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Pour changer le disque rayé … A « Georges »& semblables


2011-08-22 06:22:28 

Mise au point suite à mon dernier post (1) ou Prologue :

S’’il est malheureusement indéniable que « le tissu social (de notre pays a été mis) en lambeaux » à cause de l’extrême comportement ethnocentrique de nos leaders politiques. Certains de nos compatriotes, en l’occurrence untel alias « Georges »  qui a ouvert une brèche dans la quelle d’autres se sont engouffrés à cœur joie sans retenue, s’obstinent, moins donc pour des raisons objectives que pour des motifs personnels,  à trouver des boucs émissaires  à chaque fois qu’on en parle, au point de vouloir en faire un sujet tabou. De quoi ont –ils peur ? Comment envisager l’émergence d’un Etat de droit tant souhaité en Guinée si l’action du Président de la république n’est pas à critiquer ?  Ne faudrait-il plus parler des jeunes filles violées de Labé pour leur appartenance ethnique ? Les horreurs de Pita, Labé, Dalaba, j’en passe, perpétrées sur ordre de Jean Marie Doré sont –elles à reléguer dans les oubliettes autant les injustices du passé pour plaire à certains .Suffit-il de mentionner les déplacé(e)s des villes de  Kouroussa, Siguiri  pour être un ethno pur et dur ? Le droit à la liberté d’expression  serait-il devenu à double vitesse ou banni ? La réconciliation nationale peut –elle être  effective si on n’ose pas aborder les sujets de discorde ?

C’est ainsi que mon dernier post m’a valu les pires incongruités (noms d’oiseaux à foison, provoc,  amalgames, délit de faciès, procès intention, voire incursion dans ma vie privée). Comme si en dénonçant l’attitude négative de nos hommes politiques retors au patriotisme douteux,  on serait  autant, voire plus, responsable que ces derniers.

J’invite les personnes concernées à sortir de l’anonymat et des diatribes gratuites qui ne sont pas de nature à honorer leurs auteurs .Et, en lieu et place, de proposer une réflexion cohérente et structurée. Ce qui, à coup sûr, contribuera au débat démocratique de notre pays.

Pour lever le quiproquo, en toute modestie, j’ai jugé utile de remettre au gout du jour ce petit texte (déjà paru sur ce site) qui se veut inquisiteur (il est loin d’être exhaustif. J’en suis parfaitement conscient).Afin d’essayer de faire comprendre  que cet ignoble ethnicisme, frein à notre progrès et  malheureusement devenu le seul fonds de commerce de certains de nos politiciens, ne date pas d’hier.

Toutefois,  le faisant,  je n’escompte en retour qu’invectives, de plus belle encore  de la part de mes acharnés détracteurs. Aussi, ce serait une profonde méprise que de vouloir  chercher  dans cette démarche toute tentative de justification de quoique ce soit.

Ethnie, Pouvoir, Démocratie, Développement et Etat-Nation en Afrique : Aux origines  de la conflictualité

Décidément ce n’est pas encore «  la fin de l’ethnie en Afrique (2)….Pratiquement un demi-siècle après les indépendances,  l’ethnie cristallise, à chaque fois  qu’il est question du pouvoir et de ses enjeux, des attachements et des antagonismes forts  voire belliqueux (cas du Kenya) -inconnus   jusque là dans  l’histoire des  sociétés africaines  - rédhibitoires à l’émergence du   véritable Etat- nation africain et au développement tant espéré. Je cite en exemple  le cas de la Guinée à l’heure actuelle depuis la dernière Présidentielle.

Mais il serait erroné de croire que seul en Afrique  l’attachement identitaire  marqué pose problème à l’Etat. L’Europe a connu son « moment nationaliste » (4) . Actuellement  la Belgique vit sous la menace de l’implosion identitaire entre wallons et flamands, la Yougoslavie (3) a éclaté du fait de l’exacerbation du sentiment identitaire. Tout comme  il serait faux de croire que le repli sur soi est la négation systématique de l’autre.  Parce que peut-être on ne se connait et ne se comprend mieux que par soi.

Par ailleurs, à l’heure de la mondialisation, véritable phénomène qui déconstruit les  spécificités identitaires, le repli sur soi dans ce contexte devrait  être avant tout interprété comme un reflexe d’auto-défense.

S’il faut trouver des explications au choc ethnie-Etat-nation en Afrique, ce serait très probablement, toute chose égale par ailleurs:

-Le manque de présidents visionnaires dès les indépendances qui eussent dû  théoriser et édifier une société   « méta-ethnique » (5) , du vouloir-vivre ensemble, une « nation arc en ciel » comme l’a fait Mandela en Afrique du sud ou L.S. Senghor au Sénégal.

-La gestion ethniciste, népotiste, tribale de l’Etat africain en marginalisant les autres ethnies. Si ce n’est en cherchant à annihiler absolument les forces vives  de ces dernières-stigmatisées. Exemple du complot peuhl sous Sékou Touré (Assassinat de l’illustre Diallo Telly notamment), le concept d’ivoirité échafaudé et fabriqué  de toutes pièces par les politiciens ivoiriens malveillants H.K Bédié en tête, à l’origine de l’entrée en guerre des populations majoritairement Dioulas du nord du pays.

-Au compte des conséquences lointaines de la colonisation : le découpage de l’Afrique par l’Europe sans tenir compte des ses réalités socio-culturelles et civilisationnelles.

Pour ne pas passer à la trappe….

L’Afrique, pour sa pérennité, doit inventer des mécanismes consensuels de gestion et d’exercice  du pouvoir dépassant l’ethnie ou en tenant compte, car rien n’indique pour le moment  que l’ethnie dans certains cas , frein au progrès de ces sociétés là, est prête à s’effacer au profit de l’Etat-nation .Cela passera entre autres par :

  1. La prise de conscience au niveau individuel et collectif de la viabilité de la macro Etat -nation sur les « micro Etats fragmentés » (6) .
  2. Une décentralisation bien négociée, intelligente (non un fédéralisme dans la configuration actuelle) avec une certaine  autonomie (budgétaire, politique) reconnue aux entités régionales. Comme la départementalisation en France.
  3. L’exemplarité, sans discrimination,  de ce qu’il ya  a comme Etat en Afrique ou plutôt de ce qu’il en reste dans la  gestion  et le partage des ressources et du pays   entre les composantes nationales - Cela serait de nature à crédibiliser davantage ce dernier pour déboucher à la longue sur le modèle de l’Etat occidental.
  4. Bref, par une gestion détribalisée, citoyenne,  responsable (à l’image de Singapour) ;  le développement ou ce que j’appelle « la sortie par le haut »  qui peut diluer les frustrations ethniques.  A l’image de ce qu’est entrain de le réussir le Ghana : tout notre défi !

Ps : Ceci étant dit, pour ma part, j’ai clos ce débat.

Oury Baldé                                    

                   

(1) - La haine Peuhl-Maninka créée  par AC a détruit la Guinée. Nécessité d’un pacte social pour continuer sur ce site- guineepresseinfo
(2) - Elikia  M’Bokolo historien d’origine congolaise
(3) - Fin XIX ème Siècle
(4) - Death of Yugoslavia (  Titre en français : Yougoslavie, suicide d’une nation européenne ) , BBC Documentary .First broadcasted in 1995
(5) - Tomilov Nikolai A. auteur russe
(6) - Wangari Maathai d’origine kényane  1 ère femme africaine prix noble de la paix  en 2004

 

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