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700 millions $ pour Alpha Condé & Co.


2011-04-26 19:34:05

Dame Rabiatou Serah Diallo et le CNT n’auront pas eu à cautionner l’emprunt obligataire des 500 millions d’euros  qui auraient été  mangés à quelle sauce ? Nul ne le sait. Mais  ne réveillons pas les morts .Tel n’est en tout cas pas le propos de ce papier. Heureusement que M. Gandhi Barry, en bon citoyen, nous  donnait  preuve à l’appui toutes les raisons valables de refuser cet emprunt obligataire, tout en n’omettant pas au passage de faire avec pertinence la lumière sur  toutes les zones d’ombre liées à  ladite  mort-née opération d’emprunt obligataire. Dieu garde longtemps encore de tels éclairés pour qu’ils continuent à nous guider.

Diversion ou pas, le rigorisme feint qui voulait l’approbation populaire (par le parlement à priori) auquel on a voulu nous faire croire n’aura  tout simplement pas  lieu : Pour trouver l’argent, vu qu’il n’en avait pas (Mais bien pourquoi ? Et comment ?  Est-on en droit de se demander ? Konaté, Dadis, tout le CNND, nos illustres précédents gouvernements  pourraient peut-être nous aider à répondre.) afin de mettre en application son « plan  d’action visant, entre autres, la réconciliation et l’unité nationale (« on en reste bouche bée » pour parler comme M .Gandhi tant on est aux antipodes de ce noble  idéal pour l’instant), l’édification d’un État de droit ( dont  M. Resco Camara  en digne représentant) ainsi que le redressement économique et financier du pays (grâce à l’aide inconditionnelle et sans faille d’Ali Baba et sa horde  inspirés du « discours programme » de la rencontre d’AC avec les opérateurs économiques au palais du peuple )  », bref , pour « le changement » attendu comme le Messie, le gouvernement s’est débrouillé autrement …

… Le gouvernement avait donc  son plan B pour renflouer les caisses vides de l’Etat 

Je rappelle qu’il est tout à fait normal, voire vital, qu’un gouvernement mobilise des ressources pour assurer le fonctionnement de l’Etat. Reste à savoir la manière de le faire.

En lieu et place des 500 millions d’euros on apprend  qu’après « près deux mois de négociations, le gouvernement guinéen a décroché (…)  vendredi  22 avril 2011 la bagatelle de sept cent millions de dollars avec Rio Tinto en lui cédant les blocs 3 et 4 du mont Simandou. Le contrat a été signé au domicile  du Président Guinéen (le lieu ne vous aura pas échappé, j’espère. « L’Etat, c’est moi. Moi, c’est l’Etat ») à Kipé par le ministre des mines Mohamed Lamine Fofana, le ministre du budget Mohamed Diarré et par Allan Davies, directeur à l’international, mandaté par le conseil d’administration de Rio Tinto »

La problématique des matières comme politique de développement 

  Ce Contrat minier, le plus gros de l’histoire minière du pays,  aurait pour avantage :

 -La réalisation d’infrastructures. « L'accord (…)  permet également l’Etat Guinéen] de posséder à terme 51% de la voie ferrée et du port [qui seront construits], le plan de Rio Tinto prévoyant la construction d'une voie ferrée industrielle dédiée de 650 km comprenant 21 km de tunnels et traversant la Guinée jusqu'à la côte. »

-De l’argent frais à l’Etat Guinéen devant lui permettre de  lancer enfin des chantiers d’utilité publique.

- A court-terme, des injections de devises pour surtout enrayer  l’inflation et stabiliser le franc  guinéen qui n’a cesse  de dégringoler.

-A long-terme, « des royalties s'élevant à 3,5% devront également (…) être versées [à l’Etat Guinéen] pendant la durée d'exploitation de la mine.»

L’on devrait tout de même être en droit  de faire, par prudence ne serait-ce que,  un certain nombre d’observations qui s’imposent :

1- Quelle gestion surtout  sera faite  de ce pactole ? Les précédents ne manquent pas : le projet Garafiri  et son budget pharaonique, la faramineuse cagnotte collectée lors de la qualification du syli national à la CAN fin années  1990 sous Lansana Conté entre autres.

2- Vu le déficit abyssal  de l’Etat  et le délabrement du pays, le magot  est-il  suffisant pour redresser économiquement et financièrement la Guinée ? Dont l’économie, on le sait,  est globalement dépendante  de l’extérieur. Il serait naïf de se contenter de quelques clinquantes infrastructures  réalisées ici et là dans le sillage de cette affaire .En un mot, 700 millions $ U.S  peuvent-ils résoudre tous les problèmes  de  pauvreté, de croissance, de sous-développement  de la Guinée ? Concrétiser  ainsi notre rêve de… changement.

3- «Le Gouvernement guinéen prévoit de créer une entreprise minière d'État pour détenir sa participation (35%)  » stipule une clause du contrat. L’idée en soi est  plus que salutaire .Mais attendons surtout de la voir vite se concrétiser.

4-  La fortune et les matières premières ne sont pas éternelles, encore que ces dernières valent quelque chose. Avons-nous pensé à l’après matières premières? Comment ferions-nous ?

