 Comment analyser les résultats des négociations 2011 entre le FMI et le Gouvernement Guinéen ?
2011-09-24 14:01:20
Par Sékou Falil Doumbouya
Le gouvernement guinéen a décidé de réduire très rapidement son déficit public et de relancer l’activité. La lettre d’intention du Gouvernement au FMI, en date du 30 juin 2011 (elle peut être téléchargée sur le lien : http://www.imf.org/external/np/loi/2011/gin/fra/063011f.pdf), prévoit une réduction du déficit public (primaire) de 13% du PIB en 2010 (-3 411 milliards de FG) à 2% du PIB en 2011 (-663 milliards de FG ) et une accélération de la croissance de l’activité économique au rythme de 4% en 2011. Le gouvernement s’engage ainsi de réduire de 2 748 milliards de FG en une année son déficit public. La question centrale est la possibilité de relancer l'activité et en même temps réduire rapidement le déficit public. En règle générale, un pays qui veut réduire rapidement son déficit public est confronté à l'affaiblissement de sa croissance ou même au recul de son activité. Le recul de l'activité peut aller jusqu'au point où il n'est plus possible de réduire le déficit public.
Il est donc très important que le Programme Economique du Gouvernement montre aux agents économiques privés (et aux créanciers de la Guinée) comment et pourquoi il va obtenir un supplément de croissance tout en réduisant rapidement le déficit public.
On peut commencer par explorer, dans le contexte actuel de l’économie guinéenne, l’efficacité des pistes qui permettent de compenser l’effet négatif de la réduction du déficit public sur la croissance et analyser la préférence/perception du gouvernement. La littérature de recherche économique permet de compter sur les pistes suivantes :
- la politique monétaire ;
- la dépréciation du change ;
- la modification du comportement privé de consommation et d’investissement ;
- la réorientation des finances publiques
Piste # 1 : politique monétaire expansionniste
Au moment où la demande intérieure est réduite par la réduction du déficit public, le crédit bancaire peut soutenir les composantes de la demande intérieure telles que la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Cependant, dans une situation où les banques ont une aversion élevée pour le risque (faiblesse du nombre de ménages disposant de titres fonciers, asymétrie d’information sur la comptabilité des entreprises, difficultés de recouvrement), la politique monétaire expansionniste n'arrive pas à faire repartir le crédit, donc est inefficace.
Injecter des liquidités supplémentaires dans le bilan des banques ou baisser le taux directeur de la BCRG ne servirait à peu près à rien en termes de relance du crédit. Cette piste ne peut donc expliquer pourquoi et comment on peut espérer un supplément de croissance.
Dans le contexte de l’excès de liquidité du système bancaire et des objectifs de la stabilisation du franc guinéen (l’excès de liquidité peut inciter les banques à acheter des actifs comme les devises), les autorités ont plutôt une préférence pour une politique monétaire restrictive depuis le 23 mars 2011 : (i) le taux des réserves obligatoires des banques est passé de 9,5% à 17%, (ii) le taux directeur de la BCRG est passé de 16,75% à 22%.
Piste # 2 : dépréciation du taux de change
La réduction rapide du déficit public peut être grandement facilitée par la politique de dépréciation du changecar celle-ci peut soutenir le commerce extérieur (composante de la demande intérieure) au moment où la demande intérieure est réduite par la réduction du déficit public.
Mais aujourd’hui :
- d’une part, les contraintes d’offre (déficiences des infrastructures énergétiques et de transport notamment, petite taille des entreprises) limitent la réaction de l’offre de production exportable des entreprises aux incitations créées par la dépréciation du franc guinéen pour l’accès des biens et services guinéens sur les marchés d’exportation
- d’autre part, beaucoup de produits importés ne sont pas fabriqués en Guinée, dont de nombreux biens de consommation, de pièces pour l'industrie, de l'électronique.
Cette piste n’est pas utilisable pour répondre à la question centrale.
