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Alpha Condé en voie de régression ? (partie 2)2011-09-30 21:03:28 L'entretien d'Alpha Condé à la presse sénégalaise a porté sur plusieurs points. Dans cette deuxième partie, ont été isolés les sujets à polémiques proprement dit, et les aspects économiques dont les perspectives sont assez décevantes. Sur ce dernier point, il n'y a pas de surprise, la vision dépassée d'un État interventionniste dans tous les secteurs ne nous surprend guère. La philosophie est non pas de travailler à sortir le pays du marasme dans lequel il se trouve, mais de vanter les possibilités minières du pays, aux fins de faire venir des investisseurs étrangers. Pour stopper les dérives verbales du président du RPG, une initiative sera proposée en conclusion, pour permettre à la diaspora d'agir, donc d'intervenir dans les débats politiques du pays. On ne veut pas nous ouvrir la grande porte (personne n'a parlé de nos suffrages pour les législatives, et le nombre d'électeurs pour les présidentielles – à peine 100 000 – est ridicule), eh bien nous allons passer par la porte de derrière (voir en conclusion). Avant de conclure, il convient de reprendre la suite de l'interview d'Alpha Condé. Sur le pseudo-attentat Sauf erreur de ma part, jusqu'à présent seuls des militaires et quelques civils (non politiciens) ont été arrêtés. On ignore donc d'où Alpha Condé tire ses informations !!! « Ici, j’ai permis aux ambassades et à la Croix Rouge de leur rendre visite. J’ai demandé aux populations de ne pas sortir ..., je ne veux pas de manifestation de soutien ». Toutes les personnes arrêtées sont Guinéens. On ne voit donc pas ce que les ambassades, qui défendent leurs ressortissants étrangers, ont à voir avec des Guinéens. Bizarrement la Croix Rouge n'a fait aucun commentaire sur la santé des prisonniers. Les journalistes ne font pas leur travail en ne questionnant pas les seuls habilités à rencontrer les prisonniers, notamment pour vérifier la véracité de cette information. Par ailleurs, l'ambassadeur de France est mal placé pour nous faire un compte-rendu de l'état sanitaire des prisonniers, alors qu'il est scandaleusement complice de cette supercherie. De toute façon, on a du mal à imaginer pourquoi la population ferait des manifestations de soutien à des assassins, s'ils étaient réellement des assassins. Le fait-elle pour Claude Pivi et Tiegboro Camara ? Tout le monde serait solidaire de son président, si c'était la réalité. Imaginer que la population puisse contester des sanctions contre des criminels, c'est reconnaître à demi-mot la supercherie. « Vous ne pouvez pas dialoguer avec des gens qui veulent la guerre civile en Guinée ». Qui veut la guerre civile ? Où cela a t-il été déclaré, suscité ou même évoqué ? Comme les adversaires d'Alpha Condé sont notamment Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, et qu’il les a rencontrés ou est en passe de le faire (l'épisode du refus de CDD n'étant qu'une péripétie liée à la forme), on a du mal à comprendre qui sont ces gens qui veulent la guerre civile. Les militaires ? Alpha Condé n'est-il pas Ministre de la défense ? Ne dialogue t-il pas continuellement avec eux ? « Nous savons très bien que le numéro deux de l’UFDG, Bah Oury qui a fui, a été un des principaux organisateurs, de l’intérieur. Je n’ai pas voulu qu’on l’arrête. J’ai demandé qu’on attende que la justice lance un mandat. Ce qui lui a permis de fuir. On a dit partout que je l’ai tué. Après, il a parlé sur RFI. Lui-même, a dit qu’il ne pouvait pas ne pas agir. Il a avoué. C’est le numéro deux officiel de l’UFDG, sans compter ceux qui se réunissaient à Dakar, à l’hôtel Méridien-Président ». Cette accusation est grave pour deux raisons : d'abord sur le plan juridique, Alpha Condé démontre une fois de plus qu'il n'est pas juriste, malgré des études de droit il y a plus de 40 ans. Comment Bah Oury a t-il été impliqué dans cette affaire ? Officieusement lorsque les prisonniers ont parlé, des rumeurs ont laissé entendre la participation – comme commanditaires – des leaders de l'UFDG. En admettant que ces rumeurs proviennent bien des prisonniers, cela signifie que le secret de l'instruction a été violé. Il suffit de trouver l'auteur de ces rumeurs pour éventuellement faire annuler toute la procédure pour violation du secret de l'instruction. De la même manière, lorsqu'Alpha