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2011-09-20 14:10:16
C’est en lisant un site guinéen que l’idée d’écrire sur notre culture m’est venue à l’esprit. Dans un article, un discret internaute bien passionné lançait un appel à d’autres internautes, pour écrire sur notre culture et notre histoire pour mieux nous comprendre. Que ce monsieur internaute sache, que sa vision est l’objet de toutes mes effusions reconnaissantes.
Le principe de notre identité passe par la réévaluation de notre culture. Déchiffrons notre culture et demeurons conscients de nos sentiments communs et des expériences vécues par notre peuple au cours de son histoire.
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| Source Foutah découverte / Une merveille architecturale de l’art de bâtir au Foutah |
Les deux monuments culturels à restaurer se trouvent à Dalaba, sur le haut plateau du Foutah-Djalon, ce formidable terroir aux montagnes vierges et refuge d’abondance, en République de Guinée, en Afrique de l’Ouest. Le Foutah-Djalon bénéficie d’un climat tempéré et relativement très sain. La chaleur au Foutah est supportable par rapport au Sahel et dans le voisinage de la côte.
La case des palabres et la villa Janine sont des échantillonnages charmants des merveilles architecturales. C’est un exemple d’habileté de construire du génie de nos pères qui sont réjouissants d’admirer
La visite de ce site précieux est incontournable pour tout chercheur de la protection suivie de notre histoire, ou qui s’intéresse à cet endroit rempli d’événements historiques. Le site fonde une référence idéale pour les passionnés d’histoire de notre pays. La villa Janine et la case des palabres sont un témoignage de richesse culturelle, accompagnées de perfection qui n’a pas de nom. Ce sont des joyaux patrimoniaux uniques, une curiosité riche de tradition.
Janine était le nom de la fille d’un ancien gouverneur général de l’Afrique occidentale française. La villa a eu la fonction de résidence de vacances du gouverneur de l’AOF (Afrique occidentale française), dont le siège était à Dakar (Sénégal). La villa Janine a servi aussi comme villa de séjour au chef de l’état, lorsque celui-ci séjournait à Dalaba.
La case des palabres se situe à environ deux cent mètres de la villa Janine. Elle est construite en 1936. Elle est par ailleurs admise sur la liste de l’UNESCO comme patrimoine de l’humanité. On l’appelle case des palabres, parce qu’autrefois c'est dans cette case-là, que les chefs des provinces (des Diiwe) du Foutah-Djalon et d’ailleurs se rencontraient avec les colonisateurs pour palabrer sur le sort de la colonie.
De l’extérieur de la case des palabres à la hauteur de la porte d’entrée et à l’intérieur de l’édifice, on voit des gravures sur le mur et sur le sol, ces gravures nous montrent un peuple avec sa culture comme moyen d’expression originelle et originale de son temps, il est reproduit les mains d’un personnage portant le saint coran et bien d’autres symboles. Ces symboles sont là, soit pour implorer le pardon d’Allah, clément miséricordieux, ou pour représenter les imagés d’autre chose de notre culture. La finesse de ces gravures est frappante, cependant assez abîmées par manque d’entretien. Il est gravé sur le mur la référence de chacun des chefs de provinces. L’ornement symbolise l’épigraphe du pouvoir de chaque chef de Diiwal.
Ainsi, on peut résumer qu’à l’intérieur de la case des Palabres, on ne voit tout autour que de gravures qui décorent les murs et le sol. Les gravures forment des figures géométriques diverses qui se joignent les unes sur les autres pour former une mosaïque rare dans sa catégorie. Rien n’est gravé au hasard, chaque illustration interprète une signification symbolique. Ces marquants symboles témoignent l’art de gravure le plus habile qui existe.
Lors des assises des dignitaires locaux et d’ailleurs avec les colons, chaque chef de Diiwal s’asseye dans une chaise spéciale placée devant son étendard du pouvoir gravé sur le mur. Cette chaise est sculptée à partir d’un bois compact particulier.
A l’accoudoir de chaque chaise est taillé un ornement correspondant au symbole de souveraineté du chef de province. Les ornements sont souvent spécifiés par des animaux tels que le cheval, la panthère, le lion etc.