Piste # 3 : Modification du Comportement de consommation des ménages et d’investissement des entreprises
Il s’agit de savoir si l'on peut espérer que lorsqu'on réduit les déficits publics, les ménages guinéens se mettent à consommer davantage, c’est-à-dire la consommation privée va compenser partiellement la baisse de la demande publique. Plus généralement, cette piste consiste à espérer que lorsqu'on réduit les déficits publics, la pression fiscale anticipée par les agents économiques (ménages et entreprises) pour le futur sera elle-même réduite, et que ceci conduira à une stimulation immédiate de la demande puisque les revenus futurs seront plus élevés. La théorie économique expliquant cette baisse de l’épargne privée (c’est-à-dire hausse de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises) est connue sous le nom de « neutralité ricardienne ».
Cette piste marque une préférence du gouvernement. Selon l’annexe 1 de la lettre d’intention du gouvernement (Mémorandum de politique économique et financière), il a renégocié le 22 avril 2011 un accord avec la société minière Rio Tinto sur une concession de minerais de fer qui s’est traduit par un versement de 700 millions de dollars EU à l’Etat (équivalent à 15 pourcent du PIB) le 4 mai 2011.
Si l’on peut espérer un signe d’apparition de la neutralité ricardienne dans le cas de Rio Tinto (il y a une reprise d’investissements suite à l’accord signé avec le gouvernement), d’autres facteurs s’opposent à leur apparition en 2011 :
- L’épargne des ménages guinéens est déjà à un niveau faible
- nombreux investisseurs, notamment dans le secteur minier, attendent la nouvelle réglementation (dont le nouveau code minier et ses textes d’application, la limitation du capital étranger dans certains secteurs, etc.) et la finalisation de la transition politique pour prendre des décisions d’investissement.
Piste # 4 : modification de la structure des finances publiques
Si on ne peut compter sur la politique monétaire, la dépréciation du change, la neutralité ricardienne, il semble qu'il reste l'idée d'une modification de la structure des finances publiques. Pour réduire de 2 748 milliards de FG le déficit public de la Guinée, tout en recherchant un objectif de croissance économique allant jusqu’à 4%, on est obligé d’avoir :
- une réduction des dépenses ou une hausse des impôts qui n'ont pas d'effet sur la croissance de long terme. Que sont-ils ?
- Une hausse des dépenses publiques qui soutiennent la croissance potentielle et une baisse des impôts qui la freinent. Lesquels ?
Le mémorandum de politique économique et financière du Gouvernement donne une liste précise des mesures « volontaristes » de réduction du déficit public.
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Mesures volontaristes
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Résultats attendus (en milliard de FG)
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RECETTES
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646,5
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Recouvrement sur exercice clos
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50
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Relèvement des droits d’accise sur les boissons alcoolisées
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0,5
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Recettes pétrolières (ajustement des prix des produits pétroliers sur le taux de change et le coût des importations)
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480
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Elargissement de la liste des produits soumis à vérification avant embarquement
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21
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Relèvement de la surtaxe sur les tabacs
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15
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Renforcement du contrôle des importations minimum des sociétés minières et sous-traitants bénéficiant d’exonérations
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30
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Prélèvement sur le fuel lourd
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16
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Interdiction des exonérations ad hoc
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50
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Alignement TEC farine et huile alimentaire
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-16
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DEPENSES
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-664
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Suspension/Renégociation des contrats signés en 2009-2010
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-660
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Accompagnement des mesures sur les produits pétroliers
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80
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Réduction de l'embauche prévue dans le secteur public
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-5
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Réduction des dépenses achats véhicules, carburants et missions extérieures
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-79
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TOTAL DES AJUSTEMENTS « VOLONTARISTES »
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1 310
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Source : http://www.imf.org/external/np/loi/2011/gin/fra/063011f.pdf
Ces mesures volontaristes « ex-ante » se chiffrent à 1 310 milliards de FG. Pour les 1 438 milliards de FG restants (2748-1310) de réduction du déficit primaire, le gouvernement compte beaucoup sur les recettes liées à la croissance (via le jeu des stabilisateurs automatiques). Ceci soulève la question de l’utilisation d’une hypothèse de croissance réaliste. Le gouvernement retient une hypothèse de 4%.
