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Le premier sujet qui sera étudié au centre d’études et de recherches mandingues-Cerman : comment les malinkés perdirent le pouvoir en Guinée ?


2011-10-09 06:33:51 

Mesdames, mesdemoiselles, Messieurs, bonjour !

Bienvenue au CERMAN ! Je suis très heureux de vous accueillir dans cet amphithéâtre de prestige qui porte le nom de l’ancien président de la République alpha Condé. Vous êtes la première  promotion du CERMAN, je vous souhaite donc bon courage et bonne chance !

Pour me présenter brièvement, je suis le directeur  du CERMAN, mon nom est kadjaly condé, je suis docteur ès sciences sociales et littérature de l’université lille3 en France. J’ai été nommé directeur de ce centre par l’ancien professeur président  alpha condé par le décret n°2011/RPG/H.G. du 17/09/2011.

Le  CERMAN est dédié aux études de la culture, langue, traditions, histoire du peuple mandingue. L’idée de sa création est lointaine, mais il a fallut la volonté politique  de l’ancien président pour que le CERMAN voit enfin le jour.

Aussi, j’ai décidé en tant que directeur de ce centre, que le premier cours d’histoire à dispenser, serait : Comment les malinkés perdirent le pouvoir en Guinée et devinrent des parias ?

En effet, comme vous le savez, entre les décrets de création du CERMAN, de ma nomination, et aujourd’hui, beaucoup de choses se sont passées, les choses ont changé, le régime a été balayé par la révolution du 28 septembre 2013 conduite par : KOUROUMA joseph, BAH saliou diao, et CAMARA kingoma.

Les nouvelles autorités n’ayant pas remis en cause le décret de ma nomination, je reste donc toujours directeur de ce centre. Les nouvelles autorités ont aussi la volonté politique d’instaurer une démocratie pour tous les guinéens (pas une démocratie pour les seuls RPGistes) et pour se faire, chacun d’entre nous doit contribuer à sa manière. Quant à moi, ma contribution concernera  la détribalisation des malinkés, car je pense que c’est le tribalisme RPGiste qui précipita la Guinée dans la guerre civile. En Europe, après la seconde guerre mondiale, il ya eu la dénazification en Allemagne puisque c’était le nazisme qui avait conduit à la barbarie, C’est pourquoi j’ai décidé dans une moindre mesure, de faire la même chose dans ce prestigieux centre, c'est-à-dire prendre le problème à la racine, la racine du mal de la Guinée à savoir le tribalisme RPGiste. Je sais que certains d’entre vous sont étonnés d’entendre un malinké comme moi parler de la sorte, mais j’ai décidé d’être un esprit libre pour  toujours, aucune idéologie, aucun intérêt ne me voileront plus jamais la face devant l’inacceptable, l’ignominie, l’injustice, et le crime.

L’objectif de ce cours, plutôt de cette conférence, sera donc d’examiner avec vous, les causes de la révolution du 28 septembre 2013 ayant entrainé la liquidation du pouvoir des RPGistes, c'est-à-dire les causes de la perte de notre suprématie.

Lors du déroulé de ce cours, je tacherai d’être objectif et impartial, je vais vous décrire fidèlement la situation de la Guinée pendant la période maninkacratique, afin que vous vous forgiez  votre propre opinion. Enfin, je suis disposé à répondre à toutes vos questions à la fin de la conférence. Sans plus tarder, nous allons commencer le cours et n’oubliez pas de prendre des notes au maximum, car il n’y a pas de cours à dicter.

De façon générale, pour appréhender une révolution, il faut à la fois observer la situation interne prérévolutionnaire c'est-à-dire la situation qui prévalait à l’intérieur  du pays, mais aussi la situation internationale, il ya donc le plus souvent deux dynamiques : interne et internationale. Cependant, nous n’aborderons pas ici le contexte international ayant aussi favorisé la révolution, puisque cette question sera examinée plus tard avec vous par votre professeur  bouréma Condé spécialiste en politique internationale.

L’objet de ce premier cours consistera donc à vous décrire le régime RPGiste qu’a connu notre pays entre 2010 et 2013, d’expliquer les causes profondes de sa chute et le détonateur de la révolution du 28 septembre 2013.

