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Lettre Ouverte à la Communauté Internationale


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Victimes du 28.9.9

2011-09-28 13:25:54

A  Messieurs, 
Barack Obama Président des Etats- Unis d’Amérique
Nicolas Sarkozy Président de la République Française
Ban ki- Moon  Secrétaire Général de Nations- Unies
Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo Président de l’Union Africaine
Jean Ping Président de la Commission de l’Union Africaine
Goodluck Jonathan Président de la CEDEAO

A Mesdames,
Khalida Rashid Kahn Présidente du Tribunal Pénal International (TPI)

Fatou Bensouda Procureur Général Adjoint du Tribunal Pénal International

Mesdames, Messieurs,

C’est à la veille de l’an 2 des massacres perpétrés le 28 septembre 2009 en Guinée contre des civils désarmés que je m’adresse, en tant que guinéen, homme de Lettres et historien aux illustres personnalités que vous êtes.

Ma démarche personnelle ne relève point d’audace. Elle est l’acte naturel et légitime de quelqu’un qui, depuis son enfance, vit les espoirs déçus, entend les sanglots retenus et les voix de son peuple appelant jour après jour, année après année et décennie après décennie, justice et démocratie.

Certains d’entre- vous se demanderont sûrement au nom de quoi un simple citoyen s’adresse à lui pour des questions d’ordre national.  

La raison est bien simple. Vous êtes les garants actuels de la paix mondiale et de la sécurité des peuples. Vous êtes les personnes vers lesquelles se tournent les regards de tous les opprimés de tout pays et de tout continent. Vous  êtes, par ce que vous incarnez, les maîtres d’un monde qui considère que vous le gouvernez et, par conséquent, représentez la solution à tout. Vous êtes aussi, dans ce monde en mutation, mais qui ploie sous l’injustice, vous êtes, dis- je, plus que quiconque le rempart contre la dictature.

Les événements récents dans les pays du Maghreb, qu’observateurs et journalistes ont baptisé « Le Printemps arabe », renforcent un tel sentiment.

Par votre soutien et non sur votre initiative, ce serait de l’impérialisme, des peuples longtemps opprimés par leurs dirigeants ont recouvré plus que la lueur, mais la Lumière de la liberté et les saveurs de la démocratie.

Un peuple, le peuple de Guinée longtemps martyrisé par l’histoire et par ses  propres dirigeants a payé par le sang la quête de son printemps. C’était un lundi 28 septembre 2009. Il ya juste deux ans.

Ce jour- là, des hommes en armes, policiers, militaires, gendarmes et autres nervis d’une dictature naissante ont osé l’inimaginable : tirer à bout portant sur des hommes, des femmes et des enfants désarmés. Comble de l’infamie et de l’horreur, ils ont violé dans un stade fermé, en plein jour et à ciel ouvert, des mères, des jeunes filles et des femmes de tous âges. Certaines victimes de ces viols ont été froidement abattues après la sale besogne des bourreaux.

Jusqu’à ce jour, la barbarie et le crime de ces individus censés protéger leur peuple n’ont pas été punis. Ces acteurs des horreurs qualifiés par les organismes de défense des droits de l’homme de crimes contre l’humanité sont toujours libres. Leur  puissance est plus que jamais renforcée. Actuellement, ils sont dans tous les rouages de l’Exécutif et dans les hautes sphères de l’administration. Ils sont ministres d’Etat, ministres et, à défaut, préfets ou gouverneurs.

Certains présumés auteurs des massacres du 28 septembre 2009 ont été tout récemment gratifiés par le Président guinéen de la plus haute distinction de la nation : la Médaille de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Mesdames, Messieurs,

Honorer des personnes nommément accusés de crimes contre l’humanité par le Tribunal Pénal International (TPI) et d’autres instances des nations- unies serait impensable si la Guinée avait jouit du soutien qu’il fallait. Celle de la communauté internationale. Si des voix autorisées comme les vôtres avaient appuyé les revendications des Guinéens en général et des  victimes en particulier.

Je ne vous accuse point. Je me permets tout simplement de vous interpeller. Je vous appelle humblement  et  humainement, au nom de la démocratie que vous défendez partout à travers le monde, à tourner vos regards vers la Guinée. A apporter à mon peuple, celui- là qui m’a vu naître, votre soutien. Un soutien qui ne soit uniquement moral, mais politique et juridique.

Mon pays et son peuple ne demandent pas apitoiement. Ils ont simplement besoin d’être entendu et épaulé. Les ratages successifs, y compris des premières élections dites démocratiques de novembre 2010, exposent plus que jamais la Guinée à d’autres 28 septembre. Le risque est là. Il est très sensible du fait de l’aveuglement politique des uns et de l’obstination d’autres à faire perdurer un système qui n’est plus en phase avec notre temps.

Mesdames, Messieurs,

Vous conviendrez, du moins je l’espère, qu’un système ethnique aux relents communistes ne répond pas aux aspirations démocratiques d’un peuple. Ce système ethnico- communiste,  cette nouvelle invention de notre pays aux paradoxes, hélas multiples, ne résoudra pas le problème guinéen. Seul un Etat démocratique, garant d’un pouvoir consensuel et d’une justice équitable met la Guinée à l’abri de nouveaux conflits. Vous  pouvez y contribuer. Il faudrait juste que vous  daigniez agir dans le sens de l’arrestation et du transfèrement des auteurs présumés des massacres du 28 septembre 2009 devant les tribunaux internationaux. C’est  le plus grand espoir du peuple de Guinée de la part des «Grands de ce monde » que vous êtes.

A  mon sens, les dirigeants guinéens actuels n’ont ni la volonté politique, encore moins le courage patriotique de rendre justice en arrêtant et en jugeant les auteurs des crimes de 2009.  