Il paraît donc important que le gouvernement puisse avoir un principe ou un fil directeur pour identifier la liste des mesures volontaristes de réduction du déficit public. La liste devrait être précédée d’une analyse économique sérieuse en sélectionnant des mesures qui vont réduire le déficit public sans accroître les impôts qui freinent la croissance ou sans couper les dépenses nécessaires à cette croissance. La liste actuelle répond elle à ce principe ? 
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VOS COMMENTAIRES | Mr Doumbouya, vous oubliez un peu trop rapidement que le document que vous citez en lien est une lettre d'intention du gouvernement guinéen (point de vue guinéen en Juin 2011), alors qu'existe la rapport du FMI de Juillet 2011. C'est là : http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/scr/2011/cr11251f.pdf
Je fais cette précision, parce que vous ne faites aucune critique des propositions du gouvernement (sauf si vous êtes en accord avec elles), alors que les mesures de réduction des dépenses ne sont que des voeux pieux. C'est Alpha Condé lui-même qui finance les militaires burkinabés, qui a doublé le salaire des militaires (100%), et qui a supprimé l'impôt de capitation. Du reste, même avec l'augmentation des impôts (notamment les taxes douanières qu'on omet de préciser à la population pour mieux stigmatiser les commerçants), il reste encore un déficit important et le gouvernement compte sur l'aumône internationale pour le combler. Il aurait donc fallu le préciser aux Guinéens, puisqu'on arrête pas de leur dire que la Guinée est souveraine. Elle finance seule ses élections parait-il, mais va mendier ensuite pour nourrir sa population.
Les articles techniques sont ésotériques pour le commun des mortels, et il faut en tirer la substance concrète, donc faire oeuvre de pédagogie pour un maximum d'internautes. | L'article très intéressant de M. DOUMBOUYA peut effectivement être perçu comme technocratique, mais pas ésotérique. Cependant, il laisse nettement comprendre que le gouvernement guinéen ne pourra pas tenir ses engagements. Il ne l'écrit pas ouvertement, mais le suggère. Il y a donc une vraie critique des hypothèses du gouvernement. Mais la manière de la formuler reste académique, et donc incompréhensible pour le commun des internautes.<br />
<br />
fraternellement | | L'article est très intéressant et le jugement de Monsieur Gandhi ressemble beaucoup à un préjugé. L'auteur a posé la question de savoir comment est-ce que le gouvernement entend-il réduire le déficit public tout en misant sur croissance positive de 4% en 2011. Puis, il a démontré que sur les quatre pistes disponibles dans la littérature économique, le Gouvernement Guinéen ne peut compter pas aboutir au résultat escompté à travers ses politiques monétaire et de change, en raison, d'une part, du sous-développement du système bancaire et, d'autre part, de la quasi-inexistence d'exportations pouvant bénéficier d'une éventuelle (sur)dépréciation du GNF par rapport aux grandes monnaies de référence. De même, l'auteur rappelle que le Gouvernement ne peut raisonnablement compter sur une relance (mot inapproprié) de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises. Il estime, en conclusion, que la seule piste que le Gouvernement peut emprunter passe par des mesures fiscales et budgétaires. Puis, il nous liste les mesures ''volontaires'' que le Gouvernement s'est engagé à prendre pour à la fois réduire le déficit budgétaire et escompter une croissance de l'ordre de 4%. Enfin, il pose la question de savoir, au-delà, du catalogue de bonnes intentions, quelle est très concrètement la ligne de conduite du Gouvernement. En d'autres, quelle est la vision à court-terme du Gouvernement? Si une telle vision existe, le catalogue de bonnes intentions adressé au FMI est-il suffisant? Est-il le bon? L'auteur ayant écarté trois pistes sur quatre de concilier réduction drastique du déficit budgétaire et croissance positive de l'ordre de 4%, on peut présumer qu'il a des doutes raisonnables sur la faisabilité des prévisions du Gouvernement. En concluant par un point d'interrogation, il cherche sans doute à recueillir les avis d'autres économistes sur la question centrale qui est, je le rappelle, la possibilité de réduire drastiquement le déficit public à travers des mesures fiscales et budgétaires tout en escomptant une croissance économique de l'ordre de 4%. N'étant pas économiste, je ne pourrai répondre à la question. | Oumar, l'économie est l'une de mes spécialités (et je suis prof dans cette discipline), ce qui ne m'autorise pas à enfumer les lecteurs en leur parlant avec un langage technique que peu de gens liront ou comprendront. C'est d'ailleurs pourquoi, je n'a rien produit en ce sens pour le moment, car je m'efforce ponctuellement de désacraliser l'économie. Si c'est un article technique, ce n'est pas ici qu'il faut le poster, voilà ce que j'ai dit à l'auteur. Mr Sy Savané ci-dessus me rejoint partiellement sur ce point.