LES CAUSES INTERNES DE LA REVOLUTION DU 28 SEPTEMBRE 2013

Parmi les différentes causes internes, nous n’étudierons que les plus déterminantes dans le déclenchement de la révolution de septembre 2013  à savoir : la pensée tribale malinké et l’instauration de la maninkacratie.

LA PENSEE TRIBALE MALINKE

La pensée tribale malinké s’est heurtée aux droits naturels et inaliénables de tous les autres citoyens guinéens (peuls, soussou, et forestiers) les brimades, les persécutions, les humiliations, la répression des autres ethnies principalement les peuls étaient devenues quotidiennes.

Mais qu’entend-t-on par pensée tribale ?  Selon Hani Ramadan docteur ès lettres et directeur du centre islamique de Genève, la pensée tribale « consiste à défendre un individu, quels que soient ses crimes, uniquement parce qu’il appartient à une tribu » l’auteur poursuit : «  la pensée tribale ne connait ni principe, ni vérité. La tribu a toujours raison. »

Ainsi, par la pensée tribale, tous les intellectuels de notre communauté, tous les hommes politiques, tous les militaires, tous les journalistes (presse écrite, tv et en ligne), toutes les coordinations mandingues, bref du président au simple féticheur dans un village de Kouroussa, consentirent à chacun des actes, paroles et actions du président alpha condé. Aucun RPGiste ne souleva une seule critique, pire encore, tous les RPGistes se convertirent en défenseurs des idées, de la politique, des paroles et actes du président. Si vous étiez un peul, un soussou ou un forestier, vous étiez applaudi, encenser, loué tant que vous étiez dans le gouvernement, dans l’arc-en-ciel ou dans quelque institution à dominante RPGiste. Et dès que vous sortiez des sphères que nous venons d’évoquer, ou bien critiquiez la personne du président, ses actes ou paroles, tous les RPGistes vous tombaient dessus en vous traitant de tous les noms d’oiseaux. Des sites internet RPGistes qui, hier vous flattaient, commençaient alors à vous flinguer, à vous accuser, vous diffamer, tout cela au nom de la pensée tribale !

Un autre marqueur du tribalisme malinké concernait les manifestations politiques. Les RPGistes qui étaient très actifs  avec les autres ethnies dans les manifestations pendant la période Conté, ne veulent plus entendre parler de manifestations, de critiques, comme si par enchantement l’arrivée au pouvoir d’un des leurs avait résolu tous leurs problèmes. Désormais ils ne manifestaient plus, ils contre-manifestaient  pour injurier, agressé les manifestants, ils contre-manifestaient contre ceux avec lesquels ils manifestaient pendant la période Conté. Ils ne sont plus dans le camp des démocrates, mais les pitbulls de la maninkacratie qu’ils défendent  à l’intérieur du pays et à l’extérieur. Ainsi, lors des manifestations contre le régime qui s’étaient déroulées dans notre pays, aux USA, en Allemagne, Pays-Bas, France, Genève, Belgique, Espagne etc. dans toutes ces manifestations, aucun malinké (je fais exprès de généraliser) n’a participé. Dans ce cas, de deux choses l’une : Ou bien on estime que tous ceux qui manifestaient étaient des fous, des menteurs, dans ce cas effectivement les malinkés n’ont pas à les suivre, ou bien on estime qu’ils n’étaient ni fous ni menteurs et dans ce cas ce sont les malinkés qui refusaient par tribalisme de regarder  la situation.

 Les masques sont tombés, on comprend maintenant que pour le RPGistes, la démocratie signifie l’avènement d’un malinké au pouvoir, leur lutte contre  conté n’était nullement pour la démocratie, mais pour l’avènement d’un des leurs au pouvoir. Leur lutte sous le régime de Conté n’était pas dirigée contre l’exercice autocratique du pouvoir par ce dernier, mais pour la simple raison que ce dernier était un soussou. Désormais, aux yeux des RPGistes, les manifestations constituent un acte antipatriotique (quand vous manifestez, vous devenez ennemi de la Guinée), un trouble à l’ordre public et  social.

