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La hyène qui voulait s’en prendre aux tortues


2011-03-14 08:49:38

Il était une fois une hyène famélique, torturé, à l’esprit tortueux et embrouillé qui avait erré toute sa vie à la recherche de la couronne du Pays des Vermeils. Après des décades d’errance, elle sentit le butin à portée de son museau et de sa gueule.

Peureuse mais pas si idiote, la hyène était assurée qu’il n’y avait plus de félins ou de fauves pour l’empêcher de satisfaire sa faim. Elle s’était liée d’amitié avec les chacals, les rapaces, les vautours et les charognards pour partager le festin. Elle avait quand même la sotte idée de les gruger en ne leur concédant que des miettes avant de les pousser à s’entre bouffer.

La hyène était à bout de souffle. Elle avait longtemps observé ce Pays des Vermeils de loin à travers la lucarne du pays des Coqs. Elle laissait croire qu’elle avait échappé à la bête très féroce qui avait sévi dans ce Royaume pendant plus de deux décades. Cet animal immonde et innommable s’était engraissé de la chair du monde des Vermeils et a tout dévasté. A sa mort que de carnasses et le néant. 

A l’arrivée du Merle Moqueur qui remplaça la bête féroce immonde et innommable, la hyène crut qu’elle pouvait approcher les reliquats des agapes. Mal lui prit de défier le Merle Moqueur. Le chant de l’oiseau provoqua la panique chez l’hyène qui faillit s’envoler mais finit par s’aplatir sur la Muraille comme une araignée. C’est claudiquant qu’elle regagna le Pays des Coqs où elle rumina sa mésaventure. Le Merle Moqueur prenant de l’âge et de la souffrance, la hyène pensa, ça y est, mon heure a sonné. A peine arrivée, elle fut jetée dans une des galeries du Pays des Vermeils.  Elle y hiberna deux ans durant.

Pour ne plus prendre ces risques la hyène qui avait accouru à l’annonce de la mort presque imminente du Merle Moqueur, s’assura que le Merle avait bien trépassé. Elle laissa un Epouvantail et un sanglier prendre la couronne avant de la convoiter ouvertement.

Le sanglier qui était son ami l’aida à ainsi capter la couronne.

Une fois l’objet doré sur ses oreilles, la hyène peureuse voulut montrer ses crocs. Bizarrement elle n’en voulait ni à la bête très féroce, immonde et innommable et  ne se préoccupait plus du Merle. Elle voulait surtout comme gibier ces braves tortues centenaires. Elle en voulait à tous ces reptiles à carapaces. Tortues terrestres, tortues marines, toutes. Leur vue l’effrayait, l’empêchait de dormir, de respirer, de manger, bref, ces tortues qu’elle admirait tant l’empêchait de vivre. Elle voulait les chasser, les tuer, les piétiner. Obsédée par ces tortues, la hyène avait presque oublié qu’elle s’était entourée de rapaces, de vautours et de charognards, de chacals. Elle avait aussi fini par oublier que le monde du Pays des Vermeils qui avait survécu à la bête très féroce immonde et innommable et au Merle Moqueur avait développé un réflexe de survie. C’est un monde qui laisse croire au porteur de la Couronne qu’il est unique et irremplaçable. C’est un monde qui peut tout encaisser sans réagir persuadé que le Ciel l’aidera et le récompensera pour sa faiblesse et sa patience. Mais c’est un monde qui à l’instant même où le Porteur de la Couronne glisse, tombe ou se trouve mal se transforme en sangsue qui va le sucer jusqu’à la moelle.

De toute cette histoire qui s’en sortira, la hyène ou sera-t-elle elle-même dévorée par ses amis les rapaces, les vautours et les charognards ou bien  sera-elle aspirée par les sangsues, qu’adviendra-t-il des tortues ? Seront-elles écrasées ou sortiront elles la tête de leurs carapaces et faire fuir la hyène peureuse ?

La Morale de cette histoire est que le Pays des Vermeils ne pourra pas encore une fois montrer la splendeur de toutes ses merveilles et le monde de ce Pays n’a toujours pas retrouvé ses esprits et sa sérénité pour lui permettre de jouir équitablement de ses merveilles.

Hassatou Baldé


 

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VOS COMMENTAIRES

T.SOW14/03/2011 10:27:44
Bandiraawo,ce trop fort, quelle inspiration je kiffe fort,ca ma fait beaucoup rire.Quelle lecon pour le fama de
sekoutoureah.
Alpha Diallo (Bruxelles)14/03/2011 12:49:12
Bravo ma sœur tu es très forte.j'aimerais bien que "Monsieur le grimpeur" lise cette petite histoire qui lui est dédiée en réponse à son discours qu'il a tenu à Kindia traitant les peuls de tortue. je suis très très fière d'avoir une sœur peule comme toi. et encore merci
Alpha O BARRY14/03/2011 13:39:22
Bravo Hassatou! On ne vous connaissait pas poetesse satirique. Encore Bravo.
Fatoumata14/03/2011 14:46:08
Je vous salue MADAME!
Sali Diallo14/03/2011 16:06:35
Merci Hassatou, j'aime bien votre histoire, cela colle tellement a la realite, je ne sais comment cette histoire va se terminer, en tout cas c'est merveilleux.
Salimatou Diallo
Ngaide14/03/2011 18:30:29
Mes hommages madame; cette satire c'est comme un coup asséné sur le sommet du crâne. L'allusion est claire, reste ce que sera la réponse.
saajo jallo14/03/2011 18:31:18
Hajjja Hassatu on jaaraama! dhum dhoo ko pellet ko seedee mbawdi mon dhemngal fransiire nden,e le midho felliti ko pulaar bhurdhon waawude,hara on winndayno sugaa dhum e pulaar ,ko lutta keyee!fii jamaanu aray ngu ngun. mi yettii on fota hiwanaa seedha!!!!
lama15/03/2011 06:20:33
merci ma sœur , on a rien d'autre a dire par rapport a ce problème de tortue du faux prof, c'est largement suffisant tu deviens diallo maintenant
ISSA30/03/2011 12:41:06
Rien a dir hassatou,yewtere maden no sellikein,fotounoo hara ko maroudho hakkil windana!!!!