La meilleure preuve, c'est d'une part, que vous vous sentez obligé de traduire ce texte (à l'attention des profanes ou pour montrer votre compréhension ?), et d'autre part, que vous reconnaissez à la fin qu'il n'est pas opérationnel, puisque vous n'êtes pas capable de répondre aux questions. Cela fait donc peut-être travailler votre matière grise, mais c'est tout, cela ne vous indique pas si le gouvernement va obtenir des résultats ou pas. Aujourd'hui, si on se pose des questions sur la démarche du gouvernement en matière économique, on attend des commentateurs, qu'ils expriment leurs suggestions sur une conduite à tenir, qu'ils soient en phase ou non avec le gouvernement. Ce qui permettra de répondre à des questions simples : comment améliorer le pouvoir d'achat ? En combien de temps, les problèmes de l'eau et de l'électricité peuvent être résolus ? Pourquoi l'agriculture doit-elle être prioritaire ? etc...
Je n'ai pas entendu grand monde répondre à ces questions, et encore moins le gouvernement qui serine barrage chinois, comme si cette solution était le miracle au problème, et tout en éludant les problèmes de financement, la Guinée ne pouvant pas emprunter.
Enfin, sauriez-vous m'expliquer votre définition de préjugé, car je pense être clair sur tout ce que je dis (même si sur le fond, les gens peuvent ne pas être d'accord), et je n'utilise pas de faux-fuyants ? Encore une fois, si vous avez compris le texte, peut-être n'avez-vous pas compris mon commentaire !
La 4ème partie du texte ci-dessus prévoit une réduction des dépenses et une augmentation des impôts. Je rappelle donc utilement qu'AC non seulement n'a pas réduit les dépenses, mais les a même augmentées. De même, il n'a pas augmenté les impôts (supprimant même l'impôt personnel), mais les taxes douanières qui touchent tout le monde.
En poursuivant sur la lancée, on pourrait donc en déduire que sa seule marge de manoeuvre, compte-tenu de la situation guinéenne, et dont il n'est pas responsable pour certains aspects, a été sacrifiée par pure démagogie. Un homme d'État n'est pas là pour faire plaisir à tout le monde, mais pour redresser les comptes de la nation et surtout engager le pays sur la voie de la croissance (seule possibilité d'obtenir le développement économique). | Mon cher Gandhi, je trouve qu'il n'y a aucun intérêt à montrer aux autres qu'on a compris un texte. Ce serait perdre son temps que de s'y adonner. Je voulais, à travers ma contribution, réaliser deux objectifs.
Premièrement, attirer votre attention et celle d'autres lecteurs, sur le fait que l'auteur semble avoir des doutes assez fondés sur les résultats visés par le Gouvernement; et que la seule piste qui a priori pourrait être empruntée est elle-même cahoteuse.
Deuxièmement, attirer votre attention et celle des économistes ou des familiers des politiques publiques - et donc pas de celle des lecteurs lambda dont je fais partie - sur la question posée par l'auteur et qui, de mon point de vue, s'adresse exclusivement à ceux qui sont réellement équipés en connaissances économiques.
Pour le reste, je me suis peut-être trompé sur la perspective que vous aviez adoptée et je m'en excuse.
