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18 Octobre: anniversaire des exécutions massives perpétrées en 1971 par la 1ère République en Guinée.


2011-10-22 18:38:51 

Mardi, 18 Octobre,  2011 était le 40e anniversaire des exécutions massives perpétrées  le 18 Octobre 1971 par la 1ere République.

Cette année, l’Association Des Victimes du Camp Boiro avait décidé de célébrer la date aux pieds du Mont Kakoulima, dans la Préfecture de Dubreka, à 40 Kms de Conakry, par une  cérémonie de recueillement et de prières  à la mémoire de leurs parents disparus. Le communiqué était passé plusieurs fois sur les ondes de la RTG, des radios privées, et dans les colonnes  de la presse écrite.

C’est ainsi qu’à 11h ce jour-là,  près de deux cents personnes composées des membres de l’Association,(rescapés, veuves et enfants des disparus), des membres des Fondations et Associations de la Défense des Droits de l’Homme, l’Amicale des Victimes du 28 Septembre 2009, les amis, sympathisants, la RTG, et les représentants des radios privées, et de la presse écrite, se sont regroupés à Kagbelen,  à 4km du lieu de la cérémonie,  pour s’embarquer dans un bus  et des véhicules personnels, vers le site où devait se tenir le recueillement et les prières. Le cortège prit un  chemin cahoteux, contournant des bosses, ou s’enfonçant dans de véritables petites mares, au risque d’y noyer le moteur. On nous regardait avec curiosité. Quelqu’un  annonça qu’il s’agit d’un mariage. On les laissa à leurs  devinettes.

De la voiture  avec El Hadj Kolon, les 2 veuves des disparus, Nadine Bari et Isabelle Ghussein, je regardais le Mont Kakoulima, immense, sombre, qui venait à notre rencontre. Des petits nuages blancs s’accrochent à quelques mètres du sommet, le tout donnant l’effet saisissant d’un énorme chien, couché sur son flanc, faisant face à la ville, tout en savourant des bouffées de fumées blanches de sa pipe allumée. A ses pieds, des maisonnettes colorées éclairent  le décor.

Au fur et à mesure que nous nous approchons de la montagne, les nuages disparaissent, et j’eus l’impression  d’avoir maintenant l’image d’une  grande dame triste, enveloppée d’un énorme châle vert clair et sombre. Toute l’atmosphère est calme et triste. La Dame semble  se souvenir de ce qu’elle a vu : les véhicules qui arrivent  tard  dans la nuit ou au petit matin, débarquant des fournées de gens ligotés, qu’on abat et qu’on jette dans des fosses communes, et dont les râles auraient déchiré les cœurs les plus endurcis, et  semblent encore l’habiter. J’entends en pensée son cri d’horreur et d’effroi à la fin de chaque tragédie.

Cela avait commencé en Mai 1960, et s’est poursuivi en 1965, puis en 1969, et en 1971… Chaque fois avec le même rituel abject. Toujours au même endroit.  Le nombre de personnes semblait le même, sauf en 1965  ou il n’y en avait que 2. Elle connaissait l’emplacement de toutes les fosses communes. La grande Dame est un témoin immuable, et éternel de la cruauté  de cette époque.

Le cortège  arrive à destination. Tout le monde descend, chacun se secoue, et  va chercher une place dans une case en dur aménagée en Mosquée. Le Président de l’Association des Victimes du Camp Boiro remercie l’assistance pour la forte mobilisation, signe de l’intérêt que chacun porte à cette cérémonie. Puis il  lit le programme de la manifestation. La lecture de Coran  commence par un groupe choisi à cet effet. Suivent les bénédictions des Imam et prêtre que chacun reçoit dans ses mains pour ensuite les frotter sur le visage. Alors  les interventions commencent : le  Président de l’Amicale, Un Représentant des Rescapés du Camp Boiro, une femme porte-parole de  l’Association des Victimes du 28 Septembre 2009, le Président de l’OGDH, et  le Représentant de la Fédération des Ligues des Droits de L’Homme. Tous conclurent leurs interventions par la nécessaire Réconciliation  Nationale, évidemment  précédée de la Vérité et de la Justice incontournables.  A chaque intervention la  presse se bouscule. Les cameras mitraillent tout. Les micros jaillissent partout devant  chaque orateur. L’émotion est grande. Une femme s’évanouit. On se précipite pour la ranimer.