5-Quel héritage laisserons-nous aux générations futures de nos enfants et petits-enfants ? « Les analystes estiment que le gisement de Simandou pourrait produire 200 millions de tonnes de minerai de fer par an ( !) »

6-Que ferons-nous lorsque qu’un jour  nous aurons à nous développer par nous-mêmes (à moins de ne pas y croire),  vu qu’ « on ne bâtit pas sur du sable mouvant » ? Aurons-nous alors assez de matières premières ? Avons-nous réfléchi ? S’il faut (pour les points 5et 6)  tout le temps résoudre les difficultés conjoncturelles par la concession des richesses de notre sol et sous-sol.

L’acquisition de notre fer par le mastodonte Anglo-australien Rio Tinto pose  avec acquitté la problématique de l’exploitation de nos ressources naturelles pour le développement. Tout comme pour l’ensemble des pays africains en voie de développement : La stratégie matières premières au cours volatile contre capitaux financiers est-elle viable à long -terme? Quel équilibre optimal de Nash peuvent trouver les parties ? En attendant la réalisation du  transfert de technologies du Nord ? N’est-il pas sinon  plus rentable pour ces pays là (y compris la Guinée) de transformer sur place leurs ressources (qui leur reviendront en produits finis plus chers) ? Au lieu de les exporter.

 Recourir à chaque fois que ça va mal à nos ressources naturelles, voire les brader,  dans l’optique d’une gestion prospère incertaine est tout simplement la voie royale de «  l’économie de l’apocalypse » ; compte tenu du contexte politico-social actuel  de notre pays. Rien n’indique pour l’instant qu’Alpha Condé veuille redresser ce pays qu’il  a « hérité et  non d’un Etat ». Selon L’INSEE (Institut National Français de la Statistique et des Etudes Economiques), moins les ressources, c’est la cohésion sociale qui importe pour le développement d’un pays. Ce qui est loin d’être le cas  pour le moment de la  Guinée.

Tant mieux si cette manne financière est bien gérée et  qu’elle sert à amorcer enfin  le décollage tant espéré de notre pays –C’est ce que nous espérons tous- Mais si c’est pour ragaillardir AC  en le  rendant à nouveau provocant  et lui permettre de continuer à narguer les gens (notamment  à faire la guerre aux commerçants et cambistes peuhls )  et opposer les Guinéens les uns contre les autres. Et donc, si ces 700 millions $ U.S (483 millions d'euros) c’est pour détruire une certaine ethnie comme AC est déterminé à le faire.  On pourra  toujours continuer à réfléchir à ces propos du sage : « L'argent qui corrompt (…) ne laisse intacte que la misère » et, j’ajoute, la désolation et  d’amers regrets au final.



Oury Baldé


 

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VOS COMMENTAIRES

Mamadou S. Diallo27/04/2011 05:10:57
On a tjrs qualifie la Guinee de scandal geologique, de chateau d'eaux de l'Afrique de l'ouest, cela na pas empecher ce pays d'etre l'un des plus pauvre du monde! Ceux qui pensent a l'avenir economique de Guinee, doivent prendre le temps de reflechir aux questions pertinentes evoquees dans cet article (Questions 4,5,6). Les occidentaux, les asiatiques ont tjrs compris que pour forger une economie forte et generer la propserite, il faut miser plus sur une preponderenace de la "matiere grise" qu'une sur une abondance de la matiere premiere.

Dans un discours delivre par un senateur Americain d'illinois, John Logan, en 1882, notez bien la date! il faisait allusion a la pauvrete de l'Afrique malgre l'abondance de ses resources naturelles. IL avait attribue l'incapacite de l'Afrique a se developper malgre ses resources a sa carence en "matiere grise"!


Voici un extrait du discours de John Logan:

"Give the finest climate earth can show, the fattest soil the continents lift out of the sea, the richest mines the mountains contain, the safest harbors that border the sea or indent the land, and let a people be ignorant of their own capabilities, or of the resources of Nature and her mighty agencies, and what are all these worth? Africa today has ten-million square miles of soil as fertile as lies beneath the sun. She has a hundred millions of people. Yet the little island of England, with only about sixty thousand square miles and forty millions of people, produces annually, in a climate almost of the polar circle, more articles of food and clothing raised directly from the earth by agricultural labor alone, than all that continent; and if you "count in" the manufactures which her machinery yields, she does the work of ten times the whole population of Africa. How is she enabled to do this? Simply because the educated mind of England can multiply her hands by a thousand-fold. Nature lends her gravitation-even enslaves her sun, and harnesses her lightening, so that they afford hands and feet to labor and run for those people who have learned how to use such agencies. The same thing is seen in any enlightened country, or at least where education is widely diffused. And yet in England less than half the common people's children are educated in any suitable degree. It is mind which has accomplished all these wonders; and minds are found in almost equal numbers in all ranks of society. The child of the peasant is often as full of genius as the child of the prince, with a stronger body and less tendency to habits of vice or recklessness; and if he can be found and educated, the nation certainly derives the greatest possible benefits; and, if a nation is to be raised to its highest degree of efficiency, every particle of its mind must be utilized."