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Mémorandum : Halte aux dérives dictatoriales d’Alpha Condé et à sa volonté de marginalisation des Peuls en Guinée.2011-03-22 22:59:31 Les associations de la diaspora guinéenne signataires du présent document, viennent alerter l’opinion nationale et internationale sur les risques que font courir les agissements du régime actuel de Conakry sur la cohésion nationale: décisions autocratiques, dérives ethniques, abus de pouvoir, intimidations sur les populations et violation des droits humains. Nous notons avec regret, que les troublants signes avant-coureurs de la campagne présidentielle menée par Alpha Condé se confirment aujourd’hui. Les signes inquiétants de la campagne présidentielle :Avant le second tour de l’élection présidentielle, Monsieur Alpha Condé a tenu, dans le journal français libération, des propos contre les commerçants peuls les accusant sans preuve de s’être enrichis par le biais du trafic de faux billets et de la drogue et proposait un front guinéen pour leur barrer la route (1). En septembre 2010, dans un autre quotidien français il s’exprimait ainsi : « je suis soutenu par la Basse et la Haute Guinée et la Guinée forestière. C'est l'expression du refus de la volonté de domination des peuls » (Le Monde 2 sept 2010). Le colportage, le 22 octobre 2010, de fausses accusations d’empoisonnement ou d’intoxication contre les Peuls par l’Alliance Arc-en-ciel de Monsieur Alpha Condé représente une violation des principes du droit pénal et reste un cas troublant de culpabilisation collective d’une ethnie entière. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et toutes les personnes supposées avoir été empoisonnées s’en sont sorties sans aucune séquelle. Lounceny François Fall, l’un des propagateurs de cette fausse rumeur d’empoisonnement occupe aujourd’hui le poste de ministre d’Etat, Secrétaire général à la Présidence de la République. Les auteurs des exactions contre les Peuls perpétrés par des militants d’Alpha Condé dès le 23 octobre 2010 suite à ces allégations mensongères n’ont jamais été traduits en justice. Ces militants ont, de façon coordonnée, organisé des assassinats, destructions et spoliation de biens et chassé des Peuls, notamment des commerçants, de plusieurs fiefs d’Alpha Condé : Kankan, Siguiri, Kouroussa, Nzérékoré, situés à des milliers de kilomètres de Conakry où les prétendus empoisonnement auraient eu lieu. Aucune enquête n’a été diligentée contre les lynchages publics qui ont occasionne un exode interne de centaines de citoyens guinéens de leurs lieux de résidence vers le Fouta-Djalon d’où ils sont originaires. Une politique suicidaire et jusqu’au-boutiste:Depuis son investiture, le président guinéen a emboîté le pas aux régimes honnis du passé que la Guinée a connus. A Sékou Touré, à Lansana Conté et à Daddis, le nouveau président guinéen emprunte la méthode des règlements de compte et de la division, du jusqu’au-boutisme et de la désinvolture irresponsable. Au lieu d’une politique et d’un engagement pour affronter les immenses problèmes qui secouent la société guinéenne, l’équipe de Alpha Condé s’est engagée dans une politique suicidaire qui cible les populations peules comme des boucs émissaires de la vie chère, de la dégringolade de la monnaie qui ne sont que les résultats du manque de confiance que ses premières mesures inspirent. Cette politique de division qui tente d’opposer les Peuls aux autres composantes de la Nations est des plus regrettable au moment où la nation guinéenne doit se mobiliser pour relever les défis gigantesques. La politique des règlements de compte
Le laxisme envers les forces de sécurité et l’encouragement de l’impunitéLa mise en place d’un Etat de droit est incompatible avec le laxisme dont font preuve les autorités de Conakry. Au sein du gouvernement une place importante est accordée à des auteurs présumés des crimes contre l’humanité. Le général Mamadouba Toto Camara est maintenu à son poste de Ministre de la Sécurité et de la Protection civile et est gratifié du titre de Ministre d’État. Claude Pivi Coplan, nommé comme par les rapports de l’ONU et de HUman Right Watch, conserve son ministère de sécurité présidentielle. Le colonel Tiegboro Camara est nommé Directeur de l’Agence Nationale chargée de la lutte contre la drogue, des crimes organisés et du terrorisme. Ces récompenses politiques de personnes accusées se traduisent dans les faits par des descentes musclées effectuées par, Thiegboro Camara, dans les quartiers, dans les concessions pour y traquer des cambistes confisquer leurs biens. Plusieurs personnes notamment des Peuls, y compris des non cambistes ont fait l’objet d’arrestations décidées par Thiegboro Camara. Les autorités favorisent la délation pour identifier les concessions appartenant à l’ethnie Peul. Les arrestations se font parfois par des mises en scènes très douteuses. Ainsi Thiegboro aurait arrêté deux cambistes le jeudi 10, en les accusant d’être en possession d’explosifs. Accessoirement, ils étaient accusés d’être en possession d’importantes sommes d’argents en devises et monnaies nationales, comme si cela ne devrait pas être le fait de la part d’un cambiste dans un pays avec un faible taux de bancarisation. Notons que Thiegboro n’en