 Là ou les autres ethnies voyaient : injustice, discrimination, exclusion, arrestation arbitraire, spoliation, persécution, harcèlement, tortures, et meurtre, les RPGistes ne voyaient que démocratie, liberté, droit de l’homme, état de droit, bonne gestion, compétence, une Guinée qui démarre et qui bouge.

A titre d’exemple, pour les RPGistes, tous ceux qui avaient dirigé la Guinée et qui n’étaient pas malinkés, sont des voleurs, corrompus, mauvais gestionnaires, et pilleurs de la Guinée. Mais quand vous leur parlez de Sékou Touré, sekouba Konaté, lansana Kouyaté, alpha condé, c’est « circuler ya rien à voir », ils vous répondaient que tous ces dirigeants malinkés furent de grands gestionnaires de l’Etat, des hommes intègres, incorruptibles, travailleurs pour la Guinée, patriotes, démocrates, visionnaires, pacifistes, justes et bla bla bla ! Bref le vocabulaire des RPGistes est réduit à l’alignement de superlatifs dès qu’il s’agit de parler d’un dirigeant malinké !

Ce tribalisme avait dépassé toute logique, et je pense qu’on peut même le comparer au fascisme européen, dans ce sens que le fascisme européen visait la création d’un homme nouveau. Le tribalisme malinké voulait créer aussi un malinké nouveau, un brigand qui régnerait seul sur tous les guinéens et pendant des siècles.

Après avoir vu ce qu’est la pensée tribale, nous allons maintenant examiner la conséquence directe de cette pensée que fut l’instauration de la maninkacratie, c'est-à-dire la pensée tribale en action et en mouvement.

 L’INSTAURATION DE LA MANINKACRATIE

Le professeur agrégé des universités de Harvard, Yale, Princeton, Columbia, et Sorbonne avait promis aux guinéens lors des campagnes électorales, la démocratie, l’état de droit, et la bonne gouvernance. Mais quelques jours seulement après son investiture, il actionnait le mécanisme pour l’instauration d’un nouveau régime. La coordination des sages du mandingue et certains idéologues du RPG, élaborèrent ce qu’ils appellent la MANINKACRATIE. Qu’est-ce que la maninkacratie ?

 Définition : étymologiquement, l’expression vient de l’alphabet N’KO, maninkos=malinké et cratos=pouvoir. Il s’agirait d’un régime politique dans lequel notre ethnie, concentrerait entre ses mains, l’essentiel du pouvoir politique, militaire, administratif et économique. Il s’agissait d’instaurer une suprématie malinké, dans laquelle les malinkés seraient les seigneurs, les nobles et le reste des guinéens faisant office de valets et subalternes. Ce nouveau régime constitutionnel, rejette les principes d’égalité (un RPGiste n’est pas égal à un peul, à un soussou ou à un forestier) et de compétence (les RPGistes sont plus compétents, plus qualifiés). Par conséquent, tous les pouvoirs doivent leur appartenir, de même que les emplois et marchés publics.

Le texte constitutionnel ayant fondé la maninkacratie n’est pas écrit, mais le texte est dicté, soufflé directement par la coordination mandingue et certains caciques (hauts responsables) du RPG à l’oreille du président, des ministres, et d’autres administrateurs afin que chacun à son niveau fasse le nécessaire pour la consolidation de la maninkacratie.

Appliquant à la lettre le texte non écrit, le professeur président composa un gouvernement  composé à 50% de son ethnie pour une population n’atteignant pas les 30% de la population guinéenne alors même que rien ne prouve que cette ethnie ait plus de grosses têtes (de gens instruits, qualifiés, diplômés) que les autres ethnies.

En outre, aux échelons inferieurs (ministères et autres services centraux, déconcentrés, et décentralisés), l’application du texte constitutionnel fut dramatique. En effet, il ya eu une véritable épuration ayant visé principalement les peuls qui se virent remplacés par des RPGistes de la bonne ethnie. Ainsi, dans tous les ministères, ils étaient à majorité écrasante. On était tellement nombreux dans les ministères, qu’un jour, alors que j’étais venu voir un ami devenu ministre, celui-ci me disait avec une petite dose d’humour « N’koro kadjaly, il fait bon vivre dans mon ministère, j’ai l’impression de me retrouver dans mon petit village  de Siguiri tant nos parents sont présents ici, tu n’as même plus besoin de parler français ! Partout tu entends des AYEDI ! »  Il renchérit «  nous allons changer la Guinée, dans les autres ministères aussi c’est comme çà »

Dans chaque bureau que vous franchissiez, il ya un RPGistes de souche avec son air fier comme paon !

