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Un abrégé d’histoire de l’état théocratique du Foutah-Djalon


2011-09-01 11:10:27

C’est en lisant un site guinéen que l’idée d’écrire sur le Foutah-Djalon m’est venue à l’esprit. Dans un article, un discret internaute bien passionné lançait un appel à d’autres internautes, pour écrire sur notre culture et notre histoire pour mieux nous comprendre. Comprendre, par la richesse de notre culture et de notre histoire, d’où nous venons et, où nous voulons aller. Les historiens et connaisseurs de l’histoire du Foutah, dont je ne fais pas parti, me pardonneront du raccourci ci-dessous. Ma seule ambition est de participer au débat initié par l’internaute susmentionné.

Les premiers habitants du Foutah-Djalon
Ce sont les Landoumas et les Baguas et non les Dialonké qui paraissent être les autochtones les plus anciens habitants connus du pays, et les Pullis, descendants d'une émigration peule (tribu Uururbhe) qui remontait très avant dans la nuit du moyen âge. Les frères de ces Pullis subsistent encore à l'heure actuelle, à l'état très pur, dans le Ferlo sénégalais et dans tout le sud du Fouta Toro sous le nom de Fulbhe Diéri. Ces peuples étaient fétichistes. Les Dialonké venus les premiers du mandé ont poussé les peuples autochtones vers les côtes de l’atlantique. Après la dislocation de l’empire Sosso de Soumahoro Kanté par Soundiata, le peuple soussou a fui pour se refugier chez les Baguas en jouissant de leur l’hospitalité. Profitant des rivalités au sein du peuple bagua, les soussous peuple guerrier venu du mandé se sont imposés par les armes. Ils ont noué une alliance avec certains baguas dans la lutte fratricide entre frères Baguas. C’est par témoignage de cette alliance qu’est née la contrée de Soumbouya dans Dubréka,  (Soumbou était le nom d’un célèbre chasseur soussou qui a aidé à pacifier le territoire bagua). Les derniers immigrants au Foutah-Djalon sont les peuhls islamisés.

Nous pouvons dire en résumé : les Baguas et les Landoumas sont les premiers habitants des montagnes du Foutah-Djalon.
Puis vinrent les immigrés par ordre d’arrivée – les Dialonké, les peuhls Pullis, les soussous et enfin les Peuhls islamisés venus de Tombouctou.

Mes sources sont tirées des écrits de Noiraud, Ernest dans son livre « á travers le Foutah-Djalon » traduit des récits de Bah Mamadou Saidou, ainsi que de quelques écrits dans le net.
 
Organisation administrative de l’état théocratique du Foutah-Djalon
La constitution du Foutah aristocratique est caractérisée par de solides structures politiques et administratives. L’Almamy symbolise le pouvoir central, il est le chef suprême qui exerce une autorité sur l’administration décentralisée. Les pouvoirs de l’Almamy sont contrôlés par le conseil des anciens (le sénat.)

L’Etat du Foutah-Djalon s’étendait autrefois de l’océan atlantique aux rives du haut Niger. Comme nous le verrons ci-dessous, le royaume du Foutah-Djalon était un état théocratique avec un système administratif très efficace et une constitution basée sur l’alternance au pouvoir.

L’exercice du pouvoir est démocratique, car  l’Almamy est élu par un collège, et que  certaines décisions de l’Almamy ne sont valables qu’après l’avale du collège des anciens, si une prise de position de l’Almamy n’est pas conforme aux souhaits du collège des électeurs, le conseil élit un autre Almamy à la place.

La haute cour siège à Timbo, où on juge les cas de crimes de sang. Après le jugement aux affaires du premier degré au niveau du Diiwal, le pourvoi est interjeté devant l’Almamy,

Le sacre de l’Almamy et la nomination des rois vassaux du Foutah-Djalon se font à Fougoumba. C'est à Fougoumba que se réunit la première assemblée sur l'organisation de l'islam dans le Foutah. C'est de là que partit la première campagne belliciste contre les fétichistes. En effet, l'assemblée reconnut Fougoumba ville sainte où les Almamys seront solennellement couronnés, où ils passeront leur retraite de sacre et où toutes les lois du pays seront votées.

