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Langues africaines et Hommage à Eldridge Mohammadou au menu d’une conférence à Bruxelles
Le Lion africain doit (ré-) écrire lui-même son Histoire au lieu de continuer à ingurgiter celle, tronquée et indigeste, écrite par les chasseurs de l’Europe coloniale. Les langues africaines doivent être pleinement réhabilitées afin d’être utilisées au service du développement et de la renaissance de l’Afrique. Le continent doit se libérer du colonialisme et du néo-colonialisme. Et pour atteindre ces objectifs chacun doit s’impliquer pleinement dans son domaine de compétence et surtout donner de soi. Avec un passé pro-upéciste et un caractère incontrôlable, il comprend vite qu’il n’a pas sa place en politique dans le Cameroun post-indépendantiste, alors il démissionne de l’administration en 1964 après avoir côtoyé de près John Ngu Foncha et Ahmadou Ahidjo : « vous voulez des gens qui veulent plier les genoux, je ne veux pas en être, je ne peux pas en être !». Alors Eldridge Mohammadou consacrera sa vie à la recherche, la publication et l’enseignement, après s’être donné les compétences intellectuelles et linguistiques pour faire le travail: il apprendra, en autodidacte, pas moins sept langues dont le Sango, le Kikongo, le Fulfulde, l’Allemand, le Français, l’Anglais et l’Espagnol. Mais son passé lui vaudra un ostracisme implacable au Cameroun, car finalement c’est à l’université de Maiduguri que l’historien et linguiste camerounais, qui fût à la fois militant contre le colonialisme et le néo-colonialisme, enseignant, chercheur et écrivain finira ses jours le 18 février 2004. Vu du Cameroun il mourra dans l’anonymat. Il laissera une œuvre proprement impressionnante: plus d’une vingtaine d’ouvrages, écrits tant en Français, en Anglais qu’en Fulfulde , un recueil des traditions orales des peuples du Nord-Cameroun (Fulbé, Mboum, Bouté, etc), participation comme rapporteur à la célèbre conférence de Bamako de 1966 qui, sous l’égide de l’UNESCO, avait créé, formalisé et adopté un nouvel alphabet latin pour l’écriture de certaines langues africaines telles que le Fulfuldé, le Bambara, le Haussa, le Touareg, etc ; écriture en Fulfulde et en Français de l’Histoire de tous les Lamidats du Nord Cameroun, incluant une liste de tous les Lamidos qui y ont régné avec leur biographie et arbres généalogiques respectives, etc. Dans tous ses œuvres il s’est bien sûr servi des archives du Colon, mais il a toujours rigoureusement tenu a recueillir sur le terrain les sources archéologiques et les traditions orales des peuples concernés.
Pour ne prendre que deux exemples, lorsque nous nous connectons sur des sites internet comme le site du la BBC Haussa http://bbc.co.uk/hausa , ou le site http://www.peeral.com (site multimédia en Fulfuldé) ou alors lorsque nous lisons des livres ou des journaux dont l’alphabet d’écriture est basé sur des caractères latins et qui sont écrits en Bambara, en Fulfulde ou Hausa nous profitons directement du travail de ces pionniers qui se sont mis au travail dès le lendemain des indépendances pour rejeter de la meilleure des façons le rouleau compresseur destructeur de la culture que la colonisation à mis en route.
Beaucoup d’africains évoquent le problème d’intégration et d’acceptation pour expliquer leur choix d’apprendre à leurs enfants uniquement les langues européennes comme l’Anglais, le Français, l’Espagnol ou l’Allemand. Dans quelle mesure une transmission prioritaire de nos langues à nos enfants peut constituer un obstacle à leur intégration, tant au niveau de leur milieu de vie immédiat qu’au niveau universel ? Pour discuter de ces discuter de ces questions et rendre hommage à Eldridge Mohammadou, et à travers lui à tous les pionniers, célèbres ou anonymes qui ont fait tant de sacrifices pour faire avancer la renaissance africaine, l’Association pour la Promotion de la Justice et de l’Education organise le 30 avril prochain au Centre Culturel de Pianofabriek à Bruxelles une conférence-débat autour des thèmes suivants :
Contact et Information : APJE-info@oumarou.net ou 0032 488 353436 Biographie de Eldridge Mohammadou par Christian Seignobos. Roufaou Oumarou
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