Aussi, les tribunaux furent atteints par le même mouvement, de même que les préfectures, sous-préfectures, chefs de quartiers, les présidents d’université, doyens de faculté, la télévision, le mouvement se poursuit vers l’international à savoir la nomination des ambassadeurs et autres représentants de la Guinée dans les institutions internationales. Tout cela a aboutit a créer une fameuse pyramide dite pyramide de la maninkacratie.

La Guinée était devenue  malinké, seulement malinké, appartenait aux malinkés et à eux  seuls. L’Etat était devenu une entreprise qui n’employait qu’eux, un tribunal qui ne rendait justice qu’eux, et une police qui ne sanctionnait et réprimait que les autres ethnies.

 Comment justifiaient-ils cette domination dans tous les centres de pouvoirs ? Ils disaient tous qu’il s’agissait de compétence comme s’ils étaient les seuls en Guinée à avoir fait des études ou des formations. Les autres ethnies étaient agacés et frustrés par la violence des nominations discriminatoires s’accompagnant le plus souvent par des remplacements discriminatoires. Les opposants à ce système maninkacratique disaient que si les RPGistes étaient les mieux formés et qualifiés du pays, ça se serait vu sur la haute guinée, région la plus pourvue encore en nombre de cases traditionnelles au mètre carré dans toute la Guinée, voire de l’Afrique de l’Ouest !

Ce système de « maninkanisation » pour emprunter l’expression de Sadio Barry, de tous les centres de pouvoirs, avait crée des blocages partout, crée une consanguinité insolente, et un inceste communautaire entre les fonctionnaires (ils ont soit le même nom de famille, appartiennent à la même ethnie, soit viennent de la même région, du même village, soit sont liés par des mariages. Ils n’étaient pas réunis dans ces différents  services parce qu’ils avaient tous fait des grandes universités, écoles, ou centres de formation). Le principe de recrutement était : dis-moi ton nom de famille ou ta région et je te dirai si tu auras un poste ! Ce principe eut pour conséquence, la corruption à tous les niveaux, le pillage des deniers publics, le renforcement de l’impunité qui existait déjà avant, les passe-droits.

Le marché des passe-droits (faveur accordée qui est contraire au règlement) tenu par les RPGistes était en plein boom, beaucoup avaient quitté Siguiri, Kouroussa, Kankan, Faranah pour débarquer à Conakry et pour se faire pistonner malgré leur ignorance crache, par un frère, un cousin, beaux frère se trouvant dans un ministère, un service de l’Etat. Ils étaient devenus les seigneurs de Conakry, craints par les autres ethnies et pouvaient briser la carrière de n’importe qui, ou vous faire perdre votre commerce juste avec un simple coup de fil !

Pour dire les choses de façon simple pour tout le monde, je dirai que la maninkacratie c’est comme une toile d’araignée ou encore les tentacules d’une pieuvre, en ce sens qu’on retrouvait toujours  les mêmes noms de famille partout et n’importe ou, le nom de famille était devenu l’équivalent d’un diplôme, d’une qualification et d’une compétence.  Tous les services de l’Etat : La police, la gendarmerie, les renseignements généraux, et la justice, travaillaient tous pour une seule et même communauté. Les renseignements généraux surveillaient tous les leaders peuls, les commerçants, intellectuels et rendaient sans cesse des rapports fabriqués et motivés par la haine ethnique. La police refusait de recevoir les plaintes de certains citoyens simplement parce que ces derniers n’étaient pas du bon coté selon la police. La justice refusait de rendre la justice à certains citoyens. Dans les différents ministères gangrenés par la même ethnie, on vous mettait des bâtons dans les roues si vous n’apparteniez pas à la « bonne » ethnie, vous étiez exposés au mépris, aux obstacles même si vous remplissiez tous les critères pour faire valoir vos droits.

