelle, deviendra la charpente articulaire de notre économie en termes de développement. - du secteur minier, dès lors qu’il sera intégralement restructuré et préservé de la mal gérance, sera un moyen générateur de royalties dont une part importante permettra enfin de donner l’accès au savoir et à la santé ,au commun des mortels (en priorisant la lutte contre le sida et les maladies endémiques), donner également et surtout les moyens d’assurer le couvert et le gîte, délier les bourses au bénéfice des gens vrais: le peuple. L’être humain est dans la plénitude de ses droits, quand celui de manger à sa faim, de se soigner et d’accéder au savoir, sont accomplis. Et c’est seulement là que la notion de droits de l’homme aura recouvrée toute sa signification. - Dans un prochain article, il sera fait place à la santé, secteur qui, à mon avis, a besoin d’être refondé en termes de santé publique, corrélée avec la couverture sociale : n’étant pas toujours sûr de mourir en bonne santé, cherchons à vivre décemment, cela ne devra certainement pas être hors de portée. C’est par cette implication contributive que nous pourrons revendiquer notre appartenance à une même nation et exprimer l’amour qui nous lie à ce pays : il n’y a, en effet, d’amour que par les preuves qu’on y apporte. Le travail est immense et n’avons d’autre alternative que de nous y atteler ensemble, alors nous accompliront ce que personne ni aucun groupement humain, ne pourra faire seul. N’attendons pas que les fautes soient avérées pour exceller dans la critique, avec ce secret et malicieux espoir de les capitaliser, en les mettant au passif du pouvoir en place. En effet, « la critique est facile mais l’art est difficile ». De notre conviction d’appartenir à la même nation, naîtra cette synergie nous permettant de convertir l’utopie en réalité : toute œuvre humaine, par définition, n’a été que conversion matérielle de l’utopie. Nous sommes, aujourd’hui, impatients d’apprécier les premiers résultats des actes posés et cela tombe sous le coup du sens, tant cet état d’esprit est compréhensible dans le cas d’espèce. Cependant, le travail à abattre nous est commun et le sera par nous, à la condition d’avoir à la barre un capitaine de tempête et un gouvernement de combat et de mission. Le trait de caractère de ce gouvernement sera la détermination et la résolution à rompre définitivement avec les pratiques qui ne pouvaient honorer l’homme politique guinéen ni anoblir la politique : la noblesse de la politique, c’est le service des gens, des gens vrais, de l’Etat. C’est pourquoi ce système politico mafieux constitué d’affairistes véreux et d’aigrefins doit être combattu, et ce combat sera rude car, à paraphraser A. Einstein, « il est plus facile de casser l’atome que de changer les mentalités ». Il est venu le moment, me semble t-il, de réconcilier le peuple avec la chose publique et le mettre à l’abri de ses prédateurs, au comportement obséquieux, régentés par le seul désir de s’enrichir, toujours s’enrichir et encore s’enrichir, sans cause. Un des actes posés par le Président de la République, c’est la déclaration du patrimoine des membres du gouvernement, à l’entrée et à la sortie de la fonction : il s’y est prêté et cet acte symbolique est tout, sauf anodin en matière d’exemple ; nous attendons la suite. Il faudra s’affranchir du culte intégral de la médiocratie, et confier la direction des affaires à des femmes et à des hommes pour qui, la probité morale et intellectuelle a valeur de vertu. La posture morale est un gage de bonne conduite en rapport avec la chose publique. La posture intellectuelle, elle, bien que nécessaire, n’est cependant pas une garantie suffisante pour prendre en charge et conduire les affaires de l’état, c’est alors qu’intervient la conscience de l’acteur, trempée des réalités de son pays, pour agir en conséquence. Le déficit intellectuel, lui, est véritablement un handicap à tout développement, il confine son sujet dans des pratiques peu recommandables, souvent contre productives, voir dangereuses. En effet, si « être ignorant est ennuyeux, être savant est très bien mais le demi savant ça c’est pire ». L’IMPUNITE, VERITABLE FACTEUR CAUSAL DU MAL GUINEEN, AU CŒUR DU SYSTEME. Il est difficile d’ignorer ou de refuser les audits sans accréditer la culture de l’impunité, tout comme il est impensable sinon inenvisageable de réfuter l’idée des enquêtes dûment menées, relatives aux crimes de sang, sans faire l’apologie (au moins tacite) des bourreaux. Nous devons dénoncer et traiter avec la même rigueur d’esprit, les crimes de sang autant que les crimes économiques. Dans un précédent article, préélectoral, j’opinais ceci : quelle que soit la couleur politique ou l’obédience du futur pouvoir, il ne vaudra que par sa capacité et sa volonté à assurer l’équilibre des institutions, dans leur fonctionnement, à créer les conditions de richesse, et à veiller à leur répartition. Les démarches qui contribuent au confort matériel, qui pourtant, sont démunies de toute consistance intellectuelle et morale, c’est petit, c’est répréhensible et c’est de la vilénie. Notre peuple se trouve aujourd’hui, dans une configuration sociale et politique qui commande et impose la réfection du tissu social. Ce n’est donc nullement en tournant le dos, à avoir une posture de refoulement, qu’on se réconcilie avec le passé. Je salue l’initiative du chef de l’état, dans ce sens. Nelson MANDELA, le grand chantre du pardon et de la tolérance, ne dit-il pas que « ce qui compte ce n’est pas ce qu’on a fait de vous, mais c’est ce que vous faites de ce qu’on a fait de vous ». A méditer ! C’est dans cet ordre de pensée et d’idée que nous devrons envisager également cette démarche dialectique, en nous servant comme hypothèse de travail, de deux mots, deux attitudes : la réconciliation et la reconstruction. La nation, elle, est un éternel projet, à la réalisation duquel il faudra toujours œuvrer. Nous émergerons des profondeurs du classement par la volonté et le travail collectif, pour prétendre au rang des pays émergeants : charge à nous d’honorer ce rendez-vous, après tant d’autres manqués et surtout, gardons- nous désormais de passer à côté de ce qui se passe. Bocar CONDE Chargé de mission / O.M.S
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