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Pour une Guinée Fédérale2011-03-27 18:10:37
VEUILLEZ NOTER QUE CET ARTICLE A ETE ECRIT EN DECEMBRE 2002. D'une manière générale, il est aisé de constater qu'un esprit d'abandon prévaut en Guinée.
Pour cela il suffit de prendre en compte le désir, quasi unanime, de la tranche d'âge de 18 à 45 ans, de quitter le pays, et pour l'écrasante majorité, sans perspective de retour. Ce qui reste valable pour ceux qui quittent la Guinée dans le but avoué de poursuivre des études à l'étranger. Ce fait est un signe révélateur de l'état social de la Guinée. Mais un autre, tout aussi significatif et dévastateur, est un paramètre d'analyse adéquat. Il s'agit de la " privatisation de fait " de tous les postes de travail existants tout aussi bien dans le secteur public que dans celui privé. Et cela se traduit de deux manières : 1. Monnayer le service rendu bien que salarié et ce à titre personnel. 2. User de tous les moyens pour rester en poste sans pour autant faire preuve de compétence professionnelle.
Ces faits cités en exemple attestent simplement que le guinéen n'a plus espoir en l'avenir et même pire, il est désespéré. L'image d'une maison incendiée dont les habitants cherchent à sauver des souvenirs est tout à fait appropriée ici. Pourtant en juillet 1996 l'espoir était né en lui par une simple décision politique comme en 58 et en 84. Le fait générateur fût, au delà de la personne, l'incarnation par le nouveau Premier Ministre aux yeux de la population, de la compétence enfin aux commandes. En conséquence le fait soudain de se sentir pris en main de façon adéquate, déclencha un renouveau patriotique chez le citoyen, accompagné de l'esprit de sacrifice nécessaire pour le sortir de la misère. C'est ça l'Espoir. Cet espoir est la source de tout développement. Il est indispensable. Le perdre c'est se perdre. Le citoyen guinéen est perdu. Pourtant, aujourd'hui… ou demain il sera facile de le lui rendre et ainsi reprendre la marche que tout Peuple se doit d'ambitionner. La Marche vers la Grandeur. Toutefois il serait déraisonnable de ne pas mettre à profit cet arrêt. En effet le passé guinéen mérite d'être exploité afin de définir la Grandeur méritée et de baliser le long chemin à parcourir. Le bon sens voudrait que ce préalable se fasse dans un cadre de concertation populaire régulé. On pourrait imaginer bien sûr une Conférence qui s'articulerait sur des thèmes : - Culturels
- Historiques
- Economiques
- Politiques
- etc.
Par cet écrit, je me permets d'apporter ma modeste, mais combien obligatoire contribution comme tout individu en a le devoir vis à vis de sa patrie, à la réflexion sur l'avènement d'une Autre Guinée. Grande et prospère. Et telle une mère, générant des sentiments de gratitude (vis-à-vis d'elle), de solidarité (vis à vis de ses frères) et de sécurité.
Mais pourquoi une " Autre Guinée " ?
Mes observations m'ont conduit logiquement à cette conclusion. En effet, force est de constater, qu'après 60 ans de colonisation, 26 ans de socialisme et 18 ans de " libéralisme " nous sommes dans une situation déplorable, misérable et inacceptable. Cette situation est-elle la suite logique de l'application successive de 3 régimes socio-politico-économique différents ? Sommes-nous réfractaires au Bien-être ? Ou bien, tout simplement, avons nous su trouver le régime socio-politico-économique compatible à notre Être ? Non ! Là est, à mon avis, l'exploitation de notre misère. Et de la solution de ce problème dépend le début de notre Marche. Nous nous le devons à nous même et aux générations futures. On peut dire sans crainte de se tromper, que la conduite de la Guinée à ce jour a été un échec imputable aux populations guinéennes dans leur ensemble. Détentrices de la Souveraineté et pourvoyeuses de légitimité, elles se doivent d'en tirer, ensemble, les leçons, et sur la base de leurs douloureuses expériences, réorienter la Voie. Jusqu'ici, j'ai fait référence à " l'ÊTRE " guinéen. Pour les besoins de la réflexion, je me suis posé la question à savoir : existe-t-il ? A cette question je réponds : NON !
Heureusement cela n'est pas un frein, dans la mesure où l'on en est conscient et ce fait peut être objectivement intégré comme paramètre de réflexion.
