URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=834
Après 24 ans d’exercice du pouvoir, le Général Lansana Conté se trouve aujourd’hui dans une situation difficile due en tout premier lieu à son état de santé et, en second lieu aux manœuvres de ceux qui veulent se positionner pour sa succession.
Les évènements de Janvier – février 2007 avaient permis d’imposer au Président un Premier Ministre choisi par les syndicats et la société civile afin de lui ôter une partie de ses prérogatives.
Malheureusement, la mise en œuvre de cette solution a été faite dans des conditions peu compatibles avec la Loi Fondamentale et la personnalité du Président.
Force est de rappeler la déclaration faite le 9 février 2007, au nom de l’opposition signée de Ba Mamadou porte-parole, qui disait :
« Toute nomination qui ne prendrait pas en compte les conditions minimales de consensus, la nécessité d’avoir une véritable légitimité institutionnelle et l’attribution de pouvoirs réglementaires réels pouvant permettre au Premier Ministre de signer des décrets en Conseil de Ministres, risque de nous ramener à des situations de blocage comme par le passé avec les anciens Premiers Ministres du Général Lansana Conté.
Malheureusement, le Premier Ministre nommé a cru que ses qualités de « diplomate chevronné » pouvaient lui permettre de contourner les obstacles et de manipuler le Général Lansana Conté, tout en privant celui-ci de tous ses exécutants (Ministres, Gouverneurs, Préfets).
D’autre part, sur le plan international, le Premier Ministre s’est présenté au reste du monde comme un Président-bis qui pouvait parler haut et fort et prendre des engagements sur l’avenir sans se référer à son Président. Il est maintenant clair que le Premier Ministre vise la succession du Général Lansana Conté (on ne sait comment). Cela a créé une cassure, entre les deux exécutifs, qui nous semble difficile à combler aujourd’hui.
Cette situation de blocage total est nuisible au pays et ne peut perdurer sans avoir des conséquences graves.
Enfin, les syndicats ne peuvent pas soutenir ouvertement le Premier Ministre car leurs bases sont conscientes de la baisse constante de leur pouvoir d’achat.
Que ce soit les dirigeants syndicaux ou ceux de la société civile, il devient évident qu’ils lorgnent tous vers le pouvoir (Gouvernement, Assemblée, Présidence). C’est pourquoi ils mènent une campagne active pour obtenir de l’Assemblée Nationale le vote d’une loi leur permettant de se présenter aux élections nationales (législatives et présidentielles) en tant qu’indépendants, sans passer par les partis politiques. En tout état de cause, c’est une erreur de croire qu’ils peuvent ignorer les partis politiques qui doivent être leurs alliés naturels, pour sortir de cette double crise.
Il faut se rendre à l’évidence que la méthode qui a consisté à choisir et imposer un Premier Ministre, Chef de Gouvernement (ou Président-bis) à qui on donne théoriquement tous les pouvoirs sans contrôle alors qu’il n’a aucune légitimité populaire, a montré ses limites et il ne faudra pas la renouveler.
Aussi proposons-nous, en tant que Doyen de la Classe politique guinéenne que :
Cependant, pour éviter une vacance des pouvoirs exécutif et législatif, il faut élargir le Comité de Suivi/Evaluation aux partis politiques et en faire un organe officiel qui jouera le rôle des Institutions Républicaines jusqu’aux élections du 30 Novembre 2 008. Il sera l’organe exécutif du Président de la République qui reste en fonction jusqu’à l’installation du nouveau Président.
Cependant, pour ne pas être obligé d’inviter les 49 partis politiques agréés, il serait préférable de ne désigner que ceux qui ont une certaine représentativité (soit un Maire, soit un Député), ce qui donnerait un maximum de dix partis.
La composition du Comité élargi pourrait être la suivante :
Les objectifs assignés au Comité de Suivi/évaluation pourraient être les suivants :
Conclusion :
Dans une déclaration du 28/3/2008, le Professeur Alpha Condé en tant que Citoyen Guinéen déclare :
« Il y a des moments dans l’histoire d’un pays où il faut s’interroger collectivement sur l’efficacité des solutions proposées, des moyens employés et des résultats obtenus.
Ce moment est arrivé car la Guinée ne peut plus continuer à fonctionner comme elle le fait depuis trop longtemps ».
Nous sommes tout à fait de son avis après 18 ans de combat politicien. J’ai eu 78 ans avant-hier (1er avril) et j’espère bien assister à ce changement salutaire pour le pays. Nous lançons un appel à l’ensemble des Forces Vives de la Nation pour que cette solution puisse s’imposer le plus tôt possible.
Espérons que nous serons entendus cette fois-ci et que les acteurs politiques, économiques et sociaux vont prendre leurs responsabilités et appliquer les solutions trouvées.
Pour plus d’informations : www.ufdg.org
Conakry, le 3 avril 2008
El Hadj BA Mamadou, Président d’honneur de l’UFDG