Condé indique que Bah Oury a avoué. Ou il tire cette information de l'instruction, prouvant à tous la dépendance de la justice par rapport au pouvoir politique, et accessoirement violation du secret. Ou il tire l'aveu de l'interview de Bah Oury sur RFI. Dans cette dernière hypothèse, il prouve qu'il ne comprend pas le français. Être obligé de disparaître ne signifie pas qu'il a quelque chose à se reprocher, mais que s'il ne disparaît pas, il sera arrêté pour rien. Alpha Condé disait que le 19 Juillet, il n'a pas voulu qu'on l'arrête. Les militaires qui ont dévasté sa maison venaient sans doute le saluer. Comment arrêter un politique par anticipation, alors qu'aucun militaire et même civil, ceux-là même qui accuseront par la suite Bah Oury, n'ont pas encore été arrêtés. Comment savoir qui est derrière cette mascarade, alors que personne n'a encore d'information sur l'identité des différents protagonistes ? Toutes ces incohérences sur ce pseudo-attentat – je les ai évoqué dans trois textes différents – montrent à souhait la supercherie, qui n'a pour unique but, que de se débarrasser d'adversaires qu'Alpha Condé considère comme gênants. Sur le plan politique, Alpha Condé s'en prend à Bah Oury, s'imaginant qu'en décapitant une des têtes les plus remuantes de l'UFDG, il sera tranquille. Il n'a encore rien vu. Nous sommes en 2011, et rien de ce qui s'est passé il y a cinquante ans ne se reproduira en Guinée. La complicité de pays amis La honte à l'état pur : un PRG qui se fie à des propos de comptoirs de cafés du commerce, à des ragots, pour considérer que des individus faisant des déclarations hostiles, sont coupables de crimes. Il y a vraisemblablement plus de la moitié des Guinéens qui tiennent aujourd'hui des propos hostiles à Alpha Condé. Peut-être certains rêvent même de le faire quitter la présidence. Est-ce à dire qu'il faut arrêter tous ces Guinéens ou accuser tous les pays qui accueillent ces ressortissants comme complices d'un coup d'État ? Compte-tenu de ses fonctions, Alpha Condé ne peut pas dire n'importe quoi, et s'il le fait, il doit en apporter la preuve. En se substituant à la justice guinéenne pour condamner des présumés innocents de « l’attaque imaginaire » de son domicile (Bah Oury, Tibou Kamara, Sadaka Diallo) puis le Sénégal et la Gambie, il devient tout simplement grotesque, pire, il nous fait honte. « J’ai clairement dit aux Ministres (des Affaires Etrangères du Sénégal et de la Gambie), que j’estime que les choses ont été préparées à l’hôtel Méridien Président, à Dakar, et qu’il y a eu des va-et-vient entre Dakar et Banjul. J’estime que les choses ne pouvaient pas se faire à leur insu. J’ai dit à votre Ministre des Affaires étrangères de façon claire, que je pense qu’il y a eu une complicité du gouvernement du Sénégal et de la Gambie … Des citoyens font des déclarations privées dans un hôtel où tout le monde passe, ils vont et viennent entre différents pays. Deux pays souverains seraient complices (de quoi ? tentative d'assassinat ?) pour cette raison. Le Président du RPG est tombé bien bas, deviendrait-il sénile ? Doit-on accuser Alpha Condé de complicité de crimes contre l'humanité, pour ne pas avoir arrêté et déféré des criminels qui sont accusés par la CPI ? C'est pourtant de la même veine. Ses accusations sans preuves, ni fondements, basées sur des insinuations, des supputations et des calomnies sont scandaleuses. En Afrique en général, en Guinée en particulier, les sondages n'existant pas, on procède par rumeurs pour étudier les réactions des uns et des autres, et savoir si on doit faire marche arrière ou au contraire insister sur l'idée. Ici en revanche, Alpha Condé a accusé nommément sans employer le conditionnel, ce qui laisse supposer que les PV d'audition lui ont été communiqués, entrainant par là-même violation du secret de l'instruction. C'est paradoxalement une bonne nouvelle.... pour les inculpés. Qui ignorait que la justice guinéenne n'était pas libre et indépendante ? Comment imaginer que les magistrats en charge du dossier ne vont pas être tenus par ces oukases présidentiels ? Bien que présumés innocents, ils sont déjà virtuellement condamnés, puisque je ne connais aucun Guinéen qui prendra le risque d’aller dans un sens différent de la volonté du PRG. Sur les aspects économiques « Le deuxième axe, c’est la santé et l’électricité. J’ai donné 110 millions de $ pour