C'est en cela que notre histoire commune doit nous aider. Au moment des conquêtes coloniales, le colonisateur a eu face à lui, dans l'actuel territoire formant la Guinée, plusieurs interlocuteurs, représentants différents peuples. Or ces peuples vivaient en général en harmonie et entretenaient des relations suivies, bien que de cultures et de langues différentes, tant sur le plan économique que politique. Ils se localisaient géographiquement dans les parties communément nommées " régions naturelles " (Basse Côte, Fouta-Djalon, Haute Guinée, Guinée Forestière). Ces frontières ont été effacées par une main extérieure sans que cela ne soit une réponse à un problème de coexistence entre les différents peuples. La conséquence, c'est qu'un siècle après le début de la colonisation, ces peuples se sentent lésés, frustrés par le nouvel Etat qui leur a été imposé. Mais cela n'est pas dû au fait de changer de frontière, plutôt à l'utilisation, diabolique et à des fins purement politiciennes, des différences de cultures qui font la richesse de ces peuples, par les différents régimes qui se sont succédé depuis un siècle. Cette frustration est mesurable à la connotation ethnique donnée à toute discussion sur la Guinée. Le mal est fait. Il faut le soigner. A mon avis le remède n'est pas, comme le préconise certaines personnes, d'ignorer l'existence des ethnies ou de chercher à créer une seule ethnie. La Guinée multiculturelle, multiethnique est viable à l'image de la Suisse entre autres. Il nous reste à trouver le cadre réglementaire propice par la concertation populaire que j'appelle de mes vœux les plus ardents. Je ne pense pas pouvoir expliquer, par une argumentation adéquate l'urgence créée par la situation socio-politico-économique de la Guinée. Mais j'ai le profond sentiment que cette concertation est nécessaire pour l'établissement d'un nouveau Contrat Social. Trop de haines sont emmagasinées dans le cœur des Guinéens. Un esprit de vengeance nous domine. D'où la nécessité de se débarrasser de tels sentiments avant toute chose. Autrement, ce serait fermer la porte à tout espoir de changement. Je pourrais même avancer que l'état actuel de la Guinée s'explique par ces sentiments de haines, d'injustices, de rancunes etc. Nous avons, en Guinée, réellement besoin de nous parler de nos actes passés et de nous pardonner. Le pardon est salvateur et sera le ciment de la nouvelle société. Demandons pardon et pardonnons. Ayant exposé mes sentiments sur la situation actuelle guinéenne, j'aimerais ouvrir le débat autour de notre avenir commun en présentant mes idées. L'avenir des peuples africains, et en particulier ceux vivant sur le territoire guinéen, aspirant à la paix et à un cadre propice à leur épanouissement harmonieux, passe par l'établissement d'un autre système politique. Un système qui apportera de multiples solutions tenant compte de l'aspect multiculturel de la Guinée, donnant une chance d'expression équitable aux minorités ethniques, et qui permettra de concrétiser, point primordial, notre représentation d'un Etat Commun. Ce système est le FEDERALISME.
Je pourrais développer mon argumentation par la description des solutions apportées par des Etats Fédérés tels que l'Inde, les USA, l'Allemagne, la Suisse, le Nigeria etc. Mais dans ma volonté d'ouvrir un débat, je me bornerais à citer deux récents évènements internationaux qui ont consolidé mes convictions sur les raisons d'adopter un système Fédéral pour la GUINEE. I. La situation désastreuse dans laquelle la Côte d'Ivoire se trouve nous interpelle à 2 niveaux:
1. Voisinage : nous avons en commun des peuples de même culture de part et d'autres de la frontière Guinéo - Ivoirienne, conséquence du découpage arbitraire, des puissances d'occupation en Afrique ;
2. Frustration : comme en Côte d'Ivoire, il existe en GUINEE des peuples qui se sentent exclus de la vie politique nationale. Fort heureusement, jusqu'à ce jour aucun texte officiel ne le consacre, mais il n'en reste pas moins que ce sentiment de frustration est bien là et mal vécu.
II. L'Irak, Etat laïc, traverse une phase critique de son histoire. Pris dans le collimateur de Georges BUSH Jr. , SADDAM Hussein voit son opposition officielle préparer sa succession aux USA. Cet évènement retient mon attention par le fait que pour surmonter les obstacles à la conclusion d'un accord sur l'Avenir politique de l'Irak, les opposants unanime sur le départ de SADDAM et de sensibilités divergentes, proposent la création d'un Etat Fédéral en Irak où l'Islam sera la religion d'Etat sans oublier le référendum prévu pour le peuple kurde. Ce dernier point montre l'importance de la prise en compte de l'opinion des peuples dans la recherche de stabilité et de viabilité de tout système politique.
La concertation populaire à laquelle je souhaite que l'on aboutisse ne pourra qu'être bénéfique. Nous économiserons du temps, des finances et par-dessus tout, des vies humaines. Le président français, M. Jacques CHIRAC, lors de sa conférence de presse à l'occasion du récent sommet de Copenhague (12 – 13 décembre 2002) consacrant l'élargissement de l'Europe a dit : " …. on ne peut s'empêcher …de penser…à toutes les victimes des guerres du XXe siècle… des morts si absurdes… en raison de ses divisions, de ses conflits d'intérêts, de la folie des hommes… ". Ces paroles sont porteuses de profondes significations pour nous autres africains. Bien que prononcées dans le contexte de la création d'une Europe Unie ces paroles peuvent servir non seulement à l'UNION AFRICAINE mais aussi aux Etats qui voudraient la composer. Au lendemain des indépendances, les Etats créés par des administrations étrangères, dans le but louable d'éviter des guerres entre Etats et voir même civiles, ont établit la non remise en cause des frontières des nouveaux Etats, et créèrent l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA). Quarante ans plus tard ils enterrent l'OUA et donnent naissance à l'UNION AFRICAINE. Une fois encore ce sont des hommes qui agissent sans qu'à un moment quelconque la parole ne soit donnée aux peuples concernés par la vie commune et la vision à donner à cette Union. Ce qui est violation flagrante du premier article alinéa 1 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, et du Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels : " Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement Economique, social et culturel ".
Ces pactes sont applicables à la quasi-totalité des Etats africains.
T. Bah
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