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Lettre au ministre français des affaires étrangères Alain JUPPÉ2011-10-01 11:01:15 Paris, le 27 septembre 2011 Monsieur le Ministre, Acteur engagé depuis 1986 à vos cotés et dès lors, j’ai eu l’occasion de vous entretenir de mon action pour mon pays d’origine, la Guinée. Grâce à cette expérience, je me suis engagé dans la vie politique de mon pays et j’ai participé à la campagne pour l’élection présidentielle aspirant comme tous les Guinéens au retour de la démocratie. Convaincu que M. Alpha CONDÉ représentait le meilleur espoir après des années de dictatures plus ou moins sanglantes, mon parti s’est engagé à ses côtés dans l’alliance « Arc-en-ciel ». La faiblesse des résultats de M. Alpha CONDÉ au premier tour a alimenté et entretenu des rumeurs de fraudes et cristallisé les tensions ethniques avec les partisans de son principal opposant, M. Cellou Dalein DIALLO, L’attitude positive de ce dernier, qui a accepté de reconnaître le résultat du deuxième tour, a permis, jusqu’à maintenant, de maintenir un semblant de paix en Guinée. Cela n’a pas évité totalement les heurts et affrontements entre partisans de chaque camp, avec leur lot de morts et de blessés. Les lacunes organisationnelles du processus électoral et le faible score individuel de M. CONDÉ lui font craindre une déconvenue aux législatives. Aussi, a-t-il pris le risque de les retarder au motif d’une refonte des listes électorales,tout en verrouillant les commandes de l’Etat au profit de ses partisans les plus proches et en pratiquant une rigueur budgétaire fort louable mais qui appauvrit encore plus les citoyens, de la classe moyenne à la plus modeste. Sa démarche ne convainc pas l’opposition car cette dernière redoute des manipulations des listes électorales et se sent complètement exclue du processus en cours. Elle est rejointe dans sa protestation par les alliés d’hier d’Alpha CONDÉ, mécontents d’avoir ainsi été écartés de la gouvernance du pays. Les évènements des 27 et 28 septembre dernier confirment bien le durcissement des positions contre le gouvernement d’Alpha CONDÉ. Les tentatives de dialogue du gouvernement avec l’opposition semblent pour l’instant vouées à l’échec et ce, malgré l’annonce de la tenue des législatives le 29 décembre prochain. En ce moment, le risque d’affrontements violents sur fond de cristallisation ethnique pouvant déboucher sur une guerre civile est réel et sérieux en Guinée. De plus, l’Armée, enfermée dans les casernes,en partie désarmée, astreinte à des travaux « d’intérêts généraux » et diminuée dans ses effectifs, ronge son frein en ressassant les rêves des jours meilleurs où elle a régné en maître sur la Guinée. La situation est donc explosive. De surcroît d’aucuns affirment qu’une milice dénommée «Les DONZOS » agirait en sous main pour le même Alpha Condé. La France et la Communauté internationale ont tenu un rôle majeur dans l’encadrement et l’aide dans le processus électoral qui a abouti à l’élection de M. CONDÉ. Elles se sont ensuite effacées au nom du grand principe de non ingérence. Mais la situation actuelle de la Guinée exige que ces entités se penchent à nouveau et en urgence sur la situation de ce pays. Elles concourent à permettre que les élections législatives se déroulent en toute transparence et liberté, la démocratie pouvant alors s’installer durablement dans mon pays d’origine. Avant de regagner la Guinée, j’avais eu l’occasion de rencontrer M. le Président Nicolas SARKOZY l’année dernière à l’issue du Conseil national de l’UMP, par l’intermédiaire de Jérôme PEYRAT ancien Secrétaire général. Le Président m’avait alors mis en relation avec M. Alain JOYANDET, Ministre de la coopération qui m’a fait recevoir plusieurs fois dans le cadre de la transition en Guinée. Ce suivi sérieux et efficient a contribué au retour de la démocratie en Guinée. Par ailleurs, les évènements dramatiques du 28 septembre 2009 qui se sont déroulés dans le stade dont le nom porte cette date ont fait de nombreuses victimes. La Cour pénale internationale a été saisie du dossier sur la plainte que j’ai déposé au Tribunal de Conakry. Cependant, les victimes et leurs familles, deux ans après, attendent toujours que justice leur soit rendue ; or a l’heure actuelle, elles se sentent abandonnés le pouvoir guinéen comme par les Instances internationales. J’ai donc pris l’initiative de solliciter MM. Bernard DEBRÉ, Alain JOYANDET et Mme PAU-LANGEVIN,et Christine TAUBIRA, députés français afin qu’ils soutiennent une action en faveur de ces personnes et visant a obtenir que l’Etat guinéen s’intéresse à leur cas. Je vous sollicite, car de par votre position éminente au sein du gouvernement, vous pouvez jouer un rôle déterminant dans l’aboutissement de ces dossiers. L’objet de ma démarche est d’assurer à ce pays une sortie définitive de la dictature, un respect total des droits de l’homme dans un Etat de droit pour tous plutôt qu’un ethnocentrisme dangereux. En effet en nommant à tous les postes de responsabilité pratiquement que des gens de son ethnie. Alpha Condé a mis en porte a faux et malgré elle, la population de cette ethnie par rapport aux autres communautés locales. Ainsi, la nomination du nouvel Ambassadeur de Guinée en Francele départ subit et concomitant s de manière brutale et humiliante, de l’Ancienne ambassadrice issue de l’ethnie Soussous, est une triste illustration de la méthode Condé pour répondre à ceux qui avaient dit .(Moukhou-Fatara). Sur tous ces points, votre implication, tant vis-à-vis des instances que la communauté internationale parait non seulement indispensable mais absolument essentielle. Je vous remercie de toute la bienveillance que vous accorderez à mes sollicitations. Je reste bien entendu à votre disposition pour tout renseignement complémentaire que vous jugerez utile. Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma très respectueuse considération.
Ismaël BAH
Monsieur Alain JUPPÉ
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