Et malgré cette pyramide de gens se serrant les coudes au détriment du reste du pays, la situation économique au lieu de s’améliorer, s’est fortement dégradée, l’inflation était devenue galopante, le pouvoir d’achat du guinéen s’amenuisait, la famine gagnait des foyers, les tensions politiques avec l’opposition se sont exacerbées. L’économie ne suivant pas les paroles de la tribu, et comme l’économie ne ment pas, les guinéens commencèrent à s’interroger d’abord en privé sur les intentions et l’efficacité du gouvernement, puis l’expression des frustrations devinrent publique. Le président de la République était aveuglé d’une part par ses propres conseillers qui lui disaient que la situation était sous contrôle (R.A.S.) et d’une part, par son autoritarisme maladif.

Ainsi, quand le peuple non malinké demande plus de liberté, de justice, d’égalité, le président et son ethnie y voient de la subversion, du défit lancé à leur égard, des foutaises, des plaintes sans fondement, des caprices populaires, bref le président s’était enfermé dans sa tour d’ivoire (se retirer dans une solitude pure et hautaine, loin des combats et des souillures de ce monde).

La situation économique devenait catastrophique, et du coup, la diabolisation des peuls comme étant responsables de ceci ou de cela, passait moins, de même que les stratégies de diversion par l’organisation de mamayas partout ou par les visites répétées des coordinations, et les techniques de divertissement par la télé avec son objectif de lavage de cerveau, ne marchaient plus, tous les guinéens sauf les RPGistes, voulaient demandé des comptes au président.

La politique du gouvernement qui consistait à neutraliser l’activisme de la population soussou par la distribution épisodique de sacs de riz, à neutraliser la population peule par la  répression dans le sang, à ignorer de façon condescendante les populations de la guinée forestière, avait atteint ses limites. Les guinéens comprirent alors que dans cette guinée là, seule une ethnie trouvait son confort et son compte, seule une ethnie trouvait que les choses avaient changé, seule une ethnie trouvait qu’il ya de l’eau, de l’électricité, que le prix du riz et d’autres denrées avait baissé, bref seule une ethnie se sentait vivre dans une démocratie ! Les guinéens avaient faim, vivaient dans l’obscurité, étaient privés de droits et libertés, frustrés par l’insolence de l’incompétence du RPG.

L’heure de vérité avait sonné, le régime était à bout de souffle, le temps des mensonges allait finir ! Les chancelleries occidentales  aussi ne pouvaient plus persister à faire semblant de ne pas voir ce qui se passe, alors qu’ils recevaient sans cesse des rapports détaillés sur la situation du pays fournis par leurs ambassades et agents secrets.

A cet égard, le 28 septembre 2013 à 10h, une fourgonnette de la FOSSEPEL débarqua au marché madinah, 6 hommes armés descendirent et s’approchèrent en disant « vous, vous, vous et vous, fermez et suivez nous » les quatre vendeurs étaient tous peuls, ils étaient indignés et disaient « pourquoi nous ? » un attroupement se créa et les gens disaient « laissez les tranquille ! » la foule était tellement nombreuse que les FOSSEPEL ont eu peur, dans l’échauffourée, 2 d’entre eux furent lunchés à mort quatre réussirent à s’enfuir. Ensuite, comme un feu de paille, la nouvelle se répandit dans tout Conakry, et comme des insectes, toutes les populations de Conakry sortaient dans les rues. Dans certaines radios trois leaders (Kourouma joseph, Bah saliou diao, et Camara kingoma) appelaient toutes les populations de Conakry à sortir pour en découdre avec le régime. Tout Conakry était dans la rue en direction du palais sekoutoureya, les 3 leaders devant et à découvert. Les militaires commençaient les massacres au pont 8 novembre, mais rien n’arrêtait la marée humaine vers le palais présidentiel. Arrivés à l’ambassade de France, la foule scandait en chœur «  la maninkacratie on n’en veut plus » « A bas Staline condé » « A bas Mao condé » «  A bas Hitler condé »  Ces slogans s’entendaient au palais sekoutoureya, le président ayant appris que la foule se dirigeait inévitablement vers le palais, se demanda «  c’est encore les peuls ? » c’est à quoi répondit un de ses garde-corps «  Non, prési, cette fois ci, ce sont tous les guinéens (1)  » toutes les ethnies étaient en effet dans la manifestation, apparemment la faim est un remède au tribalisme, puisque même des RPGistes s’y trouvaient. Certains s’étaient rendis compte que le pouvoir ne profite qu’à ceux qu’il emploi, donc à une élite, ils avaient compris que la grande masse malinké n’allait pas s’en sortir simplement parce qu’il ya un RPGistes à sekoutoureya. Apparemment eux aussi avaient des frustrations à exprimer et là c’était l’occasion.

