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Court circuit à Dakar : impressions personnelles


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Ville de Dakar

         Pour des raisons climatiques ( chaleur sénégalaise, chaleur de fournaise ! ), j’ai choisi la première quinzaine d’avril pour revisiter la populeuse métropole dakaroise. Je vous en livre quelques impressions, ce que j’ai aimé et ce que je n’ai pas bien aimé dans la capitale du pays de la « téranga », du « thieup », de Wade mais aussi, à bien des égards, de… Katoucha !

         Dakar m’a charmé. C’est une ville étouffante mais séduisante. Ouverte sur le présent et l’avenir, Dakar ne renie pas son passé. J’y ai vu les rues « Félix Faure », « Jules Ferry » mais aussi « Galandou Diouf », « Doudou Coulibaly » et « Moussa Faye ». Senghor, Mandela et Abdoulaye Fadiga y ont leurs avenues. Certes, Dakar a ses embouteillages mais elle a l’eau et l’électricité. Ses rues sont éclairées et les feux tricolores des carrefours marchent ! Les ascenseurs de ses immeubles fonctionnent. Je parle de ce que j’ai vu mais je n’ai pas tout vu.

         Car tout n’est pas rose à Dakar. C’est une ville chaude où la vie est dure. J’ai été frappé par la puissance des confréries religieuses, l’omniprésence des marabouts, la mendicité des enfants et le tracas permanent des vendeurs !

        Sur le plan religieux, les Sénégalais sont profondément croyants et l’Islam se manifeste partout sans écraser le Christianisme, autre monothéisme. Ils sont tolérants, du moins en apparence. Les lieux de cultes sont impressionnants. Les « talibés » sont nombreux mais je n’ai rencontré aucun « taliban ».

         Quant à la mendicité, c’est un sacerdoce. On ne mendie pas par pauvreté mais par vocation. J’ai vu des enfants qui jouaient dans les rues au football quitter le « match » pour tendre la main ! La FIFA n’aurait pas apprécié ! Les journaliers des travaux publics, pourtant rémunérés, demandent aux passants des pièces pour boire un café. Tendre la main n’est pas honteux au pays du « rendez-vous du donner et du recevoir ». Il arrive que de mendiants gagnent plus que des salariés, m’a-t-on dit.

         Pour ce qui est des vendeurs, c’est terrifiant ! Du harcèlement en permanence. Ils vous suivent, que vous soyez piéton ou passager d’un véhicule lent ! Même quand vous leur dites non, ils vous suivent. Un jour, à Sandaga, j’ai dû prendre un taxi pour échapper à leur forcing. Payer pour fuir, il fallait le faire !

         C’est difficile de décrire Dakar. Ce que j’ai retenu c’est que c’est une ville débordante de vitalité où même les chômeurs « travaillent ». Les vendeurs vendent, les tisserands tissent et le gouvernement gouverne ( malgré certains ratés comme le fameux « tunnel de Soumbédioune » ). Cependant, la crise est là ! Le fameux « thieup » ( plat typique ayant connu la mondialisation avant l’heure, puisqu’on en raffole même en Australie) est de moins en moins garni et les loyers, de plus en plus élevés. Tout se marchande ( courses en taxi, vêtements, etc…) sauf, peut-être, le litre d’essence ou la carte téléphonique !

         Sacré Sénégal, peu favorisé par la nature mais dont le peuple semble béni. C’est le pays où vivent en harmonie des Diop, des Thiam, mais aussi des Sy et des Ly. Au sud vivote la Guinée, le pays du « Syli » qui s’enfonce dans un fanatisme religieux alors que l’Islam est tolérant par essence ! D’un côté, un Etat de droit ( même s’il est loin d’être parfait ) où l’espoir est toujours permis, de l’autre, une république végétative sans alternance politique où la devise n’a jamais été « Travail, Justice, Solidarité » mais corruption, égoïsme et violence.

Je reste jaloux du Sénégal !

Ibrahima Kylé Diallo
Directeur de rédaction de www.guineepresse.info


 

4 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Barry A.01/05/2008 09:49:42
En réalité, on est plus que jaloux du Sénégal et d'autres pays sahéliens comme le Mali, le Niger, le Bourkina Faso, etc...On éprouve en même temps colère, honte et, et, encore et...Honte aux dirigeants de nos deux républiques catastrophiques. A bas l'organisation des cinquante années de misère, de honte, d'humiliations, de crimes de sang, de crimes économiques, d'égoisme, de barbarie, de faux complots, d'orgueils négatifs et nuls, de fusillades pupliques, de pendaisons publiques, .....j'ai mal à la tête.
Sadio Barry01/05/2008 10:45:21
J'ai encore plus mal de constater que vous avez raison dans tout ce que vous dites ici! Que Sékou Touré, Lansana Conté, et Kouyaté et tous ceux qui leur ont servi fidèlement brûlent en enfer !!!
thierno01/05/2008 20:26:00
Sans compter que c'est grâce à ce pays et aux présidents Senghor et Abdou Diouf que beaucoup de nos compatriotes doivent d'avoir échappé à la folie du "Responsable suprême".Je n'oublie pas tous les morts à la frontière, en voulant fuir le paradis sékoutoureiste, que certains veulent nous ramener. Sir keiraba Diawara de la gambie avait quand à lui livré des guinéens qui furent tous pendus.Oui, vive le Sénégal et tous les pays limitrophes.
amayelle03/05/2008 02:23:34
merci pour le senegal. En effet dans ce pays vivent plus de 2millions et demi de guineens, pays de refuge pour nos parents.