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Electricité de Guinée: le nouveau DG pas foulanophobe?2011-08-31 18:41:53 CONAKRY/Le nouveau directeur général d'EDG, Abdoulaye Keïta, a trouvé une solution radicale au problème d'électricité : le nettoyage ethnique. Les victimes ont décidé de porter l'affaire devant la justice puisque la loi condamne le racisme au travail. Récemment bombardé par décret présidentiel à la tête d'EDG, Abdoulaye Keïta (auparavant simple chef de service dans la boîte) n'a rien trouvé de mieux que remanier son staff. Si le marasme qui caractérise notre société nationale d'électricité depuis des lustres y justifie un ménage en profondeur, cela ne doit pas pour autant laisser libre cours aux instincts les plus bas. Tenez-vous bien, sur 47directeurs et chefs de département nommés, il n'y a qu'un seul Peul qui ait trouvé grâce aux yeux d'Abdoulaye Keïta ''Mandén Mansa''. La ségrégation communautaire crève les yeux et doit être dénoncée sans fard. Car c'est le raciste qui oblige à parler de race ! Avant son arrivée, EDG comptait une quinzaine de ressortissants du Fouta parmi ses directeurs et chefs de département. Ce qui était déjà anormal, vu les pondérations démographiques guinéennes connues de tous. Mais ça passait encore. Comme d'autres dans leur « empire administratif », Keïta aussi a opté pour « la solution finale » en faisant d'une pierre deux coups : à la fois favoriser ses congénères mais aussi rendre l'atmosphère « respirable » autour de lui en se débarrassant de ses « ennemis naturels ». La faute des cadres victimes du nouveau maître d'EDG n'est certainement pas d'être incompétents. Bien au contraire, ils ont fait leurs preuves, le plus souvent à des postes éminemment techniques. Au fil des ans, ils ont gravi les échelons par leur mérite personnel. On ne peut pas en dire autant du nouveau directeur général Keïta Abdoulaye Keïta qui a brûlé les étapes en sautant allégrement par dessus les chefs de département et les directeurs pour se retrouver tout de go directeur général d'EDG, un poste juteux, donc convoité dans ce pays de l'éternel retour et de malgouvernance inexorable. Tout simplement parce qu'il est un militant du RPG incapable par sa propre valeur de se hisser dans la hiérarchie. Sous ses multiples prédécesseurs, cet homme médiocre a eu du mal à évoluer dans sa carrière, tant son impéritie était notoire. Comme on peut s'y attendre, le remue-ménage de Keïta Abdoulaye Keïta a provoqué un tollé à EDG. Les victimes ont rédigé un mémo et saisi des magistrats, sa décision étant une violation flagrante de la Constitution. En effet, en son article 8, celle-ci dispose : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses. » Et l'article 20, en ses alinéas 1 et 2, stipule : « Le droit au travail est reconnu à tous. L'Etat crée les conditions nécessaires à l'exercice de ce droit. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de son sexe, de sa race, de son ethnie, de ses opinions ou de toute autre forme de discrimination. » Le peuple guinéen bannit donc clairement le racisme. Les faits sont sacrés et les commentaires libres, dit-on dans le métier de journaliste. Cependant, par un cynisme incroyable, un responsable raciste se donne toujours bonne conscience en taxant de racisme ceux qui dressent des statistiques ethniques dans ses décrets, arrêtés ou décisions. Pourtant, le sort des subalternes et des administrés dépend en partie de ces actes administratifs. L'avenir du pays aussi. A ce compte, l'observateur ne doit-il pas être regardant à l'« équilibre ethnique », condition sine qua non de l'unité nationale dans ce pays où les tensions communautaires sont prégnantes ? Quel Guinéen ne voudrait pas avoir le sentiment d'être un citoyen à part entière ? Soyons donc clairs, c'est le raciste qui incite à la haine raciale, ce n'est pas celui qui le dénonce ! C'est le responsable tribaliste qui est le diviseur, c'est lui qui déchire ce pays chaque jour davantage par son népotisme et sa politique d'exclusion. Pour notre part, au nom de la Guinée une et indivisible, notre héritage commun, nous ne faisons que dénoncer des actes notoires qui confinent au fascisme. Et c'est notre droit le plus absolu, consacré par la loi du peuple guinéen ! Si vous êtes laid, la faute n'est point au miroir qui ne fait que vous renvoyer votre propre image. Donc, nous ne nous lasserons pas de dénoncer le tribalisme et le rejet des autres Guinéens pour leur simple appartenance ethnique. Doit-on laisser instituer une nouvelle « situation particulière » du Fouta, de la Basse-Guinée ou de la Forêt ? Le nouveau directeur d'EDG dira sans doute qu'il a écarté les Peuls parce qu'ils sont par essence des « saboteurs », des « aigris », des antipatriotes faisant tout pour que les Guinéens n'aient pas le courant 24 heures sur 24. Oui, dira-t-il, ils sapent les efforts du nouveau régime pour donner du courant à la capitale, aux préfectures, voire aux sous-préfectures. Le soir tombé, ils adorent voir leur quartiers plongés dans le noir, les habitants à la merci des gangsters, y compris leurs propres familles, tout simplement parce que ce n'est pas leur « parent » qui a remporté la présidentielle. Car il faut bien justifier l'injustifiable ! N'empêche, monsieur Keita devra répondre devant la justice pour violation des articles 8 et 20 de la Constitution. Si, bien évidemment, l'Etat de droit est devenu une réalité dans ce pays ! On a dit « changement » non ?
El Béchir Lien à l’article :
Source: L’Observateur N°557 du 29 Août 2011 Lire également du même auteur:
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