 A 15h30, les manifestants lançaient des cocktails Molotov sur le palais, certains étaient même armés avec de kalachnikov et tiraient des rafales sur le palais, c’était le sauve qui peut, le président était à l’intérieur avec quelques hommes, les portes sont défoncées et la foule en rage investit le palais, alpha condé tel un rat a été sorti de son trou, la foule voulait le luncher, mais les leaders estimèrent qu’il doit être jugé pour tous les crimes commis avant et pendant la journée révolutionnaire.

Ainsi s’achève le régime maninkacratique en Guinée, période la plus sombre de notre pays après celui de Sékou Touré. Cette révolution prouve qu’un peuple ne sera libre que quand il est résolu à être libre !

 Ainsi, s’achève notre cours d’aujourd’hui, je pense avoir respecté le plan du cours qui consistait d’une part à expliquer les causes de la révolution (la pensée tribale et la maninkacratie) et le détonateur de celle-ci (l’incident au marché madinah)

Je vous remercie et place aux questions :

-Karamo Sidibé : si vous devriez nous résumer en quelques  lignes, quelles sont selon vous les causes de l’effondrement du pouvoir malinké ?

-Docteur kadjaly condé : Et bien je dirai ceci : le pouvoir malinké ne reposait ni sur une hégémonie culturelle(ils ne sont pas plus formés, instruits, qualifiés que le reste des guinéens), économique(ils n’étaient pas plus riches que les autres,), ni sur le consentement du peuple dans son ensemble(seuls les RPGistes consentaient égoïstement à ce pouvoir, les autres ethnies ne gravitaient autour de ce pouvoir que par lâcheté ou opportunisme, Bah Ousmane en est une bonne illustration), ni sur une compétence en matière de gestion de la chose publique(non seulement alpha condé n’avait pas géré même un poulailler dans sa vie, mais il s’étaient entourés que par des crapules et des ignares) qui aurait pu légitimer leur pouvoir. 

L’unique fondement du pouvoir malinké était la force et comme vous le savez, jean –jacques ROUSSEAU disait au XVIIIème siècle que « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir »

-bangaly Konaté : lors de votre exposé, vous avez parlé de « détribalisation des malinkés » dans ce cas comment détribaliser ?

-Docteur kadjaly Condé : la détribalisation, consistera pour chacun d’entre nous de refuser l’asservissement de son esprit par nos politiciens et sages, de refuser de devenir des moutons de panurge (les gens qui suivent aveuglément les autres sans réfléchir). Et efforçons nous de devenir des esprits libres car tout esprit libre est détribalisé. Le philosophe Allemand Friedrich NIETZSCHE nous donne la définition d’un esprit libre comme suit :

« On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu’on ne s’y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état, et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l’exception, les esprits asservis sont la règle... » (Humain, trop humain).

En lisant cette citation vous comprendrez immédiatement le degré d’asservissement des esprits RPGistes, puisque durant leur pouvoir, aucun, ne serait-ce un seul, « n’a pensé autrement qu’on ne s’y attendait de sa part » aucun esprit libre dans toute la communauté ! La détribalisation du RPGiste consiste donc pour chaque RPGiste à penser, à agir, pas en tant que malinké, ou en fonction de certaines idées de certains RPGistes, mais en tant qu’individu. Cela ne veut pas dire qu’il s’exclut de sa tribu, il s’agit simplement de ne pas tout ramener à la tribu, que la tribu soit la référence absolue, la référence de A à Z !

-Alou Keita : Ma question porte sur le CERMAN, certains opposants avaient exprimé une gêne, voire critiqué la création du CERMAN dont vous êtes le directeur, ces critiques vous paraissent-elles fondées ou bien c’étaient  des  jérémiades ethniques ?

