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In Memoriam: Adieu, mon cher Gouspin !2011-09-11 18:38:05 J’ai appris avec stupéfaction et une douleur indicible la disparition brutale d’Almamy Ibrahima Barry, décédé le mardi, 6 septembre 2011, à la clinique Sainte-Marie d’Abidjan en Côte d’Ivoire, des suites d’une crise cardiaque fulgurante, dans sa 66ème année. C’est une perte cruelle et irremplaçable pour l’ensemble de la communauté guinéenne. Un homme exceptionnel s’en est allé, qui n’a malheureusement pas eu l’opportunité de donner la pleine mesure de ses remarquables capacités. Nous étions arrivés au Lycée Classique et Moderne de Labé au lendemain de l’indépendance de la Guinée, à la fin d’octobre 1958, à l’âge de 12-13 ans. A l’époque, on allait au lycée et à l’internat dès la première année de collège. D’entrée, il avait formé un trio indissociable avec deux autres de nos camarades, Doura Diallo, le futur « Shaft », décédé en 2009 à Paris, et Sow Souleymane « Sorel », qui sera, comme lui, haut fonctionnaire à la BAD, la Banque Africaine de Développement. On n’a jamais vraiment su comment il a reçu le surnom de Gouspin. Mais, il l’avait adopté et assumé officiellement. Il se marie alors avec une compatriote malienne, Aimée, et décide aussitôt de rentrer en Afrique. « En Europe, on vit dans l’anonymat total, sans aucune identité sociale », me confiait-il à son arrivée à la BAD à Abidjan, en 1973. Il tenait à mettre ses compétences au service du développement du continent. En reconnaissance de l’affirmation de son efficacité et de ses qualités professionnelles, il gravira bien vite tous les échelons de la hiérarchie au sein de cette grande institution, jusqu’au rang de Représentant résident de la BAD à Rabat au Maroc pour toute la région Afrique du Nord, puis à Yaoundé au Cameroun pour toute l’Afrique centrale, ensuite à Addis Abeba en Ethiopie auprès de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), de l’OUA et du Gouvernement éthiopien, avant d’achever sa carrière au sommet de la Banque à Abidjan, juste aux côtés du président de celle-ci, Babacar N’Diaye. Descendant en droite ligne de Karamoko Alfa mö Timbo, fondateur de l’Etat théocratique du Fouta Djallon au XVIIIème siècle, il incarnait les valeurs inaliénables et universelles de nos aïeux. On le voit bien dans le mémorable « Message d’espoir » qu’il avait adressé à la nation guinéenne, à la veille de l’élection présidentielle de 2010 et dans lequel il dressait le portrait du Président dont la Guinée avait besoin. Il avait, à cette occasion, créé un parti politique, le Front Patriotique Guinéen (FPG). « La Guinée a besoin, écrivait-il, d’un homme :
L’homme que nous avons aujourd’hui à la tête de la Guinée est aux antipodes de celui qui est ainsi décrit. Cet homme-là qui navigue à vue, sans aucune perspective, sans une vision à long terme, va tout droit dans le mur et en klaxonnant. Pauvre de nous ! Je déplore amèrement que des hommes comme Almamy Ibrahima Barry n’aient pas pu accéder aux commandes de l’Etat pour « répondre, disait-il, aux aspirations des Guinéens et satisfaire leurs espérances par la mise en œuvre de mesures concrètes immédiatement perceptibles. » Le Très-Haut en a décidé ainsi. Puisse-t-Il l’accueillir en son sein et au royaume des bienheureux. Qu’il repose en paix au cimetière de Mamou où il a été inhumé ce 10 septembre 2011. Je présente mes condoléances attristées à sa femme Aimée, à leurs quatre enfants, à toute la famille et à toute la nation guinéenne endeuillée. Alpha Sidoux Barry
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