Il est à signaler que le chef de province de Bodjé avait l’étoile de David comme signe. Pour quoi cette étoile ? Les explications, sur ce sujet, sont diverses. En tout cas, des apologues disent que, le chef de province de Bodjé était issu de la congrégation des chasseurs. Et, il était conservateur de ressources inspirées.
Au milieu de la case est placée la table de palabres autour de laquelle les colons prenaient place. Il paraît qu’il y a eu dans cette case, des assises pour préparer l’avènement de la République de Guinée à sa souveraineté nationale.
Malheureusement, la plupart du mobilier de la villa Janine et de la case de palabre a été victime des chasseurs au trésor. Une partie de l’ameublement est encore disponible pour témoigner ce passé glorieux de notre histoire.
Actuellement les lieux à l’abandon sont gardés par deux modestes messieurs (ils n’ont pas de salaire depuis la fin de la première république). Ils répondent aux noms de modi Sow et de modi Ly. Ils jouent de personnes de guide pour cet endroit mémorable. Selon nos deux bénévoles, la première république prenait parfaitement conscience de l’importance de la case des palabres. Une maintenance générale de l’intérieur et de l’extérieur de la case se faisait tous les six mois.
Les dégâts avancés du site sont frappants pour chaque visiteur. Nous devons sauvegarder la dimension culturelle de cette période historique du pays, et aider nos deux volontaires qui travaillent sur les lieux. Il faut les applaudir pour leur civisme.
Je pense qu’il est fondamental de réhabiliter ces lieux chargés d’histoire de notre pays, avant que trop tard ne joue son rôle, car le site remémore fidèlement son importance dans notre héritage culturel magnifique. Ce vestige à signification historique peut s’enorgueillir d’un patrimoine culturel de haute qualité.
Le site offre une coulisse extraordinaire pour comprendre l’histoire du pays, et l’art de bâtir de ses habitants. Il reste un symbole de souvenir très précieux. Ainsi, ce site nécessite calmement d’être réhabilité. Le lieu peut offrir aux visiteurs, certains aspects attrayants de la culture du pays. Je lance un appel d’aide à toutes les bonnes volontés, afin de prendre les mesures nécessaires à la réhabilitation de ces lieux. C’est pour en faire un point d’escale obligé pour tous ceux qui s’intéressent à la culture et à l’histoire de la guinée. Puis, surtout protéger notre patrimoine culturel historique. Alors monsieur le ministre de la culture, en même temps que toutes les bonnes volontés, faîtes quelque chose très rapidement.
Je vous salue et à bientôt
Moussa Bella, Barry
VOS COMMENTAIRES | |
| Kadia Sacko | 21/09/2011 12:19:15 |
| Monsieur Barry; je crains que le ministre de la culture n'entende pas votre appel car cela concerne le Fouta. Votre article me donne l'occasion de dire qq mots sur la réaction de certains peulhs quand Alpha a créé un centre de recherche mandingue basé à Kankan; à l'université.Je ne lui en veux pas pour cela,car comme disent les peulhs vouloir pour soi n'est pas dénier aux autres, même si on sait qu'il n'est guidé que par l'idéologie ANGBANSANLE.Mais là il nous donne un bon exemple à suivre, nous peulhs. Pour une fois il ne s'agit pas de force physique, mais de cerveaux, de recherche. Alors cessons de nous lamenter et nos savants et intellectuels peuvent se mobiliser par exemple sous le parapluie de IMMITTAL pour entreprendre la même chose.Nous avons des gens connus et inconnus tels que les Sy Savané, les Thierno Monénembo,les historiens comme Barry,etc....Alors créons un centre de recherche de la civilisation peulhe; nous aurons des contributions intellectuelles et financières de partout même des savants juifs puisqu'il semble que nos ancêtres ont cette souche. En tout cas pas de lamentations dans ce domaine Mr Barry nous montre juste l'exemple de Dalaba.La seule chose que je reprocherais au GRIMPEUR, c'est qu'il est entrain d'utiliser des institutions publiques(Ministère chargé de la recherche et Université de Kankan)et des fonds publics pour promouvoir son ethnie. C'est l'usage des moyens appartenant à tous les Guinéens qu'il met au service des malinkés seuls. C'est un détournement de biens publics. | |