Bien à vous. | Quelques précisions pour M. Gandhi et pour les internautes :
- La lettre d’intention au FMI est juridiquement un document du Gouvernement. Dans les faits, son contenu est un résultat de négociation (de plusieurs semaines/mois) entre la Direction du FMI et le Gouvernement du pays concerné. Je crois que la négociation du document guinéen de juin 2011 a commencé depuis le début de l’année mais il n’a été conclu que récemment (faute d’un accord en début d’année). Ce document et le rapport des services (Direction) du FMI qui l’accompagne doivent maintenant être soumis au Conseil d’Administration du FMI pour l’approbation de la demande de crédits du gouvernement. En général, si la Direction du FMI n’est pas d’accord avec la lettre d’intention, elle ne l’appuie pas devant le Conseil.
- Certains travaux d’économistes n’aboutissent pas toujours à des propositions imposantes concrètes et opérationnelles. Cela peut être frustrant pour les utilisateurs mais c’est peut être mieux pour la démocratie. Je crois qu’il faut inscrire le travail d’économistes dans un processus visant à (i) aider à identifier les questions centrales et sensibiliser l’opinion sur leur importance, (ii) confirmer/infirmer la validité de certaines questions à l’aide de données, d’analyses et de recherche, (iii) recueillir par les consultations les points de vue des parties prenantes intéressées sur les questions soulevées, (iv) faciliter la formation de consensus sur le traitement à réserver aux questions soulevées. Très souvent, les interventions d’économistes se situent dans une de ces étapes sauf à les confier la gestion de tout le processus.
- Si l’identification des questions centrales est un processus technique/académique, qui résulte souvent du débat entre économistes, il convient d’être pédagogique pour la sensibilisation lorsqu’on porte le débat entre responsables politiques ou entre internautes. Je partage votre observation sur ce point ainsi que les commentaires fraternels de M. Sy Savané et Oumar.
- Entre 2010 et 2011, le déficit primaire a été réduit et non éliminé. La prévision du déficit primaire en 2011 est de 663 milliards de FG (2% du PIB). A cela il faut ajouter le paiement des intérêts de la dette et les dépenses d’investissement sur financement extérieur pour aboutir à un déficit global prévisionnel de 1963 milliards (hors dons) (5,9% du PIB) en 2011 contre 3 894 milliards de FG (14,6% du PIB) en 2010. Le rapport des services du FMI cité par M. Gandhi donne des chiffres précis sur le financement identifié du déficit et le montant à rechercher. Il y a assurément un problème de liquidité.
- Le problème économique (solvabilité) dans la négociation avec le FMI devrait être distingué du problème financier de bouclage du budget (liquidité). Dans un contexte où les autres politiques ne sont pas disponibles (monétaire, dépréciation du change, relance de la consommation et de l’investissement privés), le débat économique est le suivant : (i) quel est l’objectif raisonnable pour le déficit public et à quelle vitesse faut-il aller vers cet objectif ? (ii) faut-il réduire les dépenses publiques (lesquelles) plutôt qu’augmenter les impôts pour réaliser l’objectif de croissance que l’on se fixe? (iii) si on augmente les impôts, lesquels faut-il de préférence augmenter, pour minimiser l’effet négatif sur la croissance, aussi bien à court terme qu’à long terme ? Le gouvernement a proposé sa liste (les 1310 milliards de FG de mesures volontaristes ou mesures nouvelles en 2011 par rapport à 2010) pour répondre à ce débat de son point de vue. Le choix de la liste finale doit être un choix démocratique dans une démocratie. On suppose que le CNT en a discuté. Il était aussi souhaitable d’organiser des consultations publiques. Comme les participants dans une démocratie doivent être informés pour mieux éclairer leurs décisions, les services de recherche économique du Gouvernement auraient du publier leurs conclusions et hypothèses ou d’autres services (guinéens ou étrangers, publics ou privés) auraient pu être consultés pour aider à organiser le processus (de sélection de la liste) au cas où des problèmes de capacité existent dans l’administration. | Mr Doumbouya, puisque vous dirigez une ONG spécialisée dans les problèmes de développement que je viens de découvrir, je vous suggère - si vous avez le temps et l'envie - d'ouvrir la possibilité à des économistes d'y poster des textes à finalité économique, où différents intervenants, spécialistes des questions (Doyen Ansoumane Doré, Maligui Soumah, Karamo Kaba, Ali Badara Dioubaté, Mamadou Billo Sy Savané ...), tous ceux que j'oublie (pourquoi pas Ousmane Kaba ?) et évidemment toute personne intéressée, pourraient y exposer leur point de vue sur la Guinée. On sait que les questions économiques pourtant primordiales, intéressent peu le grand public, alors qu'aujourd'hui - ils ne le savent peut-être pas - ce sont pourtant les contraintes et/ou opportunités économiques qui dictent la politique au sens large. Votre ONG me parait une excellente initiative, et si vous n'avez pas d'influence actuelle sur la politique économique (?), il n'est pas dit que vos travaux resteront à jamais inutiles. Vous n'êtes pas sans savoir que même en matière macro-économique, on tend à se spécialiser de plus en plus.