Après la prière  de 14h, la visite des   fosses communes  fut  l’étape la plus douloureuse pour tout le monde. Beaucoup de femmes pleurèrent  sans retenue à la vue de ces simples traces, seules indicatrices du lieu de repos éternel  pour  tant  de personnes innocentes.  Étaient –elles  mortes tout de suite ? Sommes-nous arrêtés actuellement sur leur tête ? La révolte se lisait sur tous les visages. On entendait crier avec force : « Plus Jamais ça !! »

La visite se termina vers 15h30. On s’embarqua dans les véhicules, une  grande  tristesse habitant tous les visiteurs.

C’était une cérémonie  inoubliable. 

Hadja Hadiatou.


 

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VOS COMMENTAIRES

Baldé koin22/10/2011 20:06:28
Que leurs âmes repose en paix je me rappelle encore mon papa est décédé à suite d'une crise qu'il a eu le jour où il a rencontré le fils à son cousin Ousmane Baldé ex vice gouverneur de la BCRG au temps du tyran. Si tu vois on continu à tuer encore c'est parce qu'il n'y a pas eu justice nous demandons la justice d'abord avant tout.
Amadou Sadio Bah23/10/2011 04:37:57
C'est vraiement triste de voir des gens disparaitre du faite que l'on a des avis opposés au regime
Que leurs ames reposent en paix
Que cet evenement soit adressé au fils du sanguinaire(Mohamed Touré) cet enfant qui a pour père un diable,un genie du mal,lequel dont on voit du jour au lendemain defendre le bilan de son papa le demon,recement dans une interview accordé a africa guinée,nous lui avons entendu s'attaqur aux opposants comme de egoistes,alors que ces opposants le plus faible d'entre eux est mille fois plus meilleur que son pere,seul responsable de tous les malheures de la guinée
Je me suis posé des question comment est-ceque les enfants du camps boiro continuent de laisser le fils du diable(Mohamed Touré)a defendre le bilan de son pere et de faire de lui un hero national surout quand on connait les critères de Sekou toure
il n'est pas un mentuer mais,il est le mensonge
il n'est pas un meurtrier mais,il est le meurtre
l'auteur de l'expression "ma parole n'est pas un montagne"
Mory Kaba27/10/2011 10:33:08
Merci ma sœur de ce compte rendu émouvant. Et, je suis persuadé, tant que notre pays ne va pas REHABILITER les victimes du sanguinaire Sékou Touré, RIEN ne sera possible ! Nous savons tous que le sanguinaire Sékou Touré est à la base de nos problèmes contemporains. L’ethno-stratégie (la guerre aux Peulhs), l’enseignement saccagé (génération Koko-lala-dont est issue Dadis, Konaté…et beaucoup de responsables du pays qui savent à peine comprendre le sens d’un mot et de là à faire de la prospective ??? nécessaire a tout responsable), l’inhumanité de beaucoup de responsable Guinéen pour lesquels la VIE d’un Homme ne vaut RIEN (Sékou Touré a pendu 19 ministres Guinéens sur un total de 22 et sur les 12 officiers supérieurs de l’Etat major des Armées, il a fait fusiller 12 c’est-à-dire TOUS). Pensez-vous un instant que toutes ces victimes innocentes qui n’avaient pour seul défaut que d’avoir fait des études supérieures qui leurs permettaient de comprendre que ce sanguinaire Sékou Touré nous menait DROIT DANS LE MUR ont été tué et leur famille maltraité ; Pensez-vous que Dieu dort ? Tant que ce pays ne va pas réhabiliter ces victimes innocentes après une Justice, RIEN NE SERA POSSIBLE dans notre pays. Posez-vous la question : depuis le passage de ce sanguinaire Sékou Touré au pouvoir, la Guinée est un éternel recommencement pourquoi ??? Ce pays a tout pour que chaque Guinéen ait le minimum (se nourrir, se loger et se vêtir), mais, nous vivons en Guinée comme des clochards (pas d’eau, pas d’électricité, pas de santé, pas d’enseignement…) et nous devenons comme des somaliens. Pourquoi ???? Notre Histoire entre 1958 et 1984 doit nous donner les clefs !