En résumée : donc comme l’Etat, chaque province a ses deux chefs, assistés d’un petit conseil, et chaque village a également deux maires, assistés par quelques notables. C’est là une garantie contre l’absolutisme.

a-        l’assemblée de Bomboli et la confédération du Foutah 
Le dix-huitième siècle est le siècle de l’islamisation du Foutah. Le prosélytisme ardent de tous les Karamoko amena l’unification politique et religieuse, sous l’égide de l’islam, de tous les Foula dispersés. Le plus célèbre d'entre eux fut, Ouali et pôle de son temps, Alfa Ibrahima Sambegu, plus connu sous le nom de Karamoko Alfa, prit la tête du mouvement. C'était un marabout mage, et un solitaire mystique. Il résidait à Timbo, et était fils d'Alfa Nouhou, fils d'Alfa Kikala, se rattachant ainsi par la branche Sediyanke, à la tribu mère des Dayeebhe. Il avait fait ses études islamiques chez les plus grands marabouts de son époque : Qadr Sanounou (Sanusi) de Kankan, la ville sainte de la Haute Guinée. Beaucoup de gens venaient du voisinage et de loin pour chercher conseil et consolation auprès de sa puissance spirituelle.

L’assemblée plénière a réunit les chefs de la guerre sainte près de Bomboli, vers 1725. On y arrête le plan des opérations. Le pays est partagé en sept provinces ou diiwe (sing. diiwal), et chacune est pourvue de son chef, chargé de mener sur place le bon combat. Karamoko Alfa, représentant de Timbo, conserve la direction spirituelle de la guerre sainte.

C’est vers 1813 que, les Peuhls deviennent les maîtres absolus du Foutah.  A cette époque la confédération du Foutah est subdivisée en trois zones politiques, et, plus tard en neuf provinces :

  1. le Ley-Pellè (pieds des monts) qui s’étale de Timbo jusqu’à la rivière Konkouré et Fodé Hadji.
  2. le Hakkundè-Maadjè (entre-les rivières) qui englobe Bhuriya, Fougoumba et Kébali.

-           Le Dow-Pellè (dessus des monts) qui regroupe Labé, Timbi, Kolladhè (dont le chef lieu est Kankalabé) et Koyin.

b-        Découpage administratif vers 1870
Vers 1870 le Foutah-Djalon fut subdivisé en neuf provinces (ou DIIWE, au singulier DIIWAL en langue Pulaaku.) Les DIIWE sont subdivisés en Missida, l’équivalant de chefs de cantons au temps colonial. Le Missida comprend un nombre variable de villages. Timbo est la capitale du pays et Fougoumba la ville sainte où l’Almamy en régence est intronisé.

Le DIIWAL de Labé est le plus grand de tous, puisqu’il s’étend jusqu’à Ngabu en actuelle Guinée-Bissau, en haute Casamance et en Mbundu au Sénégal, enfin jusqu’au Fouladou au Sénégal et en Gambie.

Les chefs des DIIWE sont nommés par les Almamys et, chaque province à deux chefs qui, ainsi que les souverains alternent au pouvoir. Les chefs de province nomment à leur tour les chefs des villages qui, suivent ainsi le sort de l’Almamy dont, ils sont partisans.

Je vous salue et à la prochaine.

Moussa Bella, Barry


 