Pour être concret et à la portée de tous, il est nécessaire de rappeler que le CNT qui ne comprend pas forcément de spécialistes de ces questions, a été bousculé, non seulement pour adopter le budget dans des délais raccourcis, mais en outre contraint, puisque les conseillers ont voté le budget à mains levées (ce qui est proprement scandaleux, anti-démocratique, tout en rappelant de sombres pages de notre histoire).
Sur le fond et pour faire court, les députés ont manqué d'imagination et de courage pour réduire le train de vie scandaleux de 50000 personnes (les forces de sécurité au sens large), qui absorbent à eux seuls 30 à 50% du budget. Quant à un impôt personnel, il serait intelligent d'en créer un - si indolore soit-il dans l'immédiat -, en vue de faire reposer à plus long terme le budget de l'État sur des ressources nationales, et non sur l'aide internationale. | | Mr Gandhi, je ne comprend pas trop bien vos commentaires face à cet article. J'essaye de l'analyser de deux manières. En 1) vous êtes administrateur ou journaliste de guineepresse.info: et j'estime en ce moment que c'est la politique de votre site et que votre cible c'est uniquement les gens ordinaires comme moi qui ne soit pas capables de donner un sens à des papiers de recherche, tout en reconnaissant tout l'effort de cet auteur à rendre accessible son analyse même aux profanes. En 2) vous êtes simple internautes comme moi qui soit juste très actif et en ce moment je ne vois pas en quoi vous êtes bien placé pour faire le choix de ce qui ou pas doit être publié sur ce site. Moi, bien que pas économiste comme tu cherche à nous faire comprendre ai bien compris l'analyse de cet auteur qui donne sa contribution dans la recherche d'une meilleure solution permettant au gouvernement de réduire le déficit tout en donnant un coup d’accélérateur à la croissance. Je crois que c'est un débat qui est ouvert, il ne cherche en aucun cas, du moins selon ce que je lis, à justifier la politique gouvernementale, mais plutot d'ouvrir une brèche afin de permettre à d'autres personnes de contribuer à l'amélioration de cette politique. | Je voudrais saluer ici l’auteur de l’article et les diverses personnes qui ont pris par t au débat jusqu’à présent.
Je suis d’accord sur le fait que l’article est un peu technique mais en même temps il renferme beaucoup de notions qui relèvent aujourd’hui du vocabulaire quotidien. On en rencontre dans les presses écrites et audiovisuelles. Ceci dit, ce débat pourrait continuer sur le site du GRADES.
À la lecture de l’article de M. Doumbouya, il apparaît que les hypothèses budgétaires du Gouvernement sont peu (ou pas) réalisables - réduire le déficit public (primaire) de 13% du PIB en 2010 à 2% du PIB en 2011 – par rapport à l’objectif de croissance qu’il se fixe à atteindre - 4% en 2011. Ce constat est renforcé par l’absence de détails sur les mesures à mettre en place pour y arriver; ce qui pose des inquiétudes voire des doutes sur la capacité de réalisation des objectifs.