est pas à sa première mise en scène avec des explosifs. En juillet 2009 Tiegboro Camara, alors Ministre chargé de la lutte contre la drogue et le grand banditisme annonçait que ses services avaient découvert d’importantes charges d’explosifs dans deux concessions à Gbessia Port et Faban, dans la commune de Matoto. Ces concessions appartiendraient à Mamadou Siré Bah alias Koto. Après avoir mis en scène une histoire où le dénommé Koto que Thiegboro avait déjà accusé deux mois auparavant de trafic de drogue. Koto aussi était accusé de préparer une invasion du pays. Il avait sollicité l’intervention de prétendus experts de l’Université de Conakry qui avaient insinué la collusion avec un réseau d’Al Quaïda. Cependant, Thiegboro abandonnera cette piste de Koto dès le mois d’août quand l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC) et Interpol avaient décidé de venir faire des investigations en Guinée. Thiegboro savait que son dossier ne tiendrait pas devant de vrais experts. Rappelons qu’en 2008, l’UNODC dans un rapport, c’est plutôt l’armée guinéenne qui était mise en cause dans le trafic de drogue en connexion avec la Colombie. Ce n’est pas la première fois non plus que Thiegboro s’acharne contre les cambistes. En mai 2009, après avoir décidé d’interdire leur activité avant de se raviser, il avait exigé de tous les cambistes, même de ceux qui s’étaient déjà acquittés de leurs taxes, le paiement de 50 000 000 de francs guinéens. Les agissements de Thiegboro et les incriminations collectives d’empoisonnement par François Fall rappellent les mises en scène et les allégations du système totalitaire de Sékou Touré. Les détails en l’occurrence visent à renforcer la crédibilité du mensonge. Nous citons François Fall « Nous avons reçu des informations concernant la camionnette. Et vraisemblablement c’est cette camionnette qui a transporté l’eau qui a justement causé ces douleurs à nos militants. Le ministère de la Sécurité est saisi de la question et va devoir mener des enquêtes pour faire toute la lumière. Dans cette camionnette, on a naturellement trouvé de l’eau et aussi des bouteilles d’acide »(2). L’ethnicisation de la politique et de l’administration :Monsieur Lounceny Camara, membre condamné de la Commission électorale indépendante (CENI), a déclaré lors de sa rencontre avec le Ministre chargé de l’Administration du Territoire, début mars que « Sur ce fichier électoral actuel, près de 50% d´électeurs sont des Peulhs qui portent les noms : Diallo, Bah, Baldé, Sow et Barry. Et il faut savoir qu´il y a beaucoup de Peulhs qui portent les noms de Condé, Camara, Keita, Fofana, Sylla, Doumbouya, Koulibaly... bref tous les noms de la Basse et Haute Guinée ». Ces propos mériteraient une radiation de Mr. Louceny Camara de la CENI. Mais, dans le climat d’ethnicisation de l’administration et des institutions politiques, Mr. Camara ne se fait que l’écho de la pratique. Des nominations à caractère ethnique, les humiliations et les licenciements ou les radiations de fonctionnaires peuls dans l’administration guinéenne, constituent un pas alarmant vers l’asservissement de l’administration. Plus de 50% des personnes nommées à des hauts postes de l’administration sont d’origine malinké. La nécessaire mobilisation de la société civile :Plus que jamais, il est nécessaire de se mobiliser pour barrer la route a la dérive dictatoriale de Alpha Condé. L’incompétence et l’improvisation dont ce nouvel élu fait preuve le poussent vers le clientélisme ethnique. La culpabilisation collective d’une composante de la population guinéenne, ne peut être justifiée même par la phobie maladive d’un dirigeant. Les populations guinéennes subissent depuis plus de 53 ans les effets désastreux de la division ethnique. En 1976, Sékou Touré avait déclaré la guerre aux Peuls. La Nation guinéenne ne le suivit pas dans cette tentative de pogrom et de génocide. L’Afrique a besoin d’étendre ses frontières et ses marchés, d’intégrer ses économies et ses forces productrices. La politique nauséabonde de l’ethnie a prouvé être un poison qui mène a la stagnation et a la régression. Nous en appelons à la conscience citoyenne pour se mobiliser pour barrer la route aux menées d’un nouveau dictateur qui, dans une lecture aberrante des aspirations des citoyens guinéens, a promis qu’il allait reprendre la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Nous ne devons pas subir en silence ces menées dangereuses qui violent les conventions internationales et africaines car elles sont une entrave à la démocratisation du pays et une insultes a notre intelligence et a notre volonté de changement. Les signataires de ce mémorandum, solennellement ici affirment se réserver le droit de saisir les instances appropriées pour faire entendre et respecter nos droits de citoyens à part entière. Les Signataires : - La Coordination des Associations des Ressortissants du Fouta Djallon en France (CARFD) 1) - Alpha Condé: "Bientôt, vous verrez qui veut faire un coup d'Etat en Guinée !", Sabine Cessou, http://africa.blogs.liberation.fr/diplomatie/2010/09/bient%C3%B4t-vous-verrez-qui-veut-faire-un-coup-detat-en-guin%C3%A9e.html 2) http://www.guineenews.org/articles/?num=201010257749 25 oct 2010
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