-Docteur Kadjaly : Votre question est très intéressante ! Elle soulève le problème de l’utilisation de l’argent public (usage de l’argent de tous les guinéens au service d’une cause tribale, surtout quand on pense que cette tribu est loin d’être celle qui produit la richesse nationale du pays), l’affectation de cet argent public, l’opportunité d’une dépense publique. Pour ma part, je dirai que l’idée de  la création du CERMAN était bonne, mais le contexte était très mauvais : les tensions ethniques allaient croissant, absence de tout débat, et par conséquent, les autres pouvaient légitimement interpréter et considérer le CERMAN comme le symbole du tribalisme RPGiste au lieu d’une institution scientifique dont les études profiteraient à l’ensemble des composantes du pays. Imaginons que lansana Conté avait construit un CERCS (centre d’études et de recherche de la civilisation soussou), ou Cellou dalein au temps ou il était premier ministre, un CERCP (centre d’études et de recherche de la civilisation peule), comment allaient vous, vous qui êtes dans cet amphi, l’interpréter ?  je parie que vous auriez tous eu une interprétation négative !Il aurait mieux fallut créer un CERHG (centre national d’étude et de recherche de l’histoire de la Guinée) et par la suite décliner, décentraliser ce centre national par des centres régionaux répondant aux spécificités de chaque région, c'est-à-dire décliner le CERHG en département d’étude et de recherche mandingue(DERM) pour la haute guinée, département d’étude et de recherche de la civilisation soussou(DERCS), etc. Pour finir, je dirai que les guinéens ont plus besoin de connaitre l’histoire générale de la Guinée (pour mieux se connaitre et se rencontrer) que l’histoire d’une tribu.

-Almamy Diaré : Monsieur le professeur, j’ai l’impression que vous vous focalisez seulement sur le tribalisme RPGiste, que répondez-vous à ceux qui pointent le tribalisme peul ?

-Docteur Kadjaly : Si on s’en tient seulement aux faits, il est très aisé de constater que le peul n’existe plus en tant que membre d’une  tribu, le peul n’existe qu’en tant qu’individu. C’est pourquoi, vous pouvez rencontrer des peuls très critiques à l’égard de Cellou dalein, mais aucun RPGiste qui critique ouvertement alpha condé. Aussi, si vous observez l’organigramme des partis politiques à forte proportion peule, vous remarquerez que les autres ethnies y occupent de hautes responsabilités, alors que si vous prenez les partis politiques à forte proportion malinké, vous verrez que les autres ethnies n’y occupent que des postes subalternes, sans valeurs, s’ils ne sont d’ailleurs pas réduits à la simple distribution de tracts ! Dans ces partis là, le noyau dur est toujours à 100% malinkés, pas de places pour les autres ethnies aux postes importants. En matière de détribalisation, les malinkés sont encore dans le néolithique alors que les peuls sont au XVIIIème siècle.  D’ailleurs je profite pour vous donner comme travail à me rendre la semaine prochaine, de faire des recherches sur tous les partis politiques guinéens et de me soumettre les résultats de vos recherches. La recherche devra concerner la distribution des postes de responsabilité au sein des partis politiques, tant au niveau national, qu’au niveau des fédérations, sections, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.Accuser le peul d’aujourd’hui de tribalisme, ne résiste pas à l’observation des faits, le peul est le seul individu qui existe en Guinée, il s’est libéré de sa tribu et de sa religion et est devenu transnational. C’est d’ailleurs là sa force et sa faiblesse ! S’il est vrai que les peuls s’étaient rassemblés en un seul bloc lors de la révolution du 28 septembre 2013, ce n’était que circonstancielle et politique. Par leur individualisme, ils arrivent à avoir une vision transéthnique de la Guinée, ce qui est loin d’être notre cas nous RPGistes ou la devise est encore angbansanlé comme si nous sommes un troupeau de babouins !  Enfin, je dirai que le logiciel du RPGiste ne concerne que l’ethnie, la région et n’a aucun paramètre au-delà de ces deux rubriques.Nous allons en rester là aujourd’hui, ceux qui ont des questions à poser, le feront la semaine prochaine ! Je vous remercie !SOW ALPHA BOUBACARLILLE

1-Lors de la prise de la bastille pendant la révolution française de 1789, le roi louis XVI ne s’attendant pas à être renversé par la populace, demandait : « c’est une révolte ? » et son grand maitre de la garde robe répondait : « Non, sir, c’est une révolution » alpha condé croit tellement à la solidité du tribalisme malinké, à l’allégeance des  soussou, à la docilité des forestiers, qu’il ne peut imaginer une coalition même de circonstance de toutes ces ethnies contre lui.

