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Lutte contre l’exportation des produits guinéens :

deux camions arraisonnés à Labé


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Fruits de Labe

La mesure d’interdiction d’exportation des produits guinéens est en pleine application le long des frontières et autres différents débarcadères du pays. D’ailleurs, les agents de la douane ne peuvent faire autrement, surtout quand on sait que le communiqué interdisant l’exportation des produits avait mis un accent particulier sur les cas de sanctions qui surviendraient  partout où une légèreté dans l’application de la mesure est constatée. C’est ainsi que le mercredi 16 avril 2008, deux camions remplis de différentes marchandises : huile de palme, riz, fonio, maïs, gasoil, arachides et essence, ont été interceptés dans la préfecture de Labé. Selon nos sources, ces camions étaient en partance pour le  Sénégal.

Mais comment les fraudeurs parvient-ils à remplir des fûts d’essence, alors que l’approvisionnement à partir des bidons est dorénavant formellement interdite à la pompe?
 M. Batè Bah de la douane de Labé répond : « les gens se servent maintenant des réservoirs des motos pour remplir des fûts cachés quelque part à la maison ou en brousse. Ainsi, ils peuvent ainsi réquisitionner plus d’une dizaine de motos qui passent tour à tour se remplir les réservoirs dans les stations d’essence. Et c’est justement par cette méthode  qu’ils réunissent à faire des cargaisons destinées à la vente dans les pays voisins ».

Actuellement, tout camionneur  est obligé de se munir des pièces prouvant  que le contenu de son véhicule ne contient aucune marchandise frappée par la mesure d’interdiction d’exportation des produits guinéens. C’est aussi une façon de se mettre à l’abri des comités de pillage  organisés dans toutes les localités  situées le long des frontières guinéennes.

Face à cette pratique, une vendeuse de poissons secs entre Conakry et Bamako, M’Balia Camara se plaint : « franchement, nous ne savons plus à quel saint se vouer. Je viens d’investir des millions de Fg quand subitement j’ai appris que désormais il est interdit de sortir du  poisson en dehors de nos frontières. Mon problème est que cet argent ne m’appartient pas seule.  Moi, je pense qu’on devrait plutôt nous avertir un mois à l’avance. Ici, à chaque fois qu’on écoute la radio, on entend parler de lutte contre la pauvreté. Mais, c’est le contraire qu’on fait. Nous, en tout cas, on nous crée des problèmes comme çà ».
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, à ce jour, certes les prix n’ont encore pas baissé, mais les marchés guinéens commencent à se remplir de denrées alimentaires locales.

Ahmadou 1 Diallo

 

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