J’ignore les dernières statistiques sur la mobilisation des ressources fiscales en Guinée mais, en me basant sur la part des recettes fiscales en Afrique subsaharienne (autour de 20% en moyenne, sans l’Afrique du Sud), j’estime que celle de la Guinée devrait être des plus faibles (entre 15 et 17%). Tout simplement parce que les recettes fiscales en Guinée sont plus liées aux industries extractives et dans une moindre mesure aux échanges commerciaux que les autres déterminants (revenu par habitant, agriculture, …). Le Gouvernement compterait donc (je prends ici le risque) davantage sur les entreprises privées et particulièrement sur les industries minières pour mobiliser les ressources. Ceci est peut-être plus facile à deviner parce que le ratio de l’impôt au PIB est lié au PIB par habitant, d’une part, et, d’autre part, parce que plus de 60% de la population active opère dans le secteur informel. Dans l’immédiat on ne peut compter sur la contribution des ménages; à moins qu’il n’y ait du nouveau avec la relance du secteur agricole. Et, toute réduction de dépense les concernant peut affecter leur comportement de consommation et, ce faisant, celui des ménages. Ce qui est par contre plus difficile à deviner ce sont les dépenses. Il serait intéressant de se pencher sur ce volet pour identifier celles dont la réduction n’affecteraient pas la croissance.
Je voudrais revenir sur la piste 3, relative à la Modification du Comportement de consommation des ménages et d’investissement des entreprises. Quand vous évoquez, M. Doumbouya, de la réaction des ménages à la réduction du déficit, dans la cadre de la neutralité ricardienne, il serait intéressant d’explorer la piste des transferts d’argent. Même si les statistiques font défaut la dessus, la part des transferts (formel et informe) dans le soutien de la demande n’est pas négligeable en Guinée. Le marché de madina foisonne de cambistes agrées ou non. Des études montrent que la fréquence des fonds transférés vers le pays d’origine est liée, entre autres, aux conditions de vie des ménages et à l’attachement des émigrés à leur pays. Pour le cas de la diaspora guinéenne, c’est le cas (il me semble). Même si les structures organisationnelles formelles en place ne permettent pas de canaliser efficacement cette épargne, son afflux n’est pas sans conséquences positive à la fois sur les comportements des ménages et des entreprises. |
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| Cours des dévises |
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1 euro |
= 9350 FG |
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+1.63% |
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1 dollar |
= 6977 FG |
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-3.1% |
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1 yuan |
= 400 FG |
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+0.00% |
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1 livre |
= 10500 FG |
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+1.25% |
06/02/13 02 : 02 |
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| Multimédia |
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Gaetan Mootoo d'Amnesty international, sur les massacre et viols du 28 septembre en Guinée
Par Christophe Boisbouvier
« Les tortionnaires ont franchi une étape inimaginable. Des militaires déchiraient les vêtements des femmes avec une telle violence, parfois avec des couteaux ou la baïonnette, les violant en public. C'était la barbarie dans toute son horreur ».
SOURCE : RFI
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Radio Mussidal Halipular
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Radio MH |
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L’intervention du Président de la Coordination Nationale Haalipular de Guinée, Elhadj Saikou Yaya Barry, relative aux crimes ethniques dont Waymark est complice en Guinée:
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Elhadj Saikou Yaya Barry |
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ITEEV Aachen import/export:Agence d’import/export des produits et équipements informatiques et industriels, des véhicules et engins de tout genre, de l’Allemagne pour toutes les directions, en particulier l’Afrique:
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www.iteev-aachen.com |
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Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG): le parti d'avenir.
Ci-dessous, vous trouverez la fiche d'inscription (adhésion) et de soutien au parti en fichier PDF. Les données des personnes membres ou contributeurs resteront strictement confidentielles et accessibles uniquement à l'administration restreinte du parti pour la comptabilité et la mise en place d'un répertoire de cadres et personnes ressources du parti en fonction de leurs professions et compétences, à toutes fins utiles.
Les fiches remplies peuvent être remises à un bureau du parti ou scannées et transféré à la direction du parti aux adresses suivantes:
1- Mail Compta : bag.compta@protonmail.com pour des payements, cotisations ou dons.
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Fiche d'adhésion au parti |
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