 

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VOS COMMENTAIRES

Gandhi09/10/2011 10:47:54
A ce rythme, ce n'est pas en 2013 qu'aura lieu la révolte, mais en 2012. Les Condé peuvent aussi être lucides (lol).
dgb09/10/2011 12:58:31
Très très d'accord, vous RPGist êtes des gros "angbansanle" et également des "baboins".
Si vous souhaitez rester à la période néolithique, avec vos sauvageries, ok no problémo,
Mais arretez de stopper les "autres" dans leur avancer au XXIe sièce.
Merci de votre compréhension "angbasanle".
Diogo Diallo09/10/2011 13:11:51
Merci Mr le professeur pour ce grand cours magistral.
Que ton rêve se réalise.
Bon week end.
Dabola Sinko09/10/2011 14:42:39
Hèèè, Mr Sow!
Je parie que votre cours là aura déjà eu lieu en 2012!
Merci pour votre pédagogique inspiration.

Pour cette libération du joug tribal Malinké, le 28 Septembre 2012 sera plus que symbolique.

Dabola
nfaly kourouma09/10/2011 17:52:53
Continuez à déambuler à travers le futur, le reveil sera amer.

Vos sages, eux au moins sont entrain de comprendre. Venus du foutah entier, ils étaient tous chez alpha condé ce matin. Comment peuvent ils faire autrement, si vous, sur lesquels ils ont droit de compter, preferez rester sur les nuages.
Cette affaire là (pouvoir alpha ou malinké ou angbansalé ou ..) ne durera pas seulement 10 ans. Detrompez vous ! incapables hableurs
wassalam quand même
Sossedi09/10/2011 18:58:07
Excellent travail,toutes mes remarques sur la situation en guinee s'y trouvent.pour ceux qui vivent en guinee il faut faire des copies de ce texte et le faire lire par le maximum de personnes,surtout les jeunes.si nous voulons le changement en guinee il faut que nous de l'opposition passions des tracts car la rtg(radio mille collines) doit etre contrer.de pere soussou et mere malinke je suis bien place pour dire que le malinke est le plus mauvais et tribaliste en guinee.ac est un haineux et il va echouer.cet article est vraiment bien.oublions ceux qui se laissent manipuler pour un sac de riz,il ya beaucoup d'autres soussous qui pensent comme moi.continuons comme je le fait a mobiliser les guineens opposes a la dictature et a l'hegemonie d'une seule ethnie en guinee.faites une revue de toutes les nominations dans l'armee les ambassades le gouvernement et vous verrez.ca creve les yeux.les 2 premiers puits de petrole ont des noms malinkes,ac ne se gene meme pas,ce mr est une deception totale.des fois je veux me foutre de la situation en guinee parceque j'ai avertit mes parents de ne pas voter pour ce diable au second tour.la presence des donzoz armes dans la capitale est une menace pour tout ce qui n'est pas malinke et une bonne raison pour l'opposition de former sa propre force pour forcer le rpg a ramener ces ennemis de dieu de la ou ils viennent.ils n'ont qu'a aller chasser l'air en haute ou la soif a aneanti toute la faune.je refuse de hair qui que ce soit en guinee. je hais ce faux professeur qui seme la haine entre les guineens.la guinee appartient a nous tous.si tu exclus une partie,si tu t'acharne et a de la haine pour une communaute tu fou le camp,ac doit partir pourque ce pays soit sauve.encore une fois envoyons ce texte jusqu'au pays (tacts) et soyons ainsi une contre balance a la propagande de ces extremistes qui tentent de prendre la guinee en otage.vive la guinee libre du tribalisme, de l'exclusion et du nepotisme.