Aussi, ce n’est pas rendre justice aux victimes  en se contentant de maintenir en exil l’ancien Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et d’ouvrir les plus hautes marches du pouvoir à ses présumés complices. Cela est insuffisant pour restaurer un climat social apaisé en Guinée.  Autant dire que tous ceux qui continuent de bénéficier de l’impunité et de la complicité du nouveau pouvoir devraient répondre de leurs actes.

En outre, la justice guinéenne, simple caisse de résonance du pouvoir en place est incapable d’une telle action. Cela se comprend d’autant plus facilement que, comme le disait Albert Camus, écrivain français : « Quand la suprême justice donne seulement à vomir à l’honnête homme qu’elle est sensée protéger, il parait difficile de soutenir qu’elle est destinée, comme ce devrait être sa fonction, à apporter plus de paix et d’ordre dans la cité. Il éclate au contraire qu’elle n’est pas moins révoltante que le crime, et que ce nouveau meurtre, loin de réparer l’offense faite au corps social, ajoute une nouvelle souillure à la première ».

La justice internationale a le devoir de jouer son rôle en  Guinée. Pour ce faire, elle se doit d’être concrètement du côté des victimes de la marche pacifique de septembre 2009.

Mesdames, Messieurs,

Très certainement, il y aura des personnes  qui diront qu’il est illusoire de s’adresser à la communauté internationale. Mais, je ne doute pas un seul instant que vos peuples respectifs ayant connu un passé douloureux, vous êtes plus que vous ne le pensez, l’espoir de plusieurs  peuples en dehors des vôtres. Le peuple de Guinée en fait partie.

 Ce peuple qui, vous ne le savez peut- être pas assez, partage tous les moments de gloire, de joie ou de douleur de chaque peuple du monde attend pacifiquement votre action commune et/ ou personnelle. Ce peuple souhaite non pas la compassion. Il a besoin de la compréhension de vous qui forgez, plus que  vos prédécesseurs, un nouveau monde de justice et de démocratie.

Enfin, c’est loin des tribunes politiques qu’en tant que fils de Guinée que j’ai pris l’initiative de vous transmettre l’appel à la justice d’un  valeureux  peuple. Le peuple de Guinée.  Je vous prie de ne pas abandonner  ce peuple au moment où vous aidez d’autres qui ont subi un sort identique.

J’espère que ma modeste voix aura un écho favorable auprès des uns et des autres pour que justice soit faite.

Veuillez agréez, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma très haute considération.

 

Lamarana Petty  Diallo 
Professeur de Lettres- Histoire à Orléans, France
lamaranapetty@yahoo.fr


 

4 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

diallo malick28/09/2011 17:48:23
bel initiative mon frere les puissances du monde soutienne tjr le pouvoir ce ke vie le peuple de guinée est inexplicable il fo forcement etre originaire de sang pour en savoir d'avantage car meme le peuple nord coréen ni birmane ne vie pas pareil atrocité.
Gandhi28/09/2011 18:23:10
Deux petites précisions : la Pakistanaise Khalida Rashid Kahn est la Présidente du TPIR (Rwanda), c'est le Sud Coréen Sang Hyun Song qui est Président de la CPI.

Par ailleurs, la Gambienne Fatou Bensouda est la procureure adjointe de la CPI (elle fut substitut au procureur du TPIR). Il ne faut donc pas confondre les TPI, qui ne sont que temporaires (Yougoslavie, Rwanda, Sierra Leone, Liban) et ont des compétences limitées et parfaitement définies, avec la CPI, qui est une juridiction permanente.
thunder28/09/2011 23:44:52
continuez a pleurnicher si vous voulez allez chercher le prophete .
il vous dira de prendre des armes et vous defendre ce qui est claire l'homme peulh est poltrons et mourra poltrons .
vous ne voulez pas , vous battre alors encaisses.
on viole vos femme on les insultent on les franppent et vous ne faite rien
gorko pollo ko fousse
ousmane bangoura03/10/2011 13:58:08
que votre courrier s'adresse au TPI au lieu de la CPI n'a pas une grande importance on le fera suivre si la situation l'exige.Ce qui soulèvra des problèmes ,c'est situer les responsabilités.Si c'est contre le président de la république , ce sera une responsabilité indirecte par rapport aux actes qui ont été connus avant sa nommination à la tête du pays.Qu'il lui revienne de prendre acte de ces atrocités je suis d'accord avec vous mais vous savez bien comment ça finira.Ca fait moins d'un an qu'il est président avec à la clé une atteinte à sa vie.Depuis ce temps et pendant des mois il a fait sienne la réconciliation nationale à toutes les échèlles du pays ce qui fait de lui à l'echèlle internationale l'incarnation de la paix sans laquelle les personnes auxquelles vous vous adressez ne peuvent pas prendre notre pays au sérieux à plus forte raisond'y investir.C'est ça la vraie clé du problème guinéen.AST a gouverné dans une dictature la plus sanglante que le monde ait connue.Ensuite Conté a pris la relève avec une mort naturelle pour chacun d'eux.Est-ce la communauté internationale ingorait ce qui se passait dans notre pays?.Maintenant après une attente de plus de 50 ans vous voudrezz qu'on stoppe de piocher dans le minerai noir sous prétexte de violation de la liberté humaine de manger ,de boire de s'éclairer de se déplacer.Ces termes sont antagonistes avec l'esprit dans lequel les investissement se feront.Nous ne sommes ni la côte d'ivoire ni le sénégal où il ya des bases militaires pour défendre les investissements.Il n'ya rien à défendre en guinée.La seule voie possible le dialogue avec une oppostion présente de manière permanente.Mais votre courrier est bien même si je doute par mon cynisme chronique à son effet immédiat ou à long terme. bien à vous.