le barrage du Delta. En même temps, nous avons commencé trois mini-barrages, que nous avons nous-mêmes financés. Ensuite nous allons reconstruire Conakry ». A la question de savoir si le patronat local sera mis à contribution, Alpha Condé déclare : « Moi, j’ai mon objectif et des hommes d’affaires ». Or ce ne sont pas des hommes d'affaires que nous cherchons, il y en a 10 millions, mais des entrepreneurs. « Notre défi est de changer le secteur informel productif en PME ». A la question de savoir quelles actions Alpha Condé compte t-il entreprendre pour que cette richesse minière potentielle profite à la Guinée et aux Guinéens, Alpha Condé déclare : « On a mis en place un nouveau code minier ». « Les infrastructures aéroportuaires, ferroviaires et routières doivent appartenir désormais à la Guinée ». « La Guinée elle même doit avoir la possibilité de commercialiser une partie de la production correspondant à sa part dans le capital ». « Nous pouvons vendre à qui nous voulons une partie de nos actions ». « Le DGA et le DRH doivent être des Guinéens et au bout de cinq ans le DG doit être Guinéen ». A la question de savoir s'il était prêt à sacrifier un peu de liberté, Alpha Condé déclare : « Non je pense que le développement ne peut pas aller sans liberté ». A la question de savoir s'il allait conserver le franc guinéen ou opérer un changement, Alpha Condé déclare : « Pour le moment mon problème c’est d’avoir des autorités qui permettront l’annulation de 2,4 milliards de $ sur une dette 3,1 milliards ». Conclusion Alpha Condé est intellectuellement malhonnête, ceux qui en doutent n'ont qu'à comparer ce qu'il dit et ce qu'il fait. Son discours à l'ONU en constitue une autre illustration. Mais comme il fait de nombreuses erreurs, il va être temps de le mettre devant ses contradictions. Et comme l'opposition préfère utiliser les armes politiques aux possibilités juridiques, il s'agit de montrer à tous, que pour parvenir à un État de droit, il faut mettre tous les acteurs devant leurs responsabilités :
Pour ce faire, il convient de mettre ce régime au pied du mur, et de permettre au président du RPG, de prouver ce qu'il dit. La diaspora va donc être mise à contribution, en montrant sa détermination à mettre en place au pays un État de droit, par des initiatives ponctuelles, mais concrètes. Faute de pouvoir investir dans un pays qui ne respecte pas les règles, qui expulse des citoyens de leurs demeures malgré un titre de propriété, qui ne permet pas à la diaspora de s'exprimer, il est temps de prendre notre place. Pour être concret, et ne pas se limiter à des discours, je propose donc à la diaspora la plus élargie possible, d'être un acteur des débats politiques du pays. Pour ce faire, je vais contacter un avocat français spécialiste de l'Afrique, en vue de lui demander d'assister ses collègues guinéens, ceux qui seront affectés à la défense des civils enfermés à la suite du pseudo-attentat du 19 Juillet. Bizarrement on n'entend plus parler de cette affaire, pourtant des gens sont enfermés, sans avoir pu obtenir l'assistance d'un avocat, et contrairement à ce que les ministres de la justice et de la décentralisation proclamaient : « le droit sera respecté dans cette affaire ». Ils vont donc avoir l'occasion de le montrer concrètement. Il faut être clair, au-delà de la compétence de ce spécialiste, qui pourra mettre à nu les nombreuses violations de la procédure, et de prouver les nombreuses incohérences ayant entouré cette affaire, l'objectif est de constituer en France une caisse de résonance aux évènements du pays. Entre les discours du président du RPG à vocation externe, présentant la Guinée comme un pays démocratique, en voie de mise en œuvre d'un État de droit, où les droits de l'Homme sont respectés (voir discours à l'Assemblée Générale de l'ONU) et la réalité crue, il convient, parallèlement à nos actions de lobbying, de faire cesser ces mensonges éhontés. Cette initiative n'est que la première d'une série que nous mettrons en œuvre progressivement et dans plusieurs domaines pour nous faire entendre, et pour peser sur l'avenir du pays. Je vous recontacterai prochainement pour examiner les modalités pratiques, nous permettant de nous mettre en marche collectivement.
Gandhi, citoyen guinéen « Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).
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