15 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Ibrahima MBemba SOW01/09/2011 16:51:29
Mon cher Bella Dalaba, pour une fois que tu as une bonne idée de Barry, je suis de ceux qui te remercieront pour ce bref et captivant rappel de l'histoire du Foutah Djallon. Bien à toi,(Sow, ex-lyon..)
diane mandemory01/09/2011 17:52:29
alors sadio tu n a tjrs pas repondu a ma question. keske le peul musulman a fait de son frere animiste? le peul a tjrs ete musulman? ces questions te rappel de quelque chose? il faut reagir en intelo moderne sadio,soit pas un peul conservateur, franchement...
Lynx01/09/2011 18:15:29
Merci Monsieur Barry ! Vous venez de rendre un grand service à toute la Guinée avec ces vérités vérifiables contrairement aux legendes qui relevent de la fantaisie sensationnelle.
Lamine Diallo01/09/2011 18:23:09
C'est bien de savoir l'histoire. Mais pour le cas guineen ne cherchons a nous defendre devant n'importe qui nous sommes des "etrangers". La migration est un mouvement continuel et universel. Chacun est venu de quelque part et se dirige vers une autre destination. Les peuls sont arrives des siecles au fouta avant avant la formation de la guinee. Les djalonkes, soussous, mandes ou forestiers viennent de quelque part. Seulement en guinee on entend que les peuls sont des etrangers. jamais on a entendu un malien, segalais, nigerian, etc... dire que leurs peuls sont des etrangers. Et d'ailleurs particulierement je suis plus fier d'etre peul que guineen. Je ne vois rien d'honorable d'etre guineen. Dans beaucoup guinee est synonyme de malheur, de bassesse, d'incompetence,etc... Soyons fiers d'etre peuls et foutaniens. Cherchons a creer la federation.
Al01/09/2011 18:54:17
Le Royaume Theocratique du Foutah a exister avant la guinee. Donc qui peut dire que les Peuhls ne sont pas chez eux en guinee. Il faudrait alors effacer toute l'histoire du Foutah. Vive le Foutah independant dirige par ses propres fils et non pas cette bande de nullards de angbansanle mandingo.
lamine diallo01/09/2011 20:49:57
merci mon frere barry tu a rendu tout le ressortisant du fouta un grand service a ma part je suis fierre detre peul et non etre madinco vive le fouta et se citouiyenne
citoyen du foutah01/09/2011 20:50:44
Merci Mr. Barry pour ce travail remarquable,mais moi je vais vous dire que cette histoire est un peu erronné car etant ecris par un blanc qui collaboré avec les colons francais,n'oubliez pas que tous les histoires de l'afrique noir en general et celle du fuuta jalo en particulier ont eté tous falcifié par les blancs europeen pour nous endormir et pour faciliter leur domination sur les peuples noir.Evidement il faudrait encore revisiter l'histoire de cette partie de l'afrique de l'ouest car il me semble qu'il y-a trop des histoires fantaisistes fabriqué au temps du sanguinaire sekou touré pour faire croire aux autres que les peulhs du fuuta jaloo sont les dernier arrivants dans cette partie de l'afrique de l'afrique de l'ouest.D'ailleurs nous ne sommes pas tous descendants de notre pere Aadama et Hawaa ? d'ou sont venu les djalonkes ?,les pullis,les peulhs islamises de tombouctou ? les peulhs du nigeria ? du tchad ?,du cameroun ? les malinkes de guinee, les tiebbhe de ngaabhou ? les sarakoles de guinee,mali etc-etc ? merci pour votre aide.wassalaam
Oumar M. Bah01/09/2011 23:39:26
Les peuls islamisés sont plutôt venus du Macina dans le Mali actuel, du Fouta Toro, de Nioro, du Boundou (autre région du Sénégal).
aly badra02/09/2011 00:21:15
Oui 100 ans apres les peuls peuvent etre president de la guinee
Mamadou S. Diallo02/09/2011 00:42:16
voici un lien avec une these Ph.D sur le sujet de cet article: http://www.webfuuta.net/bibliotheque/joseph_harris/fouta_diallon_history/contents.html

weebfuuta.net contient bcp d'autres references dans la section "DEFTE"
Al02/09/2011 03:57:02
Voici un link sur le Foutah (land of faith and liberty)
http://www.youtube.com/watch?v=rcinJEp6mvg
Gidhadho Diallo02/09/2011 05:28:29
J'APRECIE SOUVENT VOS ARTICLES. SI J'AVAIS VOTRE E-MAIL J'AURAIS ETE PLUS LARGE. IL YA SUFFISAMENT DE DOCUMENTS SUR LE FOUTA. D'ABORD SEUL AU FOUTA ON ECRIVAIT SUFFISAMENT, ENSUITE DES PROFESSIONELS ET AMATEURS EN ONT FAIT UNE SCIENCE PRESQUE. ALORS AUJOURD'HUI, IL NE S'AGIT POINT DE DIRE CE QUE NOUS ETIONS OU PAS, IL S'AGIT DE NOUS FAIRE RESPECTER EN GUINEE COMME DES CITOYENS AYANT LES MEMES DROITS ET DEVOIRS QUE TOUS LES AUTRES. PAS DE RECREATION....
Mohamed SOW02/09/2011 06:26:19
Monsieur Mandémory Diané, vous avez posé des questions à l’auteur de cet article. Je me fais un porte-parole volontaire pour donner quelques informations. Savez-vous d’où viens la mélodie de l’hymne nationale de la République de Guinée ? Je suis certain que vous ne rêviez même pas que notre hymne vient de l’ode chantée par des griots mandingue au Roi du Fouta Théocratique. L’homme qui enregistra cette chanson en 1949 à la maison de disque et production ‘’PARIS CHANSON’’ FUT LE MËME QUI TRANSFORMA CET ODE EN NOTRE HYMNE NATIONALE. Il était une fois KEÏTA Fodéba. L’homme qui donna tout à son Pays grâce au pacte de sang qui le liait à Ahmed Sékou Touré. Il donna son hôtel particulier à Paris pour Ambassade. Il exécuta toutes les atrocités ordonnées par Sékou Touré qui fini par le trahir et le tuer. Pour mieux vous renseigner, donnez-vous la peine de taper Fodéba Keïta sur Google et lisez attentivement. Malgré tout, lui c’était un homme intègre comme l’avait été son père. Alors si vous ne voulez pas des Peulhs, il faut changer d’hymne nationale car le vrai texte de cette mélodie est comme suit, je cite : BË MANKAN, BË MANKAN !!! ALIFA YAYA MANSALOU BÊ MANKAN . WOLELE KA GNADJI BÔOOOO PULLOOO PULLOOOO, ALIFA YAYA FULALU BËMANKAN’’. (Il n’y a pas d’égal, il n’y a pas d’égal, Alpha Yaya n’a pas d’égal parmi les Rois, C’est ce qui fait verser des larmes. Foula, foula !!!! Alpha Yaya n’a pas parmi les Foula…). Salutations fraternelle d’un guinéen dont le père est peulh, la maman Soussou et la grand’mère maternelle Malinké.) L’avenir radieux de la Guinée réside dans l’entente et le partage. Ce n’est certainement pas Angbansnlé.
citoyen du foutah02/09/2011 21:35:58
Merci Al, le film en question est un documentaire tourné en amerique et qui raconte l'histoire d'un ancien prince de timbo vendu en esclavage et envoyé en amerique comme esclave,son nom le prince abdoulrahmane,le documentaire est dispnible sur les sitweb suivant :pbs.org et chapters indigo je le recommende a tous mes freres et soeurs pour qu'ils comprennent que notre foutah djallon etait deja un grand pays bien organisé avant l'arrivée des colons blancs chez nous,lorsque vous regarderez ce documentaire vous verrez que nos ancetres au foutah djallon se consideraient meme superieur a ces gens qu'ils qualifiaient des barbares.c'est pas moi qui l'invente ici mais les historiens dans le documentaire.oh ps le titre du documentaire est: A prince Among slaves. merci
BAH ALPHA04/09/2011 14:41:25
SALUT MR BARRY.

JE SUIS VRAIMENT TRES CONTENT DE CET ARTICLE SUR LE FOUTA QUE NOUS AVONS TANT BESOINS. MAIS J'AI BESOINS DE QUELQUES ECLAIRECISSEMENT:

DANS LE LIVRE DE THIERNO DIALLO INTITULER "ALPHA YAYA ROI DE LABE"; IL EST DIT QUE ALPHA IBRAHIMA OU KARAKOKO ALPHA MO LABE ETAIT LE PERE DE ALPHA YAYA.

JE VOUDRAIS SAVOIR SI C'EST LE MEME KARAMOKO ALPHA QUE VOUS NOUS PARLEZ ICI.SI OUI ; QUANT ET COMMENT A T-IL RESIDE A TIMBO? PARLER NOUS UN PEU DE SON EDUCATION A KANKAN.ET SI POSSIBLE PARLER NOUS UN PEU DE L'EPOPE DE THIERNO SAMBA MOMBEYA DANS LA TRANSLATION DU SAINT CORAN EN LANGUE POULAR.

MERCI CHER FRERE